TYPE ARMORIÉ
Dans ce groupe, un hénildiste brisé à toutes les finesses et péripéties du blason des vieux temps ouvrirait certEÙnemeut diverses percées de vue que je ne devais pas me permettre. N'étant ni un d'Hozier," ni un Chérin, ni un Jarretière, ni un Grenade, etc., les titres me manquent (et la science aussi, un peu) pour m' afficher Juge de la noblesse.
Plusieurs écussons peuvent donc bien ne m'avoir pas livré leur secret. Tant que les hachures conventionnelles {introduites, dit-on, dans l'usage moderne par le P. Pietra-Santa) ne déterminaient pas encore chaque couleur au premier coup d'œil, les écus blasonnés sans peinture laissaient beaucoup de doutes. Et quand ce ne serait point cette source très-suffisante d'embarras, je confesse iranchement qu'il s'en présente pour moi quantité d'autres. Pareil aveu, mis en tète du volume, me sauvera de toute prétention ridicule. Veuillent les hommes spéciaux me tenir compte de ce qu'il 7 a d'utile pour eux dans mes collections, qui leur sont désormais ouvertes; et ne pas oublier ce qu'il m'en a coûté de soucis pour livrer ce petit musée au public studieux 1 Trop de compétences diverses avaient droit d'intervenir dans le prononcé définitif. Le rôle simple d'un préparateur était déjà passablement lourd aux épaules qui s'en sont chargées bénévolement, avec bien des risques affrontés pour l'amour de la science fiiture dont je ne verrai peut-être point les résultats. Mws je crois que l'avenir m'accordera quelque mention, malgré ce qu'il trouvera d'insuffisant dans mes essais.
Éeuason triangulaire semé de France, surmonté d'un fleuron et flanqué de deux autres. Le champ est haché de doubles traits. Double filet renfermant un perld.
- ^ : Cavalier marchant à gauche; il porte une bannière et un bouclier triangulaire, chargés tous deux d'un bandé de huit pièces.
Grènetis cordé entre di!ux filets.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 18B5.
XIII' siècle.
Ne serait-ce pas un moyen d'admission pour l'enceinte réservée dans un tournoi donné ou présidé par le prince que l'écu désigne ?
Rappelons-nous la sommation imaginée (ou peut-être emprantée aux anciens usages) par La Fontaine, préalablement à toute levée de barrière, ouverture de guichet, etc., chez les animaux un peu intelligents :
■ Monlrez-moi patte blanche; • sinon, visage de bois, et tout est dit. Le fonctionnaire inférieur.
comme la sentinelle, se replie bravement sur la lettre de sa consigne, sans qu'on puisse le moins du monde s'en prendre ù lui pour refus d'entrée. 11 n'a fait que son devoir.
A force d'être simple, cette supposition paraît avoir îa mine d'être vraie.
Semé de France dans un entourage formé de six arcs de cercle aboutés; chaque point d'intersection est accompagné en dedans d'une rosace, et en dehors d'un fleuron ; le tout est bordé d'un double filet dont l'intervalle est haché. La pièce a été trouée au centre par un clou, dont la trace se voit sur le droit et sur l'avers.
^ : Croix fleuronnée, cantonnée de quatre fleurs de lis.
Grènetis et filet dont l'intervalle est rempli d'annelets.
Cette pièce " reproduit, pour le droit comme pour l'avers, les types du franc d'or de saint Louis, publiés par Leblanc {Traité des monnaies de France), au chapitre des rois Louis VI et Louis VIL
Trouvé au Pont-au-Change, eQl860.
XIII' siècle.
Je tiens pour probable que des invitations aux fêtes de cour auront été accomp^nées de ce témoignée, afin de simplifier le service des valets qui distinguaient ainsi à coup sûr les prétendants légitimes. Faute de ce mot d'ordre bien constaté, il est plus d'un cercle moderne où quelque intrus parvient à se faufiler; comptant qu'après la porte franchie, on évitera de faire esclandre. Peut-être aurions-nous à revenir sur l'usage d'un pareil signe de vérification immédiate, qui valait bien les pancartes modernes avec leur apostille finale : i La présente lettre servira de billet d'entrée. > Mais lùesons les huissiers introducteurs, etc. , peser notre proposition modeste. Du moins, avant la lithographie et l'autographie, cela n'aurait pas été si mal imaginé.
ÉcuBSon fleurdelisé.
Grènetia.
^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Trouvé au PetitPont, en 1862,
XIV* siècle.
Écusson à trois âeors de lis dans un grènetis.
Jfc : Crois pattée, cantoanée de quatre annelcts.
Grfenetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 1860.
XIV siècle.
Écusson -triaDguIaire chargé de trois fleurs de lis; le contour de cet écùsson est formé de deux filets, dont l'interralle est rempli d'anuelets et de liacliures croisées en sautoir.
Grèoetis cordé.
Ç: : Croix fleuronnée, chargée de hachures en sautoir, et anglée de quatre fleurs de lis.
Giènetis cordé.
Trouvé au pont Notre-Dame, eu 1860.
XIT* siècle.
Si je n'ai pas trop exorbité dans la eoiijecture qui accompagnait les premiers numéros du groupe actuel, on compi'endrasans peine que les émissions de méreaux destinés aux réjouissances de la cour aient été renouvelées et variées en diverses occurrences. Il ne fallait pas qu'une pièce pût valoir à tout jamais ; des circonstances nouvelles réclamaient de nouveaux témoignages du bon voiiloir royal. D'ailleura, nous pourrions bien n'avoir pas imaginé les SÉRIES officielles d'invitations à la cour, avec le temps ou le lieu réservé pour chacune d'elles. Le moyen de s'y reconnaître jadis pouv^t être fort simple pour les serviteurs, à l'aide du système que je me suis permis de présenter sous toutes réserves.
Écu à trois fleurs de lis.
Grènetis.
]^ : Croix fleurdelisée, comme sur les doubles pariais à la couronne, que Leblanc attribue à Charles VI, mais qui sont, suivant toute apparence, de Charles V.
G-rènetis.
En proposant l'attribution que je viens d'énoncer plusieurs fois, je ne m'étais pas rappelé un témoignage cité par M. le comte de Laborde. Les auteurs de la Satyre Ménippée ne nous y pai'lent
-loque d'un usage du XVI° siècle ; mais le bon sens suffit a faire connaître que c'était une coutume établie, et qui doit pouvoir remonter très-haut. Rappelons, pour plus de clarté, cette indication dont nous sommes redevable au docte garde général des Archivea de l'Erapirc : 1593. — «Je revins donc après disner au Louvre et me présentant pour entrer en la salle haute, connue j'avois fait an matin, l'hnissier me refusa parce qu'il vit que je n'estois marque à l'L et n'avois point de méreau, comme j'en vis pluâeurs qui entrèi'cnt. »
Écusson triangulaire charge de trois fleurs de lis.
Grènetis.
Ç: : La lettre P en minuscule gothique, la queue barrée et flanquée de deux croisettes pattées.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Change, en 1859.
XIV= siècle.
H semble que ce revers, avec ses croisettes pattées flanquant les initiales Per, Par, etc. , pourrait conduire à une approximation présentable. Je suis néanmoins forcé de déclarer franchement que
je n'y trouve pas ouverture à dire quoi que ce soit qui mérite mention quelconque. Attendons le jugement des numismatistes ou des héraldistes familiarises avec les généalogit's et les chartes de cette époque. Jusque-là, rien de satisfaisant ne se présente à ma bonne volonté. Ce n'est pas, malheureusement, le seul cas où cette coniession sera mon unique lot dans l'exposé des pièces qui garniront le présent volume. Je n'ai point masqué mon indigence dans ma préface, où je convie les hommes habiles h suppléer ce qui me manque cent fois. Chaque pas le montre assez, et quand je ne le dirai point formellement, je le sens de reste. Que l'on n'exige pas une amende honorable perpétuelle, puisque j'ai commencé par là pour l'acquit de ma conscience.
Éousson triangulaire à trois fleurs de lis, surmonté d'une couronne formée de fleurs de lis et de fleurons alternés, et flanqué de deux fleurs de lis.
Jfc : Fruste.
Trouvé au Petit-Pont, en 1860.
XIV siècle.
Je pourrais plaider cette fois la circonstance atténiiante, puisque l'avers n'ofire plus rien de reconnaissable. Mais comme il me faudra demeurer tout aussi muet en bien des cas où je n'aurai pltis
la même excuse, je ne dois pas trop appuyer sur cette fin de tion recevoir, qui ne se pourrait alléguer ailleurs, quand ce motif nous fera défaut. Renonçons aux mauvaises excuses, tout en faisant valoir ce qui est réellement à notre décharge. Si l'on veut bien admettre que les invitations souveraines, ou celles des grands barons, aient pu être constatées par des méreaax comme ceux-ci , les conséquences de ce principe seront inévitablement assez nombreuses. Four varier à peu près chaque fois les moyens de vérifier le titre d'admission, il importait d'inventer des signes multiples. Tantôt l'on aura imaginé quelque iodication plus ou moins Tagoe du but (religieux, politique, chevaleresque, etc.) de l'assemblée ; tantôt la marqu« du convocateur pouvait prendre le dessus; et dans des temps de troubles, cela devait être dicté par la plus vulgaire prudence. Il ne faut donc pas vouloir tonjours que nous ayons des indications parfaitement claires. Aussi, en adoptant ce système, nous sommes vraiment servis à souhait.
Écosson triangulaire chargé d'une âeur de lis Grènetis.
^: Croix bourdonnée, dont chaqne branche est fianquée, l'extrémité, de deux points.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 1865.
XI?' siècle.
EcussoQ chaîné d'une fleur de lis.
Grènetis.
vÇt: Croix cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 1860.
XIV' siècle.
Fleur de lis.
^: Écbiqueté au franc canton seuestre, chargé de cinq mouchetures, 2 et 3.
Ce sont les armoiries de Dreux-Bretagne renversées, les hermines sont mal faites; la bordure manque, mais l'écusson n'en est pas moins très-reconnussable.
Tl^uvé au Font-au-Change, en 1850.
XIV siècle.
Nous àrons eu lieu d'observer bien des fois, dans les volumes précédents, que le graveur du moule ne calculait pas toujours assez le résultat de la fonte qui donne l'épreuvei 11 ne faut donc pas être surpris quand on rencontre des méreaux où le modèle' se
reproduit à l'état inverse de ce que voudrait la raison. Dessiner au miroir peut être chose familière à nos graveurs ou lithographes d'aujourd'hui; mais ce procédé ne paraît pas avoir été absolument quotidien chez nos ancêtres avant que la nielle conduisit aux estampes modernes.
Écusson triangulaire chargé d'une fleur de lis au pied trèsallongé, dont le fleuron central s'étend dans le champ.
Grènetis.
Q: : Croix bonrdonnée, dont chaque bras est flanqué, à l'extrémité, de deux points et cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Trouvé au PetitPont, en 1858.
Écu chargé d'une fleur de Us.
^ : La lettre S gothique.
Trouvé au pont Notre-Dame, en 1850.
XV» siècle.
Écu & la fleur de lis épanouie- Grènetis.
^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets dans un grënetis.
Trouvé an Petit-Pont, en 18S6.
XIV siècle.
Écu de France, parti de Boui^ogne ancien. Les armoiries de Bourgogne ancien sont ici représentées à rebours. Elles forment un barré de six pièces au lieu d'un bandé.
Grènetis.
Le blason dont il s'agit est celui de la reine Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe de Valois (1328-1348).
^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Trouvé au pont Notre-Dame, en 1862.
XIV siècle.
Même écnsBOD, autant que j'en pois jnger sur une pièce qui n'est pas fleur de coin (ou de moule, pour parler plus exactement).
]^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1853.
XÏV' siècle.
Les femmes de nos princes Valois ont fait trop parler d'elles, et un siècle corrompu peut leur avoir prêté ses propres tendances ; mais je n'ai aucune raison véritable de voir dans nos pièces le gage de quelque commission compromettante, où Ton inculperait ces tristes reines. N'évoquons pas gratuitement la chronique scandaleuse qui s'étahUt parfois sur la malice ou ta rancune des conteurs beaucoup plus que sur la réalité des faits. Le public et la postérité adoptent ensuite Taccusation sur le pied de chose ji^ée, sans appel ni recours valables. On n'est pas si près regardant, lorsqu'il n'y a en question que l'honneur d'autrui.
Pourquoi, d'ailleurs, ce méreau neserait-i) pas tout uniment on signe officiel de passe, dans le service des appartements de la reine?
Mêmes annomes, plus défîgnrécs encore, en ne sens que le quartier de Bourgogne précède celui de France.
On remarque, au surplus, la même anomalie sur un jeton de cuivre de ladite reine Jeanne. {MM. Rouyer et Hucher, pi. viii, fig. 68.)
]^ : Croix pattée, cantonnée de douze points, trois dans chaque cantoQ.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1860.
ËcussoQ parti au 1 de Bourgogne ancien, au â de France.
Grènetàs.
^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Les armoiries qui précèdent sont représentées d'une manière hien imparfiùte; elles sont en outre contournées. Elles semblent toutefois pouvoir être attribuées encore à Jeanne de Bourgogne.
Trouvé au Font-au-Change, en 185&.
XIV' siècle.
Éca reofermant une fleur de lis et une bordure componée.
Grènetis.
Ces armes semblent appartenir à Charles de France, comte de la Marche, qui monta sur le trône en i 3ââ sous le nom de Charles IV {le Bel). Elles figurent sur deux jetons en cuivre du même prince. (MM. Rouyer et Hucher, p. H 8 de la 1" partie, et pi. XI, fig. 95.)
]^ : Croix cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Change, en 18S8.
XrV' siècle.
Fleur de lis sur une bande.
^ : Couronne à l'antique.
Trouvé au Pont-au-Change, en 1856.
XIV* siècle.
On a voulu évidemment représenter ici les armes de Bourbon ; le jeton de Jeanne d'Évreux, reine de France, public dans l'Histoire du jeton, est coniju dans le même esprit.
ECU fleurdelisé, chaîné d'une barre ; ce sont, pensons-nous, les armoiries de Bourbon représentées à rebours (accident qui n'est point rare dans nos méreaux).
Grènetis.
^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Trouvé au pont Sùnt^Michel, en 1859.
XIV siècle.
Les armes de Navarre, aux rais d'escarboucle pommetée. T^ : Croix accompagnée de points.
Trouvé au pont Saint-Micbel, en 1 852.
XIV" siècle.
ÉcQssou triaDgalûre aux armes de Navarre.
Grènetis ponctué.
^ : Les lettres L' et une fleur de lis.
Grènetis ponctué.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1858.
XIV siècle.
Quelle qu'ait été l'intention secrète (et peut-être assez peu voilée) de celui qui faisait inscrire ces lettres près du lis, elles nous remettent naturellement en mémoire te méreau à l'L qu'il fallait présenter pour être admis au Louvre, du temps de la Satyre Ménippée. (Voir précédemment, p. 1-4-lS, la citation que j'empruntais à M. le comte de Laborde, et qui encourage fort mes conjectures antérieures.) Resterait à chercher en vertu de quoi la fleur de lis et l'écu de Navarre s'arrangent ici arec Lo (que ce soit Louis ou lAmvre), s'il faut nous tenir au XIV* siècle. (Aurions-nous un monument des fêtes données par Louis X (le Hutin) , au mariage de sa fille Jeanne, qui avait la Navarre pour dot?)
A propos de ces lettres, dont le sens n'est pas très-clair, je puis au moins me retrouver pour l'explication de certaines pièces comprises dans la troisième série, et auxquelles j'ai trouvé une explication passable depuis lors. Ainsi, dans mon volume publié
~ 26 — en 1864, p. 166, titre Cuisine, le P pourrait bien désigner le potier, qui dépoteyait le vin, et qui est mentionné dans l'ordonnance de l'hôtel sous Philippe le Bel. Ailleurs {même ordonnance, Lebert, 19, v; p. 14), le tonnelier est désigné sous le nom de boutier; mot qui a probablement conservé son analogue dans le botta des Italiens.
P^e 168, sous le titre de Boutilleriey le P pourrait bien avoir désigné le Pastour de la même ordonnance (Lebert, ibid., p. 13), qui faisait les pâtes du roi.
D'autres corrections pourraient assurément être faites à mes travaux antérieurs, mais j'ai cru que cette opportunité était bonne pour me déjuger, quand je me vois évidemment dans mon tort. Je ne crois pas d'ailleurs avoir donné lieu de me tenir jamais pour opiniâtre dans des explications que je donne presque toujours sous toutes réserves.
Ëcusson parti de Kavarre et de Champagne ancien. Grènetis.
^ : Croix bourdonncc, dont chaque branche est flanquée, à l'extrémité, de deux points.
Grènetis.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1860.
XIII* siècle.
A une époque ancienne, les armes de Champagne sont formées
d'une bande côtoyée de deux coticea simples. {Voir le travail de M. Grésy sur le coffret de saint Louis , dans la Revue ArchéologiquCt 9* année, p. 157.)
Henri IIl, comte de Champagne, 1270, ou Jeanne, reine de France (1274-1305).
Écusson triangulaire, parti de Navarre et de Champagne ancien.
Grènetis.
^ : Croix boordonnée.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Change, en 1865.
XIV' siècle.
On a TU déjà plus d'une fob, et l'on verra encore, que l'inezpérience de nos artistes populaires ne donne pas toujours à comprendre quel était le vrai côté droit on gauche dans les écossons. Faut-il s'en rapporter à l'épreuve métallique, ou l'intention véritable ne serait-elle attestée que par le creux du moale? Cette complication ajoutée aux embarras de notre tâche a de quoi nous rendre modeste et timide quand nous risquons un essai d'aperçu. H sera d'autant plus équitable chez le lecteur, d'apprécier les encombrements de notre route, pour ne pas trop s'en prendre à notre abstention fréquente ou à nos solutions contestables.
Armes des comtes de Champagne, représentées à rebours. Ces armoiries, dans leur sens vrai, étaient d'azur à la bande d'argent, accompagnée de deux cotices potencées et contre-potencées d'or.
flt : Croix pattée.
M. de Longperier, dans la Revue numismatique (année 1859, pi. VI, fig. 6), a publié un jeton en cuivre aux armes de Champagne pure, qui parait être antérieur à la couronne de Navarre. Au revers est un type assez singulier, dans lequel le savant académicien reconnaît le monogramme de Thibaut, uni & une croix
Mais sur les sceaux de Thibaut IV, on ne trouve que deux cotices; sur ceux de Thibaut V (1253), se voit une bande entre deux cotices. Henri III (1270) porte parti de Navarre et de Champagne, une bande avec deux cotices ; Jeanne de Champagne-Navarre , femme de Philippe le Bel , porte également les deux cotices simples sur un sceau.
Cependant on a des jetons qui ne peuvent être attribués qu'à cette princesse, et qui portent les cotices potencées j il me semble imprudent d'attribuer ces armes modernes à un prince qui aurait vécu avant le XIV' siècle, et je crois pouvoir donner notre pièce à Jeanne.
Trouvé au Pont^au-Change, en 1850.
ÉcDsson chatte de sixannelets, 3,2, l,et d'un chef coupé.
Grènetia.
^ : Croix pattée, caotonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Trouvé au pont Saint-Charles, en 1 861 .
XIV siècle.
- Ecusson chargé de deux pals.
Grènetis.
^ : Croix fleurdelisée.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 1858.
J'ai expliqué maintes fois le point central, qui n'est que le résultat d'un repère mécanique pour l'exécution du moule dans l'atelier.
Écu chiu'gé de trois pals.
Grènetis.
Ces artnea ont quelque rapport avec celles d'Aragon, qui étaient d'or à quatre pals de gueules.
^ : Croix cantonnée de quatre annclets.
GrènetU.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1860, XIV' siècle.
ECU paie de six pièces.
Grènetis.
^ t Croix bourdonnée, cantonnée de hmt perles, deux dans chaque canton.
Grènetis.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1856.
XIV' siècle.
Écu chargé d'une bande dans un grènetis. Le point central doit être considéré comme non avenn,
^ : Croix pattée, cantonnée de quatre anneletâ dans un
Trouvé au Petit-Pont, en 1857.
XIY' siècle.
Les diverses formes de la croix et ses accessoires sur l'avers pourraient avoir été dictées par diverses intentions, à des époques formalistes et disciplinées comme l'étaient généralement les siècles qui nous ont légué ces problèmes sans nous en transmettre la clef. Tel tracé aurait-il été affecté aux funérailles, tel autre aux baptêmes, un troisième à des noces, etc. ? Tant que ces doutes ne seront pas résolus, il 7 a matière à tâtonnements nombreux. Avoir signalé même vagaement des écueils sur le chemin, c'est déjà rendre service à qui nous suivra, pour que la dif&culté se tranche plus tard, positivement ou négativement. En attendant, imitons les marina portugais qui ont marqué dans leurs cartes certtùns rescifs par le nom de Garde-à-^otu (Âbrolhos) I
Écu chargé d'une bande; le champ est rempli de hachures croiaées.
Grènetis.
^ : Croix bourdonnée, dont chaque extrémité est flanquée de deux perles.
Dans chaque canton est placé un double arc de cercle mouvant du grènetis.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1855.