‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine (volume 2)Chapitre 5 sur 18 · TYPE MONÉTAIRE · texte numérisé non relu

TYPE MONÉTAIRE

MM. Hermand et Dancoisnes, qui recueillaient des méreaux du nord de la France et poussèrent parfois leurs recherches jusqu'en Flandre, nous ont donnélieu de marquer çà et li» l'emploi fréquent des petites pièces communales dont nous avons sans doute un reste dans ce groupe. Pour faciliter le payement des gages aux gens de peine, il fallait parfois recourir à de petites fractions que ne représentait pas toujours le système monétaire. Un chai^eur de grains, dans ses diverses allées et venues, les jours de marché, avait besoin (et le maître aussi) de se retrouver au bout du calcul. Pour réussir dans des appréciations si minimes, mais dont l'addition avait sa valeur sur la fin du jour ou de la semaine, les municipalités permettaient l'usage d'une monnaie temporaire, émise par elles, ou garantie par le crédit de certaines maisons importantes. Le travail journalier ou hebdomadaire une fois fini, on réglût avec le caissier, qui soldait le total en monnaie courante. Les tavemiers furent au nombre des gens de métier dont l'industrie ou le commerce motiva le plus longtemps l'usage des mailles, en guise de monnaies; car il résulte d'un ouvrage de François Garrault, publié en i376, et cité dans la Revue Numûmatique^ tome XII, 1847, p. 439, qu'ils s'en servaient encore à l'époque où écrivut

cet auteur. Cette coutume paraît avoir subsisté jusqu'à nos jours, même eu Bourgogne, et il ne me semble pas qu'on s'eu soit mal trouvé.

Dans un extrait des archives de Lille, communiqué par M. de la Fons-Mélicoq au Bulletin du Comité de ta tangue et des arts de la France (t. III, p. 628-6i0), je trouve, entre autres, les deux indications que voici pour l'année 1566: t Les centeaiers... portent aux pauvres les plombz pour avoir du blé de la ville. — Plombs pour les journées deshottiers et hottières employés aux fortifications. » Le dernier article indiquait des méreaux avec divers chiffres X, C, et la publication que je cite semble expliquer ces différences par le nombre de journées qu'avaient employées les travaUleiirs. Il me semble évident qu'on ne renvoie pas un homme de peine à cent jours ni à dix pour toucher son salaire. Je crois donc qu'il s'agit des bottées dont ils avaient fait le transport, et que l'on vérifiiùt sans doute à la décharge. De la sorte, tout le travail d'une journée pouvait se contrôler fort exactement.

Ce doit être la véritable explication d'une foulede cas dontje ne percerai pas le mystère; mais peut-être d'autres hypothèses méritent-elles encore d'être présentées, je le ferai sobrement, et toujours par simple voie de supposition, car nous marchons sur un terrain que l'on peut encore dire inexploré.

Écu couronné de France, flnnqué de deux mouchetures d'hermine.

^ : Croix fleurdelisée ouverte en cœur dans un grènetie.

Ce type rappelle, pour l'avers, les blancs de François I", frappés pour la Bretagne, et pour le revers, l'écu d'or du même prince.

Trouvéau Pont-au-Change, en 1856.

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