‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la SeineChapitre 10 sur 36 · NOTRE-DIME DE CHARTRES · texte numérisé non relu

NOTRE-DIME DE CHARTRES

VABIÉTÏ.

La sainte "Vierge, couronnée, assise sur un trône, porte sur le bras gauche l'Enfant Jésus, et tient de la main droite un lis. A ses pieds sont deux personnages [homme et femme, ce semble) qui la prient et l'encensent, autant qu'on en peut juger par une ligne de points qui paraissent se rejoindre à une sorte d'encensoir ou de lampe, placé au niveau de la tête de Notre-Dmne.

On lit la légende suivante :

SIGNUM BEATE MAKIE.

Cette enseigne, du XIV' siècle, a été trouvée au Pont-au- Change, en 186S.

Au revers, et sons un dais, la sainte chemise accostée de deux fleurs de lis. Plus bas, un deuier chartrain, dont le type principal est accompagné d'annelets, d'une fleur de lis et de cinq points disposés en croix. Mais on pourrait songer à y Toir une sorte de trompette dont le tube se recourbe, comme à angle droit, en deux circonvolutions. Cependant, si l'on voulait considérer le denier en sens inverse, cette espèce de trompette pourrait être prise pour une potence k support évasé soutenant le voile de Notre- Dame, comme lepenseM. E. Cartier.

NOTRE-DAME DE LIESSE

Là sainte Vierge assise sur un siège gothique à large dossier, la tête couronnée et nimbée, ayant sur ses genoux l'Enfant Jésus bénissant, et dont la tête est entourée d'un nimbe crucifère.

Autour du médaillon se lit la légende suivante :

NOSTRE DAME DE LIENCE

Au revers, la date M HII. . .XT (1415) entre filets. Les origines du pèlerinage à Notre-Dame de Liesse remontent aux croisades.

La légende locale rapporte qu'en 1134, trois nobles frères de Picardie, appartenant à la maison d'Eppe, et, dit-on, tous les trois chevaliers de Tordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, étaient en Syrie à combattre les infidèles, quand un jour, aux environs d'Ascalon, ils tombèrent au pouvoir du soudan d'Egypte, qui les fit conduire en captivité au Caire. Le soudan tenta divers moyens pour leur faire abjurer le christianisme. Après avoir vainement essayé de les convaincre par la voix de ses docteurs, il leur envoya sa fille Ismérie, espérant mieux de Teffet que produiraient sur eux la jeunesse et la beauté de la princesse. Mais ce fut, au contraire, Ismérie qui se trouva convertie à la foi chrétienne, en les entendant parler des grandeurs de la sainte Vierge. Elle voulut obtenir une image de la Reine du Ciel pour pouvoir rhonorer, en se rappelant son souvenir. Avec cette singulière persuasion qui fait croire aux musulmans que le premier Européen venu doit savoir exécuter tous les produits des arts mécaniques ou libéraux, elle leur apportaiin bloc de bois où les chevaliers auraient à lui tailler la représentation de la mère de Dieu. Ceux-ci, plus exercés à manier Tépée que le ciseau, trouvèrent la commission fort embarrassante, et prièrent le Ciel de leur venir en aide pour ne pas gâter la conversion de leur néophyte. Durant la nuit, parle ministère des anges, dit-on, Timage se trouva déposée dans la prison, et put être montrée le lendemain à la princesse. Ismérie, se sentant pénétrée de respect à la vue de cette statue, protesta qu'elle appartiendrait désormais au fils de cette Vierge glorieuse, et les vieux historiens * veulent que la joie des prisonniers ait fait donner à cette image le nom de Notre-Dame de Liesse (de joie). Nous aurons occasion d'exprimer quelque doute à ce sujet, mais il n'importe pour le moment.

1 Histoire miraculeuse de T image de Notre-Dame de Liesse ^ Laon, 1755.

Ismérie, sachant bien qu'elle ne pourrait se faire chrétienne sans échapper à Tinfluence de son père, s'entendit avec les chevaliers pour les délivrer et se sauver avec eux, emportant ses bijoux et la sainte image. Les quatre fugitifs errèrent quelque temps de nuit ; puis, la fatigue les gagnant, ils se retirèrent dans une prairie et s'endormirent. A leur réveil, dit la légende, les fugitifs se retrouvèrent ensemble dans le pays des chevaliers, où ils avaient été transportés sans en avoir la conscience, et la statue miraculeuse se trouva auprès d'eux. La princesse fut baptisée par l'évêque de Laon, Barthélémy de Vir, qui, avec le concours de la nouvelle convertie, des trois chevaliers et du chapitre de Laon, fit bâtir une église en l'honneur de la mère de Dieu, dans un endroit jusque-là inhabité. Autour du nouvel édifice ne tarda pas à s'élever la petite vOle de Liesse, appelée aussi anciennement Lience, et qui devint l'un des plus célèbres pèlerinages de France.

Villette rapporte des preuves de la dévotion de presque tous nos rois envers Notre-Dame de Liesse, depuis Charles VI jusqu'à Louis XIV. Ce dernier, dont la naissance avait été demandée dans ce sanctuaire, voulut fonder, à perpétuité et à l'intention de sa mère, Anne d'Autriche, six messes annuelles, ce dont faisait mention une inscription gravée dans le chœur de cette église.

Durant les guerres du calvinisme, le chapitre de Laon avait pris soin de retirer dans la ville la statue de Liesse, pour que les hérétiques ne la livrassent pas aux flammes.

« Liesse, est-il dit dans un dictionnaire géographique du siècle dernier, n'a qu'une rue formée par des hôtelleries et par des boutiques de merciers, qui vendent des chapelets et des médailles. L'église est peu de chose, quant au bâtiment, mais son image miraculeuse de la Vierge est célèbre dans tout le monde chrétien ; on y

fait des pèlerinages, non-seulement de tout le royaume, mais encore des pays étrangers. »

Dans la liste des communautés d'orfèvres du royaume, publiée par TAlmanach des monnaies de 1785, on voit qu*à Liesse il n'y avait pas moins de vingt et un maîtres, connus sous le nom d'orfèvres imagiers, tandis, par exemple, qu'il n'y avait que quatre orfèvres à Laon et trois à Saint- Quentin. On peut juger par là de l'importance du commerce auquel donnaient lieu les objets de dévotion fabriqués à Liesse en métaux précieux, sans compter des milliers de médailles en cuivre, enétain et en plomb.

*Lcs anciennes enseignes que nous connaissons de Notre-Dame de Liesse lui donnent toutes le nom de Notre-Dame de Lience ou de LiÀNCE, qui pourrait bien avoir été le nom primitif du lieu ou de quelque ruisseau qui aurait servi à désigner l'endroit. Postérieurement peut-être, on aura eu l'idée de modifier cette dénomination pour la faire accorder avec le titre : Catisa nostrœ lœtitiœ cause de notre joie), donné également à la sainte Vierge.

Ce plomb a été trouvé au Pon1>-au-Change, en 18S8.

NOTRE-DAME DE LIESSE

VAEIÉTÉ.

Le type de la Vierge et de l'Enfant Jésus, comme sur l'e pltùre précédent.

Au revers, un arbre autour duquel se déroule une banderole oîi se trouve écrit le mot : LIENCE, Nous pensons que cet arbre est un nw», c'eat-à-dire, comme on sait, un signe de réjouissance. C'est donc une allusion au nom de Notre-Dâue de Lissas, qui conmiençait, sans doute, à se faire jour déjà.

Ce plomb a été trouvé au Pont-au-Changô, en 18S8.

NOTRE-DIME DE LIESSE

VARIÉTl!.

La smnte Vierçe, as^se sur un trône moins omé et à dossier plus étroit que sur les pièces ci-dessus décrites, porte l'Enfant Jésus sur son genou gauche, et tient un fleuron de la main droite. Les figures sont sans nimbes.

La légende est la même que précédemment.

Au revers, un mai avec le mot LIENCE sur la banderole.

Ce plomb, du XV* siècle, a Été trouvé au pont Notre-Dame,

NOTRE-DAME DE LIESSE

TABIÉTi.

Snr une chùére gothique siège la sainte Vleige, couronnée et tenant l'Enfant Jésus sur son genou gauche. De la main droite, elle porte quelque chose c^mme un globe surmonté de trois petits rameaux (peut-être une bulbe fleurie).

Même légende. que les précédents.

On voit au revers, sur un champ semé d'étoiles, le même rébus du mot Liesse, mais plus amplement exprimé : LYS — S. On sait que fleur de lia se prononce encore sans faire sentir l'articulatâon

Nous avions cru précédemment trouver ici le chiffre des servîtes qui ressemble, en effet, beaucoup à celui-ci. tSsàs le rébus picard nous semble avoir été la vraie pensée des artistes, qui, comme on

l'a vu, s'y étaient déjà essayé d'une façon maladroite avant de pouvoir atteindre cette dernière forme définitive.

Ce plomb, du XV' siècle, a été trouvé au Pont-au-^hange, en 1858.

NOTRE-DAME DE LIESSE

VAEIÉT^.

La Vierge, asàse, porte l'Enfant Jésus sur songenougauche.

Le revers présente le rébus du -mot Liesse, formé d'un lis et des lettres I — E — S.

Ce plomb, de la fin du XV' siècle, a été trouvé au Pont-au- Change, cni860.

NOTRE-DtME DE LIESSE.

VARIÉTÉ

Le plomt circulaire dont on voit la représentation ci-dessus était orné de trois pieds dont 11 reste encore quelques vestiges, et servait sans doute de support à une figurine de Notre-Dame de Liesse. L'inscription dont il est environné se lit de la manière qui suit :

VESI (Voici) NOTEE DAME DE LIENSE.

Cet objet peut remonter au XIV' siècle ; il a été trouvé au Pontau-Change, en 1862.

NOTRE-DAME DE LIESSE

VARIÉTÉ

Vierge assise, la tête couronnée et nimbée, tenant l'Enfant Jésus sur son genou droit, et portant de la mwn gauche une plante fleurie.

Ce médaillon, du XV' siècle, a été trouvé au pont Notre- Dame, en 1859. Par sa composition, il semble appartenir à Notre- Dame de Liesse.

NOTRE-DIME DE LIESSE

VARIÉTÉ

Plomb représentant un portique gotlùque formé de six colonnes, surmonté d'une voûte ogivale ornée de crochets et sommée d'une fleur de lis. Dans l'ouverture del'ogîve est placél'écuflsondeFrance couronné. Au centre du portique, la sainte Vierge assise et tenant l'Enfant Jésus bénissant.

Cette enseigne paraît, par son t^e, pouvoir se rapporter à Kotre-Dîoue de Liesse ; mais n'ayant pas une entière certitude à ce sujet, nous n'avons pas cru devoir, bien qu'elle soit plus ancienne que les autres, la placer ailleurs qu'àla fin de notre article.

Cette enseigne, du XIV' siècle, a été trouvée au pont Notre- Dame, en 1858.

NOTRE-DtME DE TOMBELtINE.

Portique surmonté d'un clocheton double. Dans l'ouTerture, la Vierge debout, couronnée et nimbée, portant l'Enfant Jésus sur son bras gauche. Sur les jambages on Ut :

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