SAINT : MOR : DES : FOSSEZ
Ce plomb date de la fin du XV* siècle et a été trouvé au pont 1^' d'Aroole, en 1862.
SklNT MkUR DES FOSSÉS.
Flaque demêmedispoùtioD que la précédente, sauf quels crosse est tournée en dehors. Les appendices latéraux renferment chacun une étoile à six rais, qui semble inspirée par cette représentatioD du soleil et de la lune que je rappelais à propos de saint Mathiuin.
Dans le champ, saint Maur tient une crosse de la main gauche (la volute en dehors) et un livre de la mmn droite.
La légende, qui se pourtoume, est à peu près illisible, à force de lettres retournées, inversées ou déformées; on y distingue cependant le nom du stûnt.
Ce plomb est de la fin du XV* siècle; il a été trouvé au pont Notre-Dame, en 186â.
SAINT MkUR DES FOSSÉS.
VARIÉTÉ
Flaque assez semblable aux deux précédentes; toutefois, l'appendice supérieur est pyramidal et orné de quatre gros points au sommet.
Dans le champ, saint Maur tient de la mûn gauche une crosse tournée en dedans, et de la main droite un livre. Entre filets, et dans le cadre qui contourne le carré central, on lit la légende suir TOnte :
(Ji SIGNUM SANCn MAUKI FOSSATENSIS.
Ce plomb, de la fin du XV' siècle, a été trouvéau pont d'Arcole, en 1863.
StINT FIACRE ET SklNT FkRON.
Ense^e carrée, dont le sommet se termine en forme de pyramide. Dans le champ, saint Faron, évêque de Meaux, debout et revêtu de ses habite pontificaux, la tête mitrée et nimbée, tient de la mmn gauche sa crosse penchée à sénestrc ; et 1ère sa main droite sur une femme qui, debout et tenant une quenouille sous son bras droit, semble énumérer son intervention , en lui allouant divers motifs qu'elle parait compter sur ses doigts, pour mieux le convaincre.
A la gauche du saint se trouve un personnage debout, la tête encapuchonnée et nimbée, tenant un livre de la main gauche, et
s' appuyant de la droite sur le manche d'une bêche. La légende qni boirde le côté droit de notre enseigne se lit oonime suit :
S. FIACKE HOVPDEE : FAEON,
Le mot houpdee ne serait-il pas le vieux nom traditionnel de la femme désignée dans la légende populaire de Brie sous Tappellation de Baguenaude, Bacnaude ou Becnaude (comme qui dirait : femme de passe-temps, ou fille de joie, ou peut-être bavarde tout simplement]? C'est cette femme qui, ayant été témoin de la chute des arbres, dès que saint Fiacre les touchait de sa bêche, s'empressa d'aller Taccuser de magie devant saint Faron. Selon d'autres, son antipathie contre le saint serait venue de ce que, à la façon de tous les moines irlandais, il ne souffi*ait aucune femme dans l'enceinte de son ermitage.
C'était un des sujets représentés dans les ouvrages d'orfèvrerie dont Louis XI fit décorer la châsse de saint Fiacre. Nous allons rapporter, d'après V Histoire de F église de Meauco, tome I", le miracle qui explique la présence de la Baguenaude dans nos enseignes :
« Saint Fiacre se trouvait fort à l'étroit. dans sa solitude, en sorte que dans certains temps où les hôtes lui survenaient en plus grand nombre que de coutume, il ne pouvait ni les nourrir ni les loger tous. Saint Faron, évêque de Meaux, à qui il fit part de sa peine^ lui accorda dans la forêt voisine tout le terrain qu'il pourrait défricher et environner d'un fossé en vingt-quatre heures. Sur cette parole, le saint part : il trace sur la terre avec sa bêche l'enceinte qu'il se propose de joindre à son ermitage. A mesure qu'il avance, les arbres tombent de part et d'autre, et le fossé se creuse de lui-même. Il voit là, par hasard, une femme à qui le menu
peuple a donné le nom de Becnaudc^ mot injurieux qui est encore en usage dans quelques provinces de France. Etonnée de ce prodige dont elle ne connaissait pas la cause, elle courut accuser le saint de magie et de sortilège devant saint Faron, qui retournait à Meaux. Le saint évêque revient aussitôt sur ses pas pour infor^ mer sur ce qu'il en était : Fiacre, livré à la tristesse, abandonna l'ouvrage et s'assit sur une pierre qui se trouvait auprès de lui : la pierre s'amollit comme la cire et reçoit l'empreinte de son corps. Ce second miracle, auquel il ne ne s'attendait pas lui-même, fait éclater son innocence. Saint Faron glorifie le Seigneur, et l'injuste accusatrice est confondue, n
Suivant la tradition populaire, encore vivante aujourd'hui, saint Faron aurait répondu à cette femme : « Benaude, file ta quenouUle, 1 pour lui faire entendre qu'elle ne devait point se mêler de juger les œuvres de Dieu. C'est un reste de souvenir de l'ancienne légende, et nous présumons que ce fait devait être rapporté dans les mystères du moyen âge où l'on représentait la vie de saint Fiacre.
Quoi qu'il en soit, la Baguenaude (ou Becnaude) figure ici constamment dans les enseignes de saint Fiacre. C'est ce saint qui me paraît, en effet, être le principal objet de ces plombs où nous le verrons représenté. Le rôle dominant que semble d'abord y jouer saint Faron tient à sa dignité d'évêque, qui en fit le juge et le garant de la sainteté du pieux ermite. Le fait est que la dévotion du peuple envers le solitaire irlandais a tout à fait prévalu sur la mémoire du grand évêque de Meaux qui l'avait accueilli dans son diocèse. Aussi peut-on voir que généralement ici le nom de saint Fiacre est placé en première ligne, comme étant bien décidément le trait saillant qui intéressait les pèlerins (c'est-à-dire les pratiques du marchand à^ enseignes).
SMNT FIACRE ET StINT FIRON.
TAKIÉTÉ.
Dans le champ, saint Faron, la tête mitrée et nimbée, à sa gauche SMut Fiacre, couvert d'un capuchon, et à sa droite la Becnaude, paraissant agenouillée, mais dont on voit que le visage n'a pas été traité con amore par l'artiste.
On lit, assez distinctement et sous les pieds des personnages, au côté droit de la plaque, les mots :
S. FUCRE HOPDEE. S. FARO.
Cette enseigne, du XV* siècle, a été trouvée au Pont-au-Change en l'année 1858.
StINT FIACRE ET SkINT FkRON.
Même coropoûtîo& que les prée4deiites, à la seule différrace qne saint Fiacre a la tête nimbée. La femme a encore l'ïùr d'insister flur sa délation, en comptant sur ses doigts les griefs qu'elle veut faire adopter par l'évêquo. Ceux qui ont observé attentivement les miniatures du moyen âge n'auront pas manqué de remarquer que ce geste y est habituellement donné aux gens qui parlent au publie.
S : FIACRE : HOPDEE : S : FAHON.
Ce plomb date du XV* siècle et a été trouvé au pont Notre- Dame, en 1850.
SAINT FIICRE ET SAINT FtRON.
TABlélÉ.
Ici, comme dans placeurs antres plombs, le capuchon relevé qui entoure le visage du saint ermite pourrait fùre penser d'abord qu'on a sous les yeux une tête de femme.
Légende :
S. FUCRE HOVPDEE FARON.
Des aimeainx, dont trois subsistent encore, étûent placés aux angles du carré principal delà plaque pour la fixer au costume.
Ce plomb est du XV* siècle et a été trouvé au pont Notre- Dame» en 18S2.
SkINT FUCRE ET SUINT FtRON.
TABIÉT^.
Bien peu de changements, soit dans la mise en scène, soit dans les détails des costumes. Probablement que le type une fois adopté avait parfaitement répondu à l'attente générale, qui eût été dépaysée par l'altération du petit tableau dont elle avait pris l'habitude. .
Même légende que précédement.
Cette enseigne, du XV' siècle, a été trouvée au Pont-an- Change, en l'année 185â.