XIV-^ siècle
Type varié. L'ouverture de la porte n'est pas indiquée. Grènetis.
l^ : Comme au précédent; seulement les arcs renfermant la croix sont simples.
Grènetis.
Xll? siècle.
Type analogue au précédent, mais dont les détails sont plus soignés. Le champ est haché de lignes perpendiculaires vt horizontales croisées.
Grènetis.
R : Croix formée d'un double filet, bourdonnée et accompagnée de perles irrégulièrement placées.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 18.')!2.
XIIP siècle.
Porte placée sur un pont composé d'une arclie et de deux demiarches.
Grènetis.
^: : Croix portant un annelet en rœnr, dont chaque bras se
termine par un groupe de trois annelets. Dans chaque canton se trouve un arc de cercle doulde, mouvant du grènetis.
Trouvé au Petit- Pont, en 1865.
XIV' siècle.
Comme on le sait, les ponts anciens étaient généralement défendus par des châteaux placés, soit au centre, soit à chacune de leurs extrémités; quelquefois même tous ces systèmes de défense étaient réunis. Par suite de l'étroitesse de ces passages faciles à surveiller exactement, on en fit mille fois le siège d'un bureau qui ne se franchissait point sans bourse délier. C'est ainsi que, de nos jours, la ville de Paris a porté sa ligne d'octroi jusqu'aux fortifications, mettant à profit l'enceinte militaire, pour la sûreté de ses recettes.
Porte de ville, analogue aux précédentes.
Grènetis.
B: : Personnage tirant du vin qu'il re^^oit dans un broc. Le tonneau, élevé à hauteur de poitrine, est appuyé on ne sait sur quoi; de sorte qu'on pourrait le croire soutenu en l'air au bout de la main gauche du bonhomme. Cela donne à ce revers un air fimtastique qui surprend d'abord.
Grènetis.
Dans le système d'attribution indiqué plus haut, ce méreau aurait été employé spécialement pour les introductions du vin.
Trouvé au Pont-au-Change, en i803o
XIV" siècle.
Homme debout, la tête encapuchonnée, portant une coupe à sa bouche. Sur son épaule gauche est appuyé un bâton auquel pend une sorte de grande bourse.
Et : Croix formée de quatre doubles arcs de cercle, renfermant des hachures et mouvant du grènetis.
Trouvé au pont de l'Archevêché, en 1860.
XIV siècle.
L'on voit dans le Traité de la Police, tome III, p. 03(S, que les jurés vendeurs de vin, dont la création remonte à 1350, étaient munis chacun d'un hanap (ou vase à boire d'une forme particulière), qui leur servait à faire goûter le vin aux acheteurs. Le juré vendeur, entrant dans un bateau, posait sou hanap sur le tonneau le plus élevé pour indiquer sa prise de possession et pour faire connaître que la vente était ouverte.
L'attribution de ce méreau aux jurés vendeurs de vin semble dès lors pouvoir être proposée.
Je n'ose guère voir une outre dansTospèce de grande bourse qui pend au bout du bâton porté par notre homme. La diUiculté des conimunif'utions devîiit l!lis■^('l• vt'uir (•liez nous bien ]h:\\ de vins du
j\Ji(li; ot arrivaient-ils jusqu'anx ports de la Seine, ils auraient sans doute été transvasés pour le trajet. Néanmoins, l'outre pouvait avoir sa valeur comme certificat d'origine, et je laisse le premier jet de ma conjecture pour valoir autant que de raison. D'ailleurs, ne pourrions-nous pas avoir là une pièce romane apportée chez nous par un expert qui avait travaillé d'abord dans le bassin de la Garonne, avant de s'établir sur les bords de la Seine? Ce serait ici son diplôme primitif, présenté comme garantie de services antéiieurs dans hi partie.
Personnage debout, tenant de la main droite un bâton, et de la main gauche élevant une coupe à la liauteur de sa bouche. On dirait que sur ses épaules se voit un capuchon rejeté en arrière, si ce n'est l'espèce de sac qui pendait au bout du bâton dans le plomb précédent.
Grènetis.
]^ : Une volute mouvant du flanc droit d'un bâton i)lacé perpendiculairement. Cette figure forme une espèce de P à l'ebours. J'en chercherai incessamment une explication qui pourra ne pas
satisfciire les gens difficiles, mais que je livre sons bénéfice d'inventaire.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Change, en i85G.
XV"^ siècle.
La présence du bâton que portent les personnages représentés pages 135-130 pourrait faire attribuer ces méreaux, moins aux jurés vendeurs de vins qu'aux jaugeurs, qui sont cités depuis 1258. Peut-être avant l'institution des vendeurs, les jaugeurs remplissaient-ils la double fonction. Le type de nos pièces ne semble pas contraire à cette supposition.
Je soupçonne, en outre, que l'avers peut indiquer la mèche soufrée (aujourd'hui, à la vérité, de forme différente) qui servait à préparer les tonneaux pour recevoir le vin, ou modifier la boisson piquée (comme on dit) ^ 11 ne semble pas improbable que les jurés vendeurs de vin aient rempli la fonction d'experts et de dégustateurs au service des particuliers à domicile. Ils auraient donc eu leur avis à donner sur la manière d'aménager un cellier ou une cave, et sur les soins à donner aux futailles, soit vides, soit pleines, mais sujettes à caution.
Alors ce méreau pourrait appartenir aux métiers, plutôt que relever du fisc.
' Ce que je propose (sous bénéfice d'inventaire), comme une mèche soufrée, se retrouve à peu près dans mon tome III, page 159. J'aurais peut-élre dû attribuer ce méreau à la Tonnellerie, soit pour la fabrication des futailles (à cause de la hachette), soit pour leur surveillance dans les caves.
Vaisseau en forme décroissant. Le mât, qui est bourdonné, est flanqué de deux perles à son extrémité supérieure et muni de quatre haubans.
Grènetis.
1^ : Croix bourdonnée, dont les bras sont flanqués à leurs extrémités de deux perles.
Grènetis.
Dans l'ordie d'idées exposées plus haut, ee méreau, ainsi que les suivants, aurait été appliqué au service des marchandises arrivant par eau, tandis que les pièces au type de la porte de ville auraient été employées pour les arrivages ])ar voie de terre.
Trouvé au pont Saint-J\Iichel, en 1861 .
XV siècle.
Type varié du précédent. Le mat du vaisseau a six haubans.
Grènetis.
Trouvé au pont Saint-Charles, en 1856.
XY^ siècle.
Type varié des précédents. Le mât, garni de six liaubans, est surmonté de trois annelets renfermant cliacun une perle. i Grènetis.
1 Trouvé au Petit-Pont, en 1860.
I XV' siècle.
Vaisseau dont chaque extrémité est ornée d'une perle. Le mât, garni de quatre haubans, est surmonté d'une quarte-feuille.
Grènetis.
^ : Croix dont chaque branche se termine par une quarte-feuille. Dans chaque canton se trouve un groupe de trois perles, en arrière duquel est une perle détachée.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 18G0.
XV' siècle.
Type varié. Le mât, sommé d'un groupe de trois perles, est garni de six haubans.
R: : Croix boiirdonnéo, flanquée à son extrémité de denx perles ; elle est renfermée dans un entourage formé de quatre arcs de cercle.
Grènetis.
Trouvé au pont Notre-Dame, eu 1863.
XV^ siècle.
Variété du précédent. Le mât est mouvant d'un annelet contre le bord du vaisseau; au centre est un groupe de trois perles.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Change, en 186o.
XV« siècle.
Les nombreuses variétés du vaisseau qui viennent de passer sous nos yeux permettent de reconnaître peu à peu la marche que suit ce type en se déformant sans cesse. Les plombs qui vont suivre ceux-ci servent encore plus à faire comprendre quel peut être l'embarras d'un numismatiste qui tombe d'emblée sur la déformation du signe primitif dont il ne rencontre que l'expression dernière. Les collections seules sauvent du danger qu'un homme habile peut courir en voulant de prime-saut expliquer des médailles dont la parenté reste dans l'ombre. Il faut alors une sorte de génie spécial pour ne pas s'enferrer sur des semblants insidieux, ou (fut-on assez heureux pour deviner l'énigme) renoncer à toute attribution qui
manquerait de preuves pour le public. L'invcutonr, si hieu duué qu'il soit, passerait presque infailliblement pour un rêveur.
Préparer les éléments d'un avis définitif par la réunion des pièces du procès est donc déjà servir la science, et l'on me permettra de croire que cette prétention ne m'est pas interdite après les cin(| volumes dont j'ai apporté le tribut à la numismati(|ue populaire du moyen âge.
Dégénérescence du type vaisseau. Le mât est croisé d'une vergue, des extrémités de laquelle partent deux perches qui aboutissent au pied du mât.
Grènetis.
^ : Croix alaisée et bourdonnée, cantonnée de douze perles, trois dans chaque canton, et accompagnée, au droit de chaque branche, d'une autre perle.
Grènetis.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1863.
XV' siècle.
Ce n'est qu'avec quelque hésitation que je classe cette pièce comme je le fais. On ne reconnaît ici que bien imparfaitement le vaisseau dont la forme laisse, du reste, à désirer dans presque toute cette série. Cependant, on voit encore sur la Seine de gros bateaux dont le gouvernail est garni de perches disposées ;i peu de chose près comme dans ce dessin.
Croissant surmonté d'une étoile à six rais.
Grènetis.
1^ : Croix dont chaque branche est ornée de trois perles. . Grènetis,
C'est le type d'un vaisseau, mais complètement méconnaissable désormais, si les antécédents n'y apportent une lueur subsidiaire.
Trouvé au Petit-Pont, en 1856.
Vaisseau dont le mât, sans haubans, est chargé sur le haut d'une étoile à six rais.
Grènetis.
I^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Ce type est bien dégénéré, mais celui qui le précédait ne valait guère mieux ; cependant on y retrouve les principaux éléments du vaisseau, si l'on veut y mettre du bon vouloir, et s'aider de ce que l'on a vu dans les plombs mieux gravés.
Trouvé au pont Notre-Dame, en 1859.
XIV" siècle.
Ici, et dans le méreau piéccdeiit, il y a tout lieu d'excuser des antiquaires vraiment graves qui ont pris f;à et là un vaisseau jiour la lune. Ce n'est pas moi qui m'en divertirai à leurs dépens. Les points de comparaison leur faisant défaut, il leur eût fallu une faculté divinatrice que le lecteur n'aurait probablement pas admise de confiance, quoique la postérité eût pu accepter l'appel en réhabilitation. En attendant, l'on se fait la renommée d'un visionnaire, et nulle de vos conjectures ne rencontre adhésion de votre vivant après cette note d'infamie (fût-elle imméritée).
Aussi est-il toujours bon d'être modeste et de ne point brusquer le public, lors même qu'on a cent fois raison.