‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine et recueillisChapitre 11 sur 28 · TYPES MÉREAUX FISCAUX · texte numérisé non relu

TYPES MÉREAUX FISCAUX

Je ne prétends pas qu'aucun des autres groupes ne renferme quelque méreau destiné à constater racquittemcnt d'un droit réclamé par le trésor public ou par les seigneurs, connuuncs et leurs ayants cause. J'assigne parfois ailleurs ce but à plusieurs pièces qui sont séparées dans mon livre; mais, ne pouvant toujours déterminer d'avance l'intention certaine qui avait occasionné l'émission, j'avais à chercher mes moyens ordinaires de classement dans l'aspect le plus reconnaissable {le faciès, comme on dit). C'est peut-être ce qui menace davantage l'avenir de ma méthode, condamnée ainsi à n'obtenir qu'une valeur provisoire ou purement rudimentaire. En l'état oii se trouvent encore nos connaissances sur une région peu visitée par les numismatistcs, cette utilité si mince ne laisse pas d'avoir son petit mérite. Elle peut encourager au moins les premiers pas de l'étude, en dirigeant l'attention sur des caractères saillants qui paraissent dessiner diverses familles, mais dont le semblant d'importance se dissipera en plus d'un cas à la longue. Jusqu'à plus ample informé, je doute qu'il y eût mieux à faire.

Du reste, comme je propose dans plusieurs classes une pensée fiscale pour d'autres plombs, il n'est pas improbable non plus que l'on démontre des attributions différentes chez l'un ou chez l'autre de ceux qui ont pris place sous le titre actuel. Je m'abandonne à ce que prononcera la science mieux informée. Après les semailles, la récolte ; et le secret du résultat ne se dévoile pas sitôt au lal)oureur, même quand il n'épargne point sa peine aux guérets. Faisons bravement comme lui.

Fleur de lis accoi]ip;i<i-née des points et des rudiments d'un type mal déterminé. Autour est Ja légende : Aquile sui (aquite ou acquite) je suis. Nous avons encore la phrase ancienne : Quille à quitte.

XII P siècle.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 18G2.

L'empreinte de ce méreau a été obtenue au moyen de la frappe, à lu différence de presque tous ceux que nous publions, lesquels sont le résultat du moula(!;e.

Au moyen âge, dans certaines foires, des méreaux étaient délivrés par les gardes ou receveurs aux marchands étalagistes, en signe d'acquit de droit d'exposition de leurs marchandises. Il en éttiit aussi délivré sur les routes aux voituriers pour constater le payement des droits de travers et de chaussée, et l'on ne peut guère douter que l'usage des méreaux ne fût également appliqué au recouvrement de bien d'autres impositions établies sous différents

noms sur les porsoiiiics et les eliuses, et parmi lesquolles nous devons encore citer les droits de maltûte, de tonlieu, d'assis, d'entrée, de guidages, de rivages, de barrières, etc., etc. On peut voir, à ce sujet, pour les détails et preuves, raiiicle pul)lié par M. Rouyer, dans la Revue Ntimismaiùjiw, année 18G i, page i io et suivantes, à l'occasion de la curieuse pièce dont le dessin précède ces lignes et de celle qui va suivre.

II serait difficile de dire au juste à la perception de quel droit ces deux pièces ont le plus particulièrement élé a.lTectées ; mais leur origine fiscale n'est pas douteuse, et nous nous en tiendrons aujourd'hui à ce point constaté, toute discussion hasardée ne pouvant être ici que hors de propos.

Fleur de lis entourée des mots : Lesco libères (l'escut libéré).

Méreau frappé comme le précédent, avec lequel il a un air de parenté facile à saisir.

XIIP siècle.

; Trouvé au pont Saint-Charles, en i 8G3.

L'ancien mot Escot était synonyme de part uu [)ortiun. On ne l'emploie plus guère aujourd'hui que dans le sens de payer son écot, c'est-à-dire sa part dans les dépenses de table ou de ral'raichissements faites eu société dans un lieu public.

Porte de ville forméi; de trois tours, celle du milieu plus élevée ({ue les deux autres. Le champ est haché de lignes croisées en losanges, sauf à la partie intérieure qui n'est hachée qu'en barres et (jui semble figurer une terrasse.

Grènetis cordé entre deux filets.

R- : Croix bourdonnée, dont chaque branche est flanquée, à son extrémité, de deux perles.

Grènetis cordé entre deux filets.

Trouvé au Fetit-ront, en 18()i.

XIV"= siècle.

Ne pourrait -on pas voir ici, ainsi que dans les plombs suivants, un méreau indiquant rac(|uittement des droits dus sur les marchandises introduites dans les villes ? Sans doute cette attribution n'est pas si facile à défendre que celle des deux plombs publiés en tête de ce groupe ; elle me semble toutefois ne pas manquer de fondement. Pour avouer mon faible, disons que l'on se trouve heureux de pouvoir assigner un usage quelconque à une série de ces petites pièces, qui paraissent trop souvent se refuser à toute explication.

Même type varié.

]^ : La croix est pattée et cantomice de quatre annelets renfermant chacun une perle.

Grènetis.

Trouvé au Petit-Pont, en 1862.

XI V siècle.

Variété du même type.

J^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.

Grènetis.

Trouvé au pont Saint-Charles, en 1802.

XIV' siècle.

Même type varié. La porte est mouvante d'une terrasse.

^ : Croix bourdonnée, dont les branches sont flanquées, à leur extrémité, de deux perles. Cette croix est renfermée dans un entourage formé de quatre doubles arcs de cercle dont les points d'intersection sont ornés en dedans d'une perle.

Grènetis.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1 860.

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