VARIETE DE LA PIECE PRECEDENTE
Trouvé au Petit-Pont, en 1865.
XV siècle.
Si mes dernières conjectures méritent de prendre racine, il faudra probablement faire place ici au plomb cité (groupe XII, page 229), où j'avais cru voir Técureuil vidant une noix. En tout cas, la parenté de mes trois pièces à l'écureuil s'établira sans doute avec le temps, soit comme méreaux de persiflage, soit comme pièces destinées à un usage sérieux. Si, par exemple, on était conduit à reconnaître que des mailles à /'écî/reu^'/ aient joué quelque rôle dans la com})tal)ilité, elles sembleraient être assignables au menu service des forêts. Je n'en dirai pas plus, pour ne point me livrer à l'exposé
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des possibilités sans nombre. La ceititiule, ou la [irobabililc grave, mérite seule place dans un livre pouvant servir comme de documents; et je ne vois ni l'une ni l'autre, tant que l'on ne produira pas de témoignages écrits.
Cependant ne pourrait-ce pas être aussi un titre authentique de concessions faites à des vassaux pour le marronnage (planche, vaisselle, bâtisse), la chasse quelconque libre et paisible, et spécialement pour la paisson des porcs (glandage)? Item, pour autorisation de couper bois de chauffage, debillonnage, etc. , ou autres droits populaires immémoriaux que les hauts justiciers s'effor(;aient de restreindre, afin d'obvier aux abus ou même de rétrécir la coutume, et de garder, entretenir, faireprospércr les bois, chasses, etc. , au bénéfice des rentes ou prérogatives seigneuriales ; car on élaguait peu à peu le régime presque communal qui avait gouverné cette nature de propriétés dans les vieilles lois du haut moyen âge; et ce qui jadis était droit devenait progressivement grâce spéciale, franchise exceptionnelle , bon plaisir de supérieurs , libéralité révocable à volonté , sur notification du seigneur. Nous avons vu beaucoup mieux (si ce n'est bien pis) depuis le XIIP siècle, et surtout de notre temps. Mais avouons aussi que la diminution des forets excuse aujourd'hui une certaine rigueur de précautions et réglementations administratives envers les voisins qui voudraient continuer à jouir de la loi ripuaire, sous ce rapport, après douze ou treize siècles , et prétendent que 89 soit une ère d'affranchissement absolu; envers les barons, oui; envers l'État, qui s'est souvent substitué à ceux-ci, non ; et contre ce dernier demandeur la défense n'est pas devenue beaucoup plus facile que quand on avait alliiire à ses prédécesseurs laïques ou ecclésiastiques résidant sur les lieux et intéressés, par conséquent, à ne pas trop aigrir les
querelles (|uotidiennes.
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Cliieii, ou singe luibillé, diiiis un grènctis. Il porte un piimiche retombant en arrière.
R : Croix pomnictée, dont chaque branche est flanquée, à son extrémité, de deux perles. Cette croix est renfermée dans un entourage formé de quatre arcs de cercle, dont chaque point d'intersection est garni intérieurement d'une perle.
Grènetis.
Trouvé au pont Notre-Dame, en 1858.
XV^ siècle.
Voilà qui sent bien la moquerie encore. Que si l'on demande où était rofticine de ces gaietés, il est aisé d'indiquer la fête des Fous, les parades de la basoche et autres sociétés joyeuses qui s'attribuaient droit d'insolence publique. Les singuliers espiègles, auteurs et acteurs des farces promenées alors par les rues en certaines vacances privilégiées^ ne seraient pas toujours endurés par la police, môme en payant patente comme baladins de foire. Ils ne tenaient que davantage à faire durer le souvenir de leurs pasquinades, quand les jouis de licence auraient eu lin. Sur le passage du cortège grotesque , on distribuait des médailles économiques qui répandaient le feu sacré du sarcasme sous forme de folie, et restaient, comme amorce, pour continuer la besogne en temps de reprise des travaux.
Cerf marchant à droite, dans un grèuetis.
R: : Croix pattée, cantonnée de douze perles, trois dans chaque canton.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Change, en 1857.
XIV' siècle, si je ne nie trompe.
Ce cerf, qui semble bardé de fer comme l'âne du nicnie groupe (page 190), et chemine fort piteusement, continue peut-être la série des bouffonneries adressées par le peuple à la noblesse vaincue. François 1" n'était populaire qu'à demi, et ne méritait vraiment guère mieux. Aussi les brocards ne lui furent-ils pas épargnés dans les farces où la bourgeoisie s'ébaudissait de temps à autre en gaillardises un peu prodigues de gros sel. M. Grésy en a cité un exemple {Mémoires de la Société des Antiquaires de France) dont les frais étaient faits par la chronique scandaleuse de ce règne ; et les revers du roi chevalier , dans sa lutte contre Charles-Quint, n'auraient pas été négligés par la basoche ou autres enfants plébéiens de la mère-folle.
Si l'on prétendait avoir ici un méreau de chasse, j'ai la ressource de me replier sur ce que peuvent dire en ce genre les plombs du groupe actuel (pages 191-192)*
Lion pussaiit, Ui tête contournée-
.Ç: : Croix cantonnée de quatre fleurons.
Trouvé au pont Saint-Charles, en 1860.
XV* siècle.
La croix de l'avers semble fleurdelisée entre ses brandies, et l'animal du droit n'est pas si héraldique ni si bien exécuté que uous ayons lieu de taire intervenir un héraut d'armes dans la surveillance du moule. Ce plomb pourrait donc être le résultat d'une commande qui employait grosso modo les éléments familiers au peuple, sans y regarder de trop près. Je proposerai donc d'y voir le léopard anglais cédant, sur nos terres, à la nationalité française qui retrouve sa cohésion. Il se retire, moitié menaçant, moitié craintif; mais ses grandes menaces commencent à n'être plus si formidables que par le passé , car le royaume continental regagne avantageusement son vieil aplomb, difficilement ébranlable désormais.
Ce serait le cri populaire, après les campagnes de Jeanne d'Arc, qui vient de mettre la France horsdejiage, et dont Foeuvre poursuit sa marche, nralgré le triste abandon que nous avions fait de cette héroïne aux mains de l'ennemi.
Chien courant h droite; derrière lui se trouve un arl>risse!\u.
Grènetis.
R* : Croix pattée et 'alaisée, ornée de hachures contrariée?.
Grènetis.
Trouvé au pont Saint-Michel, en 1865.
XIV° siècle.
Ouand j'ai dit chie7i courant, je ne tenais peut-être pas assez compte de l'inexpérience du graveur auquel on aura confié ce méreau. Dans l'intention du commettant et de l'artiste quelconcpie, ne se serait-il pas agi de présenter au spectatenr un léopard? Alors nous aurions cette fois le complément des deux pièces (pages 59-67) où j'ai cru pouvoir indiquer un emblème du blason anglais. Le léopard serait ici associé à l'arbre feuillu sur une même face; ou encore, nous aurions une confirmation de rhyj)othèse que je viens de hasarder, page 196, à propos du lion passant, si ce n'est s' enfuyant.
Avec l'aspect que présente notre méreau, je conviens sans peine qu'il reste des doutes, et je ne prétends pas les dissiper tout à fait. Je sens très-bien qu'il me faut travailler dans le brouillard, et que le jour ne se peut faire tout d'abord sur l'étude dont je rassemble péniblement les matériaux un à un. Je ne m'opposerais donc pas, jusqu'à nouvel ordre, aux vues de qui prétendrait reconnaître là un chien débarrassé de sa laisse et courant sous bois. Ce serait donc l'indice d'un rendez-vous de chasse, si ce n'est un méreau de service pour les valets de chiens et rabat-
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tenrs de gibier dans les chasses, afin de constater le droit à distribution postérieure en espèces ou en nature ; mais je n'ose pas me prononcer jusqu'à présent.
Cependant, au risque de rendre encore plus douteuses les interprétations que je proposais, en voici une autre pour valoir autant que de raison. M. Gustave Desjardins, dans sa récente Histoire de la cathédrale de Beauvais , montre qu'en cette ville les exhibitions d'oiseaux rares ou d'animaux étrangers étaient soumises à un petit tribut. Notre plomb pourrait donc avoir servi !i témoigner l'acquittement de ce droit, et pourrait alors entrer dans la série que j'appelle /?5ca/e. Sur un aussi grand nombre de possibilités, j'avoue que la probal)ilité ne me semble pas claire; ce sont toutefois des éléments pour des recherches ultérieures sur lesquelles je n'ai rien à préjuger.
Tête de bœuf ou de cerf vue de face.
Grrènetis.
T^' : Figure peu distincte; peut-être un N (ou un M) soutenue d'une croix pattée et surmontée d'une feuille tigée. IMais ces appendices sont peu clairs, et je ne puis chercher querelle à qui ne les reconnaîtra pas.
Trouvé au Pont-au-Change, en ISoC.
Avec les maigres données que nous avons là, j'admirerai l;i l)ravonre de qui établirait même un ])rojet d'explication sur de telles hases. C'est assez dire que j'en cède le soin à de [)lus hardis, ou à eeux qu'aurait éclairés une trouvaille moins isolée ([)artant moins obscure) que la mienne.
Ce type pourrait bien avoir servi pour certiiier la visite des bestiaux avant le débit de leur chair, ou l'acquittement des droits de boucherie communale, licence d'acheter ou vendre de la viande.' en carême. Ilem, pour transit de bétail passant par le territoire snns V être vendu aux habitants.