‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine et recueillisChapitre 24 sur 28 · TYPES · texte numérisé non relu

TYPES

LANGÉS

Ce groupe n'est vraiment qu'un reliquat où je rassemble ce qui paraissait réfractaire à la classification satisfaisante dont j'aurais aimé à faire usage jusqu'au bout. Le fil conducteur se brisait là entre mes mains. Que ce soit la faute de mon esprit, ou qu'il faille en rejeter l'accusation sur l'état incomplet des monuments qui me sont parvenus, c'est ce qu'on verra si l'on poursuit cette taclie avec la patience que j'y ai mise durant quinze années. Dieu veuille que l'Etat parvienne à s'emparer heureusement des trouvailles quotidiennes et à n'en laisser rien distraire, comme quelques gens habiles paraissent le rêver en vertu de la propriété du domaine sur les cours d'eau ! Reste à savoir si des agents qualifiés ou rétribués dans ces vues apporteront toujours à leui' besogne un zèle assez dévoué pour que la drague ne puisse jamais rien soustraire aux collections publiques. Encore faudrait-il que les déblais négligés par l'ingénieur devinssent chose sacrée, en sorte que les sables ou les vases vidés sur la rive ne pussent en aucun cas être visités, triés et criblés par aucun chercheur laborieux qui compte y trouver de quoi vivre pour sa peine.

Sous les types animaux ai métiers j'avais absolument de quoi fanger plusieurs pièces classées provisoirement ici, mais ça et là l'homme accompagnait l'animal, cela devenait un embarras pour la méthode; j'ai fait de mon mieux, et ne dissinnile pas que le groupe actuel ne pourra subsister longtemps si les découvertes viennent à se multiplier. Toutefois, dans le système que paraissent inaugurer certaines mesures récentes, je crains fort ({ue les trouvailles fécondes ne soient ajournées indéfiniment.

Personnage debout, vêtu d'une longue robe, le visage tourné en arrière et le bras gauche étendu comme s'il voulait frapper. Un animal à grandes oreilles, (|ni se trouve (icrrière lui, se dresse sur les pieds de derrière et appuie sur lui un pied de devant, au-dessus duquel on aperçoit le pommeau de Tépée. Cela ressemble beaucoup au type de la lâcheté (pusillanimité), tel que le donnent nos cathédrales du XTIP siècle , et paraît indiquer une intention satirique.

Grènetis,

I^ : Croix llcurdelisée, cantonnée aux trois premiers cantons de deux annelets, et au quatrième d'un soleil rayonnant et d'un annelet.

Trouvé au Pont-au-Change, en 1857.

XI V^' siècle.

Même type. L'homme jette les mains en avant comme s'il était effrayé, et regarde le quadrupède qui s'est emparé de son épée, qu'il tient entre ses pattes de devant.

Grènetis cordé.

R" : Croix llorencée, cantonnée de douze anndets, truis dans chaque canton.

Grènetis cordé.

Trouvé au pont Saint-^lichel, en 18()2.

XIV' siècle.

Cette plaisanterie a bien la mine d'être inspirée par l'esprit satirique qui Horissait au temps de nos ancêtres. Ces joyeusetés étaient la liberté de la presse, comme elle pouvait exister alors (caries bonnes gens n'y lisaient pas grand-chose). On donnait son avis sur les affaires publiques à l'aide de chansons, de plaisanteries parlées ou coulées en plomb, etc. "Moyennant cette soupape de sûreté, le populaire se soumettait après avoir ri tout son soûl; et comme disait plus tai'd ^lazarin, qui ne nous connaissait pas mal :

Ils cantent, ils payeront!

Je ne serais pas surpris si nous avions là quelque malice contre les barons de Philippe le Bel et de ses successeurs, durant les guerres contre les Flamands et les Anglais. La fortune nous y avait souvent trahis, et le peuple aurait ici battu le roi sur le dus de la noblesse.

]\rêmetype; seulement, riiummo (lui, dans k s deux pièces pi'écédentes, marchait à droite, marche à gauche; il semble s'enfuir devant le quadrupède. Au milieu des plis de sa robe, un distingiu'

lô

confusément le Ibiirreaii vide de son épée. L'aninud nu parait guère savoir comment il maniera ce glaive.

Grènetis.

]^' : Agneau pascal.

Grènetis.

L'ao-neau du revers semble ridiculiser la mansuétude de cet homme, qui se laisse désarmer par un animal.

Trouvé au Petit-Pont, en 18G3.

XIV" siècle.

Ce méreau prête encore à l'observation que je faisais tout à l'heure. Les Valois ne devaient pas être trop fâchés de voir que la noblesse baissait dans l'estime du peuple. Ils travaillaient à la réduire et se disaient étourdiment :

Te ne sais pas prévoir les malheurs de si loin.

Ceux qui vinrent plus tard sur le trône continuèrent bien autrement le travail de décomposition, et 89 en fut le résultat. Je n'ai pas à chercher qui eut tort ou fut attrapé au bout de ce long travail préparé par la monarchie ancienne ; je reproduis de vieux documents qui peuvent éclairer la marche progressive de ce long et terrible procès. La génération qui nous a précédé l'a vu se résoudre , et nous en commençons un autre que la postérité se chargera d'éclaircir quand nous ne serons plus. Ainsi va le monde.

L'agneau pascal indique peut-être une campagne de printemps, dont l'issue n'aura pas fait honneur à la vieille gendarmerie luttant contre les bourgeois trop méprisés des communes du Nord. 11 est probable que notre bourgeoisie en était peu affligée, y pressentant ses propres ressources, et ne prévoyant pas la conscription moderne qui en a tiré plus de parti que les gens d'autrefois ne l'eussent voulu. .

Comme au précédent : ici l'on voit parfaitement le fourreau de l'épée pendant vide sur le flanc de l'homme. La forme de l'animal n'est plus la môme; il a les oreilles plus courtes, et il est couvert de poils épais.

Double filet renfermant une ligne de perles.

^1 : Singe assis, portant un fruit à sa gueule ; il porte au cou un collier auquel est attachée une chaîne garnie d'une poignée.

Double filet renfermant une ligne de perles.

Ce rapprochement aux deux côtés de cette pièce peut faire supposer que, sur la face, on fait allusion à quelque événement plus ou moins comique, où le populaire se permettait d'avoir son petit avis. Il y a ici évidemment satire ou caricature.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1800.

XIV^ siècle.

Au sujet de cet animal nourri dispendieusement à la chaîne (de la royauté ou de l'aristocratie) , mais qui ne menait à rien en somme, je m'en vais exposer prochainement ce que l'on me paraît avoir voulu dire sur la fin du moyen âge, avec les précautions exigées alors par une législation impérieuse» Nous avons, cette fois, le singe associé au type poltronnerie, et plus tard au type monarchique {fleur de lis) ; il n'est guère douteux que ces diverses figures ne se rencontrent dans quelque moyen d'unité qui les réunisse plus clairement pour l'interprète chargé de traduire leur

— -i^iS — langage à l'aide d'éclaircissements cherchés dans l'histoire. Or, c'est ce que je veux tenter à propos du type qui suit, pour proposer une solution qui ait la chance d'être admise comme acceptable.

Singe à moitié dressé sur ses pieds de derrière ; dans sa patte droite de devant, il tient un fruit; de l'autre, il se gratte; à son cou est attachée une chaîne carnie d'une poignée. Filets.

R: Grande Heur de lis, dans un champ haché de doubles traits en losanges.

Filets.

On peut supposer que cette pièce se rapporte au service de la ménagerie royale.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1865.

XIV' siècle.

Dès que les côtes d'Afrique furent visitées par les vaisseaux européens, ou (juand le commerce étranger nous mit en relation avec les Canaries (ce qui date au moins de loio),les singes devinrent un luxe ({ue le> grands seigneurs s'accordaient volontiers.

pour montrer leurs richesses en faisant prouve de iantaisies ('(tûteuses '. Ce pouvait donc bien être un signe de nu'clianceté contre la noblesse, nourrie à son aise par les droits seigneuriaux, tributs exigibles en mille circonstances ])lus ou moins légales, et manquant à son office militaire dans telle conj oncture où la couronne était en péril. Tranchons le mot : on voulait dire qu'elle avait tourné le derrière, paj'ant (selon le vieux langage) en ?7ionnafe (/« singe. Que cela fût bien juste, après les pertes éprouvées par la vieille gendarmerie dans nos désastres, ce n'est pas la question : il s'agit du parti qu'en tirait l'esprit démocratique; et je n'ai pas autre chose à dire surîmes plombs historiés, qui attestent le flux de la marée montante longtemps avant le dernier orage qui submei'ge tout.

Singe assis, la tête couverte d'un chaperon et tenant un annelet dans ses pattes de devant. Mais pourquoi aussi ne serait-ce pas un écureuil avec sa queue retroussée en i)anache et mangeant une noix ?

Grènetis.

' Il en est fait mention dans les Bestiaires français, même avant nos premières explorations d'Afrique {Mélanges d'archéologie, t. III, p. 230-233). A plus forie raison, cet animal iit-il parler de lui au XIV" siècle et au W'.

1^ : Bâtiment entouré d'une palissade ou liaie formée pour la chasse.

(h'ènetis.

C'est encore à la ménagerie royale que cette pièce peut être attribuée.

Trouvé au Pont-au-Change, en i865,

XIV' siècle.

M. Peigné-Delacourt, qui étudie le moyen âge en amateur, mais en amateur sérieux, a publié (1858, grand in-4°) une notice sur la chasse à la haie. Je n'adopte pas toutes ses conclusions, où il voudrait englober l'art héraldique en plusieurs origines de ce langage mal éclaircies jusqu'à présent. 11 pourrait cependant avoir ouvert la route à des interprétations qui flottent aujourd'hui dans un vague où l'on renonce trop à voir clair; car n'est-il pas telles familles devenues illustres qui se sont d'abord frayé un chemin auprès du roi par la vénerie avant d'acquérir une notoriété nationale? N'écartons pas leurs titres postérieurs; mais qu'on nous en laisse constater la première origine. Cela peut avoir été plus fréquent que l'on n'a coutume de le dire. Mettant donc à part, s'il est besoin, le type réthelois (page 94) qui pourrait être allégué ici (or Rethel et IMézièi'es étaient justement jiays de chasses),pourquoi n'aurions-nous pas l'imitation de quelque chose comme une fcte de Saint Hubert? L'écureuil figurerait comme signe de la guerre aux liôtes des bois. Je sais que cela n'est pas sans objection; aussi modiflerai-je ma conjecture, si d'autres monuments viennent ouvrir un avis plus admissible.

Assurément, l'écureuil n'est pas ce qu'on appelle de nos jours un bon coup de fusil ; mais il est mangeable (moyennant sauce) et pouvait indiquer un gibier quelconque, car il habite la plus grande partie de nos bois français.

Personnage debout, tenant un arc dans la main gauclie ; le champ est orné de feuilla2;es.

Grènetis.

R: : Croix bourdonnce, dont chaque extrémité est côtoyée de deux bandes; le tout renfermé dans un entourage formé de quatre arcs de cercle al)outés.

Grènetis.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1857.

XIV siècle.

Je serais disposé à attribuer cette pièce à une association de bourgeois qui se réunissaient pour s'exercer à tirer de Furc. 11 existait encore à Paris, dans le siècle dernier, une association analogue, celle des chevaliers de l'arquebuse : l'une est la suite naturelle de l'autre, les armes de jet ayant été remplacées par les armes à feu.

Nous avons ailleurs des archers ou arbalétriers qui furent peu à peu mal vus du pouvoir, quand leur emploi ne parut plus utile au service de Sa Majesté. On ne s'explique pas très bien pourquoi les rois de France redoutèrent cette vieille institution lorsque le mousquet remplaça l'arc et l'arquebuse. La Belgique, protégée par les traditions communales, maintient encore ses

compagnies d'archers, qui s'exercent à leur aise sans grand péril pour l'établissement moderne; et je suppose que plus d'un tirailleur haliile peut s'y être formé le coup d'œil dans les exercices populaires de son village. Chez nous on l'a tenu comme dangereux. Toiirquoi? Parce (pie les gentilshommes dédaignaient d'y prendre |)art, et que le paysan s'accoutumait au tir. Grand malheur! Les temps modernes n'ont pas fait voir que ce fût une éducation fâcheuse, depuis (pie l'homme du peuple est emmené du vilhige ou de son atelier à la vie des camps sur un billet de loterie. Quelques préliminaires joyeux, dès l'enfance, ne gâteraient rien à cette dure destination, qui s'empare de la jeunesse dans sa fleur, sans nul préparatif où l'on ménage un peu de transition tolérable.

(Eil, i)eut-être; mais je ne voudrais pas en répondre.

Grènetis.

1^ : Croix bourdonnée, cantonnée de quatre perles.

Grènetis.

Trouvé au pont Notre-Dame, eu 18G3.

Doit-on voir ici une sorte de marron de surveillance?

XV' siècle.

Vaisseau dont le mât, sommé d'une croix, est soutenu par quatre liaubans ; ce vaisseau, qui est mouvant d'ondes, est flanqué de deux grandes fleurs de lis.

1^ : Tourelle ou borne chargée d'une croix pattée et flanquée de deux fleurs de lis, surmontées l'une de quatre perles, l'autre de la lettre i ou du cliiffi*e 1.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1865.

XIV siècle.

Le droit a du rapport avec le sceau de la ville de Paris, en 1410. Le type de l'avers ressemble un peu aux tourelles surmontant fréquemment les escaliers qui conduisaient à la plate-forme des donjons. Ne pourrait- on pas voir ici un méreau employé dans les travaux de fortifications de Paris ?

Cependant la borne serait peut-être l'indication du lieu légal d'abordage où les droits fiscaux se devaient acquitter. Alors barque et borne d'amarrage deviendront assez clairement le signe du tonlieu ou tout autre péage soldé à qui de droit. Moyennant une telle pièce, on pouvait occuper sa place de débarquement et de vente sans nul débat ultérieur avec les agents du fisc, de la commune ou de labaronnie.

La faculté clc décret, sous les traits d'une femme couronnée, assise sur uu banc à bras ; elle tient de la main droite un sceptre et de la main gauche an livre ouvert. Le champ de la pièce est orné de losanges renfermant chacun une quarte-feuille.

Filet.

1^ : Facultas Decretorum.

Cette inscription, dont chaque ligne est renfermée entre deux fdets, est surmontée d'une couronne ouverte.

Filet.

Trouvé au pont Notre-Dame, en liSGo.

XV' siècle.

A l'époque à laquelle appartient notre pièce, l'Université de Paris était composée des quatre facultés : de théologie, de décret, de médecine et des arts.

La facidté de décret, autrement dite de droit-canonique (comme on parle communément aujourd'hui), ne portait pas ce nom jadis. On disait docteurs en décrets, parce que le corpus juris canonici se forma peu à peu par la collection des décrétales émanées du saint-siége ou des canons des conciles. Le décret compilé par Gratien vers le XIL siècle en fut d'abord la base, et d'autres

livres s'y adjoignirent à la longue. Taris ayant une grande école théologique, au temps passé, droit séculier ou médecine n'y figurèrent qu'assez tard.

Ce méreau peut avoir servi à constater le ministère officiel des massiers, appariteurs et suppôts quelconques de La faculté en question; ou comme jeton de présence pour les membres du docte corps aux réunions légales des confrères en canonicité.

La : CONFRIRI S. CllARLE.AIA.

Cliarlemagne debout, revêtu d'une armure sur laquelle il porte un manteau traînant; il a la tète couverte de la couronne fermée ; il porte dans la main droite l'épée haute, et dans la main gauche le globe impérial.

Double grènetis.

1^ : ii^ AUX : MESSAGER IVRES : DE : Paris.

Ecusson curdiforme, chargé de trois lleurs de lis surmontées d'une main tenant un livre sortant de nuages mouvant du chel".

Double grènetis.

Trouvé au Pont-Xeuf, eu 1 850.

XVIP siècle.

Les grands messagers de rUniversité, auxquels appartient ce ploml), avaient une origine fort ancienne; ils existaient avant! 296, et étaient chargés de la correspondance entre les jeunes gens faisant leurs études à Paris et leurs familles qui habitaient la province. Ils avaient une confrérie établie aux Mathurins vers 1478; on les choisissait parmi les bourgeois les plus notables de Paris.

Nouvel exemple, probablement, de méreaiix qui constataient l'office, les privilèges, etc., des suppôts universitaires.

Saint Denis debout, revêtu des habits pontificaux, portant dans ses mains sa tête mitrée ; ses épaules sont surmontées d'une auréole. Dans le champ sont placées, l'une à droite, l'autre à gauche, les lettres S, D, surmontées et soutenues chacune d'une fleur de lis.

Filet.

R: : Arbalète surmontée d'une couronne ouverte et fleurde-

lisée, flanquée en chef de deux fleurs de lis, et en pointe du ni(»t : DIvOlï, coupé CM deux.

Filet.

Trouvé au pont de la Tournelle, en 1850.

XVP siècle.

Ce plomb appartient aux cent arbalétriers de la ville de Paris, dont la confrérie, formée sous le patronage de saint Denis, remonte à 1 i 1 0.

Cavalier armé de pied en cap, tenant Fépée haute et monté sur un cheval mardi ant à gauche.

Grènetis.

R: : Croix formée de deux jumelles ornées de perles placées irrégulièrement, et renfermée dans un entourage formé de quatre arcs de cercle aboutés.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1863.

XI V" siècle.

J'ai risqué, en tête du volume, l'interprétation d'un méreau fort semblable à celui-ci. L'absence de blason, cette fois, ne parait pas devoir changer mon opinion antérieure. Supposons donc encore, sous bénéfices de trouvailles futures qui exigeraient autre avis, qu'il s'agit d'un tournois où les places de faveur n'aurunt pas été accessibles sans ce moyen d'introduction.

Echelle ou civière.

1^ : Croix ulaisée.

Trouvé au pont Marie, en 1858.

En une autre occasion (tome III, p. loi- 159), j'ai cru que la civière pouvait être prise comme un indice de la fourrière royale. Ni fleur de lis, ni lettre quelconque ne prêtant ici aucun appui à mon ancienne proposition, il me faut clierclier, cette fois, une hypothèse plus applicable au cas présent. On sait que Veschielle fit autrefois fonction de pilori, et qu'à ce titre elle était symbole de haute justice (voir, par exemple, Ducange, v° scala).

Ce mércau ne serait-il pas un signe de service public accomi)li par le bourreau ou ses valets?

Pentagone formé de trois traits concentriques renfermant un point.

Grènetis.

R' : Croix ancrée, dont chaque bras est terminé par un point placé entre les deux l)ranches de l'ancre ; quatre autres points cantonnent cette croix.

Grènetis.

Trouvé au pont Saiiit-]\Iichel, en 18oi.

XV^ siècle.

Je présume que le pentagone se substitue ici au panialpha. Or cette espèce d'étoile avait, depuis l'antiquité, une réputation de contre-sort, et certains pays le nomment encore pas des Druides ou pied de sorcière (peut-être pour pièges à sorcières). Plus d'un ouvrier, jusqu'à nos jours, l'inscrit sur des meubles et ustensiles populaires, sans se douter qu'il se conforme à la doctrine pythagoricienne. ]\I. Duclialais semblait avoir réuni là-dessus maintes observations curieuses que sa mort prématurée l'aura probablement empêché de mettre en œuvre, mais qui eussent mérité de voir le jour, si elles avaient pris corps dans une notice rédigée à loisir.

Je propose de voir ici une amulette à la fa(;on des grigris africains. L'orthodoxie du revers irréprochable servait de passe-port presque pieux, pour masquer le côté où niche une superstition nouvelle, application du proverbe espagnol :

Près de la croix, diablotins font leur gîte.

XIU

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