‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine et recueillisChapitre 3 sur 28 · IV : Croix cantoiiiiée de quatre aiinelets · texte numérisé non relu

IV : Croix cantoiiiiée de quatre aiinelets

Trouvé au retit-Pont, en 18G0.

XIV'^ siècle.

Fleur de lis.

1^ : Éehiqueté au franc canton senestre, chargé de cinq mouchetures, 2 et 3.

Ce sont les armoiries de Dreux-Bretagne renversées, les hermines sont mal faites; la bordure manque, mais l'écusson n'en est pas moins très-reconnaissable.

Trouvé au Pont-au-Chanixe, en 18o0.

XIV' siècle.

Nous avons eu lieu d'observer bien des fois, dans les volumes précédents, que le graveur du moule ne calculait pas toujours assez le résultat de la fonte qui donne l'épreuve. Il ne faut donc pas être surpris quand on rencontre des méreaux où le modèle se

reproduit à l'état inverse de ce que voudrait la raison. Dessiner au miroir peut être chose fomilière à nos graveurs ou lithographes d'aujourd'hui ; mais ce procédé ne paraît pas avoir été absolument quotidien chez nos ancêtres avant que la nielle conduisît aux estampes modernes.

Écusson triangulaire chargé d'une fleur de lis au pied trèsallongé, dont le fleuron central s'étend dans le champ.

Grènetis.

^l : Croix bourdonnée, dont chaque bras est flanqué, à l'extrémité, de deux points et cantonnée de quatre annelets.

Grènetis.

Écu chargé d'une fleur de lis.

1^ : La lettre S gothique.

Trouvé au pont Notre-Dame, en 1850.

XV« siècle.

Écu à la fleur de lis épanouie-

Grènetis.

]^ : Croix pattée , caiitoiiiiée de quatre annelets dans un

i2;renetis.

Trouvé au Petit-Pont, en 1856.

XIV^ siècle.

Écu de France, parti de Bourgogne ancien. Les armoiries de Bourgogne ancien sont ici représentées à rebours. Elles forment un barré de six pièces au lieu d'un bandé.

Grènetis.

Le blason dont il s'agit est celui de la reine Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe de Valois (1328-1348).

I^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.

Grènetis.

Trouvé au pont Notre-Dame, en 1862.

XIV' siècle.

Même écusson, autant que j'en pnis juger sur une pièce qui n'est pas fleur de coin (ou de moule, pour parler plus exactement).

]^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1853.

XIV^ siècle.

Les femmes de nos princes Valois ont fait trop parler d'elles, et un siècle corrompu peut leur avoir prêté ses propres tendances ; mais je n'ai aucune raison véritable de voir dans nos pièces le gage de quelque commission compromettante, où l'on inculperait ces tristes reines. N'évoquons pas gratuitement la chronique scandaleuse qui s'établit parfois sur la malice ou la rancune des conteurs beaucoup plus que sur la réalité des faits. Le public et la postérité adoptent ensuite l'accusation sur le pied de chose jugée, sans appel ni recours valables. On n'est pas si près regardant, lorsqu'il n'y a en question que l'honneur d'autrui.

Pourquoi, d'ailleurs, ce méreau ne serait-il pas tout uniment un signe officiel de passe, dans le service des appartements de la reine ?

Mêmes armoiries, plus défigurées eucore, en ce seus que le quartier de Bourgogne précède celui de France.

On remarque, au surplus, la même anomalie sur un jeton de cuivre de ladite reine Jeanne. (MM. Rouyer et TTuclier, pi. viii, fig. 08.)

1^ : Croix pattée, cantonnée de douze points, trois dans chaque canton.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1800.

Ecusson parti au 1 de Bourgogne ancien, au 2 de Franco.

Grènetis.

R : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.

Grènetis,

Les armoiries qui précèdent sont représentées d'une manière l)ien imparflxite; elles sont en outre contournées. Elles semblent toutefois pouvoir être attribuées encore à Jeanne de Bourgogne.

Trouvé au Pont-au-Change, en 185/|.

XIV« siècle.

il'A

Écu renfermant une fleur de lis et une bordure componée.

Grènetis.

Ces armes semblent appartenir à Cliarles de France, comte de la Marche, qui monta sur le trône en 1322 sous le nom de Charles IV (le Bel). Elles figurent sur deux jetons en cuivre du môme prince. (MM. lloujer et Hucher, p. 1 18 delà i" partie, et pi. XI, fig. 9o.)

R : Croix cantonnée de quatre annelets.

Grènetis.

Fleur de lis sur une bande.

1^ : Couronne à l'antique. .

Trouvé au Pont-au-Change, en 1850.

XIV'' siècle.

On a voulu évidemment représenter ici les armes de BouvIkui ; le jeton de Jeanne d'Évreux, reine de France, publié dans V Histoire du jeton, est conçu dans le même esprit.

Ecu fleurdelisé, chargé d'une barre ; ce sont, pensons-nous, les armoiries de Bourbon représentées à rebours (accident qui n'est point rare dans nos méreaux).

Grènetis.

1^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.

Grènetis.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 18.j0.

XIV" siècle.

Les armes de Navarre, aux rais d'escarboucle pommetée, ^ : Croix accompagnée de points.

Trouvé au pont Saint-^Iichel, en 1852.

XIY« siècle.

Ecusson trian2;ulaire aux armes de Navarre.

Grènetis ponctué.

R" : Les lettres L" et une iieur de lis.

Grènetis ponctué.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1858.

XI V« siècle.

Quelle qu'ait été l'intention secrète (et peut-être assez peu voilée) de celui qui faisait inscrire ces lettres près du lis, elles nous remettent naturellement en mémoire le méreaii à l'L qu'il fallait présenter pour être admis au Louvre, du temps de la Salijre Ménippée. (Voir précédemment, p. li-lo, la citation que j'empruntais à J\r. le comte de Laborde, et qui encourage fort mes conjectures antérieures.) Resterait à chercher en vertu de quoi la fleur de lis et l'écu de Navarre s'arrangent ici avec Lo (que ce soit Louis ou Louvre), s'il faut nous tenir au XIV* siècle. (Aurions-nous un monument des fêtes donnétîs par Louis X (le Hutin) , au îuariage de sa fille Jeanne, qui avait la Navarre pour dot?)

A propos de ces lettres, dont le sens n'est pas très-clair, je puis au moins me retrouver pour l'explication de certaines pièces comprises dans la troisième série, et auxquelles j'ai trouvé une explication passable depuis lors. Ainsi, dans mon volume publié

en I8G/1, \). 1 (')(), titre Ciiisiiie, le P pourrait bien désigner le potier, qui dépoteyait le vin, et qui est mentionné dans l'ordonnance de riiotcl sous Philippe le Bel. Ailleurs (même ordonnance, Lebert, 19, v; p. 14), le tonnelier est désigné sous le nom de l)outier; mot qui a probaldement conservé son analogLie dans le botta des Italiens.

Page 1G8, sous le titre de Boutillerie, le P pourrait bien avoir désigné le Pastour de la même ordonnance (Lebert, ibicL, p. 13), qui faisait les pâtes du roi.

D'autres corrections pourraient assurément être faites à mes travaux antérieurs, mais j'ai cru que cette opportunité était bonne pour me déjuger, quand je me vois évidemment dans mon tort. Je ne crois pas d'ailleurs avoir donné lieu de me tenir jamais pour opiniâtre dans des explications que je donne presque toujours sous toutes réserves.

Ss^

Ecusson parti de Navarre et de Champagne ancien. Grènetis.

B: : Croix bourdonnée, dont chaque branche est flanquée, à l'extrémité, de deux points.

Grènetis.

Trouvé au pont Saint-Miciiel, en 1800.

XIIP siècle.

A une époque ancienne, les armes de Champagne sont formées

d'une bande côtoyée de deux cotices simples. (Voir le travail de M. Grésy sur le coffret de saint Louis , dans la Pievue Archéologiqiie, 9' année, p. 157.)

Henri III, comte de Champagne, 1270, ou Jeanne, reine de France (1274-130o).

Ecusson triangulaire, parti de Navarre et de Champagne ancien.

Grènetis.

R: : Croix bourdonnée.

Grènetis.

Trouvé au Pont-au-Change, en 18G5.

XIV' siècle.

On a vu déjà plus d'une fois, et l'on verra encore, que l'inexpérience de nos artistes populaires ne donne pas toujours à comprendre quel était le vrai côté droit ou gauche dans les écussons. Faut-il s'en rapporter à l'épreuve métallique, ou l'intention véritable ne serait-elle attestée que par le creux du moule? Cette complication ajoutée aux embarras de notre tâche a de quoi nous rendre modeste et timide quand nous risquons un essai d'aperçu. Il sera d'autant plus équitable chez le lecteur, d'apprécier les encombrements de notre route, pour ne pas trop s'en prendre à notre abstention fréquente ou à nos solutions contestables.

Armes des comtes de Champagne, réprésentées à rebours. Ces armoiries, dans leur sens vrai, étaient d'azur à la bande d'argent, accompagnée de deux cotices potencées et contre-potencées d'or.

]^ : Croix pattée.

M. de Longpericr, dans la Revue numismatique (année 1859, pi. VI, fig. 0), a publié un jeton en cuivre aux armes de Champagne pure, qui paraît être antérieur à la couronne de Navarre. Au revers est un type assez singulier, dans lequel le savant académicien reconnaît le monogramme de Thibaut, uni à une croix potencée.

Mais sur les sceaux de Thibaut IV, on ne trouve que deux cotices; sur ceux de Thibaut Y (l2o3), se voit une bande entre deux cotices. Henri III (1270) porte parti de Navarre et de Champagne, une bande avec deux cotices; Jeanne de Champagne-Navarre , femme de Philippe le Bel , porte également les deux cotices simples sur un sceau.

Cependant on a des jetons qui ne peuvent être attribués qu'à cette princesse, et qui portent les cotices potencées ; il me semble imprudent d'attribuer ces armes modernes à un prince qui aurait vécu avant le XIV'' siècle, et je crois pouvoir donner notre pièce à Jeanne.

Trouvé au Pont-au-Change, en 1850.

Écusson chargé de six aniielets, 3, 2, 1, et d'un clief coupé,

Grènetis.

R: : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.

Grènetis.

Trouvé au pont Saint-Charles, en 1 861 .

XIV' siècle.

Ecusson chargé de deux pals.

Grènetis.

^l : Croix fleurdelisée.

Grènetis.

Trouvé au Petit-Pont, en 1858.

XI V" siècle.

J'ai expliqué maintes fois le point central, qui n'est que le résultat d'un repère mécanique pour l'exécution du moule dans l'atelier.

Écii chargé de trois pals.

Grènetis.

Ces armes ont quelque rapport avec celles d'Aragon, qui étaient d'or à quatre pals de gueules.

I^ : Croix cantonnée de quatre annclets.

Trouvé au pont Saint-Micliel, en liSGO

XI V'^ siècle.

Écu paie de six pièces.

Grènetis.

Ç: : Croix bourdonnée, cantonnée de huit perles, deux dans chaque canton.

Grènetis.

Trouvé au pont Saint-Michel, en 1856.

XIV' siècle.

Écu chargé d'une bande dsms nn grènetis. Le point central doit être considéré comme non avenu.

^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets dans un grènetis.

Trouvé au Petit-Pont, en 1857.

XIV^ siècle.

Les diverses formes de la croix et ses accessoires sur l'avers pourraient avoir été dictées par diverses intentions, à des époques formalistes et disciplinées comme l'étaient généralement les siècles qui nous ont légué ces problèmes sans nous en transmettre la clef. Tel tracé aurait-il été affecté aux funérailles, tel autre aux baptêmes, un troisième à des noces, etc. ? Tant que ces doutes ne seront pas résolus, il y a matière à tâtonnements nombreux. Avoir signalé même vaguement des écueils sur le chemin, c'est déjà rendre service à qui nous suivra, pour que la difficulté se tranche plus tard, positivement ou négativement. En attendant, imitons les marins portugais qui ont marqué dans leurs cartes certains rescifs par le nom de Garde-à-vous (Abrolhos) !

Écu chargé d'une bande; le champ est rempli de hachures croisées.

Grènetis.

R : Croix bourdonnée, dont chaque extrémité est flanquée de deux perles.

Dans chaque canton est placé un doul)le arc de cercle mouvant du grènetis.

Trouvé au pont Saiut-^lichel, en 1855.

XIV'' siècle.

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