TYPE ARMORIÉ
Dans ce groupe, un hcraldistc brisé à toutes les finesses et péripéties du blason des vieux temps ouvrirait certainement diverses percées de vue que je ne devais pas me permettre. N'étant ni un d'Hozier,' ni un Chérin, ni un Jarretière, ni un Grenade, etc., les titres me manquent (et la science aussi, un peu) pour m' afficher Juge de la noblesse.
Plusieurs écussons peuvent donc bien ne m' avoir pas livré leur secret. Tant que les hachures conventionnelles (introduites, dit-on, dans l'usage moderne par le P. Pietra-Santa) ne déterminaient pas encore chaque couleur au premier coup d'œil, les écus blasonnés sans peinture laissaient beaucoup de doutes. Et quand ce ne serait point cette source très -suffisante d'embarras, je confesse franchement qu'il s'en présente pour moi quantité d'autres. Pareil aveu, mis en tête du volume, me sauvera de toute prétention ridicule. Veuillent les hommes spéciaux me tenir compte de ce qu'il y a d'utile pour eux dans mes collections, qui leur sont désormais ouvertes ; et ne pas oublier ce qu'il m'en a coûté de soucis pour livrer ce petit musée au public studieux ! Trop de compétences diverses avaient droit d'intervenir dans le prononcé définitif. Le rôle simple d'un préparateur était déjà passablement lourd aux épaules qui s'en sont chargées bénévolement, avec bien des risques afî'rontés pour l'amour de la science future dont je ne verrai peut-être point les résultats. Mais je crois que l'avenir m'accordera quelque mention, malgré ce qu'il trouvera d'insuffisant dans mes essais.
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Éciisson triangulaire semé de France, surmonte d'un fleuron et flanqué de deux autres. Le champ est liaclié de doubles ti'aits. Double filet renfermant un perlé.
1^ : Cavalier marcliant à o-auche; il porte une bannière et un bouclier triangulaire, cliargés tous deux d'un bandé de liuit pièces.
Grènetis cordé entre deux filets.
Trouvé au pont Saint-Micliel, en IHOo.
XIIP siècle.
Ne serait-ce pas un moyen d'admission pour l'enceinte réservée dans un tournoi donné ou présidé par le prince que l'écu désigne ?
Rappelons-nous la sommation imaginée (ou peut-être empruntée aux anciens usages) par La Fontaine, préalablement à toute levée de barrière, ouverture de guichet, etc., chez les animaux un peu intelligents :
« Montrez-moi patte blanche; »
sinon, visage de bois, et tout est dit. Le fonctionnaire inférieur,
(^omnio la sentinelle, se replie bravement pur la lettre de sa consigne, sans qu'on puisse le moins du monde s'en prendre ù lui pour refus d'entrée. 11 n'a fait que son devoir.
A force d'être simple, cette supposition paraît avoir la mine d'être vraie.
Semé de France dans un entourage formé de six arcs de cercle aboutés; chaque point d'intersection est accompagné en dedans d'une rosace, et en dehors d'un fleuron; le tout est bordé d'un double filet dont l'intervalle est haché. La pièce a été trouée au centre par un clou, dont la trace se voit sur le droit et sur l'avers.
Ç: : Croix fleuronnée, cantonnée de quatre fleurs de lis.
Grènetis et filet dont l'intervalle est rempli d'annelets.
Cette pièce reproduit, pour le droit comme pour l'avers, les types du franc d'or de saint Louis, publiés par Leblanc (Traité des monnaies de France), au chapitre des rois Louis VI et Louis VIL
Trouvé au Pont-au-Change, en 1860.
XIIP siècle.
Je tiens pour probc\l)]e que des invitations aux fêtes de cour auront été accompagnées de ce témoignage, afin de simplifier le service des valets qui distinguaient ainsi à coup sûr les prétendants légitimes. Faute de ce mot d'ordre bien constaté, il est plus d'un cercle moderne où quelque intrus parvient à se faufiler; comptant qu'après la porte franchie, on évitera de faire esclandre. Peut-être aurions-nous à revenir sur l'usage d'un pareil signe de vérification immédiate, qui valait bien les pancartes modernes avec leur apostille finale : « La présente lettre servira de billet d'entrée. » Mais laissons les huissiers introducteurs, etc., peser notre proposition modeste. Du moins, avant la lithographie et l'autographie, cela n'aurait pas été si mal imaginé.
Écusson fleurdelisé.
]^ : Croix pattée, cantonnée de quatre annelets.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 1862.
XIV' siècle.
Ecusson à trois fleurs de lis dans un grènetis.
R : Croix pattée, cantonnée de quatre annclots.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, eu 1860.
XIV* siècle.
Ecusson trianoiulairc charîré de trois fleurs de lis ; le contour de cet ecusson est formé de deux filets, dont l'intervalle est rempli d'annelets et de hachures croisées en sautoir.
Grènetis cordé.
^ : Croix fleuronnée, chargée de hachures en sautoir, et anglée de quatre fleurs de lis.
Grènetis cordé.
Trouvé au pont Notre-Dame, en 18(30.
XIY' siècle.
Si je n'ai pas trop exorbité dans la (conjecture qui accompagnait les premiers numéros du groupe actuel, on comprendra sans peine que les émissions de méreaux destinés aux réjouissances de la cour aient été renouvelées et variées en diverses occurrences. Il ne fallait pas qu'une pièce pût valoir à tout jamais ; des circonstances nouvelles réclamaient de nouveaux témoisfna^'es du bon vouloir royal. D'ailleurs, nous pourrions bien n'avoir pas imaginé les SÉRIES officielles d'invitations à la cour, avec le temps ou le lieu réservé pour chacune d'elles. Le moyen de s'y reconnaître jadis pouvait être fort simple pour les serviteurs, à l'aide du système que je me suis permis de présenter sous toutes réserves.
Ecu à trois fleurs de lis.
Grènetis.
.Ç: : Croix fleurdelisée , comme sur les doubles parisis à la couronne, que Leblanc attribue à Charles VI, mais qui sont, suivant toute apparence, de Charles V.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Chaiige, en \ 8o2.
XYV^ siècle.
En proposant l'attribution que je viens d'énoncer plusieurs fois, je ne m'étais pas rappelé un témoignage cité par M. le comte de Laborde. Les auteurs de la Satyre Ménippée ne nous y ptirlent
que d'un usage du XA^l" siècle ; mais le bon sens sul'lit à l'aire connaître que c'était une coutume établie, et qui doit pouvoir remonter très-haut. Kappelons, pour \)\iiri de clarté, cette indication dont nous sommes redevable au docte garde général des Archives de TEmpire : 1593. — «Je revins donc après disner au Louvre et me présentant pour entrer en la salle haute, comme j'avois fait au matin, l'huissier me refusa parce qu'il vit que je n'estois marqué à l'L et n'avois point de méreau, comme j'en vis plusieurs qui entrèrent. »
Écusson triangulaire chargé de trois Heurs de lis.
Ç: : La lettre P en minuscule gothique, la queue barrée et flanquée de deux croisettes pattées.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Change, en 18o9.
XIV" siècle.
Il semble que ce revers, avec ses croisettes pattées flanquant les initiales Per, Par, etc. , pourrait conduire à une approximation présentable. Je suis néanmoins forcé de déclarer franchement que
je n'y trouve pas ouverture à dire quoi que ce soit qui mérite mention quelconque. Attendons le jugement des numismatistes ou des héraldistes familiarisés avec les généalogies et les chartes de cette époque. Jusque-là, rien de satisfaisant ne se présente à ma bonne volonté. Ce n'est pas, malheureusement, le seul cas où cette confession sera mon unique lot dans l'exposé des pièces qui garniront le présent volume. Je n'ai point masqué mon indigence dans ma préface, oi^ije convie les hommes habiles à suppléer ce qui me manque cent fois. Chaque pas le montre assez, et quand je ne le dirai point formellement, je le sens de reste. Que l'on n'exige pas une amende honorable perpétuelle, puisque j'ai commencé par là pour l'acquit de ma conscience.
Ecusson triangulaire à trois fleurs de lis, surmonté d'une couronne formée de fleurs de lis et de fleurons alternés, et flanqué de deux fleurs de lis.
I^ : Fruste.
Trouvé au Petit-Pont, en 1800.
XIV^ siècle.
Je pourrais plaider cette fois la circonstance atténuante, puisque l'avers n'off"re plus rien de reconnaissable. ]\Iais comme il me faudra demeurer tout aussi muet en bien des cas où je n'aurai plus
la même excuse, je ne dois i)as troj) ap[)uyer sur cette fin de non recevoir, qui ne se pourrait alU'\uiU'r ailleurs, quand ce niotil'uous fera défaut. Tîenon(;ons aux mauvaises excuses, tout eu faisant valoir ce qui est réellement à notre décharge. Si l'on veut bien admettre que les invitations souveraines, ou celles des grands barons, aient pu être constatées par des méreaiix comme ceux-ci, les conséquences de ce principe seront inévitablement assez nombreuses. Pour varier à peu près chaque fois les moyens de vérifier le titre d'admission, il importait d'inventer des signes multiples. Tantôt l'on aura imaginé quelque indication plus ou moins vague du but (religieux, politique, chevaleresque, etc.) de l'assemblée ; tantôt la marque du convocateur pouvait prendre le dessus; et dans des temps de troubles, cela devait être dicté par la plus vulgaire prudence. 11 ne faut donc pas vouloir toujours que nous ayons des indications parfaitement claires. Aussi, en adoptant ce système, nous sommes vraiment servis à souhait.
Écusson triangulaire chargé d'une fleur de lis Grènetis.
R: Croix bourdonnée, dont chaque branche est flanquée, l'extrémité, de deux points.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 1865.
XIV" siècle.
Écusson chargé d'une llt'ur de lis.
Grènetis.