‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine et recueillisChapitre 7 sur 28 · TYPE MONÉTAIRE · texte numérisé non relu

TYPE MONÉTAIRE

MM. Ilermainl et Dancoisnes, qui recueillaient des méreaux du nord de la France et poussèrent parfois leurs recherches jusqu'en Flandre, nous ont donné lieu de marquer çà et là l'emploi fréquent des petites pièces communales dont nous avons sans doute un reste dans ce groupe. Pour faciliter le payement des gages aux gens de peine, ilfiillait parfois recourir à de petites fractions que ne représentait pas toujours le système monétaire. Un chargeur de grains, dans ses diverses allées et venues, les jours de marché, avait besoin (et le maître aussi) de se retrouver au bout du calcul. Pour réussir dans des appréciations si minimes, mais dont l'addition avait sa valeur sur la fin du jour ou de la semaine, les municipalités permettaient l'usage d'une monnaie temporaire, émise par elles, ou garantie par le crédit de certaines maisons importantes. Le travail journalier ou hebdomadaire une fois fini, on réglait avec le caissier, qui soldait le total en monnaie courante. Les taverniers furent au nombre des gens de métier dont l'industrie ou le commerce motiva le plus longtemps l'usage des mailles, en guise de monnaies; car il résulte d'un ouvrage de François Garrault, publié en 1570, et cité dans la Revue Numismatique^ tome XII, 1847, p. 439, qu'ils s'en servaient encore à l'époque où écrivait

cet auteur. Cette coutume paraît avoir subsisté jusqu'à uos jours, môme eu Bourgogne, et il ne me semble pas qu'on s'en soit mal ■ trouvé.

Dans un extrait des arcliives de Lille, communiqué par M. de la Fons-Mélicoq au Bulletin du Comité de la langiie et des arts de la France (t. III, p. 028-6 iO), je trouve, entre autres, les deux indications que voici pour Tannée 150G: «Les centeniers... portent aux pauvres les plombz pour avoir du blé de la ville. — Plombs pour les journées des bottiers et liottières employés aux fortifications. » Le dernier article indiquait dosméreaux avec divers chiffres X, C, et la publication que je cite semble expliquer ces différences par le nombre de journées qu'avaient employées les travailleurs. Il me semble évident qu'on ne renvoie pas un homme de peine à cent jours ni à dix pour toucher son salaire. .Te crois donc qu'il s'agit des bottées dont ils avaient fait le transport, et que l'on vérifiait sans doute à la décharge. De la sorte, Umt le travail d'une journée pouvait se contrôler fort exactement.

Ce doit être la véritable explication d'une foule de cas dont je ne percerai pas le mystère; mais peut-être d'autres hypothèses méritent-elles encore d'être présentées, je le ferai sobrement, et toujours par simple voie de supposition, car nous marclions sur un terrain que l'on peut encore dire inexploré.

Ecu couronné de France, Hanqué de deux mouchetures d'hermine.

Grènetis.

R: : Croix iieurdeliséc ouverte eu cœur dans un grènetis.

Ce type rap})elle, pour l'avers, les blancs de François T', frappés pour la Bretagne, et pour le revers, l'écu d'or du même prince.

Trouvé au Pont-au-Change, en 1856.

XVP siècle.

Quoi qu'il en soit des monnaies de François 1" où l'on cherchait à ménager la susceptibilité bretonne, après la réunion de leur duché à la France, je me crois autorisé à remonter un peu plus haut. Nous avons peut-être dans ce plomb le souvenir des noces d'Anne de Bretagne avec Charles VIII, son premier mari (liJ)l), ou avec Louis XII, qu'elle épousa en secondes noces. Néanmoins, je ne prétends pas exclure toute autre fête moins importante donnée à la cour en l'honneur de la duchesse-reine, ou (sans supposer mention très-spéciale de cette princesse) une réunion durant l'un des règnes que domina son nom pour assurer le lien définitif de l'Armoriqueavec le royaume, qui allait se complétant.

Imitation de gros tournois. Les avers de la bordure renferment des annelets remplis d'une perle.

1^ : Croix alaisée, légèrement pattée, renfermée dans un entourage formé de quatre^ arcs de cercle aboutés et garnis extérieurement de perles ; bordure d'avers renfermant chacune un annelet rempli d'une perle et comprise dans un grènetis perlé et un grènetis haché»

Trouvé au Pont-au-Change, en 1865.

XIV' siècle.

Déjà nous avons rencontré le type tournois dans le groupe antérieur^ page 37; mais il n'y aurait pas de terme aux tâtonnements^ si l'on n'adoptait un moyen dominant pour la classification; et le lien commun du premier groupe était emprunté aux armoiries marquées sur l'une des faces prise pour le droit de la médaille.

Type du grofj tournois déformé^ dans une bordure à double grè-

netis entourant une rangée de dix annelets séparés les uns des autres par des traits concentriques.

R : Croix pattée cantonnée, au 1 et au 4, d'un croissant, au 2, d'un annelet et, au 3, d'un point; le tout dans une bordure semblable à celle de l'avers.

Trouvé au Pont-au-Change, en 1857.

XIII' siècle.

Si quelqu'un songeait à trop contester l'assimilation monétaire que je crois pouvoir indiquer dans ce plomb (et peut-être sa valeur fiscale), je crois devoir l'engager à mûrir sa critique pendant plusieurs mois; car j'ai l'intention de publier un poids frappé d'estampage officiel qui retrace singulièrement et nos méreaux tournois et le coin royal tout ensemble. Mais il faut renvoyer cela aux volumes qui viendront en leur temps. Au moins est-il loyal d'avertir que mes attributions présentes n'ont pas été déterminées trop ù l'aveuglette.

Imitation du type tournois dans un grènetis.

Vjc : Croix ornée à chacune de ses extrémités de trois annelets fenfermant chacun un annelet; dans chaque canton se trouve un double arc de cercle mouvant du grènetis.

Trouvé au I*ont-au-Change, en 1850.

XII? siècle.

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