‹ Collection de sceauxChapitre 29 sur 1543 · VII. - TYPE TOPOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

VII. - TYPE TOPOGRAPHIQUE

Nous comprenons dans le type topographique tous les sceaux qui représentent, soit une construction isolée , soit un ensemble de monuments. Nous en écartons pourtant les représentations architecturales, qui se rencontrent à tous moments sur les sceaux ecclésiastiques, et que nous désignons par les noms d'arcades et de niches gothiques, suivant qu'elles sont plus ou moins compliquées.

Les sceaux à type topographique peuvent se ranger sous diverses catégories. Ceux qui représentent des villes, ceux qui représentent des châteaux, soit isolés, soit compris dans des enceintes, ceux enfin qui représentent des tours, des portes, des ponts et des églises.

11 y a des sceaux où la représentation des villes est plus ou moins complète. L'un des plus complets est celui de la ville de Vienne en Dauphiné. On y voit, dans une enceinte de murailles crénelées, et fortifiée de tours élevées de distance en distance , des maisons , des châteaux et des églises. On a en face la porte de la ville entre deux tours et avec sa herse. A gauche est un pont, qui indique la situation de la ville sur le Rliône. En exergue on lit le mot Viena. Ce sceau, qui est le revers du grand sceau de Humbert II, dauphin de Viennois, est appendu à une charte de l'an i3/i3 -. Après Vienne, c'est Lyon qui tient le premier rang dans l'ordre d'importance des représentations topographiques. Cette ville a eu deux sceaux de même ty]je quant au fond, mais varié dans les détails. L'un est de 1971, l'autre de 1820. Sur le premier, un pont à six arches, placé sur un fleuve (le Rhône) , est occupé

' N"' 5537 et 5528. — «N° 6o3. — ' N" 5710. — » N" 5711. -

au milieu par une croix, au cœur de laquelle est une fleur de lys comprise dans un cercle. Des groupes de maisons et autres édifices s'élèvent en amphithéâtre de chaque côté de ce pont, évidemment avec l'intention de faire sentir la division naturelle de la ville en ses deux quartiers de Fourvières et de Saint-Nizier. Dans le groupe de droite , on voit une porte de ville. Du même côté, et dans le corps de maçonnerie qui rattache le pont au terrain, est une petite porte donnant sur un escalier qui descend au fleuve ^. Le second sceau oflVe la même ordonnance; seulement le pont n'a que trois arches et la croix est accostée d'une grosse fleur de lys à dextre , et d'un lion rampant couronné à sénestre *. Au reste ce second sceau est trèsinférieur au premier; par exemple, on n'y voit pas les flots travaillés de manière à donner une idée de la rapidité du fleuve , ni cette petite maison du groupe de droite , qui offre un spécimen curieux de constructions particulières. Un sceau des métiers de la ville d'Arles, qui peut être du xni° siècle, donne une représentation assez intéressante de cette ville. Sur des vagues , qui indiquent le Rhône , s'élève une enceinte crénelée, fortifiée de tours , et percée au milieu d'une porte fortifiée. Au centre de l'enceinte se voit un monument de forme octogone à trois étages de colonnes et terminé par un toit aigu. A chaque extrémité est une tour carrée, qui porte une bannière à l'aigle^. Avignon , sur ses deux sceaux , l'un de 1226 et l'autre de 1 2 5 1 , est représenté portant sur un pont à cinq arches. L'enceinte , percée de trois portes, comprend entre autres un monument central accompagné de deux hautes tours •". Sur le sceau de la ville de Mous en Hainaut, de l'an 12 45, l'enceinte fortifiée imite la forme d'une galère ancienne, et porte sur un terrain qui indique qu'elle est située sur une montagne ''. Reaumont, aussi en Hainaut, a sur son sceau, de l'an lalii), l'enceinte fortifiée, contenant plusieurs monuments , et , au centre , une énorme tour crénelée à toit carré, accompagnée d'une tourelle très-étroite et trèshaute *. L'intérieur de l'enceinte fortifiée semble partagé en deux parties sur un sceau de la ville de Moissac, de l'an 12/18®. Cabors, en 1807, a sept

5 N" 5919. — ' N" Sûgg et 55oo. — ' N° 10726. — ' N° 10670.

Lxwiv ELEMENTS DE

tours très-hautes à son enceinte, qui ne comprend qu'une église, dont le clocher est accompagné de deux cloches, une de chaque côté '. Sur un sceau de la ville de Martel, de l'an iSog, l'enceinte ne comprend pas, comme c'était le cas pour les sceaux précédents, tout le champ du sceau. Elle apparaît comme une énorme tour ronde, contenant deux ou trois églises. La porte est ourerte et l'on en voit les battants de chaque côté -. Agen, i aZiS : enceinte crénelée, ne touchant pas les bords du sceau, fortifiée de trois tours, chacune percée d'une porte; monument central rond, à deux étages, dont l'étage supérieur, à colonnes, se termine en toit pointu et est flanqué de deux tourelles couvertes de même. A chaque extrémité de l'enceinte, une haute tour crénelée , percée de deux hautes fenêtres'. Carcassonne, en i3o3, n'a qu'un fragment, et de peu d'importance *. Dans le nord, Tournay, sur un sceau de l'an 1627, montre quatre tourelles à son enceinte et deux dans l'intérieur, non compris toujours le monument central. Ces six tourelles, crénelées, à encorbellement et à toit pointu, sont surmontées de pennonceaux. La porte, qui est profonde, laisse voir sa herse. La muraille d'enceinte est percée de jours. Le champ du sceau est un semé de fleurs de lys ^. Valenciennes en i3']li, a l'enceinte, cinq petites tours à toits ronds et pointus; dans l'intérieur, deux tours trèsgrandes, carrées et recouvertes d'un toit, accompagnées de deux autres tours rondes à toits ronds ; entre les deux tours carrées, un pennonceau au lion''. Verdun, en 1896 : l'enceinte ordinaire, mais percée, à droite, d'une seconde porte plus importante''. Lens,en 1 aaS : la porte ouverte, et ses deux battants; donjon relié, par un escalier faisant pont, à une tourelle de la même hauteur^. La ville d'Arras a deux sceaux , l'un de 1 2 o3, l'autre de 1029. Sur le premier on voit une enceinte crénelée à la porte ouverte, et, au second plan, trois coupoles avec le mot Attrebcitum'^; sur le second, une sorte de donjon à trois étages, chacun composé de quatre tours crénelées et en retrait ; dans le champ du sceau, deux rats'". Le sceau de la ville de Beauvais est l'un des plus anciens sceaux de villes. Il est appendu

SIGILLOGRAPHIE

à une charte de l'an 1228, mais il est certainement du xii' siècle, et probablement de l'an 1182, époque de la confirmation de sa charte de commune, octroyée en 1 i/i/i. Le dessin en est assez barbare et confus. Il y a, comme toujours, l'enceinte fortifiée avec ses monuments; mais ce qui est à remarquer, c'est qu'elle n'est percée d'aucune porte. On lit au haut du sceau le mot câ'fto'i. La ville de Bulles, en Beauvoisis , off're, sur un sceau de l'an i3o3, un donjon crénelé et à galerie au centre d'une enceinte fortifiée, dont la porte est ouverte, et qui a deux tourelles à ses extrémités'-. Cambrai, en 1282, n'a qu'un fragment; les monuments sont à coupoles ''. Un sceau du tabellionage de la ville de Toul, du xv' siècle, offre une représentation topographique assez finement exécutée. Sur la porte de la ville est un écusson chargé d'un T^*. Bruges a deux sceaux, dont l'un très-ancien. Celui-ci, qui est de l'an 1199, off're une disposition des plus singulières. Il est partagé en deux moitiés. Celle de droite représente un mur dont chaque pierre est indiquée ; il est à créneaux et surmonté d'un toit à la chinoise. De ce mur descend un escalier à jour fixé sur des pieux et surmonté d'un toit pareil à celui du mur. Un poteau ou colonne, qui se termine en fleur de lys, sépare les deux moitiés de la représentation'^. Le second sceau, de l'an layS, fait mieux comprendre le premier. C'est un palais, avec porte par le bas et galerie par le haut, d'où descend un escalier à claire-voie abrité par une sorte de porche, au haut duquel est un écu d'un fascé de six pièces au lion rampant, brochant sur le tout, et, sur cet écu, une tête d'homme"'. Sur un sceau de la ville d'Anvers, de l'an 1^99, le donjon est surmonté de trois pennonceaux chargés d'une paume; à dextre, un écu à l'aigle éployée; à sénestre, un écartelé de lions. A la manière dont l'enceinte est disposée, il semblerait que le donjon n'en fait pas partie et qu'il est porté en avant. Peut-être a-t-on voulu montrer par là la citadelle détachée de la ville ''. La représentation topographique des villes se complique quelquefois d'un personnage. Sur un sceau de la ville de Chaumont en Vexin, appendu à un acte de

TIRES DE LA COLLECTION

l'an 19 11, mais qui est indubitablement du xii" siècle, on voit un personnage de face, nu-tète, vêtu d'une courte tunique, tenant une épée à la main droite, et à la gauche un fleuron. A sa droite est un château fort à trois tours, et à sa gauche une église à trois arcades plein-ceintre et crénelée; le tout, du dessin le plus barbare ^ Sur un sceau du chapitre de Saint- Malo, de l'an 1896, une petite représentation assez curieuse de la ville est accompagnée de saint Malo , en costume d'évéque, debout sur la mer, qui baigne sa ville ^. Le sceau de la ville de Capy, en Laonnois, de l'an 12 ai, représente, sur le sommet d'une tour à deux échauguettes, un homme d'armes , la hache sur l'épaule ^. Sur un sceau du tabellionage de Pont-à- Mousson, l'homme d'armes est sur un |)ont *. A un sceau topographique de l'église du Christ de Gantorbéry, de l'an 1222, saint Thomas de Cantorbéry est vu debout sous une porte, et de l'une des fenêtres d'une tourelle sort un profil d'homme, qui semble le regarder ^.

Un genre singulier de sceaux topographiques est celui où les monuments, au lieu d'être vus en élévation, le sont dans une position renversée et horizontale. Le sceau de la ville de Marmande, de l'an 1 268, est dans ce cas. On y voit quatre tours crénelées et percées de portes, aboutées horizontalement en croix''. Un des sceaux de la ville de Toulouse, qui est du xiii° siècle, participe des deux genres de représentations. 11 y a des monuments en élévation au milieu du sceau , et d'autres renversés horizontalement sur les bords ^. Le revers d'une bulle d'or de Frédéric 11 offre un véritable plan du port et du détroit de Messine. On y distingue même les signes conventionnels des villes, des églises et des forêts *.

Les châteaux apparaissent fréquemment sur les sceaux topographiques. Le plus ordinairement, c'est une tour principale flan([uée de deux autres moins hautes. La ville de Pamiers, en 1 267, a ces trois tours crénelées de trois créneaux , reliées entre elles par une muraille à mâchicoulis et qui est percée d'une porte géminée. Chaque tour est aussi percée d'une fenêtre

géminée, celle du milieu ayant de plus deux petites fenêtres simples , par le bas. Deux petites tours crénelées , qui se voient dans les intervalles de la muraille , paraissent être là pour simuler la perspective. Ce serait alors un château carré à quatre tours angulaires et à donjon au milieu ". Sur le sceau de la ville de Castel- Sarrasin, de l'an 12/18, la tour principale a une fenêtre géminée, et les deux tours latérales seulement des fenêtres simples '". Penne d'Agen met deux plumes (pennes) sur son château, cni2/i3^^ Castelnaudary, en i3o8, montre le détail de l'appareil des pierres'-. A un sceau d'Avignon, de l'an i3o3, sur la tour maîtresse est arborée une bannière où l'on peut voir l'étoile des seigneurs des Baux '^. Sur un sceau de la ville de Lens, de l'an ikhh, le château a pour ainsi dire l'aspect d'un temple à six colonnes, surmonté de trois tours crénelées. On voit la herse de la porte. Le château est accosté de deux fleurs de lys ^*. Sur un sceau de la prévôté de Moulins-Engilbert, de l'an i3o8, les trois tours , d'égale hauteur, partent d'une enceinte crénelée et sont reliées entre elles par des corps de bâtiments qui atteignent presque la hauteur des tours. Le tout est percé de nombreuses fenêtres '^. Tournay, en 1808, a le château à trois tours reliées par un fronton; il est accosté de deux fleurs de lys'^. Axel, en Flandre, a sa tour principale accostée de deux bannières au chevron. La porte de l'enceinte est crénelée et accompagnée de deux appendices ou poternes '^. Dinant, en i8()9, a sa tour principale sans aucune ouverture ; celle à gauche est percée d'une porte trèshaute, celle à droite d'une porte et d'une fenêtre; toutes deux sont surmontées d'une tête d'évéque '^. La ville d'Oostbourg, en Flandre, a deux sceaux, l'un de 1287 et l'autre de 1276. Ils diffèrent beaucoup : le premier a le château sommé de trois tours et percé de quatre fenêtres au premier étage, et de trois ouvertures en triangle au rez-de-chaussée'"; le second sceau est beaucoup plus ouvragé , et l'on y voit le détail curieux de deux petits personnages sonnant du cor, qui sortent des deux tourelles ou échauguettes de l'extrémité de l'enceinte'-". La herse se voit bien sur un sceau

' N" 5575. — » N° 7311.— ' 5754.-4 N° 5070.— " N" 10947. — ' N''557o.— ' N" 568i. — " N" 10886. — » N° 5554. — '"N" 5627.— " N°557i. — '^N" 5625. — '» N° 55oi. — '» N° 5532.— ''' N" 'i863. — " N° 10748. — " N" 10668.— " N° io6o3. — "N» 10739. -"N" 10730.

ELEMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

de la ville d'Oudenbourg, de l'an 1828, et les tours, crénelées, y sont recouvertes d'un toit rond et pointu ^ Le sceau de la ville de Binch , du xv" siècle , représente un joli petit château à quatre tourelles, vu en perspective ; il y a une grue sur l'une des girouettes -. Sur un sceau de la ville de Cantorbéry, de l'an i 36 1 , on remarque un escalier de profil qui part de l'entrée principale du château, lequel est formé de trois tours crénelées à deux étages en retrait'. Le château d'Edimbourg se voit sur un sceau de cette ville, de l'an 1 607. On y distingue la herse. Il est posé sur une montagne*.

Un bon spécimen des châteaux à tours multipliées se trouve sur les deux sceaux de la ville de Périgueux , l'un de 19 45. l'autre de 1 3 08. Le t\'pe est le même sur les deux sceaux. On y voit cinq hautes tours reliées entre elles par une muraille crénelée. Le champ du second sceau est un treillissé à fleurs de lys ^.

Quelquefois le château se compose d'une seule tour comprise dans une enceinte: par exemple, le sceau d'un châtelain de Gaillon . de l'an 1227. C'est une tour crénelée, allant en diminuant et comprise dans une enceinte , également crénelée , à porte fermée*'. Le sceau de la ville de Peyrusse, en Rouergue, de l'an i243. représente un petit château placé sur le sommet d'une montagne conique, dont la base est renfermée dans une enceinte circulaire fortifiée de quatre tours. On n'en aperçoit que trois, la quatrième étant masquée par la montagne'. Sur un sceau de la ville de Largentière, de l'an i3o3, l'enceinte contient une large tour carrée, sans fenêtres, du milieu de la([uelle s'élève une autre tour beaucoup plus étroite et fermée d'une fenêtre*. Au sceau de la ville d'Ardenbourg, en Flandre, de l'an i3og. l'enceinte crénelée est vue de profil et percée d'une porte élevée au-dessus du sol. et d'où descend un escalier. On y voit aussi une sorte de pont-

levis'. Les sceaux des villes de Thorout, en iSoS'", et de Land-Ardenberg, en 1828", offrent des châteaux de formes singulières. Le premier a des détails très-fins. Il y a un arbre de chaque côté, ce qui simule une forêt. Deux sceaux de la ville de Ruppelmonde. l'un de 1287. l'autre de 1275, présentent

cette mnovation, par rapport aux autres sceaux du même genre, qu'au-dessus du château on voit une épée horizontale. Pour donner une idée du premier de ces sceaux, il faudrait le comparer à un sachet de senteurs qui aurait des créneaux. Le second est un peu moins anomal'^. La ville de Roulers, en 1828, a un petit château crénelé à trois toits pointus, et qui est accompagné , dans le champ du sceau , de quatre tourelles en poivrière ''. Sous le château deTarascon, en 1 2 3 1 , on voit la tarasque '*. Au-dessus du château de Saint-Girons, en i8o3, on voit deux cloches'^. Nous signalerons, comme dernier spécimen de sceaux à châteaux, celui de la ville de Beaum ont-sur-Oise. La matrice originale de ce sceau, qui est en cuivre jaune, fait partie du Trésor des chartes; elle est du commencement du xni' siècle.

Les portes de villes, qui, du reste, ont beaucoup d'analogie avec les châteaux, se rencontrent moins souvent. Sur un sceau de la ville de Binch, de l'an i2/i5, ce t\"pe ne consiste qu'en un corps de maçonnerie, crénelé de cinq créneaux et percé d'une porte dont les deux battants ouverts laissent voir les gonds '^. Tournay, en 1 2 28 , a la porte fermée et accompagnée de deux tours'". Douai, en 1/127'*, Mortagne, en 1 55c) ^^, ont leurs portes en maçonnerie et percées de fenêtres. Le revers d'une bulle d'or de l'empereur Charles IV, de l'an 1818, rentre dans ce type. On lit sur les vantaux de la porte les motSj4urert Ronm-". Un joli spécimen de porte se voit sur un sceau de l'ofiicialité de Soissons, de l'an 1 28/1^'. Il est à remarquer que les deux petites tourelles crénelées qui flanquent la porte sont , déjà à cette époque , recouvertes de toits pointus. Un sceau du bailliage de Château-Porcien, de l'an i385, donne un spécimen très-complet d'une porte de ville, avec pennons et écusson '^-. On peut voir aussi le sceau du bailliage de la Ferté-au- Col, de l'an 1^79. L'écusson armoriai v remplit presque toute la porte, dont on voit bien la herse ^^. Un sceau de la prévôté de Calais, de l'an i3o8, donne des détails très-fins. Malheureusement, ce n'est qu'un fragment -\

' N" 10733. — 2 N° 10672. — 3 N- 10216. — * N" 1028/1. — ' N" 5783 et 5780. -« N" 6299. — ' N" SSig. — » N" 5638.— N° 10662. — "• N° 10744.- " N° 10716. — '- N"' 10787 et 10788. — '^ N° 10786. — '» N° 55o2. — '5 N'5562.— " N° 10671.—

' N° 107/17. — '*N° 553/1.— "N" 55/ti.— "Fiogoi. — "N° 7507. — "N° 463/1.— » 1N° 4647. — " N° 4761.

TIRES DE LA

Plusieurs villes situées sur des rivières ont pris pour type de leurs sceaux un pont. Ainsi Pontoise a sur son sceau , de l'an i f2 2 8 , un pont à cinq arches , sans eau ; ce qui n'empêche pas que l'arche du milieu ne soit occupée par un poisson. Dans le champ du sceau et au-dessus du pont il y a une sorte de profil de ville ^ Sur un second sceau, de 12 7 6, le pont est à quatre arches d'architecture gothique, et sur un fleuve ^. En i355, le pont est à cinq arches et surmonté d'un château à trois tours, accosté de deux fleurs de lys ^. Le contre-sceau d'un officiai de l'archidiacre de Pontoise , en 12 9 4, off"re un petit pont de trois arches dans le vide *. La ville de Pont-Sainle-Maxence , également située sur l'Oise, a sur son sceau et sur son contre-sceau , en i388, un pont surmonté d'une fleur de lys \ Même représentation sur le sceau de la ville de Pont-Audemer, située sur la Rille; le pont, à trois arches, est crénelé et surmonté de trois fleurs de lys"*. Cahors, situé sur le Lot, a, en iSog, un pont à six arches surmonté de cinq tours crénelées. Entre chaque arche, un poisson ''. Sur un sceau du chapitre de cette ville, de l'an 1817, on voit, dans le haut du champ, un château à trois tours, et au-dessous un pont à quatre arches et à trois tours, une au milieu et deux aux extrémités ; sous les arches , deux poissons *. La Grasse, petite ville du Languedoc, située sur l'Othieu, a sur son sceau, en i3o3, un pont de trois arches surmonté de deux tours crénelées. La maçonnerie du pont est percée de deux baies °. Un fragment du sceau de la ville de Fons, en Quercy, de l'an i3o8, montre un pont à deux arches soutenues par une seule pile, sur laquelle s'élève une tour ronde. Au bas, des poissons^". Stirling, en Ecosse , située sur le goife de Forth , a un sceau du xiv" siècle , qui rentre , par un côté , dans la catégorie dont nous nous occupons, et qui s'en éloigne par l'autre. On y voit, sur une quantité d'eau qu'on a voulu faire considérable, un pont en dos d'âne à sept arches , sur le milieu duquel est un grand crucifix , avec un groupe de trois hommes armés de lances à droite , et un autre groupe de trois hommes armés d'arcs à gauche, et qui paraissent en venir aux mains''.

COLLECTION. lxxxvh

Il ne faut pas oublier ici un sceau très-curieux de la ville de Delft, de l'an i32C). Il représente deux petits châteaux, comme on en voit partout, mais qui sont séparés par un renfoncement ménagé dans la matrice du sceau dans tout son diamètre en hauteur, et dans ce renfoncement est gravée une ligne sinueuse qui indique évidemment le cours d'une rivière ou d'un canal 12.

Nous commencerons par les églises l'examen des monuments qui se rencontrent sur les sceaux. La ville de Castres, en Languedoc, a eu deux sceaux, l'un du xui° siècle et l'autre du xiv^ Le second, qui est appendu à un acte de i3o3, représente certainement une église, laquelle aussi, avec d'autres monuments, semble faire partie du premier sceau. Sur le sceau de i3o3, l'église est formée d'une construction en carré long, sans apparence? de toit, percée d'une large porte au milieu de sa longueur, et d'une plus petite à l'endroit que nous supposons être la façade , qui est surmontée d'un clocher. La partie opposée, qui doit être le chevet, est surmontée d'une croix. A côté de ce chevet, on voit un corps de construction en saillie, sans doute l'une des ailes du transsept, qui est percé d'une porte et d'une fenêtre. Au centre du monument et au-dessus de la grande porte s'élève une construction ronde, à trois étages en retrait, soutenus par des colonnes ; au sommet , une croix '^. Ce sceau nous semble intéressant comme spécimen d'architecture religieuse du xiii" siècle. Sur un sceau de la ville de Saint-André d'Avignon , de l'an 1 2 2 6 , on voit une église dont l'entrée est à droite , dans une sorte de petit bâtiment rond , couvert d'un toit et qui a une porte fermée, démesurément grande, puisqu'elle tient presque tout le petit bâtiment. Du milieu du toit de l'église part une croix, et dans l'axe qu'elle forme sortent deux tours disposées à peu près en perspective, et dont l'une n'est pas couverte'*. Le sceau de la ville de Saint-Antonin, de l'an i3o8, représente aussi une église dont le chevet est à gauche et la façade à droite. Cette façade , qui porte un clocher carré à toit surmonté d'une croix et percé de trois fenêtres en plein cintre, est précédée

' N° 56o2. — » N° 56o3. — ' N» 56o4. — ' N" 750a. — =• N" 4878. — " N° 4986. — ' N» 58 1 6.— » N" 71 35. -" N° 10287. —'=N° io8/)8. — "N-Sôsg. — "'N-Siii.

Page 1