‹ Collection de sceauxChapitre 28 sur 1543 · L\XI · texte numérisé non relu

L\XI

c'est au reste le cas pour la plupart des sceaux de chapitres et d'abbayes, appartient à l'abbaye d'Homblières. La Vierge, assise de face dans une chaise à montants, couronnée et nimbée, tient un livre à droite, et, à pauche, un petit globe surmonté d'une fleur de lys'. Le troisième sceau est celui de l'abbaye de Notre-Damede-la-Gharité d'Angers. Il est appendu à une charte de l'an 1 2 3 a . La Vierge , voilée et nimbée , est vue de face , assise sur un zodiaque; elle tient un livre à droite, et une fleur de lys à gauche^.

Nous passons aux sceaux ogivaux. Signalons d'abord trois sceaux du chapitre de Notre-Dame de Paris. Sur le premier, de l'an 11/16, la Vierge , assise de face sur un arc-en-ciel, couronnée d'une couronne à trois fleurs de lys, sans nimbe, tient à la main droite une fleur de lys, et bénit de la gauche. Ses pieds portent sur une grosse fleur de lys ^. Le second sceau , de l'an 1221, la représente à peu près de même, seulement elle est assise sur un banc architectural , et ses pieds portent sur un piédouche. On voit, dans le champ, une étoile à dextre et deux à sénestre. Ce sceau est très-différent du premier sous le rapport de la gravure* . Le troisième sceau, qui est de l'an laBg, diffère encore beaucoup du précédent quant à la gravure, qui est ici un peu moins mauvaise. La Vierge y est assise, vue de trois-quarts, couronnée et, cette fois, nimbée. Son sceptre est à feuillages, au lieu delà fleur de lys ordinaire. Elle a les pieds posés sur un dragon ^. Deux sceaux du chapitre de Rouen , l'un du xii" et l'autre du xnf siècle, représentent la Vierge tout à fait de même quant à la disposition générale. Elle est assise sur un banc à coussin, couronnée, voilée et nimbée, tenant une fleur de lys à droite et un globe à gauche, sur le premier sceau; une fleur de lys et un livre, sur le second''. Sur un sceau du chapitre de Senlis, de l'an i9i3, la Vierge est assise sur un pliant, au lieu du banc ordinaire. Elle est couronnée, voilée et nimbée, et tient une croix à droite et, sans doute, un sceptre fleurdelisé à gauche. Cette partie du sceau est détruite''. Le chapitre de Corbeil , en 1 2 2 2 ^, l'abbaye de Saint- Jean de Laon, en 1807', ont la Vierge couronnée, mais sans nimbe.

' N'Saia. — ^WS/i/it. — 3N''7252. — " N" 7353. — ^ N° 725/1 "> N' 8.337.— " N» 8i5o. — '' N° 8205. — >5 N° 71 18. — '»N''823i

La Vierge debout, sans l'enfant Jésus, ou, comme nous venons de le dire , isolée , se présente rarement. Nous citerons pourtant un sceau curieux de l'abbaye de Pontlevoy. La Vierge debout, vue de face, nimbée et voilée, les deux mains ouvertes et présentant la paume devant la poitrine , y est habillée absolument comme une abbesse, avec sa guimpe et sa robe ou manteau à larges manches. Ce sceau ogival en cuvette est appendu à une charte de l'an 12 55, mais il remonte certainement au xii^ siècle. L'abbaye de Pontlevoy a été fondée en 1075'°. On voit encore la Vierge en costume de religieuse sur un sceau de l'abbaye de Belval, de l'an 1269, qui représente une Annonciation ''.

De même que la Vierge isolée, la Vierge avec l'enfant Jésus est représentée des trois manières : en buste, assise, et debout. Mais c'est la représentation assise qui prédomine de beaucoup. Comme représentation en buste, nous citerons trois sceaux. Le premier, de l'abbaye de Colombs, au diocèse de Chartres, de l'an 1282. La Vierge y est à mi-corps, tête nue, portant sur le bras droit l'enfant Jésus , vu de face , sans nimbe , bénissant de la main droite et tenant un livre à gauche. La Vierge a une fleur de lys à la main gauche; une colombe descend sur sa tête '-. Le second sceau est celui du chapitre de Notre-Dame de Beaumont-sur- Oise , de l'an 1 2 5 2 . La Vierge , à mi-corps , couronnée . voilée et nimbée, tient l'enfant Jésus à gauche, et un sceptre fleurdelisé à droite '^. Sur un sceau de l'abbaye de La Gastine, de l'an 1206, la Vierge n'est pas couronnée , et elle tient l'enfant Jésus debout devant elle '*.

Nous passons aux représentations assises. Un sceau du chapitre de Notre-Dame de Mantes , de l'an 1210, représente la Vierge assise de face sur un siège à coussin, couronnée et voilée, mais sans nimbe, tenant une espèce de fleur de lys à la main gauche , et à droite , l'enfant Jésus nimbé d'un nimbe crucifère"'. Sur un sceau de l'abbaye du Bec, de l'an 1221, la Vierge est assise sur une châsse. Elle tient l'enfant Jésus à gauche e( un sceptre fleurdelisé à droite. Elle est nimbée , couronnée et voilée. Un cordon d'étoiles accompagne, dans le champ, la figure principale'^. Sur un sceau du chapitre de Notre-Dame de Chartres, appendu à une

— • N°' 7^00, 7801. — ' N°732i. — »N'7iGi. —'N» 7302. —

LXXU

charte de 1207, mais qui est plus ancien et tjui a la forme d'une figue, la Vierge, assise sur un pliant à têtes et pieds de lion, retient des deux mains l'enfant Jésus, qui est vu de profil et qui bénit de la main droite. La Vierge est voilée, mais sans couronne et sans nimbe'. Un sceau de Notre-Dame d'Évreux, à peu près du même temps, offre une représentation semblable: siège à pliants; l'enfant Jésus tenu des deux mains. La coiffure est carrée et sans le nimbe. Dans le champ, un alpha et un oméga^. L'abbaye de Notre-Dame de Montebourgnous montre, sur un sceau du xnf siècle, la Vierge assise sur un arc-en-cicl, le champ du sceau semé de troches de trois perles. Elle est couronnée , mais sans voile ni nimbe ; elle retient de la main droite l'enfant Jésus assis de face sur ses genoux. 11 est nimbé d'un nimbe crucifère et bénit de la main droite, élevée à la hauteur de sa tête. Ce sceau est d'un dessin bizarre et qui rappelle un peu l'ordonnance byzantine ^. Ln sceau du chapitre de Baveux se rapproche beaucoup de celui-ci*. Lne particularité du sceau de l'abbaye du Bourg-Moyen de Blois, c'est que la Vierge v donne le sein à l'enfant Jésus, ce qui est un cas rare. Sur le banc où elle est assise se voit un pot de fleurs, d'où sortent trois fleurs de ivs héraldiques, montées sur des tiges naturelles. Les pieds de la Merge posent sur un dragon^. Ln trèsjoli sceau de Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, de l'an 1 3 i i , représente la Vierge couronnée, voilée et nimbée, offrant à l'enfant Jésus une pomme ou globe '^. Cette représentation ordinaire de la Vierge assise avec l'enfant Jésus se trouve comprise dans une arcade gothique, sur un sceau de l'abbaye de Notre-Dame de Lire, au diocèse d'Évreux, en 122/1". Quelquefois l'enfant Jésus est figuré debout, soit sur les genoux de sa mère, soit sur le banc où elle est assise. Les sceaux de l'abbaye de Notre-Dame-du-Vœu à Cherbourg , en 1982''; de Cercamp , en 1237°; du chapitre de Notre-Dame de Beims, en 1 363 '", et de l'abbaye de Bovaumont, en 187/1 "' ^°"* "^^"^ ^^ '^^*"

La Vierge debout avec l'enfant Jésus ne se trouve guère qu'à partir du xiv' siècle. L'un des premiers

ÉLÉMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

exemples que nous ayons rencontrés est celui du.sceau de l'abbaye de la Sie, au diocèse de Poitiers, en i3o3'^: vient ensuite celui de Notre-Dame de Clermont-Ferrand , en 1017'^. Dans la seconde moitié du xiv' siècle, il y a l'accompagnement de la niche, par exemple sur les sceaux du chapitre de Saint-Flour, en 1379'*, ^* ^^ chapitre d'Arras'^. A un second sceau de Notre-Dame de Clermont-Ferrand, de l'an i/i8i, un cordon de têtes nimbées court autour du champ '".

L'Annonciation est plus souvent représentée sur les contre-sceaux que sur les sceaux. Ce genre de représentation ne comporte que deux personnages , ordinairement debout. Sur un contre-sceau du chapitre de Notre-Dame de Chartres , qui donne un bon spécimen du genre, la Vierge est debout, de profil à droite, sous une arcade, dont l'une des colonnettes la sépare de l'ange. Elle est voilée et nimbée, vêtue d'une robe et d'un manteau drapés. Elle étend la main droite dans une attitude de surprise, et tient un livre de la gauche. Ses pieds portent sur un terrain, tandis que l'ange, qui lui fait vis-à-vis, est dans le vide. 11 est nimbé, drapé et ailé. De la main gauche il tient une branche de lis tout en relevant un pan de son manteau. Sa droite, tendue vers la Vierge, est fermée, à l'exception de l'indicateur'^. Ln type qui se reproduit fréquemment sur les contre-sceaux est celui où la Vierge et l'ange debout, l'ange ayant une de ses ailes abaissée et l'autre levée, sont séparés par un pot de fleurs d'où sort une tige de lis *. Par exception , l'ange est à genoux sur un contre-sceau de l'an 1822^^. Il est assis au contraire sur un sceau de l'an 1269-". Il tient parfois un philactère où se lit la salutation Ave Maria, comme au sceau d'un abbé de Notre-Dame de Boulogne, de l'an 137/i'-', à celui de l'abbaye de Longchamp, en 1 3 7 9 ^, et encore à celui de Guillaume , évêque de Paris , en i/i53^^. Sur un sceau des Frères Mineurs de Toulouse, on voit à la fois l'Annonciation et laVisitation'^'. Un sceau de l'abbaye de Molesme, de l'an 1 9/1 5 , représente l'Annonciation d'une manière différente de celles que l'on vient de décrire : la Vierge , seule , debout , nimbée , vêtue en religieuse , tient les mains et le visage

1^7100.- 5ÎJ°7i78. — 'N°83oo.— 'N°7ii6.— 5N°8i5i.— "N-SiôS. — 'N°8a6i. —» N° 8192. — » N" 8173.— '"N" 7291.— " N° 8362.— '^ N''8259. — "N°7i57.— " N''73o8.— '=■ N" 7107. — '« N°7i58. — '' N°7i5o.— "Voir les numéros 6867, 7667, 6870, 6870, 6873, 685o 7216. — " N" 6798.— " N° 7946. — " N° 8566. — " N° 8463. — " N° 6808. — " N° 9784.

TIRÉS DE LA COLLECTION

tournés vers le ciel, d'où descend un ange vu à micorps'.

L'Adoration des mages paraît sur un sceau de l'abbaye de Noyers, au diocèse de Tours, de l'an laBB^.

La Circoncision se voit sur un contre-sceau d'un évéque de Laon, do l'an 1297. La Vierge, debout, tenant l'enfant Jésus dans ses bras, est séparée, par un autel, du grand prêtre, qui étend les bras pour prendre l'enfant ^.

Le Couronnement de la Vierge est reproduit sur différents sceaux des xiii% xiv° et xv' siècles , par exemple sur un sceau du doyen du chapitre de Luzarches , de l'an 1938 *. Sur un sceau du prieur du chapitre de Saint-Gervais et Saint-Prothais de Séez, on voit, à droite, un personnage assis, nimbé d'un nimbe crucifère, portant une robe et un manteau à draperies, el tenant un livre à la main gauche: ce personnage représente Dieu le Fils et porte la main droite à la couronne de la Vierge, assise à ses côtés, nimbée et voilée, les mains jointes. Cette représentation est portée sur une terrasse, au-dessous de laquelle est une niche où est placé un petit personnage en prières ^. Une représentation analogue se voit sur un sceau du prieur des Carmes, de l'an 1877-'. Dans un sceau du cardinal Alaman, de l'an ikili, l'action du couronnement est encore plus clairement indiquée. Dieu le Fils y tient la couronne des deux mains et la pose sur la tète de la Vierge ''. Sur un sceau des Carmes de la province de Narbonne , qui peut être de la fin du xv° siècle , les deux personnages sont assis sur un banc ayant la forme d'une châsse, et sous lequel règne une galerie où se voient quatre moines agenouillés. Dieu le Fils est couronné et nimbé du nimbe crucifère; il a la main gauche posée sur un globe surmonté d'une croix, et, de la droite, il place la couronne sur le front de la Vierge, inclinée et les mains jointes'.

L'Assomption est représentée de la manière suivante sur un sceau de Louis de Beaumont, évêque de Paris, de l'an 1 /i8 1 : la Vierge, debout, vue de face, voilée el les mains jointes, est enlevée au ciel par quatre anges drapés et ailés, planant au-dessus d'une foule age-

• N° 8295. — 2 N° 83i5.— 'N° 66/11. — * N°75ç,3. — ^N°7699, "NMJSoS. — "N-eSvo. — "N»8ig2. — "^N^vas/j.— " N° CSyg. - — " N° 8i63.

nouillée; dans une niche inférieure, est l'évêque, à genoux et les mains jointes'.

La Vierge , servie par les anges , se voit sur les sceaux suivants : sur le sceau d'Eudes Clément, archevêque de Rouen, de l'an 1266, elle est assise sur une voûte, vue de face, couronnée, voilée et nimbée, tenant, de la main droite , un sceptre fleurdelisé , et , de la gauche , l'enfant Jésus debout; de chaque côté, un ange portant un cierge; dans une niche inférieure, l'archevêque en prières'". Une représentation semblable se voit sur un sceau de l'abbaye de Notre-Dame-du-Vœu de Cherbourg, en 1289". Sur celui du chapitre de Notre- Dame de Meulan, de l'an i3o8, les deux anges encensent la Vierge '^. Sur un sceau d'un doyen de Sainte-Marie-du-Val de Provins, de l'an 1978, Im Vierge et l'enfant Jésus, vus de profil, sont encensés par un seul ange '^.

Il y a souvent, aux pieds de la Vierge un priant, c'est-à-dire un personnage à genoux et les mains jointes. Les sceaux de deux archidiacres de Saintes, l'un de 1969, l'autre de 1971, sont dans ce cas'\ Sur un sceau du prieuré de Prouillan, de l'an 1976, i;i prieure, à genoux, est assistée, par un personnage debout et nimbé , que la légende nous fait connaître pour être saint Dominique'^. Sur un sceau de l'abbaye di' Cercamp, de l'an 1869, la Vierge, debout et tenant l'enfant Jésus dans ses bras, abrite, sous les pans de son manteau, deux groupes de personnages agenouillés à ses côtés""'. Sur un sceau du prieuré de Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers, de l'an 1875, la Vierge assise, mais sans l'enfant Jésus, et tenant de la main gauche un livre , semble menacer de la droite un groupe de mécréants, tandis cjue deux moines, dans une niche inférieure, l'invoquent à genoux et les mains jointes '''. On voit , à un contre-sceau de l'abbaye de Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, de l'an 1 8 1 A , la tête couronnée et nimbée de la Vierge, sortant d'un bateau chargé de marchandises et flottant sur la mer '^.

Plusieurs sceaux de l'Université de Paris témoignent du culte fervent qu'elle professait pour la Vierge. Un sceau de la Nation de Picardie, de l'an 1898, repré-

" N° 9667. — ' N» 6202 ; voir encore n° 68/19. — ' N° 9677.— 'N" 7/136617689. — '^N° 9/155. — "N" 817/1.— "N" 9/180.

ELEMENTS DE

sente la Vierge sauvant du naufrage un moine dont un démon s'efforce de faire sombrer la barque '. Sur un autre sceau, de la même année, celui de la Faculté de médecine, la Vierge, assise de face, couronnée, tenant un rameau fleuri à la main droite et un livre ouvert à gaucho, préside à deux groupes de personnages lisant et écoutant à ses côtés-.

Des cardinaux et des évêques ont souvent fait entrer la représentation de la Vierge, assise ou debout, dans la composition de leurs sceaux à sujets. Elle est debout sur les sceaux de Guillaume, cardinal d'Estouteville, en 1 463 ^; de Louis, cardinal d'Albret, même année ^; de Richard, cardinal de Coutances, même année ^ ; d'Angelo Capranica , cardinal de Sainte-Croix de Jérusalem , en 1 4^0 ®. Elle est assise sur les sceaux de Jean 111, évêque d'Amiens, en 1 3 7 6''; de Jean de Rouci, évêque de Laon, en i3c)0^, etc.

A partir du xv' siècle, les représentations de la Vierge debout avec l'enfant Jésus, dans une niche gothique, comme aussi celles où se voit un petit personnage à genoux, dans une niche inférieure, sont des plus répétées.

Saint Jean-Baptiste est reconnaissable sur les sceaux à la peau de bête qui lui sert d'habillement, et aussi à YAgnus Dei qu'il tient souvent à la main. La ville de Bourbourg, qui avait saint Jean-Baptiste pour patron, l'a mis sur ses deux sceaux. Sur le premier, de l'an 1237, il est debout , nimbé, vu de face, ayant tout le corps couvert d'une robe étroite et très-velue. Il bénit de la main droite et tient à la gauche un phylactère où on lit : SB. lOR {^Sanctus Jobannes^). Sur le second sceau, qui est de l'an 1828, il est debout, dans une niche, drapé et tenant de la main gauche un Aginis Dei, qu'il indique de la droite '". Sur un sceau de l'abbaye de Saint-Jean de Laon, de laSS, il est de face, en buste, nimbé, avec une longue chevelure et une longue barbe , les épaules couvertes d'un manteau de peau de bête. Au contre-sceau se voit sa tête de face, nimbée et posée dans un plat''. Ce dernier genre de représentation est souvent répété dans les contre-sceaux. Sur celui d'Olivier, abbé de Saint-Jean-d'Angély, en

SIGILLOGRAPHIE

i3oi, la tête est de profd, et, au-dessus, il y a une main bénissante'^. Dans un contre-sceau de 1 3 1 7, il y a aussi la main bénissante, mais la tête est sans nimbe '^. Ni nimbe , ni main bénissante , sur un contre-sceau d'un abbé de Saint-Jean de Laon, de 1282 '*, et sur un sceau d'un bourgeois de Paris , de l'an 1 3 2 4 '5. Sur un sceau de la commanderie de Saint-Jean-en-l'Ile , près Corbeil, de l'an i4i 3 , saint Jean-Baptiste est debout, vêtu d'une robe et d'un manteau velu, tenant à la main gauche un Agnus Dei^^. Un petit saint Jean-Baptiste, debout, vu do profil, tourné à gauche, n'ayant pour tout habillement qu'une peau de bête sur les épaules , sans nimbe , indiquant de la droite et tenant un phylactère à gauche, se voit sur un sceau d'un prieur de i'abbave de Marcheroux, au diocèse de Rouen , de l'an 1219'''. On s'attend naturellement à voir adopter cette représentation par ceux dont il était le patron. C'est ainsi qu'un Jean d'Aubusson , curé de Saint-Jean-en-Grève , avait sur son sceau, en 1286, un saint Jean-Baptiste debout, nimbé, vêtu d'une robe et, par-dessus, d'une tunique en peau de bête, et tenant un Agnus Dei^^.

Saint Jean l'Evangéliste est le plus souvent représenté sur les sceaux sous la figure symbolique de l'aigle nimbé, par exemple sur un sceau de l'abbaye de Saint-Jean de Sens, de l'an 1 207'°, et sur un autre, de 1216, de Séguin, doyen du Gâtinais 2". Sur un sceau des Frères Prêcheurs de Rouen, de l'an 12 4 3, c'est un ange ailé, assis dans une chaise et écrivant sur un livre ^'. Un sceau de l'abbaye de Saint-Jean de Laon, de l'an 1282, représente la Vierge debout, vue à mi-corps , ayant saint Jean à ses côtés --.

Les représentations de saint Pierre abondent sur les sceaux. 11 y est représenté, tantôt debout, tantôt en buste, mais le plus souvent assis. Sur un sceau du chapitre de Saint-Pierre de Lisieux du xii" siècle , le prince des apôtres est assis sur un pliant, la tête entourée d'un nimbe de perles, portant le pallium, bénissant de la main droite et tenant ses clefs de la gauche ''^. 11 est représenté absolument de même sur un sceau de l'abbaye de Chésy, du xm" siècle, si ce

■N°8oi8.— ^N" 8022. — 3 N° 6206.— » N° 6209. — 5 N° 6310. — •> N° 6211. — 'N°6i43.— » N° 6647.— ' N" 55i6. — '" N» 5517. — "N''7ir)3. — " N-goSg. — '^N" go4o. — '* N° 8267. — '^^N'SgSo. — " N'ggSa.— "N'gSia. — '» N" 7g79. — "N''84ll.— "N''7892.— ^' N°9736. — "N» 8257.— =^N° 7197.

TIRES DE LA

n'est que le siège est à têtes et pieds de lion '. A un sceau du chapitre de Lagny, appcndu à un acte de l'an i336, il est tête nue, sans nimbe, et drapé à l'antique ^. Il porte la mitre comme un évêque sur un sceau du chapitre de Rennes, de l'an i3ii^. Dans d'autres représentations assises, saint Pierre tient ses clefs à droite et un livre à gauche, par exemple sur un sceau de l'atbaye de Moissac , de l'an i a 6 6 , oii il est assis dans une stalle gothique *. Sur un sceau du chapitre de Saint-Pierre-le-Pueillier, de Bourges, appendu à un acte de l'an i3o8, les animaux formant le siège sont vus jusqu'à moitié de leur longueur, et ce siège a un dossier gothique ^. Un joli spécimen du genre de représentation dont il s'agit ici se trouve dans un sceau du prieuré de Saint-Pierre de Bucilly, de l'an i3o3. Saint Pierre, assis de face, sur une chaire gothique à dossier, la tête de trois-quarts , rasée sur le sommet, et portant la barbe, nimbé et drapé à l'antique, tient de la main droite ses clefs devant sa poitrine, et, de la gauche, un livre appuyé sur son genou '^. Sur un sceau du chapitre de Saint-Pierre de Landogne, en Auvergne, de l'an 1 3 17, il n'a qu'une clef ^. Il tient une croix à la main droite et ses clefs de la gauche sur un sceau du prévôt de l'église de Saint-Pierre de Lille , de l'an 1226*.

Les représentations de saint Pierre debout le montrent, de même que les représentations assises, tantôt bénissant et tantôt tenant un livre, mais toujours avec ses clefs. Il est bénissant et nimbé de perles sur un sceau du chapitre de Lisieux, de l'an 1202'. Sur un sceau du chapitre de Saint-Pierre de Beauvais,appendu à un acte de 1222, mais qui est certainement du xii' siècle, saint Pierre, debout, vu de face., les oreilles très-saillantes, c'est-à-dire, comme nous l'avons déjà dit, ouvertes à tous, nimbé, vêtu de l'aube, delà dalmatique et de la chasuble au pallium , tient ses clefs à droite , et , à gauche , un livre ouvert. Les deux clefs sont suspendues à une longue tige de fer, qui se termine elle-même en anneau de clef '". Même ordonnance générale, mais style très-différent sur un sceau des Frères Mineurs de la province de France , de l'an

COLLECTION. lxxv

iSyo, où les lettres S — PE {^Sanclus Petrus) se lisent autour de la tête '^ Le livre est à droite et les clefs à gauche , avec absence du nimbe , sur un sceau du chapitre de Saintes, de l'an i2 45'^. Sur un sceau du chapitre de Saint-Pierre de Rome, de l'an i333, la main droite tient une croix , et la gauche les clefs '^.

Saint Pierre en buste, ou plutôt à mi-corps, se trouve sur les sceaux de l'abbaye de Saint-Pierre-aux- Nonnains de Lyon, de l'an i3o7, et du chapitre d'Angoulême, en i3i2. Sur le premier, il tient ses clefs à droite, à gauche, un livre ouvert, où on lit les lettres S.P [Sanctus Petrus^'^); sur le second, il bénit de la droite et tient ses clefs à gauche ^^. Ce genre de représentation de saint Pierre en buste est très-répété sur les contre-sceaux '*^. On y trouve aussi , mais plus rarement, la représentation assise'''.

Il y a des sceaux où saint Pierre n'est pas isolé; par exemple, sur.un sceau du prieuré de Saint-Pierre de Rueil, de l'an 12/10, il est debout, recevant ses clefs du Christ, lequel est assis, nimbé du nimbe crucifère et tenant un livre '*. Le cardinal Julien de la Rovère, du titre de Saint-Pierre-aux-Liens , a sur son sceau, en 1/181, un saint Pierre debout et nimbé, dont un ange, également debout et nimbé, vient briser les chaînes'^. Un sceau de l'abbaye de Saint-Pierre d'Auxerre , appendu à un acte de 1/169, ''^^'^ l'^' peut être du xni° siècle, représente saint Pierre en croix, la tête en bas et accosté de deux clefs-".

Il arrive très-fréquemment que saint Pierre est représenté conjointement avec saint Paul, et cela dans les trois catégories habituelles : du buste , de l'assiette et de la station. Sur un sceau du chapitre de Nantes, qui peut être du xn" siècle , saint Pierre , nimbé , ayant sa main droite placée devant lui, la paume en dehors, et tenant ses clefs à gauche, est représenté assis, à la droite de saint Paul, qui est dans une attitude analogue, et qui tient un livre à la main gauche '^^ Cette représentation se retrouve sur un sceau de l'abbaye de Saint-Pierre de Préaux, de l'an 122/t, avec celte différence que saint Paul est assis à la droite de saint Pierre, et que tous deux sont sans nimbe ^-. Sur deux

' N" 8193. — ^ N» 8256. — ^ N° 7395. — 4 N'Sagi.— » N" 7129. — » N° 9888.— ' N° 7186.— « N" 7684. — ' N'7198. — '"'N°7i3i. — " IN°975i. — '-N° 7817. — "N°6a76. — '* N° 8465.— " N° 7102. — "Voir, entre autres, n"' 6817, 6867, 6834.

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Voir 11° 6818. — " N° 9436.— '» N° 6214. — " N° 81 43. - «'N° 7285. — " N° 8344

ELEMENTS DE

sceaux du chambrier du Sacré Collège , des années iti^i et i46o, saint Pierre et saint Paul sont vus assis et se faisant vis-à-vis, dans une niche géminée, l'un présentant ses clefs, et l'autre son épée haute '.

Les représentations conjointes de saint Pierre et saint Paul debout se voient aux xiii" et xiv' siècles. Sur un sceau du chapitre de Saint-Symphorien de Reims , de l'an 15267, ^^* ^^'^^ ^^"^ nimbe-. Un contre-sceau de l'alibaye de Saint-Ouen de Rouen, de l'an 1971, représente saint Pierre debout, tenant à la main droite une seule clef, et à gauche un livre; ayant devant lui, mais plus petit, saint Paul, debout et nimbé, tenant sur l'épaule droite son épée nue et un livre à gauche '. Saint Pierre est vu à gauche, et n'ayant également qu'une clef, sur un sceau de l'abbaye de Luxeuil, de l'an 1 3o 1 *. 11 est à remarquer, sur un sceau de François, archevêque de Narbonne, de l'an i4a2, que saint Paul, au lieu de tenir son épée haute, s'appuie sur elle , la pointe en bas ^. 11 apparaît derrière saint Pierre, qui bénit un homme agenouillé, sur le sceau d'un prieur de la Celle en Brie, de l'an 1260 '^.

Saint Pierre et saint Paul sont vus à mi-corps et sortant d'un nuage, avec le Saint-Esprit sous la forme d'uue colombe qui plane au-dessus d'eux , sur un sceau du chapitre de Saint-Pierre de Chartres du xiif siècle ■'. Ils sont vus de même à mi-corps et séparés par une croix, mais sans le nuage et sans la colombe, sur un sceau de l'abbaye de Poultières, de l'an 1 268 ^.

Saint Paul seul se voit sur un sceau du chapitre de Saint-Paul de la ville de Saint-Denis , de l'an 1 9 0 0 . Il est debout; la tête, de trois-quarts , est barbue et nimbée; il tient à la main droite une épée nue, la pointe en haut , et de la gauche un livre ^. Sur un sceau du chapitre de Saint-Etienne de Metz , de l'an 1379, il est de face, barbu, nimbé et tenant des deux mains un philactère où se lit SCS • PflVLVS'". Enfin, sur le sceau d'un clerc, de l'an 1998, il est vu à mi-corps, tenant son épée à droite et un livre à gauche '^

.\ous allons passer en revue, dans l'ordre alphabétique, les principaux types légendaires des saints.

SIGILLOGRAPHIE

Saint Aignan, évêque d'Orléans, du v* siècle. Il est représenté debout, en costume d'évêque, ayant à ses côtés un personnage qui porte la main à la crosse de l'évêque, sur un sceau du chapitre de Saint-Aignan d'Orléans, de l'an 1986 '^.

Saint André. L'apôtre saint André est représenté de deux manières sur les sceaux, en saint triomphant, et en martyr. Le chapitre d'Avranches, qui était sous l'invocation de saint André, a deux sceaux, l'un de 1163 et l'autre de 1 2 56 , qui tous deux représentent son patron. Sur le premier, saint André, sans nimbe, est debout, vu de face, la tête tournée à droite. Il est vêtu d'une robe ou tunique et d'une chasuble ou manteau. De la main droite il s'appuie sur une croix processionnelle, et tient un livre de la gauche. A la hauteur de la tête il y a une croix de chaque côté, et deux fleurons aux flancs du champ '^. Le second sceau représente le saint avec le nimbe, debout, de profil à gauche et la tête de trois-quarts , s'appuyant de la main droite sur une croix processionnelle. Dans le champ , à sénestre , une étoile '*. Un contre-sceau de Guillaume IV, évêque d'Avranches, de l'an i9i3, ne donne que la tête du saint. Elle est de trois-quarts à droite, à longs cheveux et barbue, avec ces mots : Sanctus Andréas '^. Le martyre de saint André est représenté de deux manières : sur une croix ordinaire et sur la croix en sautoir, qui a gardé son nom. 11 paraît que les évêques d'Avranches ont eu une prédilection pour cette représentation , car la plupart d'entre eux l'ont mise sur leurs contre-sceaux '*'. Sur un sceau du doyen du chapitre d'Avranches, de l'an 1266, le saint est habillé d'une robe, et lié, et non cloué sur la croix. Cette croix est de la forme ordinaire; mais, comme elle est renversée sur une terrasse , elle rappelle la croix de Saint-André '^ Le sceau de l'abbaye de Saint-André-au-Bois , du diocèse d'Evreux , de l'an 1 3 0 3 , représente aussi saint André sur une croix droite , mais qui est renversée, en sorte que le martyr a la tête en bas. Il est nimbé, et l'on distingue très-bien les cordes qui lient les bras '*. Saint André, sur une croix en sautoir, se voit sur un sceau d'une prieure

' N" 6376 et 6375. - 2 JJ» 7293. — ' N° 8358. — » N° 8370. — ^ N» 6365. — » N" gltgS. — ' N" 7161. — » N° 8343.

' N°73o6. — '»N''7a26. — " «"6267. — '^N°7347. — " N° 711/1. — "N°7ii5. " N°75i9. — 'SN- 8366.

■N°6689. — i« Voir n" 6491, 6493,6694.—

TIRES DE LA COLLECTION

de Rameria de l'an 1266 ', et sur celui de l'abbaye de Saint-André d'Avignon ^. Sur ce dernier, il y a un bourreau de chaque côté de la croix et une main bénissante au-dessus. Sur un sceau du cardinal d'Epinay, de l'an 1^97, on voit saint André debout, tenant devant lui sa croix, qui est en sautoir^.

Saint Antonin de Pamiers. Ce saint ne se trouve pas dans la Légende dorée. M. Guenebault, dans son Dictionnaire iconographique des légendes et attributs des saints , dit qu'il est représenté , dans les Fasù Marini, décapité, ses membres jetés dans la rivière; sa tête, placée miraculeusement dans une barque et sous la garde de deux aigles, fut recueillie par des personnes pieuses et conservée dans la ville de Pamiers. Cette ville a effectivement mis cette légende à deux de ses contre-sceaux. Le premier, de l'an 1267, représente une barque voguant sur des flots à gauche , matée d'un mât à bannière carrée et surmonté d'une croix. De cette barque sortent une tête d'homme de profd et un bras levé. A chaque extrémité il y a une aigle*. Ce type se modifie en i3o3 sur le second sceau : la barque y vogue à droite, vers un château placé sur la pointe d'un rocher ^. Sur un sceau du chapitre de Saint-Antonin, de l'an 1226, la barque vogue à droite vers le château, qui n'est plus sur un rocher, mais qui est baigné par les flots ''. Sur un sceau de la ville de Saint-Antonin en Rouergue, de l'an i3o8, le type est un peu différent : la barque vogue à droite, escortée de poissons; le saint est nimbé et sort à demi de sa barque; au-dessus de sa tête sont une étoile et une main céleste; il n'y a pas de château''. Le type se réduit à une forme héraldique sur un sceau de l'abbaye de Saint-Antonin de Pamiers, de l'an 1268. C'est un château à trois tours, parti d'une demi-barque d'où sort une tête , et à la pointe de laquelle est une aigle ^. Enfin Etienne, prieur de Saint-Antonin de Pamiers, a sur son sceau, de l'an i3o3, la barque à la tête et aux deux aigles avec l'étoile et la main céleste; dans un compartiment inférieur, un personnage à genoux **.

Saint Benoît. Le patriarche des moines d'Occident est représenté nimbé , en costume de moine , vu de face, assis sur un banc, et tenant sa crosse à droite et

' N° 9689. — 2 N" 8368. — ' N" 6215. — * N° 5554. — ' W 5555. '" N" 7856. — " N'',7262. — '^ N° 9/180. — '^ N» 8i85. — " N° giSy. —

un livre à gauche, sur un sceau de l'an i3/ii '". Sur un autre, de l'an 1379, il est debout, entouré d'un groupe de trois moines à genoux de chaque côté. Dans le champ du sceau, les lettres S.B [Sanctus Bene-

Sainte Catherine, vierge et martyre. Un sceau du couvent de Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers, de l'an 1375, la représente sur une terrasse, assise dans une chaise, couronnée et nimbée, et tenant un livre à la main gauche ; devant elle deux personnages debout , et un troisième en l'air, peut-être un diable. Au-dessous de la terrasse , deux personnages en prière ^^.

Saint Chéron. Sa légende porte que des voleurs, l'ayant rencontré dans un bois, lui coupèrent la tête. Un sceau de l'abbaye de Saint-Chéron de Chartres, de l'an i235, représente son patron debout, vu de profil à gauche et tenant sa tête des deux mains. Des arbres et une fontaine indiquent le lieu de la scène, conformément à la légende ''.

Saint Christophe. Il est représenté debout, vu de face, nimbé, drapé à l'antique, tenant une palme à droite et un livre à gauche, sur un sceau du prieuré de Saint-Christophe en Halate, de l'an 1260 1*.

Sainte Clotilde. Elle est représenté en reine , assise, vue de face, couronnée et nimbée, tenant à la main droite un véritable sceptre fleurdelisé , et ayant la gauche à l'attache de son manteau, sur un sceau du chambrier de l'abbaye de Sainte-Geneviève, de l'an 1 269 '^.

Saint CorneiUe. Sur un contre-sceau de l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne, de l'an 1286, on voit saint Corneille et saint Cyprien à mi-corps. Saint Corneille, à droite, s'appuie sur une croix processionnelle et est coiffé d'une mitre pointue. Saint Cyprien , à gauche, s'appuie sur une crosse et porte une mitre cornue ^'*.

Saint Cyr. 11 y a eu deux saints de ce nom : saint Cyr et saint Jean, martyrs du iv' siècle, en Egypte, dont on célèbre la fête au 3 1 janvier; et saint Cyr et sainte Julitte, martyrs de Tarse, aussi du iv" siècle, et dont la fête tombe le 16 juin. C'est ce dernier que le chapitre de Nevers reconnaissait pour son patron. Ce

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ELEMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

saint Cyr était fiis de sainte Julitte, issue de race royale. Il fut martyrisé avec sa mère. Sa légende porte que c'était un enfant d'une beauté remarquable , et l'on a chercbé à rappeler cette particularité sur le sceau. Saint Cyr y est représenté en jeune bomme, debout, vu de face et sortant à mi-corps d'un nuage. Il est vêtu d'une tunique et d'un manteau drapé sur l'épaule gaucbe. Sa tête , nimbée, porte la couronne , qui rappelle l'extraction de sa mère. Il tient à la main droite une palme, qu'il indique de la main gauche'. Sur le contre-sceau d'Emmelyne, abbesse de Saint-Cyr de Berchères, de l'an i 268, on voit le martyre de la mère et du fds : ils sont tous deux plongés dans une cbaudière entourée de flammes ^.

Saint Denis. Sa légende, si connue, est très-multipliée sur les sceaux. Sur un sceau de l'abbaye de Montmartre, de l'an 1280, il est debout, vu de face et nimbé; il n'a que le crâne d'enlevé, ce qu'on appelait son test, et il le tient devant lui des deux mains ^. Sur un sceau du prieuré de Saint-Denis de la Châtre , de l'an 1/108, c'est sa tête mitrée que le saint tient devant lui *. Même représentation sur un sceau d'un prieur d'Argenteuil, de l'an i/i66; sur le nimbe qui entoure le cou, il y a des traits destinés à représenter les jets du sang ^. Sur un sceau d'un doyen rural de Saint-Denis, le saint est de profd, tourné à gauche, les genoux fléchissants, sans tête, et tenant des deux mains seulement sa mitre. Par la pose, on a ici un détail utile, celui du parement à l'Y de la chasuble, qui est répété par derrière ''. Saint Denis est représenté en évêque sur le sceau de l'abbaye.

Saint Dominique. L'instituteur des Frères Prêcheurs ou Dominicains, appelés en France Jacobins, est représenté sur un sceau des Dominicains de Montargis, de l'an i38i'', debout, nimbé, en robe et manteau large, bénissant de la main droite un livre enlevé par des flammes, devant un groupe de personnages debout.

Saint Eloi, orfèvre et évêque de Noyon. Sur un contre-sceau de la Nation de Picardie, de l'an 1898, il est représenté debout , nimbé , frappant avec un marteau sur une enclume, et semblant parler à un évêque '. Le scel aux causes du prieuré de Saint-Eloi

de Paris se rapporte à une légende des plus bizarres , légende qui ne se trouve ni dans la Légende dorée, ni dans les BoUandistes, ni dans le poëme de la Vie de saint Eloi, et qui a été recueillie par M. Alexandre Dumas, dans une petite ville du nord de l'Italie '. Ce sceau représente un personnage assis et nimbé qui ferre sur une enclume l'un des pieds qu'il vient de couper à un cheval placé devant lui, lequel semble attendre patiemment la fin de cette singulière opération. Cette représentation a trait à un miracle que fit le Christ pour donner à son serviteur saint Eloi, trop gonflé de son mérite, une leçon d'humilité. Le sceau, en cire verte, de 3o millimètres de diamètre, est appendu, sur double queue, à un acte du 8 septembre 1 4 1 4 '".

Saint Etienne. Le protomartyr saint Etienne est représenté de deux manières sur les sceaux, en diacre et en martyr. Sur un sceau du chapitre de Meaux, de l'an 1227, il est vu de face, à mi-corps, tenant la palme du martyre à droite, et le livre de l'Evangile à gauche. Il est vêtu d'une dalmatique entièrement brodée, à collet et à manches larges; il est sans nimbe. La tête, qui est dans des proportions beaucoup plus grandes que d'habitude, est coiffée en cheveux partagés sur le sommet et retombant en boucles abondantes sur les côtés '^. Un sceau de 1277, du chapitre de la cathédrale d'Auxerre, qui est consacrée à saint Etienne, le montre debout, vu de face, vêtu d'une dalmatique brodée de très-larges orfrois par le haut, le bas et le milieu. Il est sans nimbe et imberbe, et tient sa palme à droite, et un livre ouvert à gauche '^. Sur un sceau de l'an i4i8, de Conrad, évêque de Metz, dont la cathédrale est également dédiée à saint Etienne , il est debout dans une niche gothique , nimbé , avec la palme et le livre, et portant l'étole au bras gauche comme diacre '^. II est nimbé et à mi-corps sur un sceau du chapitre de Saint-Etienne de Châlons-sur-Marne, de l'an i4/i6'*. Il est à remarquer que ces caractères généraux de la palme et du livre s'appliquent à tous les saints qui ont été martyrs, et dont les représentations peuvent par là facilement se confondre avec celles de saint Etienne , lorsqu'il est en

'N°724o. — 2N°9a6o.— t. V, chap. siv — '"N" giai.

'N° 8i68.— *N° 9/123.— '^N°9465. — «N» 792/1.— ' N° 97/10. — » N°8oi9. - "N°792i.— >2N» 7113.— ''N- 6726.— "N" 71/1/1.

' Impressions de voyages

TIRES DE LA

diacre seulement. Sur un sceau du chapitre de Saint- Etienne de Troyes, de l'an 1/170, il est représenté debout et recevant une petite église des mains d'un personnage à genoux ^

La Lapidation de saint Etienne se voit sur un grand nombre de sceaux , et plus encore sur les contre-sceaux. Sur un sceau de Robert, cardinal du titre de Saint- Etienne in Monte Cœlio, de l'an 1 q 1 4, le protomartyr est représenté à gauche, pliant sous une grêle de pierres, nimbé, les mains jointes et la tête levée vers le ciel, d'où descend une main céleste; à ses genoux, le cardinal qui prie; au coin de droite, un bourreau^. Sur un sceau du chapitre de Saint-Etienne de Toulouse, de l'an 1280, le saint est à genoux, à droite du champ, nimbé et les mains jointes, au milieu d'une grêle de [)ierres que fait pleuvoir sur lui un groupe de gens, à gauche; un ange, sortant à mi-corps d'un nuage, descend sur le martyr^. Sur un sceau des administrateurs de l'évêché de Metz, de l'an 1 3 1 8 , saint Etienne, à genoux, nimbé, les mains jointes et portant l'étole au bras, est vu entre deux bourreaux qui lui lancent des pierres *. Sur un sceau de Guillaume de Brosse, évêque de Meaux, de l'an iSao, il n'y a qu'un bourreau , qui tient une pierre delà main droite et en a d'autres dans sa robe, qu'il retrousse de la main gauche^. La scène du martyre a quelque animation sur un sceau du chapitre de Saint-Etienne de Caen , de l'an 1879. Le martyr, nimbé, tombe sur un genou, les mains levées au ciel, d'où sort une main bénissante^. Comme nous l'avons dit, cette scène est trèsfréquemment répétée sur les contre-sceaux ''. Parfois saint Etienne est seul *, à genoux et nimbé ; d'autres fois seulement en buste, mais toujours avec la pluie de pierres ^. Les villes de Metz , en 1 a g 7 ^'*, et de Toul , en i3oo '\ mettent sur leurs sceaux cette lapidation de saint Etienne.

Saint Eustache. Il est souvent représenté avec le cerf miraculeux, et plus particulièrement sur les sceaux de cardinaux de ce titre. Sur un sceau de Uberto de Sienne, cardinal du titre de Saint-Eustache, de l'an 1970, saint Eustache, dans une niche, nimbé, à ge-

COLLECTION. lxxix

noux et les mains jointes , adore l'image du Sauveur, qui lui apparaît entre les bois d'un cerf, vu dans une niche latérale; dans une niche inférieure, le cardinal en prière^-. Un sceau de Pierre de Colonna, cardinal de Saint-Eustache, de l'an 1297, indique mieux le lieu de la scène , attendu que le saint est séparé par un arbre du cerf qu'il chassait, et qui gravit une montagne; ici l'image miraculeuse du Sauveur est en buste '^.

Saint Euverte, évêque d'Orléans, du iv° siècle. Il est représenté assis de face , coitïé d'une mitre cornue , sur laquelle descend une colombe; il tient un livre à droite et sa crosse à gauche : sur un sceau de l'abbaye de Saint-Euverte d'Orléans, du xif siècle ^^

Saint Florent, martyr. Un sceau de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur le représente en buste, vu de face, nimbé, accompagné d'une crosse et d'un livre, car on ne voit pas les mains , et ayant sur la poitrine une espèce de collier d'où pend une croix. Ce sceau, qui est rond et en cuvette très-profonde , est appendu à une charte de 126/1, mais il est certainement du xn' siècle ^^.

Saint François d'Assise, patriarche des Frères Mineurs ou Franciscains. Sur un sceau de Vital, maître des Frères Mineurs d'Aquitaine, de l'an 127/1, il est représenté debout, vu de face, nimbé, vêtu d'une robe attachée par une ceinture dont les bouts retombent par devant, le capuchon rejeté sur les épaules; il a la main droite ouverte, et il tient un livre de la gauche; onze oiseaux voltigent autour de lui, cinq à sa droite et six à sa gauche'*". Sur un sceau du couvent des Frères Mineurs d'Auxerre, de l'an 1 a/iS , il est de profd à droite , les deux mains tendues vers quatre oiseaux voltigeant devant lui, et accompagné d'un moine'".

Saint Front. Représenté en évêque sur un sceau de la ville de Périgueux, de l'an 1228 : de face, assis sur un autel à coussin, nimbé, mitre, crosse et bénissant; dans le champ, deux anges nimbés et ailés, et des fleurs de lys'*.

Saint Gaudence, évêque de Brescia, au v' siècle. 11 n'est pas compté comme martyr; cependant on voit

' N°73il8. — 2 N-fiiaS. — ^ N' 7388. — « N' 707a. — ■'N°6707. — «N'Sieg. — ' Voy. n" 6894, 6891, 6897, 6898, 6602. — "N" 6709, 7118. — 9 N" 6706. — '»N°5699. — " N" 5706. — '2N°6i56. — " N" 6168. — '■' N" 8817. — '^ N" 8^07. — '» N" 9756. — "N" 9768. — "N* 5783.

ÉLÉMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

une décollation sur le sceau du chapitre de Saint- Gaudens, de l'an i3oo, qui représente, à droite, un personnage à genoux, sans nimbe et les mains jointes, et devant lui, debout, un autre personnage vêtu en homme d'armes , qui , d'une main lui tranche la tête , et, de l'autre, brandit une épée'.

Saint Georges. Sur un sceau de Godefroi de Alatro , cardinal du titre de Saint-Georges au Voile d'or, de l'an 1070, saint Georges, nimbé, monté sur un cheval ardent, plonge sa lance dans la gueule d'un dragon^. Un sceau du chapitre de Saint-Georges de Pithiviers , de l'an 1 4 1 5 , représente saint Georges à cheval , sans nimbe , couvert de son bouclier, sur lequel est gravée une croix, et plongeant sa lance dans la gueule d'un dragon. A droite, une femme debout. Ce dernier sceau rappelle la légende : saint Georges était un chevalier cpi avait délivré une jeune fille exposée à un monstre ^.

Saint Gervais et saint Prothais. Ils sont vus debout, nimbés, palmés et se faisant vis-à-vis sur un sceau du chapitre de Saint-Gervais et Saint-Prothais de Séez, de l'an 1278. Au contre-sceau, leurs têtes*.

Saint Jacques. L'apôtre saint Jacques est représenté sur deux sceaux de l'abbaye de Saint-Jacques de Provins. Sur le premier, qui est de l'an 1 288, le fils de Zébédée est vu debout, à mi-corps, bénissant de la main droite et tenant un livre à gauche; la tête est jeune et nimbée ^. Sur le second sceau, qui est de l'an i352, saint Jacques, nimbé, assis sur un rocher au milieu de vagues soulevées, tenant à gauche un phylactère qui porte son nom , saisit de la main droite un bâton que lui fend le Christ, venant à lui sur les eaux; dans le champ , trois coquilles ''.

Saint Jean de Matha , fondateur des Trinitaires ou Mathurins, en 1200. Un sceau du couvent des Mathurins de Paris , de l'an 1 2 53 , le représente debout, sous une arcade gothique, nimbé, tenant un livre à gauche, et exorcisant de la main droite un possédé qui est à genoux, et de la bouche duquel sort un démon. Cette dernière figure occupe une seconde arcade ''.

Saint Julien de Brioude, martyr en Auvergne, du

m" ou iv' siècle. Sa tête, nimbée et coupée, de profil à gauche, posant sur une épée que tient un bras mouvant à droite, se voit sur un sceau du chapitre de Saint-Julien de Brioude, de l'an 1876^.

Saint Just et saint Pastor. On trouve sur un sceau du chapitre de Saint-Just et Saint-Pastor de Narbonne , de l'an 1261, la représentation de ces deux saints. Ils sont debout dans le vide , placés symétriquement l'un vis-à-vis de l'autre, nimbés, tenant leurs palmes élevées, et leur livre sur le bras; au haut, au-dessus des deux palmes, une petite croix °.

Saint Laurent. Sur un sceau de Jean , cardinal du titre de Saint-Laurent in Liicina, de l'an 1 2/1 5 , il est vu nu et nimbé, couché de côté sur le gril de son martyre ; au-dessus , la Vierge , à mi-corps , avec l'enfant Jésus; au-dessous, un personnage à genoux'". Même représentation sur un sceau d'un cardinal du même titre de Saint-Laurent, de l'an 1 270 ; mais sans nimbe et avec addition de deux anges qui encensent'^ Le sceau d'un doyen de Saint-Laurent-sur-Sèvre, de l'an 1 3/1 5, représente le saint couché le dos sur son gril, sans nimbe et avec le seul accompagnement d'une étoile à la tête '-. Sur un sceau de l'abbaye de Joyenval , de l'an 12/1/1, le martyre de saint Laurent est représenté conjointement avec celui de saint Quentin, qui est une décollation'^. Sur un sceau du couvent des Frères Prêcheurs d'Arras, de l'an 1 3o3 , saint Laurent est couché sur son gril, qui est posé sur des flammes immenses et qu'un petit personnage, placé derrière le martyr, semble encore attiser. Une main céleste descend une couronne '*.

Saint Lazare, disciple de Jésus-Christ. Il est représenté ordinairement sortant du tombeau : par exemple sur un sceau de la léproserie de Corbeil, de l'an 1263 1^

Saint Léger, évoque d'Autun, martyr du vif siècle. Un sceau de l'abbaye de Saint-Léger de Soissons, de l'an 1 3o3 , représente une circonstance du martyre de saint Léger, qu'on ne trouve ni dans Baillet, ni dans la Légende dorée. On voit sur ce sceau une tête d'évêque, coiffée de la mitre cornue et couchée hori-

'N° 7310. — 2 N-eiii. — 5 N" 7276. — " N° 7320.— f^ N" 8348. — «N°83i9.— 'N°o8i'i. — »N°7i33.— 'N" 7337.— "iV6i35.— " N° 6i45. — '2N°7927.— " N" 8260. — "N° 9723. — "N°9984.

TIRES DE LA COLLECTION

zontalenient; deux bras, mouvant du chef du sceau, tiennent une tarière, qu'ils enfoncent dans l'œil du martyr ^

Saint Louis. Sur un sceau du prieuré de Saint- Louis de Poissy, de l'an iSyy, il est représenté debout, vu de face, couronné et nimbé, portant une robe fleurdelisée et abritant, des pans de son manteau, deux groupes de religieuses agenouillées à ses côtés ^.

Saint Mammès , martyr de Cappadoce. Il est représenté sur un sceau du chapitre de Saint-Mammès de Langres, de l'an i3g6. On y voit un portique gothique dont le fronton se découpe en trois arcades. De celle du milieu descend le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe nimbée, et on y lit : S • fiSyOS. Sous l'arcade de droite est un personnage debout, nimbé, tenant un livre en main et une palme. Il est sur une montagne : c'est saint Mammès, comme le prouve l'inscription de l'arcade, S- 0}ilO)8S. Sous l'arcade de gauche , une sainte nimbée : c'est peut-être sainte Cécile; mais l'inscription de l'arcade ne laisse bien voir qu'un Q ^. Un premier sceau de ce chapitre de Langres, qui est de l'an iScy, porte seulement un bras avec ces mots : Brachium bi. Mametis *.

Saint Martin. Dans l'état où était la Gaule au iv^siècle, un soldat romain, qui n'était encore qu'aspirant chrétien, se privant, par un froid excessif, d'une moitié de son manteau pour en couvrir un pauvre grelottant, faisait ainsi un acte d'humanité qui devait avoir et qui a eu un immense retentissement. C'était là, en effet, un fait moral d'une grande signification; aussi la légende racontée par Sulpice Sévère a-t-elle fait for tune. Sur les sceaux, c'est presque toujours un cavalier nimbé, qui coupe avec son épée un pan de son manteau militaire, qu'il donne à un pauvre debout. Tel est le type qu'on trouve sur un grand nombre de sceaux, et entre autres aux années i2i5^, 1262 ", 1281 ^ 12978, i3oi». i3o3i», i323", 1398^2, 1 5 1 2 '^, etc. Par exception , on voit saint Martin debout sur un sceau du chapitre de Saint-Martin d'Angers, de l'an 1-2^2^'', et d'un chanoine de Tours, de l'an 1 2 4 1 . Sur ce dernier, saint Martin , debout, nimbé.

en tunique et manteau militaire, coupe avec son épée un pan de ce manteau et le donne à un pauvre debout , qui n'a pour tout vêtement qu'une sorte de jupe de boulanger et un pantalon déchiré, et, comme complément du personnage, une béquille'''. En dehors de sa fameuse légende, saint Martin est quelquefois représenté en évêque, par exemple sur un sceau de l'abbaye de Marmoutier, de l'an laGa"".

Saint Maurice. Sur un sceau d'un chanoine de Saint- Maurice de Tours, de l'an i2^3, il est représenté en chevalier, debout, nimbé, les bras et les jambes armés de mailles et portant par-dessus une tunique. Il s'appuie à droite sur sa lance, et, à gauche, sur son bouclier, oii est gravée une croix; à ses pieds, un personnage à genoux '''.

Saint Nazaire et saint Celse. Ils sont représentés, mais avec quelques différences, sur deux sceaux du chapitre de Saint-Nazaire de Carcassonne, des années 122a et 1 268. Nazaire était un jeune homme et Celse un enfant. Cette différence d'âge est sensiblement marquée ici par la grandeur des personnages. Sur le premier sceau, saint Nazaire est à droite, debout, nimbé, les deux mains levées, vêtu d'une tunique et d'un manteau. Saint Celse , à gauche , lui fait vis-à- vis ,, et est représenté absolument de même , mais en plus petit'*. Sur le second sceau, les deux saints sont assis et sans nimbe. Saint Nazaire, à droite, est reconnaissable à la lettre N , gravée au-dessus de sa tête. Il est assis, et plus haut que saint Celse, assis à gauche, qui tient un livre ouvert, et qui a également l'initiale de son nom G gravée au-dessus de sa tête '^.

Saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie. Sur un sceau du prieuré de Saint-Nicolas de Laon, de l'ordre du Val-des-Ecoliers, on voit le saint debout, en costume d'évêque, étendant la main vers un vaisseau en danger, monté par un groupe de personnages debout, les mains jointes, et qui semblent l'invoquer. Dans une galerie inférieure quatre moines à genoux. Au contre-sceau, il est de même en costume d'évêque et bénit trois enfants nus sortant à mi-corps d'une cuve-".

Saint Quentin. C'est un saint du m" siècle qui a

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et 7275.

ELEMENTS DE SIGILLOGRAPHIE

souffert le martyre en Vermandois. Sur un sceau, de l'an 1 180, de l'abbaye de Saint-Quentin du Mont, à une demi-lieue de Péronne, on le voit debout, de troisquarts à droite, nimbé, tenant de la main gauche un long bâton fleuri enfoncé dans la gueule d'un dragon qu'il foule aux pieds. Il est à remarquer que cet épisode du dragon dompté , qui se rencontre aussi sur les les sceaux de saint Marcel, évêque de Paris, de saint Romain, évêque de Rouen, et de saint Vigor, évêque de Baveux, ne se trouve pas dans la vie de saint Quentin. Il est pourtant difficile de supposer que l'abbaye de Saint-Quentin du Mont ait pu mettre ici sur son sceau autre chose que son patron. Il faut donc y voir saint Quentin, malgré le silence de la légende ^ Quoi qu'il en soit , il est encore représenté, et de deux manières très-différentes, à savoir: en saint triomphant et en martyr, sur deux sceaux du chapitre de Saint-Quentin. Le premier, qui est de l'an 1 2 1 3 , est d'une gravure barbare. Saint Quentin y est vu de face, nimbé, tenant à la main droite un objet oij l'on a sans doute voulu figurer une couronne, et, à la main gauche , une sorte de palme. Il est vêtu d'une tunique à plis droits, qui ne dépasse pas les genoux, et, pardessus, d'un manteau qui s'attache sur le devant de la poitrine et que les bras rejettent par derrière ^. Le second sceau, qui est de l'an 1 ^178, représente le martyre du saint. Il est nimbé, vu de face, assis, et les deux bras passés dans des fourches; à ses côtés, deux bourreaux lui enfoncent à coups de marteau deux énormes clous dans les épaules, circonstance que rapporte sa vie^. Un sceau de l'abbaye de Saint-Quentinen-l'Ile, de l'an lisy, le représente assis sur un siège à têtes d'aigle, vu de face, nimbé, tenant une palme à droite et une épée nue à gauche *. Un archidiacre de Noyon met sur son sceau, en i960, saint Eloi en costume d'évêque, bénissant saint Quentin à genoux, qu'un bourreau va décapiter^.

Saint Saturnin. Un sceau de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse, appendu à un acte de i385, mais plus ancien que cet acte, représente son martyre. Le saint, nimbé, est attaché à un taureau furieux*^. Saint Sernin est la forme vulgaire de saint Saturnin.

'N-SSgi.— =N°73i3. — 'N°73i4.— "N'SSgo. — = N-v^ioa.d" 8827, 927/1, 9278. — " N° 8175. — '^ N° 8164. — " N" 5539.

Saint Thierri , abbé du Mon(-d'Hor, près Reims, au vi' siècle. Il est représenté sur un sceau de l'abbaye de Saint-Thierri-lez-Reims, du xii" siècle. Il est de face, en buste, nimbé, les deux mains vues par devant, la gauche tenant une pomme ou petit globe. La tête est singulière : les cheveux sont frisés et accompagnés d'une longue barbe pointue et de deux moustaches prodigieusement minces et longues''.

Saint Thomas de Cantorbéry. Son meurtre est représenté avec détail sur un beau sceau de la ville de Cantorbéry, de l'an i36i*.

Saint Tybéry, Tubery ou Tyberge, martyr de la Gaule Narbonnaise, au nf ou iv'' siècle. Il est représenté sur un sceau de l'abbaye de Saint-Tybéry , au diocèse d'Agde , de l'an i3o3. On y voit, à gauche, le saint nimbé, les mains jointes, à genoux sur une montagne, et devant lui, dans le vide, un personnage debout en tunique courte , et de la bouche duquel sort un démon. A la partie supérieure, et dans une gloire en forme de quadrilobe, soutenue par deux anges, le Sauveur, nimbé du nimbe crucifère, bénissant de la main droite, tenant un livre à gauche, et sortant à micorps d'un nuage. A la hauteur de la tête du Sauveur, un alpha et un oméga^.

Saint Victor. Il est, comme saint Michel, saint Georges et saint Maurice, toujours représenté en chevalier^".

Saint Vigor, évêque de Bayeux au xv' siècle. On lui attribue la fondation de l'abbaye de Cérisy, aussi est-il représenté sur un sceau de cette abbaye, de l'an 1 239. II est en costume d'évêque, mitre et nimbé, conduisant avec sa crosse un dragon qu'il a enchaîné avec son étole ^'.

Saint Vilmer ou Vulmer, abbé de Samer en Boulonnois au vif siècle. Il est représenté dans une grotte entourée d'arbres, en costume de moine, debout, nimbé, tenant un tau à la main droite et un livre à gauche : sur un sceau de l'abbaye de Saint-Vulmer de Boulogne, de l'an i3o3'^.

Saint Willebrord. C'est un saint anglais et l'apôtre de la Frise aux vu' et viii° siècles. Un sceau de la ville de Mardick, de l'an 1 937 '^ le représente en évêque,

6 N°8i26. — 'N°8396. — *N" 10216. — ' N» 8898. — '«Voiries

TIRES DE LA

sans le nimbe, vu de face, mitre, crosse et bénissant, sortant à mi-corps d'une barque qui vogue sur des flots. La ville de Gravelines , sur ses deux sceaux , l'un de lai^ et l'autre de 1828, offre la même représentation , seulement le saint est vu jusqu'aux genoux et la barque est dans le vide. Sur le premier sceau, elle est conduite par un seul rameur, et, sur le second, il y a, outre le rameur, un personnage debout à côté du saint, et qui tient une croix ^

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