‹ Collection de sceauxChapitre 4 sur 1543 · L. F. Dassy, Les sceaux de l'église de Marseille, i · texte numérisé non relu

L. F. Dassy, Les sceaux de l'église de Marseille, i

Archives hist. de la Gironde, 1859.

A. Chassant. Dict. de Sigillographie , 1860; ik planches.

' On nie reprocherait de n'avoir pas parlé des trente volumes publiés par D. M. Manni sur les sceaux du moyen âge ( Ohserv. sopra i sigilli aniichi de' sccoli hassi, in-/i°, Firenze, 1789), si je n"expli(piais pas la raison de mon silence. D'abord ces trente volumes , ayant cent cinquante pages chacun , se relient facilement en six , ensuite les sceaux sont gravés grossièrement et dans un système absurde. Qu'on se ligui'e une matrice de sceau trempée dans l'enere et appuyée sur un papier, elle marquera en noir ce qui fait le fond du sceau et laissera en blanc ce qui est gravé en creux dans la matrice et qui forme le relief. C'est ainsi que l'auteiu' a représenté les quelques centaines de sceaux dont les gravures en bois sont intercalées dans son texte. Quant à ce texte même, c'est un débordement de bavardages historiques, biographi(pies , généalogiques , qui ne laissent qu'une bien foible j)lace aux observations sur les sceaux.

' Bévue de Sphragistique , /i volumes. 1862 à i855.

phié plus de cent cinquante planches de sceaux d'une manière précise, mais sans caractère'. J'en dirai autant de M. Léchaudé d'Anisy, qui a dessiné pour le gouvernement anglais un millier de sceaux normands, dont il a reproduit une partie en lithographie^ et l'autre en calques^. Sans doute, son soin est extrême, et sa plume a des minuties infinies; mais il ne parvient à donner ni le caractère des figures, ni la paléographie propre aux légendes de sceaux. M. Grezy comprend mieux le style de ces monuments, et je ferais l'éloge de ses lithographies si une mollesse indécise ne dissimulait, sous son charme, l'absence de précision et d'accent. Teinter des figures de sceaux de la couleur de la cire ajoute peu à leur intérêt et rend plus confus ce qu'on tient avant tout à bien reconnaître; M. Gaussen a peut-être cherché de cette manière à faire illusion sur son dessin, qui est loin de satisfaire aux exigences de l'archéologie*. M. Laugier s'est acquis parmi les numismates une réputation sans doute méritée. Il a eu le tort de croire qu'il ne fallait pas plus d'attention pour se pénétrer du caractère et du style des sceaux que pour les monnaies, et il a dessiné sur pierre, avec une facilité dont j'ai horreur, plus de cinq cents sceaux et contre-sceaux des archives des Bouclies-du-Rhône '^. Je voudrais n'avoir à décerner que des éloges à une publication entreprise dans nos départements et qui aurait pu servir de modèle à des ouvrages du même genre; mais il m'est impossible de louer M. Laugier, dont la main court sans demander aux yeux de la guider, si bien que les cinq cents monuments qu'il a lithographies, quoique produits par cinq siècles et dans des provinces éloignées les unes des autres, semblent tous sortis à un jour donné de la même officine. Comment, en 1862, encourager ces à peu près qui ne servent à rien ni à personne? Une description exacte est mille fois préféi-able à des représentations qui trompent sur le caractère, le style, l'époque et les détails.

Ainsi donc le talent est inabordable pour ces sortes de publications étendues, et cependant rien ne supplée le talent; rien, excepté peut-être la perfection de la machine ou de la lumière, qui remplacent le sentiment par la réalité et ne peuvent être accusés d'infidélité intentionnelle. C'est ainsi qu'on a utilisé la machine Collas pour la reproduction des sceaux.

Le tour à portrait était depuis longtemps en usage, et déjà très-perfectionné , lorsque M. Achille Collas eut l'idée d'en développer le principe pour l'appliquer à la gravure. Son procédé eut de

' Histoire de Bretagne, Paris. in-8°. 1 835-1 836.

' Mémoires de la Société des Antiquaires de i\ormandie. .huiée 1 836 , vinjrt-cinq planches contenant près de cinq cents sceaux.

' La Biljliothèqne impériale a acheté, des héritiers de M. Léchaudé . un album de calques des dessins de sceaiLX que ce zélé paléographe a faits depuis la publication de la Société des Antiquaires. Je crois que les dessins originaux ont passé en Angleterre, mais les calques peuvent les remplacer; ils sont exécutas avec le même soin et poussés à l'effet par le même procédé pénible et minutieux. Il y a cinquante-trois planches, contenant trois cent dix-huit sceaux. (Bibl. inij). Gartulaires. n° 962).

' Scennx des comtes et comtesses de Champagne qui ont paru dabord dans Le Portefeuille archéologique et ensuite dans une dissei-tation de M. d' Ai-bois de Jubainville; Paris, in-folio, i856. Je n'ai pas trouvé dans ce mémoire la sagacité ordinaire du savant arcliiviste. U touche à l'utilité des sceaux sans paraître en comprcndi'e l'étendue . et il admire les planches de M. Gaussen . rrqui ne le cèdent en beauté qu'à celles du Trésor de Numismatique et de Glyptique. ^

' IcomgrupUe des sceatuc et huiles conservés dans les archives départementales des Bouches-du-BhÔM, par Louis Blanchard, archiviste du département. Marseille. 1860; 2 volumes in-folio.

ia vogue, excita un véritable engouement et il a dit son dernier mot dans l'ouvrage connu sous le titre de Trésor de Numismatique et de Glyptique, qui fut en cours de publication de i836 à i85o. Comme un météore qui éblouit et s'efl'ace dans la nuit, ce procédé a brillé et il a fait son temps. Pourquoi ce succès, pourquoi cet abandon? Parla nature même de son action, la machine Collas ne peut donner, des choses qu'elle représente, que l'aspect et la physionomie. Appliquée à la numismatique, même aux grands médaillons fondus de la Pienaissance, dont les revers sont des copies de sceaux d'un relief plat qui est le propre des médailles; à la glyptique, même aux camées, en supprimant les saillies, qu'on rend, après l'opération de la machine, par le secours du burin; à la sculpture en bois qui ne dépasse pas les reliefs de l'école allemande, cette gravure produit des merveilles, et, jusqu'à l'invention de Niepce et Daguerre, on n'avait rien obtenu de plus saisissant par la physionomie, par le style, par la réalité des détails. Mais ces beaux résultats ne sont sensibles qu'aux amateurs qui s'amusent des images, et qu'à l'œil exercé des connaisseurs les plus familiarisés avec les objets représentés. Pour les premiers, ignorant la signification et la portée de l'objet, ils ne voient que la chose, et la chose ils la voient; pour les seconds, cette réalité vague leur laisse deviner, ou plutôt retrouver tout ce que leur a montré le monument lui-même : ici, la ressemblance des personnages; là, le caractère propre à l'époque et au pays qui l'a vu naître. Pour les érudits qui ne sont par artistes, pour les novices dans l'archéologie et ceux qui l'étudient, par conséquent pour tous ceux qui se servent d'un livre et qui l'achètent, ces gravures n'oflrent aucun contour arrêté, aucune précision; c'est flou, indécis, imparfait, et ce relief qui leur avait paru, au premier aspect, si vivant, si réel, s'évanouit à l'examen attentif comme un fantôme dont ils sont le jouet. On conçoit donc que, le premier engouement passé, on ne voulut plus de cette gravure mécanique si décevante.

Appliquée à la sigillographie, elle ne pouvait donner que de pitoyables résultats. Les graveurs de sceaux, comme je l'ai dit, s'étaient fait une glyptique capricieuse, accidentée, heurtée, à effet.- La pointe de la machine Collas, qui glissait doucement sur les reliefs sobres et nuancés des intailles et des monnaies, se heurtait à chaque pas, sur les sceaux, à des saillies inattendues qui entravaient sa marche. Au moyen d'une addition de cire, on établissait un plan incliné qui lui permettait de passer outre, mais, dans son inintelligence, elle exprimait en passant ce plan improvisé qui change la forme des choses et l'apparence des objets. De plus, on opérait sur des moulages qui ne rendaient qu'imparfaitement une cire déjà fatiguée par le temps. En résumé, et dans dépareilles conditions, personne ne songerait aujourd'hui à revenir à la machine Collas pour publier une collection de sceaux '.

11 ne sera pas inutile de citer les opinions émises sur le nonnant résume fort bien dans ses prospectus ce qui se disait

procédé Collas, à son origine; on ne comprend l'engouement. alors : rUne combinaison rigom-euse du mérite de l'art avec

dont nous avons tous été saisis, qu'en relisant ce qu'on écrivait l'exactitude et l'économie, telle est en effet la tâcbe que nous

sur la portée et l'avenir de cette machine à gi-aver. M. Gh. Le- nous sommes imposée et que nous avons la certitude de rem-

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