Sur LES POIDS DES (SUBSTANCES) CRUES ET CUITES
D’après ce que les écrits disent à cet égard, assurément le soufre doit être expulsé par insufHation. C’est là ce que Marie a voulu faire entendre en disant : « Tu trouveras 5 parties moins le quart, c’est-à-dire moins le soufre chassé par l’insuflation. Semblablement à la fin de son exposé, elle dit que le cuivre, dans son affinage à la fonte, diminue d’un tiers de son poids. Elle dit que ces changements s’accomplissent aussi lorsqu'on blanchit et qu'on jaunit; car les (substances) sulfureuses teignent, mais se volatilisent. Nous nous débarrassons des substances sulfureuses par volatili-
sation. [1 en est de même des plantes, lorsqu'elles sont entièrement dis-
(1) On a remplacé le motplomb parle | général. V. p. 123, note 7. De mème mot soufre dans ces deux phrases, à au paragraphe suivant. cause du morceauprécédentet dusens | (2) C'est-à-dire le soufre.
soutes ; ainsi qu'il arrive lorsqu'on les fait cuire avec l’eau de soufre, rejetant la partie ligneuse.
4. Ce n’est pas sans motif que Agathodémon dit « et unifiées» ; mais afin que, pénétrant dans la profondeur du métal de l'argent, les matières tinctoriales puissent échapper à la destruction causée par le feu. Nous nous privons donc des teintures tirées de plantes, sachant que les métaux ne peuvent en emprunter les qualités, et recevoir ainsi à fond la teinture.
Les qualités seules agissent; car le corps ne peut pénétrer dans l’intérieur du corps. Aristote (dit) (1) : «les qualités triomphent les unes les autres ». D'après Agathodémon les métaux placés en haut prennent les substances volatiles : c’est ainsi qu’il emprunte l'esprit de la chrysocolle. Ce mot esprit signifie évidemment une substance volatile et les vapeurs sublimées sont
du même ordre. Telles sont : la vapeur blanche, la vapeur du cinabre, et
« un esprit plus noir, humide, pur » (2).
Car toute vapeur sublimée est un esprit, et telles sont les qualités tinctoriales. Le divin Démocrite parle ainsi du blanchiment et Hermès de la fumée. Quandces (vapeurs) leur étaient utiles, ils les admettaient dans lestraitements, mais (en les désignant) par énigmes. C'est pour cela que c’est un mystère, (Ainsi il dit) : « J'ai écrit cela dans le chapitre : Si tu es intelligent. La vapeur du soufre natif, de l’arsenic, et la vapeur blanche de cinabre »... Agathodémon dit aussi : «(la vapeur de) l’arsenic est l’âme de la matière dorée. Après qu’il a été débarrassé de sa partie épaisse et caustique, qu’il a abandonné son corps sulfureux, prends-en alors la partie colorante ».
5. La vapeur c’est l’esprit, l'esprit qui pénètre dans les corps. L'âme diffère de l’esprit. [l appelle âme la nature primitivement sulfureuse et caustique (de l’arsenic ?). Sous l’influence purificatrice du feu on conserve l'esprit, si l’on travaille d’après les règles de l’art ; car il ne peut être détruit. Telle est la chose utile, l'élément tinctorial. Il faut à l'opérateur une intelligence subtile,
afin qu’il reconnaisse l'esprit sorti du corps et qu'il en fasse emploi, et que
(1) Cp. Aristote, Physique, IV,ch.6, | lon, qui se trouve aussi ailleurs, ΠῚ, t. Il, p. 292, éd. Didot. | χιχ; 3. — Sur ces oracles, v. Olym- (2) La vapeur du soufre qui noircit les | piodore, p. 94, note 5.
métaux? Citation des Oracles d’Apol- |
surveillant son départ il atteigne le but, c'est-à-dire que le corps étant détruit, (il prenne garde que) l'esprit (ne) soit détruit en même temps. Or il n’a pas été détruit; mais il a pénétré dans la profondeur du métal, lorsque l’opérateur a accompli son œuvre.
6. Ceux qui ne reconnaissent pas quand l’œuvre est à point, interprètent mal; carils ne voient pas autre chose que des matières qui n’ont pas repris leur corps (métallique), des matières brûlées ou incinérées. Tandis qu’ils ne jugent que la partie visible de ces choses, les infortunés, par une sorte de punition, laissent perdre tout et ils ne réussissent pas à éviter la réduction (du produit) en cendre {1}. Dans aucun passage des écrits, on ne mentionne d'autre support (à la teinture), sinon le cuivre seul. Ainsi Marie dit que le cuivre est traité et plus tard brûlé. C’est dans ce sens qu’il joue le rôle de support. Tel est (le rôle du) cuivre ou de l'argent, dans notre opération. Nous ne voulons pas en tirer la qualité, et leur corps, par sa mort, devient inutile. Les plantes aussi sont inutiles, car elles sont consumées par le feu (2).
7. Agathodémon dit : « La magnésie, l’antimoine et la litharge se volatilisent, après avoir perdu leur pureté ». Marie : « souffle, dit-elle, les vapeurs, jusqu’à ce que les produits sulfureux soient volatilisés avec l’ombre (qui obscurcit le métal), et que le cuivre prenne tout son éclat ». Aïnsi notre cuivre reçoit d’eux la vapeur sublimée. Or la vapeur, c’est l’esprit du
corps. L'âme diffère de l'esprit.
A partir de ces mots, la fin du ὃ 7 et le ὃ 8, dans M, sont la répétition des ὃ 5, 6,7 jusqu’à ces mots: «ainsi notre cuivre (reçoit) la vapeur sublimée ». Dans le texte grec, on a donné les variantes.
9. Démocrite a passé sous silence les poids (dans son premier livre). Il
dit: « Il ne reste rien; iln’y a plus rien à exposer, excepté la montée de la
(1) Addition de M?B: « La qualité reste seulement avec le cuivre; car le cuivre seul est fixe et joue le rôle de support ».
(2) Ceci paraît signifier que dans la transmutation le cuivre et l'argent ne conservent ni leur qualité, ou .couleur propre, ni leur corps, qui est changé
dans celui d’un autre métal. — Quant aux plantes, si on les entend au sens propre comme les teintures végétales, celles-ci sont en effet détruites par le feu. Au sens figuré, les fleurs métalliques et certaines colorations correspondantes sont également évaporées ou détruites par le feu (v. p. 159, note 2).
vapeur sublimée et de l’eau. Orvoicicequ’ildisait au sujet des poids et du soufre, dans le livre suivant : «la liqueur blanche d’arsenic, une once, etc. Car il ya deux compositions des soufres... (phrase inintelligible). Le cuivre sera trouvéconstitué de telle manière, qu’il puisse unir sa nature (à un autre corps), et dominer avec lui et charmer conjointement. Ainsi la nature charme la nature. Car l’argent, s’unissant à tous les corps métalliques, ne les repousse pas. Quant au cuivre, il le subit volontiers, comme la jument accepte l’accouplement de l’âne, et la chienne celui du loup : ce que font tous les êtresnaturels qui se ressemblent.Le cuivre se rouille et se réduit, sans quitter sa propre nature ». Démocrite, dans la classe de la magnésie, dit:« La magnésie blanchie ne laisse pas les corps métalliques se séparer, ni apparaître (1) dans l'ombre du cuivre. » Nous avons achevé le discours sur les poids. Bonne
santé.
NH. x. — SUR LA DIVERSITÉ DU CUIVRE BRULÉ
Beaucoup préparent le cuivre brûlé au moyen du soufre (2). Les traités des autres auteurs le disent avec obscurité. Démocrite seul s'exprime avec une clarté généreuse : « Jetez sur le cuivre un quart de fer sulfuré, c’est-à-dire préparé en fondant avec la pierre magnétique, le quart ou la moitié de soufre; coulez le produit avec le plomb provenant de l’antimoine et de la litharge. Ensuite faites brûler la composition obtenue avec la pyrite, le cuivre et le fer, afin qu’il se forme une scorie convenable. Projetez-y la vapeur sublimée de l’arsenic (sulfuré). Le métal est blanchi par la vapeur du soufre ». À
En parlant de la céruse cuite avec le soufre, il veut parler du soufre pur, comme propre à changer le molybdochalque en métal étésien. Lorsqu'il dit : « La magnésie blanchie produit le même effet »; il veut parler du cinabre traité simultanément. Mais quelqu'un objectera : il a parlé d’abord de la
magnési et de la pyrite. Oui, afin que tu apprennes ceci qu’en même temps
(1) En s’oxydant séparément. (2) Introd., p. 233. — Droscoribe, Matière médicale, V, 87.
ἢ L'EAU DIVINE EST COMPLEXE 1 55)
que le cuivre, on projette le fer et le plomb et les minerais, afin que le molybdochalque devienne du cuivre étésien (doré).
ΠῚ. σιν. — SUR CE POINT QU'ILS DONNENT LE NOM D'EAU DIVINE A TOUS LES LIQUIDES