IV. ur. — JEAN L'ARCHIPRÊTRE EN ÉVAGIE SUR L'ART DIVIN
1-0. Reproduction des $$ 15 à 24 et dernier du Traité de Zosime sur la Vertu et l’Interprétation (p. 135 à 130), sauf ces premiers mots:
Observons et voyons, si nous philosophons, en définissant de préférence cette expression énigmatique : « Lorsque quelque chose manque aux qualités, on ne réussit à rien de ce que l’on attend. »
10. Voici des renseignements plus abondants sur la façon dont se forment les effluves lunaires : Rends-toi dans la grotte d’Ostanès, vois les vases des eaux préparées en nombre par lui, et remplis-les d’eau potable; ou bien encore, te rendant au fleuve du Nil, opère comme il a été écrit, comme l’a déclaré Hermès par ces mots: Ce qui tombe du déclin lunaire, où cela se trouve-t-il ? où cela se traite-t-il ? et comment cela a-t-il June nature incombustible ? Tu trouveras la réponse chez moi et chez Agathodémon (2). Le produit de ces effluves, on le voit tomber dans des récipients qui le reçoivent ;il est doué d'une nature incombustible, jaune comme la couleur d’or. Adouci par les eaux douces et potables, il est dépouillé de toute matière étrangère. Parmi les couleurs, on désigne le chrysanthème, la chrysolithe, la coquille d’or, la liqueur d’or et toutes les substances dont le nom est formé au moyen de l’or et se rapporte à l'or. Tel est le nom de la pyrite; cette pierre étant convenablement blanchie dans l’eau divine, puis
soumise à l’évaporation, se trouve jaunie de cette façon et débarrassée (de
(1) Cette finale est due à un moine | trent d’ailleurs les signes placés au-deschrétien. Mais le début semble le dé- | sus de certains mots dans les manusbris, devenu inintelligible, d’un vieux crits.
morceau symbolique; ainsi que le mon- (2) Cp., p. 132.
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son principe étranger). L’ios desséché est désigné sous le nom de l'or. Ce qui produit l’or produit l’ios et celui qui n’en produit pas, ne produit rien.
11. Tout cela, tous les écrits (alchimiques) l’ont révélé et l’ont érigé en doctrine pour la seule extraction, lorsqu'ils disaient: Extrais la nature et tu trouveras ce qui est cherché. Car la nature est cachée à l’intérieur : là se trouve contenue la nature. Lorsque tu veux opérer, procède en suivant la marche indiquée dans toutes les inscriptions sur stèle, et ainsi que Démocrite l’a écrit sur une stèle (τὴ: « Observe, en prenant l’ios, que tantôt il adhère à l’alun, tantôt à l’ocre, tantôt à la chélidoine (2), en t'appliquant différemment, suivant les circonstances, et en ouvrant ton esprit. Observe aussi que l’ios lui-même a la faculté de se dissoudre. En le soumettant à un traitement énergique, il est dissous, ou bien ilest (absorbé) et pénètre dans le cinabre (3). C’est pourquoi il ne faut pas le projeter, vu qu’il devient esprit. On doit dès-lors éviter un feu violent: car autrement on ne pénétrerait pas jusque dans la profondeur du cœur du corps fondu ». Rappelons que tous ces préceptes sont donnés sur une seule stèle, le philosophe s'exprimant ainsi : « Prenant la rhubarbe du Pont, délaie-la dans du vin d'Amina desséché ; donne (au mélange) la consistance de la cire; enduis-en les feuilles d'argent, avec une couche de l'épaisseur de longle, ou plus mince. Enduis ainsi la moitié (l’une des faces de la feuille) ; mets-la dans un vase neuf; et lutant tout autour, chauffe simplement, jusqu’à ce que la préparation soit absorbée. Fais aussi cela pour l’autre moitié (c'est à dire l’autre face), jusqu’à ce que la feuille se soit amincie ; puis
fais fondre.
(1) I semble prouvé par ce passage que les plus vieux textes, même ceux du Pseudo-Démocrite, ont été inscrits sur des stèles, ou peut-être sur des inscriptions gravées par colonnes sur les parois des chambres secrètes des temples, telle que celle où l’on lit encore de nos jours la formule sacrée du Kyphi. — Cp. Origines de l’Alchimie, p. 38., Introd., p. 200, et le récit de l’Evocation,
dans Démocrite, Physica et Mystica, p. 45; voir aussi p. 30.
(2) Zos semble représenter icile principe de la coloration en jaune, plutôt qu’une matière jaune déterminée.
(3) Ou bien dans l'or, d’après Le; ce qui indique que ce dernier copiste (XVIT: siècle) a admis que le signe du cinabre représente ici l'or. — Cp. /ntrod., p. 122.
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12. Exposant ces choses aux Perses (1), il dit: « Cet homme a accompli cela par sa propre sagesse; ayant employé des espèces convenables, il enduisait extérieurement les substances, etilles imprégnait profondément par l’action du feu. Il dit que c’est l'usage chez les Perses de procéder ainsi. C’est pourquoi, dans toutes les inscriptions sur stèles, 1] transmet au vulgaire le précepte de teindre à fond par enduit; il montre aussi comment on évite les insuccès. Car souvent, la préparation étant surabondante, les enduits n'étaient pas absorbés entièrement et ne produisaient pas leur effet spécifique. Nous avons dit que le feu, lorsqu'il est activé par le soufflet avec une trop grande force, détermine la déperdition de l'esprit et, par suite, ne produit pas l'effet (2) cherché.
13. Ostanès emploie aussi le même procédé, en disant à la fin de son traité : « Il faut teindre les lames métalliques dans les liqueurs et enduire ainsi la préparation; car de cette façon elle recevra facilement la teinture.» Mais, moi je vous dis à mon tour, et je rappelle à votre attention quelle est la pratique des orfèvres et de tous ceux qui savent teindre l'or avec la couperose, le sel et l’ocre (3). En procédant chacun à sa façon, ils purifient l'or, d'après les moyens précités et de mille autres manières. En saupoudrant et délayant, ils font disparaître l’éclat de certains bijoux. Leurs espèces sont soumises à l’action du soufflet; ils en épuisent l’action et ils s'efforcent de faire pénétrer la teinte convenable dans toute la profondeur.
14. De même que l’aimant attire à lui le fer par sa nature; de même aussi la couperose attire à elle, par sa nature propre, toute nature fusible contenue dans l'or (4). De même qu'il existe, dit-on, une pierre noire sacrée qui, par
(1) Cp. p. 61. puisse pénétrer le métal; tandis qu'il (2) Dans tout ce passage, il semble serait évaporé ou brûlé par l’action d’un qu'il s'agisse d’une opération effectuée feu trop énergique. à l’aide de la kérotakis, dans le but de (3) On voit qu'il s’agit ici de donner teindre un métal, après l’avoir enduit à l'or une couleur convenable, conforde soufre, d’arsenic sulfuré, ou d'autres mément aux pratiques des orfèvres sulfures jaunes : ce qui le dissout à la (voir dans l’/ntroduction, Papyrus de surface et l’amincit peu à peu. Mais il Leide, Ὁ. 56 et 58). faut ménager le fondant, pour qu'il ne (4) C’est la purification de l’or par le détruise pas tout le métal. 1] faut aussi sulfate de fer et le sel marin (voir Zntrochauffer doucement, afin que le fondant duction, p. 14).
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sa nature, donne l’habileté aux praticiens qui la portent ; de même aussi nous voyons agir tous les fondants par leur nature propre. Telle est la propriété astringente {1}, pour les corps employés à purifier l’or, etla propriété rectificatrice (?) de la matière appelée fhénacar, celle du natron, et des substances semblables, prisesisolément ou mélangées deux à deux, lorsqu’ellesexercent naturellement leur puissance spécifiques sur les feuilles métalliques qui en sont enduites.
15. Il a été trouvé bon par les anciens de faire aussi les enduits des feuilles au moyen de corps gras, par exemple avec les jaunes d'œuf (2). C’est pourquoi il (Démocrite) fait entendre (par énigmes) [que l’on opère] au moyen de l'huile de ricin, de l’urine des impubères, et des sels, c’est-à-dire des corps qui ont une puissance astringente. Il a été aussi érigé en doctrine qu'il faut préférer le vinaigre blanc, pur, bien préparé, et très fort (3). On dit qu'il attaque les corps métalliques et les acidifie, à cause de sa propriété astringente. En les délayantavec la couperose, jusqu’à consistance visqueuse, ils prennent une consistance cireuse et mettent en jeu les actions spécifiques qui font réussir les traitements.
16.11 fautsurveiller avec soin les accouchements, afin quel’avortementn’ait pas lieu (4). Les avortements de la chair se produisent et donnent lieu à des êtres qui ne participent pas à la lumière du monde, à cause de l’imperfection (du fœtus ἢ) et parce que l’on n’a pas observé le moment favorable pour l’enfantement. De même [dans] notre fabrication, lorsque (le travail) n'est pas accompli suivant ses règles propres, on ne réussit pas à obtenir les produits annoncés dans l'écrit. Certaines plantes et semences, soumises à l’action sidérale, dans les moments où l'atmosphère se trouve dans un certain désordre, sont gâtées par le vent, et privées de leur fécondité, et il
en est souvent de même dans les actions chimiques génératrices. C’est
(1) De la couperose. | ble que, dans le passage actuel, il s’a-
(2) Cemotsembleemployéicidansun | gisse en particulier de l'acide de la sens symbolique (voir sur les parties | couperose, c’est-à-dire de l’acide sulde l'œuf philosophique, p. 18 et 21). | furique, plus ou moins impur.
(3) Le mot vinaigre, dans la langue (4) Ce paragraphe n'a qu’une relation de nos auteurs, désigne toute liqueur | éloignée avec ceux qui précèdent. Cp. acide, alcaline, ou généralement douée | p. 108. d'activité chimique. Cependant il sem-
pourquoi si les premiers composants sont mélangés convenablement, sans excès ni défaut des contraires; si la liaison des enduits a lieu en bonne proportion, le tout viendra à bon terme. On sait qu'il faut veiller à ce que le moment de l’enfantement n’arrive pas avant 9 mois; (autrement) l’avortement aura lieu. De même la (durée) de la cuisson pour toutes les feuilles, (métalliques) n’est pas moindre de 9 heures; car ce procédé est conforme à celui de l’enfantement (1).
17. Quant au moment (convenable) pour le fonctionnement de l'autel en forme de coupe, juges-en suivant le degré de la macération. En effet, considère qu'il y a trois procédés d’opération et de mélange. Le premier procédé, entends-moi bien, comporte les choses pétries et fermentées, ainsi qu’on fait pour le limon et pour la farine. De même que le (corps) liquide ne doit pas être vaporisé outre mesure, mais seulement jusqu’au degré voulu; de même aussi, pour la composition, le vase de terre cuite qui recouvre la coupe placée sur la kérotakis a une ouverture, afin que l’on puisse voir si la com=
position blanchit ou jaunit.
La suite de ce morceau reproduit un texte déja donné, à la page 142 (2), jusqu'aux mots : « Le vieux Zosime ».