‹ Collection des anciens alchimistes grecs (volume 2)Chapitre 272 sur 349 · FABRICATION DU TOUT · texte numérisé non relu

FABRICATION DU TOUT

rée par) notre art (1). On n’opère pas dans un mortier et avec un pilon, mais dans des appareils à digestion, en forme de mamelles (2), où l’on soumet à l’action de la chaleur la gomme d’or. Or les (matières) délayées avec cette substance s'unissent à celles dont on a enlevé l'ombre (?). Ces choses, une fois unies entre elles, sont nettoyées à deux reprises. Quant à ce qui reste à la partie inférieure, on le fait réagir de nouveau sur le (contenu) de la partie supérieure. Cela ne se fait pas dans les appareils de digestion, munis de tubes (distillatoires) ; mais dans les appareils terminés par des parties arrondies (3). On opère à une chaleur douce, pendant 40 jours, plus ou moins, jusqu’à ce que la réaction amène le produit à une apparence invariable.

2. Le cinabre, torréfié dans des marmites (4) lutées de tous côtés, produit le mercure (5), lequel s'appelle l’eau divine, l’eau blanche, le liquide argentin. Il accomplit par là les oracles d’Apollon :

Pareil à un laurier vierge, il s'élève lui-même dans les couvercles des marmites.

On l'y trouve, après le feu éteint, et on le recueille; car il fuit le feu. On obtient de même le mercure avec du cinabre artificiel, matière rare, c’est-àdire trouvée rarement : je veux parler du cinabre obtenu par voie sèche et torréfaction convenable; aussi peut-il être appelé vraiment sec. Il s’agit surtout de celui que l'on appelle desséché et facilement volatil, employé dans l'épreuve des âmes. Étant devenu un esprit éthéré, il s'élance vers l’hémisphère supérieur; il descend et remonte, évitant l’action du feu, jusqu’à

ce que, arrêtant son essor de fugitif (6), il soit parvenu à un état de sagesse.

(1) Signe de la chrysocolle dans ceux des fig. 20,21,22, etc. (p.143, etc.

MBAKE.'E en marge et Le, au lieu de la gomme d’or, disent : « le soleil », c'est-à-dire l'or. De même au mot gomme d’or, trois lignes plus bas.

(2) Appareils à kérotakis (voir la note suivante).

(3) C'est-à-dire que l’on n’emploie pas les alambics, tels que ceux des fig. 14, 15, 16 (p. 138, 130, 148 de l’Introd.); mais les appareils à kérotakis, tels que

de l’Introd.).

(4) Ce paragraphe n’a, ce semble, aucun rapport avec le précédent; à moins que ce dernier ne se rapporte à la dorure au mercure.

(5) Signe de l’argent, B.

(6) De là le servus fugitivus des Arabes (Zntrod., p.217 et 258 ; — voir aussi OLYMPIODORE, p. 104 et 105).

Tant qu’il n’est pas arrivé à ce terme, il est difficile à retenir et il est

mortel (τὴ. C'est de lui qu’Apollon dit dans ses oracles : Et un esprit plus noir, humide, pur (2).

3. Le mercure, étant fixé, fixe; étant retenu, ilretient; or ilestditque telle est la fin de l’art. Le savant Zosime l’a proclamé : « Il est fixé par une vapeur semblable.» C’est aussi ce dont parle le Philosophe naturaliste (disant) : « Les matières sulfureuses teignent et se volatilisent; mais elles sont retenues par le mercure, leur congénère; car le soufre demeure jusqu'à ce qu'il soit combiné, jusqu’à ce que les matières sulfureuses soient dominées par leurs semblables, les matières liquides par le liquide correspondant. » Voilà pourquoi Zosime disait, dans son livre des Clefs : « Aïnsi la vapeur est retenue par une autre nature et lui obéit, attendu que la nature domine la nature ».

4. Ceux qui contemplent ces choses, dit Démocrite, s'écrient : « O natures célestes, créatrices des natures! O natures grandioses, qui triomphez des natures par les transmutations! » [1] nomme natures célestes les appareils sphériques, dans lesquels on opère la décomposition et la distillation des eaux : je ne parle pas seulement des premières eaux séparées (par distillation), mais aussi des dernières, qui ne sont plus conformes à la mesure (3), étant mélangées nécessairement aux (matières) non décomposées. Soit que tu en rejettes une (quantité) égale, ou bien un peu moindre, ou bien un peu plus grande, il n’y aura pas préjudice.

5. Il vaut mieux projeter en moindre quantitéle cuivre dans la composition restante, attendu que Démocrite dit : « Mais il faut qu’elle contienne aussi un peu de soufre apyre, afin que la préparation pénètre à l’intérieur ». Il entend par ces mots : « un peu de soufre apyre », le produit incombustible, c’est-àdire le cuivre. Et encore lorsqu'il dit qu’un quart d’argent suffit pour

purifier le cuivre, il appelle asèm le cuivre, à cause de son caractère in-

(1) C'est une description poétique voir aussi le présent volume, p. 174). de la distillation du mercure, pré- (2) Cp. p. 152, 170. parée au moyen du cinabre, Le ca- (3) C'est-à-dire qui ne sont plus pures ractère délétère de la vapeur de | et claires, à cause des projections et mercure est rappelé ici (voir Origines | altérations qui surviennent à la fin de

de lAlchimie, p. 172 et 231; — | Τ᾽ ορέότγατίοη (?).

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