IV. vu. — AUTRE TRAITEMENT
1. Quelques-unsse sontillustrés enopérant ainsi ; d’autres faisaient bouillir ou torréfiaient le Tout ; ils cassaient et divisaient {les œufs) avec leurs coquilles ; enlevant les enveloppes, et jetant dans un mortier le blanc et le jaune, ils les délayaient ensemble, et ajoutaient une nouvelle partie de jaune d'œuf par-dessus le jaune, ou bien, au contraire, par-dessus le blanc. Ainsi Zosime dit : « Pour le blanc, prends deux parties de chaux, et pour le jaune, le double aussi de safran et de chélidoine. Car si nous rendons χροχὸς Oxyton et que nous ne le rendions pas baryton (χρόχος), c’est-à-dire
si nous ne le rendons pas paroxyton, nous entendrons clairement ce qui est
expliqué (4). »
(1) Jeu de mots sur ἄσημον.
(2) Cet article est difficile à entendre et rendu plus confus encore par des substitutions voulues entre les mots cuivre, asèm, eaux, etc.
Il paraît s'appliquer à la coloration du cuivre par les composés sulfurés et arsénicaux, dans les appareils sphériques à kérotakis. On peut rnettre plus ou moins de sulfure d’arsenic (appelé eau, à cause de sa fusibilité), parce que l'excédent s’en va par sublimation. Il vaut même mieux en mettre plus, pour que la teinture du métal s'effectue à une plus grande profondeur. Le métal ne doit pas être du cuivre pur, mais du cuivre mélangé avec son quart d'argent.
(3) Ces recettes sont exposées avec un symbolisme trop compliqué, pour être entendues clairement.
(4) C'est-à-dire si nous accentuons χροχός sur la dernière et non sur lapremière syllabe. — Ce jeu de mots est difficile à comprendre. Cependant il semble se rapporter à la différence entre le safran, χροχός, et le jaune d'œuf, accentué parfois χροχόν d’après le Thesaurus d'Henri Estienne. — Ces deux mots sont pris d’ailleurs l'un et l’autre dans un sens symbolique, pour exprimer des sulfures et autres composés métalliques, colorés en jaune et destinés au jaunissement du métal.
2. Après avoir exécuté ensuite, suivant les mêmes proportions, la composition des eaux, dans les appareils en forme de mamelles (1), on délaie convenablement dans un mortier. Puis, après avoir donné la consistance de l'huile, ou du vin, ou de la bière, on partage en deux, et, sans recourir au feu, on laisse déposer, se rappelant la (formule) : « Laisse en bas, et il se fera » (2). Après le temps prescrit, on opère la distillation des eaux natives. C'est là le comaris scythique et le cuivre rouillé.
3. Pétasius leur rend témoignage, en écrivant : «Or quelques-uns ont opéré l’iosis dans les appareils » ; au lieu de (dire) : Ils ont extrait le cuivre au moyen des appareils. Après avoir mélangé les unes et les autres (matières), je veux dire la feuille altérée et la feuille non altérée, ils les ont exposées deux ou trois fois à la chaleur du fumier (3). Ils ont obtenu l’objet désiré, nous dit-il, soit de cette façon-ci, soit de celle-là, soit autrement. L'expé-
rience l’enseignera. Porte-toi bien, dans le Seigneur.