‹ Collection des anciens alchimistes grecs (volume 2)Chapitre 286 sur 349 · AMOLLISSEMENT DE L'OR, DE FACON A POUVOIR LUI COMMUNIQUER DES · texte numérisé non relu

AMOLLISSEMENT DE L'OR, DE FACON A POUVOIR LUI COMMUNIQUER DES

(1) Ici une phrase incompréhensible. (2) Introd., p. 60. (Voir Origines de l’Alchimie, p. 85.)

20ὃ LES VIEUX AUTEURS

EMPREINTES. — Après avoir mélangé : natron roux 2 drachmes, cinabre 3 drachmes, délaie dans le vinaigre; ajoute un peu d’alun et laisse sécher. Puis, après avoir broyé, mets à part. Prends de l'or, une demi-obole; de l’arsenic couleur d’or, 1 drachme; mêle le tout; délaie, en ajoutant de la gomme pure arrosée d'eau. Reprends, applique le sceau que tu voudras;

laisse 2 jours: l'empreinte sera fixée (1).

59: Fr DE L'OR AVEC L'HUILE. — Prenant : litharge, 4 drachmes ;

or,2 drachmes; cuivre jaune (pyrrhochalque), 1 drachme; alun, 1 drachme; cadmie, 1 drachme; broie avec la limaille d'argent ou d'or; mélange. Lorsqu'il s’est formé {une pâte de) consistance cireuse, alors (mélange) la chélidoine et l’arsenic, puis la cadmie et l’alun. Mettant dans un matras, fais chauffer sur un feu doux de charbon, en projetant du safran cru et du vinaigre de première qualité ; opère ainsi.

54. ΤΕΙΝΤΟΚΕ DE L'or. — Misy métallique, 4 parties; racine de chélidoine, 1 partie; broie en consistance de miel; fais macérer dans l’urine d’un impubère et trempe dans l’eau froide.

Le cuivre brûlé 7 fois et l’or modifié sont ce qui vaut le mieux. L'or est chauffé; pendant qu'il est chauffé, il se transforme, et après transformation, il teint toute sorte de corps.

55. Prenant de la sandaraque, du soufre, de la litharge, de l’alun, du sel, de l’eau, du sublimé, 1 partie de chaque; broie, jusqu'à ce que le mercure soit absorbé dans le vinaigre; après avoir fait sécher, fais monter les vapeurs, jusqu’à blanchiment; projette de cette poudre sèche, 1 drachme sur du cuivre de Chypre purifé, et garde.

56. Prenant : mercure, 1 partie; misy, 1 partie; mélange l’un et l’autre jusqu'à ce qu’ils soient unifés; puis, fais sublimer. Prenant cette vapeur, mélange avec la scorie; renouvelle la sublimation et fais ainsi par trois fois. Après 3 jours, prends le mercure sublimé et mouille-le avec de l'urine, pendant 7 jours, en l’exposant à un soleil bien chaud. Puis, après l’avoir fait refroidir, mets-le dans une bouteille; achève de remplir le vase avec du sel, et place-le dans une marmite dont l’orifice sera bouché. Ajoute du plomb

jusqu’à ce que le vase (intérieur) soit caché; lutele couvercle de la marmite.

(1) L’empreinte se fait sur un vernis épais déposé à la surface du métal.

Lorsqu'elle est refroidie à point, mets-la sur un feu de fumier, pendant une nuit et un jour; ensuite retire et garde.

57. FusioN DE LA PIERRE INCOMBUSTIBLE, — Place cette pierre dans l’appareil à fondre et mets au-dessus de l'huile de lin, jusqu’à ce que tu voies la pierre couleur de feu; puis, retire et braie bien. Prends un peu de magnésie, du sel ammoniac, un peu de natron, broie-les avec la Pres fondre, et apporte de l’eau alcaline ; mets cette eau dans le creuset, ainsi que les autres poudres avec la pierre; souffle jusqu’à ce que le produitsoit fondu. Ajoute une très petite quantité de sel broyé, retire, garde.

Prenant de la magnésie, fais blanchir; ajoute de la pyrite et du cuivre brûlé, en parties égales, et du mercure amorti. Quand tu voudras, prends un certain poids d'argent, projette de cette poudre sèche calcinée sur l’étain, et tu auras de l’asèm blanc.

58. Prenant : mercure, 3 livres; arsenic, 1 livre; sandaraque, 1 livre; natron d'Alexandrie, 1 livre; misy, livre; couperose, 1 livre; mettantletoutdansun mortier, broie avec soin. Mets ensuite dans une marmite neuve, place sur un pot à pieds. Après avoir enduit tout autour avec un lut mêlé de poil, avoir fait de même pour le contour du couvercle, à la hauteur de 4 doigts; et après avoir plâtré les bords (du vase), afin de rendre la clôture plus solide, pose un chapiteau renflé à la partie supérieure. Lute minutieusement les jointures, fais cuire sur un feu léger une première fois, à une flamme de chandelles, pendant une nuit et un jour. Pour augmenter graduellement le feu, chauffe à une flamme de lampes (1), pendant un autre laps d’une nuit et un jour ; laisse refroidir, et, découvrant, enlève avec une plume (2) un peu de ce qui est à la surface pour t’assurer si la matière est blanchie. Retirant ce qui est au fond, mélange de nouveau, jette dans un mortier et broie avec soin. Remets dans la même marmite, lute avec un soin égal le couvercle, et fais cuire sur un feu léger et progressifwencore une nuit et un jour. Laisse refroidir, et découvrant de nouveau, fais comme précédemment, jusqu’à ce que (la composition) n'émette plus l’odeur du soufre et jusqu’à ce qu’elle devienne pareille à du plâtre. Après lavoir enle-

vée, jette-la dans l’eau séparée de la chaux (par distillation) et extraite

(1) Cp. p. 278. | (2) Cp. la même page.

au moyen de l’alambic. Ajoute l'eau avec la composition et donne la consistance du miel. Broie minutieusement dans le mortier ; laisse sécher et garde.

59. Prends de l’urinenon corrompue, de lachalcite, du cuivre, et des enveloppes (?| d'œufs, 6 onces; broyantces (matières) jusqu’à production de mousse, tu mets en décoction avec de l'urine, jusqu’à ce que le soufre natif soit dissout.

Prends del’étain, τ partie; du mercure, 2 parties[purifie l’étain, en le faisant fondre et le versant dans l’eau de mer, et en changeant trois fois (l’eau) en masse]; ajoute dans le creuset de la poix et de l’alun lamelleux. Ensuite, il faut que tu frottes (tais ce mystère), jusqu’à ce que le soufre se sépare du mercure.

Maintenant, éprouve ainsi le mercure. Prends-en; mets-le dans un vase de verre ; broie dans le mortier, jusqu’à ce que la surface (tourne) au jaune. Ensuite, prends-le ; renferme-le dans un vase de verre, en remplissant le vase suivant l'usage, (après l’avoir) luté étroitement (garde ce mystère) par-dessous, afin que le vinaigre ne puisse s'échapper du vase ; puis laisse une nuit et un jour. Aussitôt après ce délai, tu trouveras le mystère du mercure et la manière dont nous le combattrons. Car le philosophe a écrit sur ce mercure : « Lorsque tu fixeras le mercure, le produit qui s'écoule de lui-même. » Or, ce qui s'écoule de soi-même, c’est le vinaigre; et le vinaigre, c’est la magnésie.

602... Saupoudre ainsi dans le mortier, à la surface du cuivre. Que le cuivre soit acidulé préalablement avec du vinaigre fort, de l’alun et du savon jusqu’à 3 fois, par ordre. Après l’avoir introduit, fais fondre. Ajoute les mélanges susdits; saupoudre plus épais avec les mélanges; ceuxci rendent (le produit) plus blanc. On verra à chaque fonte le métal devenir manifestement plus brillant que dans le moment qui précédait l’addition de la préparation. Lors donc que le produit sera fondu convenablement, verse dans un vase enduit au préalable de terre de Samos et laisse l’œuvre d'ensemble s’accomplir. Cache encore une fois, suivant l’usage.

Ajoute de l’argent de première qualité, de l'argent d'Adrumète ; pendant la fonte, projette sur la terre de Samos le cuivre, afin qu'il se transforme,

et teins : répète cela plusieurs fois, mélange, garde.

61. SUR LE CUIVRE DUCTILE, ÉTIRÉ JUSQU’A DEVENIR TRÈS MINCE. — Procédé. — Il est très bon pour l'usage, et pour la trempe.

Prenant du cuivre blanc, une mine, fais fondre. Saupoudre avec du sel blanc, de l’alun en quantité égale : ces corps auront été mis à l’avance avec du vinaigre et desséchés. Ensuite, ces (matières) étant triturées, saupoudres-en le mortier, à la surface du cuivre. Lors donc qu’il aura été fondu convenablement, verse dans le liquide, jusqu’à ce qu’il le dépasse de 2 doigts, laisse refroidir. Ensuite, enlève, enduis; puis, après avoir mis sur un feu tout à fait doux et convenable, éteins dans l’eau. Lorsque la matière sera refroidie, ne la dépose plus dans un liquide, maïs recouvre-la dans un vase, avec du sel et de l’alun. Ensuite, (prenant) du sel 2 parties, et de l’alun 1 partie, mélange, laisse refroidir dans ces (matières). Quand le produit sera refroidi, enlève. Lorsque le produit sera très blanc,.étire le reste comme tu voudras : il obéira, si tu l’étires chaud; mais s’il est froid, et que tu veuilles en arracher violemment une partie, tu ne le pourras, tant est grande la bonté et la ténacité du métal. C’est là un métal excellent; on en a fait l'expérience. Le cuivre de Chypre est plus propre à ces usages; tu dois le comprendre.

62. RENDRE LE SAFRAN INFAILLIBLE PAR LA FONTE. — (Prends) arsenic lamelleux, 4 parties; sandaraque rousse et pure, 4 parties; métal dela magnésie, 4 onces; noir scythique, 1 once; natron vitreux couleur de cochenille, 6 onces ; broiïe l’arsenic en apparence de mousse; mélange le noir scythique et délaie ensemble; le tout devient vert. Ensuite ajoute de la sandaraque, broie ensemble de nouveau avec le natron, le métal de la magnésie, jusqu'à apparence de mousse, ou de sublimé. Mélange le tout avec chaque produit et délaie; ajoute du vinaigre égyptien fort et de la bile de taureau; délaie en consistance pâteuse. Après avoir fait sécher au soleil, pendant 3 jours, broie; transvase dans un petit flacon et fais-y cuire cette matière pendant 5 jours. Ensuite enlève, broie, ajoute de la gomme ; broïes-en 10 onces et projette. .. Donne la consistance pâteuse ; fais fondre le safran; ajoute la préparation, lorsque le safran devient vert et friable. (Prenant) de l'or divisé 1 partie, fais fondre et tu trouveras de l'or. Et si tu en veux de 1re qualité et bien fabriqué, (prends) de l'or

travaillé 4 parties et du... 1 partie; faisant fondre ensemble, tu trouveras

de l’or éprouvé et très beau. Cache cela. Tél est le mystère divin et non communiqué de la teinture de l’or.

63. Voici l'explication du corps (métallique) de la magnésie.

Prenant de la magnésie femelle, broie avec soin; mets dans un plat 2 onces de sel, recouvre avec un autre plat, de façon que le métal de la magnésie ne puisse s'échapper et se dissiper. Mettant donc dans le plat du soufre en (quantité) à peu près semblable, place très près de la petite colonne (?) pendant deux jours. Ensuite, prenant le plat et le découvrant, racle letour ; jette dans un mortier, broie; mets dans le second plat. Après avoir luté de nouveau les jointures tout autour, mets sur le fourneau le soufre au milieu du vase, vers la droite; opère pendant 3 jours ; chaque jour, retire, broie, et lute à l'entour, jusqu’à ce que la matière devienne blanche. Prends de cette (composition) 4 parties, et du natron naturel et vitreux 1 partie, délaie ensemble et projette. Prends, fais une pâte, dépose dans le creuset le métal de la magnésie.

Bonne fabrication du créateur ; succès du travail et longue durée de la vie!

IV. xx. — LES HUIT TOMBEAUX SUR L'ART DIVIN ET SACRÉ DES PHILOSOPHES (1) 1. Quant à nous, ayant écrit en énigmes, nous vous laissons, vous qui

avez en main le présent livre, travailler assidûment et rechercher le sujet

du mystère. En effet le Philosophe dit que les hommes ont écrit, mais que

(1) Morceau singulier que l’on a cru (Origines de l'Alchimie, p. 63. —

devoir placer ici, à cause de la mention de Cléopâtre. On peut le rapprocher du texte d'Olympiodoresur letombeau d'Osiris (p. 103); des mythes égyptiens sur les quatre doubles tombeaux d’Osiris, et sur les huit dieux élémentaires assemblés par couples; ainsi que de l'ogdoade mystique des gnostiques

Introd., p. 17). On retrouve dans le Papyrus W de Leide, un procédé ana logue pour rattacher le nombre huit au nombre sept, par l’addition d’une unité d'une autre espèce. Voir aussi les quatre étoiles à huit rayons, figurées dansla Chrysopée de Cléopâtre (Zntrod., p. 133).

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