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IV. xx1. — SUR L'ART DIVIN ET SACRÉ DES PHILOSOPHES

C'est le texte donné plus haut sous le nom d’Ostanèés, p. 250.

BONNE FABRICATION ET SUCCÈS DU CRÉATEUR ; SUCCÈS DU TRAVAIL ET LONGUE DURÉE DE LA VIE (ὦ)

1. Et le Seigneur dit à Moïse : Moi j’ai choisi le prêtre nommé Béséléel,

de la tribu de Juda, pour travailler l'or, l’argent, le cuivre, le fer, toutes les

(1) Signe du mercure, M. | (5) Au-dessus, signe de l’or, ou plutôt

(2) Au-dessus, signe du soufre natif, | desalimaille (or divisé ou quintessence M. ᾿ | ἃς l'or).

(3) Au-dessus, signe du mercure, M: | (6) M finit là. La phrase suivante est il s'agit donc du mercure des philoso- tirée de A Lc ; et le mot « fin » de Le. phes. (7) Sous le nom de Moïse, il existait

(4) Au-dessus, signe du soufre mal fait, M.

un grand nombre d'ouvrages apocryphes, cités notamment dans le Papyrus

pierres bonnes à travailler et les bois bons à façonner, et pour être le maître de tous les arts.

2. Prenant du mercure, de la couperose et du misy, à parties égales, délaye-les ensemble; fais-en sublimer la vapeur, depuis la ττὸ heure jusqu’à la τοῦ; puis, rejetant la matière, redistille le mercure 3 fois; arrose-le avec l'urine d’un impubère pendant 7 jours, au soleil; mets dans un récipient{r), après avoir luté avec du sel et de la terre résistant au feu. Puis place le vase sur sa tête dans une marmite neuve. Prépare des feuilles de plomb. Fermela m après l'avoir recouverte de tous côtés avec un lut résistant au feu, chauffe sur un feu de bouse de vache, pendant un jour et une nuit, et garde le mercure ainsi fixé (2).

3. TRAITEMENT DU MERCURE. — Prenant du mercure, fais bouillir avec de l'huile de raifort. Ensuite, fixe-le et délaye avec du vinaigre, de l’alun lamelleux et du sel, pendant 7 jours. Après l’avoir édulcoré, fais sécher et garde.

Prenant du cinabre, donne la couleur du cinabre à l’huile de raïifort placée dans un flacon, en opérant avec soin. Mets celui-ci dans une marmite, pendant 10 heures. Reprends, lave dans un mortier, ajoute du vinaigre, de l’alun lamelleux, du sel, et délaye pendant 7 jours. Aprèslavage dansl’eau édulcorée, fais sécher et garde.

4. Prenant du mercure fixé, du sandyx (3), du cuivre brûlé et du vinaigre

W de Leïde (Zntrod., p. 16); le traité actuel se rattache à la même tradition.

C’est une vieille collection de recettes positives, tout à fait analogues à celles du Papyrus X de Leïide, et probablement contemporaines, au moins pour la plupart des articles. Elle est citée en divers endroits, à côté des œuvres de Chymès, de Pebichius (p. 180 et p. 209 au bas).

— Dans la chimie de Moïse, on retrouve un certain nombre de recettes, reproduites textuellement du Pseudo- Démocrite. Il est probablequec’étaientlà des recueils de procédés pratiques, formés de différentes sources, par des

orfèvres et artisans, qui se les trans-

mettaient comme une tradition secrète, en les grossissant de temps en temps de recettes nouvelles. Le Papyrus de Leide, le Pseudo-Démocrite, les procédés de Jamblique, la Chimie de Moïse représentent quelques-uns de ces cahiers venus jusqu’à nous. Le traité d’orfèvrerie que nous publions dans la Ve partie est un traité analogue : à côté de recettes écrites en grec byzantin, il reproduit une portion considérable du Pseudo-Démocrite.

(1) Rogé ou rogion, sorte de récipient (voir p. 143, 144 et 50).

(2) Fabrication d’un amalgame de plomb ?

(3) Introd., p. 262.

rectifié, filtre ; prenant du soufre pur, fais bouillir avec le produit filtré. Reprenant cette eau, délayes-y les jaunes des œufs (1), et fais évaporer au moyen de l’alambic. Après avoir bien arrosé, mélange avec l’eau celle de l’alambic et mouille les poudres sèches pendant 10 jours. Lorsque le produit est convenablement refroidi, jette dans un vase de verre, et après avoir mis au feu une marmite, fais-y cuire la poudre sèche; puis regarde ce qui se produit. Ensuite prenant 2 carats (?) de la poudre sèche, projette-les sur (une) once d'étain et tu auras de l’argent.

5. Prenant de l’urine d’impubère, solidifiée en façon de pierre : et du mercure fixé, broye ensemble, jusqu’à ce que le mercure 5011 absorbé; prenant de l’aphrosélinon, mouille au soleil pendant 3 jours, et garde le produit ainsi préparé.

6. Prenant de l’aphrosélinon, place-le dans une toile et plonge dans le vinaigre tout un jour; délaye avec les mains. Laisse déposer la matière, et après avoir épuisé, déverse le vinaigre; fais sécher, plonge dans {le produit) des blancs d'œufs, soumis à la distillation dans l’alambic; et plaçant dans un récipient, garde l’aphrosélinon.

7. Prenant des limailles de cuivre jaune et blanc, du fer, de l’étain, de l’arsenic et de la sandaraque, ainsi que du mercure fixé et du sel de Cappadoce, (mêle) en quantités égales avec du sang de bouc ou de porc, et jetant dans une marmite neuve, remue convenablement ; mets sur un feu de bouse de vache. Après l’avoir allumé, fais cuire une nuit et un jour et garde la poudre (de projection) d’argent.

8. POUR FAIRE SORTIR LA ROUILLE DU CUIVRE (2).— Prenant de l’alun lamelleux, du savon, du vinaigre, mets au feu le cuivre, et trempe.

9. Prenant du mercure fixé, broie avec du sel ammoniac, du cuivre brûlé et de la couperose, en quantités égales; jette dans un récipient et, après avoir recouvert convenablement, fais cuire dans du crottin de cheval humide, jusqu’à ce qu'il se forme du vin d'Amina (3).

10. TRAITEMENT DU MOLYBDOCHALQUE. — Prenant du misy, fais cuire avec

de l’huile de raifort; et emploie ainsi. Fais cuire 3 heures.

(1) Sens symbolique. | (3) Nom mystique désignant une (2) Ἐξίωσις a ici en réalité le sens liqueur ressemblant à ce vin. de Ἴωσις. ©

11. L’alun lamelleux est traité comme il suit : il est mis au feu et éteint dans le vinaigre; ensuite on le pulvérise. Il est poussé au roux [1] sept fois.

12. TRAITEMENT DE LA PYRITE. — Après l'avoir fait bouillir dans l’eau de mer tout un jour, et après avoir fait sécher, emploie-la ainsi.

13. TRAITEMENT DE LA CHALCITE. — Après l'avoir coupée en morceaux, reprends avec du miel, amène en consistance d’emplâtre, et place dans une petite marmite, en la fermant entièrement. Recouvre-la d’un lut convenable, et fais cuire sur un feu de charbons de bois; fais cuire une bonne heure. Puis enlevant, fais sécher. Délayant de nouveau, en suivant la même marche, broie dans un mortier et donne la consistance du miel. Fais cela trois fois et emploie ainsi.

14. TRAITEMENT DE LA PYRITE.— Après l'avoir fait bouillir dans l’eau de mer, après l'avoir broyée pendant un jour et l’avoir fait sécher, traite-(la) commeil suit pour l'amortissement du mercure, à quantités égales, si tu veux blanchir. Broyant du soufre apyre dans l’urine d’un enfant avec de la saumure, de l’eau de mer et de l’alun lamelleux, fais bouillir sept fois, puis abandonne le mélange à lui-même : tu trouveras le mercure fixé comme de la céruse. Mélange le surplus à volonté et avec le produit que tu voudras, jusqu'à trois fois. Après avoir fait sécher, garde.

15. ROUILLE DU CuIVRE. — (Prenant) de la pierre couleur d'or, de la terre de Samos, du sel eflorescent, du suc de figuier, donnant au tout une consistance visqueuse, enduis-en les feuilles métalliques et elles seront dépouillées

de leur corps.

Suivent trois alinéas tirés de l Œuf philosophique, I, πὶ, 8-10, p. 20.

16. EAU EXTRAITE PAR DISTILLATION. — Prenant des œufs, casses-en autant que tu voudras; réunis deux blancs et deux jaunes ; après les avoir brouillés, extrais au moyen de l’appareil. L’eau blanche qui passe en premier lieu s'appelle « petite eau de pluie ; » en second lieu, « huile de raifort »; en troi-

sième lieu, « ricin verdâtre ».

(1) C'est-à-dire que le sulfure d’arsenic rouge est jauni par des grillages successifs. -

17. FABRICATION DE L'EAU EXTRAITE PAR DISTILLATION. — Prenant des blancs d'œufs, jette dans une livre de blancs 1 once de notre chaux, et après avoir brouillé, casse des œufs entiers à volonté et laisse jusqu'à ce qu'ils s’écoulent par en bas, pendant 7 jours. Le 7° jour, après avoir enlevé de la masse la partie la plus pure), place dans l’appareil distillatoire prescrit par l’art, avec du vinaigre, à proportion des œufs. Lute le fond {du vase) avec soin, fais cuire et fondre sur un feu de crottin de cheval. Lute le fond pour la distillation. Cette eau est « l’eau plus noire, pure » (1).

18. SOUFRE APYRE BLANC, — Prenant parmi les œufs restants qui auront'été distillés, 1 partie, délaie avec l'eau filtrée et, mettant dans un alambic, lute avec soin; laisse 7 jours, et chaque jour secoue l’alambic; le 7° jour, après avoir décanté toute la partie pure, garde-la. Quant à la partie sèche, fais-la cuire sur un feu doux pendant 6 heures ou plus, jusqu’à dessiccation. Ensuite, broyant le dépôt décanté pendant une 1/2 heure, (et) le jetant dans la marmite que tu sais, extrais au moyen de l'appareil, et broyant de nouveau, extrais avec l’eau. Fais cela trois fois et garde.

19. FABRICATION DU SOUFRE JAUNE AVEC LE SOUFRE BLANC. — Prenant le soufre décrit précédemment, provenant du blanc, c'est-à-dire du liquide évaporé, ainsi que de celui qui a été changé en poudre sèche, délaie l’un et l’autre avec l'espèce excédente, provenant du soufre apyre susdit. Mets Je blanc dans l'appareil et fais monter. Puis, de nouveau, délaie dans l’espèce correspondante et fais monter. Enlève-le lorsqu'il sera solidiñé, et tu auras de très bel or.

20. JAUNISSEMENT DU MERCURE. — (Prends) de l’alun, jusqu’à ce qu'il soit transformé, tu sais comment. Projette sur de l’argent (sur du mercure ?). Cache cela.

21. TRAITEMENT DE L’ARSENIC. — Broie le sublimé, jette-le dans la saumure et après avoir pilé une heure par jour pendant 12 jours, rince ensuite avec de l’eau édulcorée, jusqu’à ce qu'il n'ait plus l'odeur du vinaigre, puis fais dessécher. Fais cela jusqu’à trois fois, de façon à ce qu’il perde son

goût aigre, etemploie ainsi.

(1) Paroles attribuées à l’oracle d’Apollon (III, xu, 4, p. 152, 170; et IV, vu, p. 266).

22. FABRICATION DU CUIVRE JAUNE [1]. — Prenant du cuivre de Chypre ductile à chaud, fais-en des lames, dépose sur les faces supérieures et infé= rieures de la cadmie blanche broyée avec soin, celle qui est produite en Dalmatie et dont se servent les ouvriers du cuivre. Après avoir luté, fais fondre pendant un jour, en évitant soigneusement qu’elle ne s’évapore. Après avoir ouvert {le vase), si le métal est en bon état, emploie-le ; sinon, fais chauffer une seconde fois avec de la cadmie, comme ci-dessus. Si le résultat est bon avec le cuivre de Chypre ductile à chaud, on mêle au cuivre couleur d’or {ainsi obtenu), 4 onces de cuivre couleur de sang, et 6 onces de déchet d’étain. Ajoute à l’étain 2 onces de magnésie, et fais fondre le cuivre. Ajoute l’étain, et opère l’alliage. Ensuite, ajoute le métal de la magnésie et opère l’alliage. Après refroidissement, tu trouveras un produit friable et facile à broyer. Broie-le, ajoutes-y 2 onces de chalcite, et fais cuire dans des plats lutés : tu trouveras le métal jaune, presque rose. Mélange bien et garde. Après avoir enlevé ces matières, fais-les fondre pour l'usage indiqué. Pour obtenir le métal verdâtre, on laisse pendant un temps prolongé.

23. FABRICATION DE L'OR. — Prenant la pyrite femelle et celle qui est couleur d’argent, que certains appellent pierre sidérite, traite comme tu sais, de manière à la rendre fluide. Si c’est au cuivre que tu l’ajoutes, tu blanchiras comme tu sais, et si c’est à l'argent, tu jauniras par la cuisson du soufre que tu sais. Puis projette le métal jaune sur l’argent et tu le teindras. La nature jouit de la nature {2).

24. AUTRE FABRICATION. BLANCHIMENT DE L'ARSENIC. — Délayant de l’absinthe en quantité égale, avec un peu d’eau, garde (à l’état de) poudre sèche. Fais fondre le cuivre seul; ajoute, et le produit devient friable. Broyant, fais cuire avec un poids égal de sel pendant 2 heures, et après avoir enlevé, tu trouveras le produit jaune et friable. En le transformant d’après la même marche, tu auras du cuivre; avec de l’or noirci une partie, et de l’or, une partie, il se forme un bel or pur.

25. COMMENT IL FAUT FABRIQUER L'OR A L'ÉPREUVE. — Prenant de la

(1) Zntrod., p. 175, n° 42. C'est une | (2) Cp. DÉMOCRITE, p. 47. Il y a des préparation de laiton. L | variantes considérabies.

pierre magnétique 2 drachmes, du bleu vrai 2 drachmes, de la myrrhe 8 drachmes, de l’alun exotique 2 drachmes, broie au soleil avec du vin excellent.

26. Il y a certaines personnes qui, ne croyant pas à l’utilité des (matières) liquides, ne font pas les démonstrations nécessaires. Comprends l'utilité des matières liquides. Les soufres ont des effets merveilleux lorsqu'il s’agit d’amollir. Après avoir fait un mélange intime, on fond le tout ensemble sur un fourneau d’orfèvre, on souffle et on recueille l’alliage qui en provient.

27. TRAITEMENT DE LA DIVINE MAGNÉSIE. — Après l’avoir broyée, ajoutes-y un ferment et fais cuire. Fais cela sept fois. Après l'avoir fait fondre, tu trouveras de très bel argent. Elle amollit tout, blanchit tout; même le verre, elle le fait blanchir (1).

28. TRAITEMENT DE LA SANDARAQUE. — Prenant de la sandaraque, fais-la bouillir dans l’urine par sept fois, et après dessiccation au soleil, emploie.

29. TRAITEMENT DE LA PYRITE. — Prenant de la pyrite couleur d’or (elle est produite en Libye, dans les montagnes d'Egypte, surtout dans l’Augasie; or l’Augasie, c’est Tribouthis). Prenant, dis-je, la pyrite de couleur d’or, traite-la ainsi. Après l’avoir broyée, lave-la bien dans le vinaigre de saumure, par trois fois, et fais sécher. Prends-en deux parties, du plomb deux parties. Après avoir délayé le plomb, saupoudre avec la pyrite, et lorsqu'il s’est formé une mousse, mets dans un vase de terre cuite; lute avec soin, fais cuire avec une flamme indirecte, pendant deux jours; après avoir enlevé, garde. Nous appelons cela fleur (du cuivre). Prends-en trois parties, et du satyrion (2) une partie; met en œuvre, en délayant dans du vin âpre au goût pendant un jour ; fais sécher, reprends, garde.

30. TRAITEMENT DU SOUFRE. — Prenant de la pierre jaunâtre et raboteuse, (on la trouve partout), ayant la couleur de la pierre phrygienne et la grosseur de la petite racine de l’élydrion; prends-en (dis-je) et traite ainsi. Après lavoir mise dans un vase, lave avec le vinaigre, trois fois; et, mettant dans

un vase de verre, arrose avec de la saumure en juste mesure, pendant deux

(1) Cecipourraîts’appliquer à l’oxyde (2) Nom de plante. de manganèse, Zntrod., Ὁ. 256.

jours. Ensuite après avoir épuisé, lave à plusieurs reprises dans l’eau édulcorée. Prends-en six parties, et du métal qui coule de lui-même, une partie; après avoir fait sécher, reprends et garde.

Ceci est ce que l’on nomme chrysolithe.

31. (Prenant) de la pierre couleur d’or, de la terre de Samos, du sel efflorescent, et du suc de figuier; mets en consistance visqueuse, enduis-en les feuilles ; le cuivre est ainsi dépouillé de sa nature corporelle.

31 bis. SUR L'ARGYROPÉE (1).

32. MATIÈRE DE LA CHRYSOPÉE. — Prends du mercure (extrait) du cinabre, le métal de la magnésie, de la chrysocolle, c’est-à-dire de la renoncule (elle se trouve dans les pierres vertes), du. claudianos, de l’arsenic jaune, de la cadmie, de l’androdamas, de l’alun écrasé, du soufre apyre rendu incombustible, de la pyrite, de l’ocre attique, du minium pontique, de l’eau divine native (soit que tu entendes par là celle qui provient du soufre seul, ou celle qui a été préparée avec le soufre traité par la chaux), de la vapeur sublimée, du sory jaune, de la couperose jaune et du cinabre.

33. MATIÈRE DES LIQUEURS. — LEs LIQUEURS. — Voici ce que contiennent les liqueurs : le safran de Cilicie, l’aristoloche, la fleur de carthame, l’élydrion, la fleur de mouron, celle des plantes bleues; le bleu, la couperose, la gomme d’äcanthe égyptienne, le vinaigre, l’urine d’impubère, l’eau de mer, l’eau de chaux, l’eau de cendre de choux, l'eau de lie, l’eau d’alun lamelleux, l’eau de nitre, l’eau d’arsenic, l'eau de soufre, l'urine, le lait d’ânesse, le lait de chienne. Telle est la matière de la Chrysopée; ce sont là les choses qui transforment la matière, celles qui résistent au feu. En dehors d'elles, il n'y a rien de sûr. Si tu es intelligent et que tu opères comme il a été écrit, tu seras bienheureux (2).

Jette du cuivre sur l'or par les moyens que voici:je veux dire à l’aide

du corail d’or (3). Tantôt tu changeras l'argent en or, tantôt le cuivre en

(1) C'estleS2ode DÉMOCRITE, p.53— | (2) Une partie de ce morceau se La chimie de Moïse renfermeun certain | trouve dans Synésius (ὃ 5, p. 64), qui nombre de fragments dutraité de Démo- | l'attribue ἃ Démocrite.

crite; ce qui montre qu'elle a été tirée (3) Ou coquille d’or. — Cp. p. 46, des mêmes sources. — V.p. 288, note. | note 6.

électrum, tantôt le plomb en argent (1). Telle est la matière expliquée dans la Chrysopée (2).

34. MATIÈRE DE L'ARGYROPÉE. — Le mercure provient de l’arsenic, ou dela sandaraque, ou de la céruse, ou de la magnésie, ou de l’antimoine d'Italie.

Voici son emploi : I] agit pour l'effet que tu désires, en produisant latransformation. Si tu traites le cuivre comme il convient, tu en extrais (la) nature.

Terre de Chio, cadmie blanche, terre astérite, terre cimolienne, arsenic blanc, misy cuit, misy cru, litharge blanche, céruse, natron jaune c’est-àdire purifiant (3), sel de Cappadoce, magnésie blanche, aphrosélinon pour le verre bleu, calcaire cuit.

35. Traduit dans Démocrire, Il, 1, fin du 8. 2, page 44 ; puis :

ar la nature triomphe de la nature, et la nature domine la nature.

6. TRAITEMENT DE LA PYRITE. — Traduit dans DÉMoCRITE, ὃ 6, p. 47.

7. TRAITEMENT DE LA PYRITE D'ARGENT. — Traduit dans DÉMOCRITE, 85; Ρ. 47.

38. FABRICATION DU SOUFRE NOIR BRULÉ. — La plus vieille des choses qui proviennent de l’eau divine, c’est-à-dire celle qui existe dans ce dépôt, délaie-la avec son eau propre, c’est-à-dire avec l'urine d’un impubère, pendant un jour, et arrose de nouveau avec l'huile de ricin, jusqu’à consistance de miel. Mets dans un récipient large et spacieux, rempli seulement à moitié (de sa hauteur), afin qu’il y ait place pour l’ébullition pendant que l’on chauffera. Lute ce (récipient), pour qu'il n'y ait pas d’évaporation; mets-le au fond d'une marmite. Après avoir luté la marmite, place-la sur un fourneau de verrier, dans la flamme d’en haut, jusqu’à dessiccation. Puis enlevant, délaie dans l'urine d’un impubère et, après nouvelle dessiccation, garde : c’est le noir provenant de l'huile de ricin brûlée.

39. FABRICATION DE L'EAU JAUNE. — (Prends) cinabre 2 parties, misy cru 1 partie, — c’est le safran, — délaie avec de l’urine d’impubère 1 livre, et de l’eau de cuivre, 1 once. Après avoir épuisé, délaie dans la même eau : elle purifiera. Délaie avec le cinabre précédent et le misy et extraies-en l’eau

jaune... ce sont les sucs, car une seuie fois.

(1) Le texte dit en plomb. Ι (3) Cp. Lexique, p. 14. — INTRoD»., (2) Un morceau analogue se trouve p. 50.

dans DÉMOCRITE, $ ὃ, p. 48.

40. BLANCHIMENT DE LA MAGNÉSIE. — Prenant de la magnésie, et une quantité égale de sel de Cappadoce, mets dans un vase de terre cuite; (laisse) à partir du soir jusqu’au matin. Or, si elle est noire, fais cuire jusqu’à ce qu’elle blanchisse; mais il vaut mieux la faire cuire sur un fourneau de verrier. Cache ce mystère, car il contient tout ce qui ‘concerne le blanchiment par décoction.

41. TRAITEMENT DE LA TRÈS DIVINE MAGNÉSIE. — Même texte que ὃ 27, p- 293, sauf légères variantes.

42. TRAITEMENT DE LA SANDARAQUE. — Prenant de la sandaraque, celle qui n'a pas la couleur du fer, ni l'apparence pierreuse, mais qui est rousse et couleur de sang; après l'avoir broyée, saupoudre avec. La (sandaraque) ainsi choisie et répandue avec la limaille de cuivre ne se liquéfie pas.

43. (PROCÉDÉ POUR) PURIFIER LE PLOMB. — (Prends) de l’alun et du natron; nettoie avec de l’eau froide, du vinaigre; soumets à l’action du feu et le

produit devient blanc.

La suite est conforme au ὃ 30, à partir de la troisième ligne.

44. AUTRE FABRICATION DU CUIVRE BRULÉ. — Prends de la sandaraque, du soufre apyre, du corail et du safran; mets dans un mortier, broie pendant 40 jours avec l'urine d’un enfant impubère. Après 40 jours, tu ajoutes l’eau de safran et tu broies pendant 20 autres jours, jusqu’à ce que les espèces se mêlent et se marient avec la limaille de cuivre. Après cela, tu mets la préparation dans un vase de terre cuite, bien luté, et tu fais chauffer la marmite sur un fourneau pendant 7 jours. Si le produit est trop blanc, fais chauffer pendant 3 autres jours, jusqu’à ce qu'il devienne jaune.

45. BLANCHIMENT DU Cuivre. — Prends du cuivre de Chypre; il faut le forger. Ensuite, après l'avoir mis au feu, teins-le avec la terre de Cimole, délayée dans le vinaigre de saumure. Fais cela à plusieurs reprises; après l'avoir mis au feu encore une fois, forge-le. Pour avoir du cuivre blanc, prends-en 1 partie, et argent 1 partie. Le tout devient blanc.

46. Dipcosis DE L'ARGENT. — Comme nous avons trouvé décrits dans un livre très sacré les alliages de l’argentau moyen de l’étain, il est nécessaire d'en exposer les mystères et les purifications, afin que tu ne puisses te tromper.

Prenant de l’alun, du sel de Cappadoce, mêle-le avec de la magnésie; il

prend la couleur, lorsque l'amour tyrannique (9)..... (1) la trempe, au moyen de l’huile, le rend brillant et inodore.

47. NoIRCISSEMENT DE L'ARGENT (2). — Prenant du soufre natif, fais cuire sur un feu doux, produit avec de jeunes branches. Répands dans l’urine fraîche d’un enfant impubère; fais une décoction et donne deux bouillons. Ensuite, mets dans du vinaigre très fort; place avec d’autre ἢ dans

un vase, amène à consistance visqueuse, et fais cuire une nuit n jour,

après avoir délayé avec du jaune. Ensuite, ajoute de l'argent et tu as un métal qui est à l’épreuve.

48. VÉRIFICATION DE L'OR. — Prenant de l’alun 1 partie, du sel ammoniac de Canope, celui qu’emploient les orfèvres, 1 partie; après que l'or est fondu, mélange.

49. ON TRAITE AINSI LA SANDARAQUE (Cp. ὃ 42). — Prenez de la sandaraque, celle qui n’est ni couleur de fer, ni pierreuse, mais la rousse couleur de sang, 10 onces. Après l’avoir très bien broyée, mets dans un vase de verre. Ajoute vinaigre très fort, 2 cotyles; sel commun, 5 onces; couvre le vase avec un chiffon de laine, pose dessus un plat à rebord et laisse macérer pendant 7 jours; ensuite transfère dans un matras et mets sur le feu, pendant 3 heures. Enlève l’écume et lave dans de l’eau édulcorée : tu trouveras la (composition) devenue rouge comme du sang. Ensuite, fais sécher au soleil. Mets de nouveau dans le vase. Puis, ajoute de l’urine de vache, con-

Servée pendant 7 jours, afin qu’elle devienne plus forte et plus piquante. Ajoute alors la sandaraque lavée, et laisse macérer pendant sept jours, de façon à ce que l’effet devienne plus intense. Ensuite, lave dans l’eau édulcorée, fais sécher au soleil. Après avoir enlevé, tu peux employer pour les usages que réclament les teintures.

50. (SUR) LE CUIVRE ROUILLÉ. — Prenant de l’androdamas, enduis les feuilles (métalliques) en dessus et en dessous, et après avoir luté projette dans le verre blanc. Φ

51. Liqueurs ΡῈ La CHRysoPpée. — Traduit dans DÉMOCRITE, ὃ 25, p. 56.

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