FABRICATION DE LA LESSIVE
Υ. σι. — FABRICATION DE LA LESSIVE ὦ
1. Quatre muids de cendres sont répartis entre deux cuviers, percés de trous au fond. Autour du trou le plus petit, du côté intérieur, mets une petite quantité de foin, pour que la cendre n’obstrue pas le trou. Remplis d’eau le premier des cuviers; recueille le liquide filtré qui en découle pendant toute la nuit et mets-le dans le second cuvier; garde ce qui filtre de ce second cuvier. Mets d'autre cendre (dans un troisième cuvier). Epuise-la et il se forme une liqueur pareille au nard couleur d’or. Verse-la dans un quatrième cuvier. La liqueur devient piquante et forte : telle est la lessive particulière.
2. Quelques-uns ont fabriqué une (lessive) universelle, en ajoutant de la chaux sulfureuse, de la lie, de l’alun, etc. C’est ainsi que les opérateurs des eaux divines fabriquaient l’eau blanche. Ils dissolvaient dans les muids (ἢ une grande quantité de décoction d’orge et de sucs d’arbres, (tels que ceux) du mûrier, du figuier, du calpasos, et de plantes, telles que le tithymale, ainsi que du sang de bouc et le ferment qui provient de ces liquides.
3. Pour la coloration des cristaux, on projette aussitôt que la matière est colorée ; car plus tard elle retiendrait du miel, de l’huile et du baume (2).
4. Afin de mieux épuiser la cendre pour la lessive, quelques-uns ajoutaient du vinaigre; d'autres de l'urine. Quelques-uns, après avoir filtré l’eau, mélangeaient toutes choses une à une. Ils obtenaient un meilleur effet qu’en opérant avec l'urine et le vinaigre : et ils nommaient le tout lessive. Quelques-uns, mettant dans cette eau les plantes convenables et appelant {cela\ faire fermenter, ajoutaient du safran, de la chélidoine, des feuilles de pommier, et des matières similaires, qu’ils délayaient avec du vinaigre de natron. D’autres encore employaient de l’alun, du misy cuit, du bleu et de l’eau divine. Ils en faisaient un gâteau. Après avoir réuni ensemble et
- fait fermenter, ils trempaient dans l’eau jaune et faisaient cuire la composi-
(1) Ce mot a été traduit ailleurs par suite à ce qui précède, ni être liée à ce erreur : «huile aromatique ». qui suit.
(2) Cette phrase ne semble pas faire
tion. Ils y mélangeaient plus tard du miel, du baume et du vinaigre. En délayant de cette façon, (ils ajoutaient) au vinaigre un peu de levain plus fort et de la bile de veau. Quelques-uns ajoutaient aussi des aulx et des oignons. En ce point, (notre auteur) enseigne que les (matières) fugaces,
mêlées aux (matières) non fugaces, opèrent la coloration à froid.
V. χη. — QUELLE EST LA PROPORTION AVANTAGEUSE DES LAINES TEINTES