PRATIQUE DE JUSTINIEN
kérotakis sur un feu violent, suivant l'ordonnance susdite, pendant τ jour.
Enlevant de nouveau, délaie avec de l'eau et amène ‘en consistance visqueuse, en exposant pendant 1 jour au soleil; puis, fais cuire. Réitère plusieurs fois, jusqu’à ce que tu voies la composition blanche comme la céruse.
2. Ensuite, fais jaunir de la manière suivante. Après avoir fait monter Peau, suivant l'ordonnance susdite, tu ne l’emploies plus pour opérer la fixation de la couleur des œufs sur les feuilles ; mais tu ajoutes, dans un setier, 10 jaunes d'œufs, et tu les brouilles dans l’eau. Garde les eaux jaunes, et avec ces eaux, délaie la composition, de façon à l’amener en consistance visqueuse, pendant 1 jour. Après avoir fait sécher au soleil, chauffe et fais toutes choses suivant l'ordonnance susdite, ne te tenant pour satisfait que lorsque tu verras la composition devenue jaune comme de l'or.
Place cette composition dans un flacon, non bouché; et mets dans un vase (de terre) du vinaigre commun très fort. Dispose le flacon (contenant) la composition, de façon à ce qu’il flotte sur le vinaigre. Lute tout autour le vase (qui contient) le vinaigre, avec son couvercle; conserve pendant 41 jours.
Puis, retirant la composition, mets-la dans un mortier; ajoute des eaux jaunes et amène en consistance visqueuse. Après avoir laissé sécher au soleil, garde : l’opération est accomplie.
3. Pour préparer une telle (composition), on emploie la macération, la cuisson faite à forte chaleur avec l’asèm, ainsi que le broiement (dans) le mortier, et l’arrosage avec les liquides. On l’amène à un point tel, qu’elle ne s'échappe pas par l’action du feu, mais qu’elle devienne susceptible de pénétrer les corps et d'y demeurer fixée, sans se volatiliser, ni être brûlée. C’est ce qui arrive lorsqu'on soumet l’asèm à une forte chaleur, la vapeur montant et descendant dans l'appareil sphérique (1), à l’état de brouillard opaque, jusqu’à ce que le produit ait acquis toute sa puissance de matière incombustible et fixe.
Les poudres sèches subiront aussi le même traitement, jusqu’àce qu'elles soient tout à fait décomposées et privées de leur eau, et qu’elles soient
mélangées, complètement unifiées avec les liquides, en ne formant plus,
(1) C£. Zosime cité par Olympiodore, p. 105.
pour ainsi dire, qu'un seul corps inséparable, par l'effet de l’opération.
Les liquides, de leur côté, seront fixés au moyen d'espèces astringentes, complètement décomposés et réduits en 105, jusqu’à ce qu'ils aient acquis le pouvoir de demeurer sans se volatiliser et de résister au feu. Par l'effet de l'union indissoluble entre les poudres sèches et les liquides, on produit des couleurs douées de l'aptitude à pénétrer (les métaux); de même que toute matière extractive naturelle, mise à bouillir dans l’eau sur un feu doux, se délaie entièrement, en donnant sa couleur à l’eau, le tout étant amené à l'unité.
4. Après donc que toutes les eaux sont complètement montées (1), prends le sédiment sec et noirci qui reste, et blanchis-{le) de cette façon. Tu auras un vin préparé d'avance, avec de l’eau de chaux filtrée à travers de la cendre d’albâtre, suivant le procédé de la lessive pour savonner. Prends-en une portion etsers-t’en pour bien laver (lascorie), jusqu’à ce que l’eau soitnoircie.
Ensuite reverse de nouvelle eau et, si tu veux, laisse digérer pendant quelques jours. Revenant (à la charge), lave encore, en suivant l’ordre indiqué précédemment. Transvasant l’eau noircie, mets-en de nouvelle sur les autres matières. Renferme ensuite celles-ci dans des vases, pendant le même nombre de jours; puis, retire-les, relave : en opérant de cette façon, l’apparence noire se dissipe et il se forme un or de couleur blanche. Quant aux eaux noircies auparavant, mets-{les) dans un vase de verre; après avoir luté le vase tout autour, laisse sécher et fais digérer pendant quelques jours, c’est-à-dire jusqu’à ce que le produit soit réduit en pâte, désagrégé, et parvenu à un blanchiment convenable. Qu'il se délaie et se désagrège. Expose-le audessus du vinaigre, de façon à ce qu'il subisse l’action de ses vapeurs piquantes et se désagrège; le vase doit être fermé avec soin. Ainsi, sous l’influence de la vapeur piquante, le produit blanchit à l’air et devient comme la céruse provenant du plomb.
Il est possible de produire cet effet avec notre chaux, c’est-à-dire en expo-
sant notre pierre à la vapeur acide du vinaigre, à la façon d’une feuille de
(1) À partir de ce mot, le texte repré- Le texte actuel est plus correct et il sente une copie nouvelle d'un texte, ofire des variantes importantes : ce qui déjà donné comme appendice à la fin nous a décidé à le reproduire ici. d'Olympiodore(p.113dela Traduction). |
LA GRANDE HÉLIURGIE 371
plomb. Mais, pour donner à cette matière la coloration jaune, après que la préparation a été convenablement lavée et blanchie, il faut d’abord l’arroser avec des eaux jaunes, faire macérer et réagir, et ensuite dessécher.
Ainsi a été accomplie la pratique de l’empereur Justinien (1).