‹ Collection des anciens alchimistes grecs (volume 2)Chapitre 327 sur 349 · CONSTITUTION DE L'OR · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE L'OR

traité ce qui convenait au sujet ; c’est-à-dire que les sulfureux sont dominés par les sulfureux et les liquides par les liquides correspondants (1). » Tel est le préambule (2) que le savant d’Abdère a placé dans son quatrième traité, voulant montrer par là qu’il y a identité entre le liquide opposé au liquide correspondant et l'élément sulfureux; c'est-à-dire que le point capital du traitement, c’est que « les sulfureux sont dominés par les sulfureux et les liquides par les liquides correspondants. En effet la nature jouit de la nature; et de même, la nature triomphe de la nature, et la nature domine la nature ». Il l’a dit lui-même, ainsi que son maître Ostanès (3).

2. Pour notre part, suivant leurs traditions, c’est avec ce même préambule que nous avons composé notre traité de l'or et de l'argent, sans nous écarter des quatre livres de Démocrite, ni de l’ensemble des livres relatifs à l’œuvre: ce qui ne serait pas possible. Nous placerons au milieu de notre démonstration la chose capitale (4). De même que le centre du cercle détermine les rayons égaux menés vers la circonférence ; de même aussi la source intarissable coulantau milieu du Paradis fournità tous une onde potable et féconde; de même encore le soleil de midi (5), étant au zénith de l’un des quatre centres (célestes), illumine sans ombre tout l’hémisphère supraterrestre. Il en est de même de la lune (6), éclairant la terre du haut du ciel, et faisant disparaître la tristesse de la nuit par la pleine lumière de son disque empruntée à la lumière du soleil (γ᾽. En effet, sans les liquides du Philosophe (8), il est impossible d'accomplir aucune des choses que l'on désire.

3. Nous nous souviendrons à l'occasion du discours relatif à sa pre-

(5) Le texte de MB porte ici le signe de la chrysocolle, assimilée au soleil et

(1) Cp. p- 20, 145, 183.

(2) Ce qui précède est tiré de l’un

des quatre livres attribués à Démocrite, sur l’or, l'argent, les pierres et la pourpre. Dans les Physica et mystica nous possédons des fragments des deux premiers livres. — Cp. Origines de l'Alchimie, p. 77.

(3) Cp. p. 45.

(4) « C'est-à-dire que l’œuvre de tout le Traité consiste dans les sulfureux et dans les liquides. » Addition en marge de E, introduite dans le texte de Lb.

corrigée dans ce sens par E.

(6) Signe de la lune (et de l'argent) M ; signe du mercure BAKE.

(7) Commentaire de E, introduit dans le texte par [Ὁ : « Ces mots, les sulfureux sont dominés par les sulfureux et les liquides, etc., sont le centre, la source, la lumière de tout l’art ».

(8) Il s’agit de l'Eau divine ou eau de soufre, dont le nom comprend à la fois les « sulfureux » et les « liquides ».

mière classe; puis, nous conformant à ses conceptions, nous dirons ce que nous avons pu (faire). « Prenant, dit-il, du mercure, fixe-le avec le corps métallique de la magnésie, ou avec le corps métallique de l'antimoine d'Italie, ou avec du soufre apyre, ou avec de la pierre calcaire cuite, ou avec de l’alun de Milo, ou comme tu l’entendras » (1). Le divin Zosime, interprétant ces choses, entend par le mercure, l'eau divine (2) déposée dans les bocaux. Quant au corps de la magnésie (3), il l’a appelé dans son livre de l'Action la composition blanche traitée par l’antimoine d’Italie, la chaux, l’alun de Milo et le reste; tels que je les comprends, ajoute-t-il, c’est-à-dire «traités par l’eau divine ». Il a résumé par là toute la classe; et de cette façon il a montré dès le début la fin de l’art. Nous lui demanderons : Pourquoi cette explication? Parle, maître; dans quel but, alors que le Philosophe ἃ dit dans sa première classe : « Prenant du mercure, fixe-(le) avec le corps de la magrésie »; veux-tu dire, toi, qu'il a montré par son explication la fin de l’art?

4, Pourquoi donc tant de livres et d’invocations au démon (4) ? Pourquoi tant de constructions de fourneaux et d'appareils ont-elles été décrites par les anciens, du moment que toutes choses sont, comme tu le dis, faciles à entendre et résumées par là ? C'est souvent, dit-il, 6 disciple qui suis les ouvrages de (l’école de) Démocrite, afin d'exercer ton esprit; car si l’intelligence possède en elle-même la voie directrice, cependant elle ne connaît toutes choses que par un secours extérieur, et non d’après sa propre nature. En effet, l'homme n'est pas naturellement un dieu (5), mais il est l’image

du Dieu qui a dit à son Fils et au Saint-Esprit : faisons l’homme à notre

(1) Cp. p. 46.

(2) Cp., p. 86, les sens multiples des mots : « Eau divine ». — Voir aussi p. 173.

(3) Cp. p. 186.

(4) D'après M; c’est-à-dire au (bon) Génie, « Agathodémon » (voir p. 87).

C'était là sans doute le texte initial, qui répond à divers passages (p. 99, etc.); mais le mot Démon ayant été entendu par la suite dans un sens fâcheux, les autres mss. BAKE Lb. y

ont substitué « invocations à Dieu ».

On voit encore par là la nécessité des formules magiques pour la transmutation, formules qui ont à peu près disparu des manuscrits. — Cp. Origines de l’Alchimie, p. vi, 15, 17, 20, etc., et Zntroduction, p.8, 13, 153, 207.

(5) C'est-à-dire ne possède pas par nature la connaissance universelle et divine. — Ce qui suit concerne plutôt la doctrine de la grâce divine, sans le don de laquelle l'homme ne peut rien.

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