‹ Collection des anciens alchimistes grecs (volume 2)Chapitre 328 sur 349 · CONSTITUTION DE L'OR · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE L'OR

image et ressemblance. « Que possèdes-tu que tu n’aies reçu ? dit le hérault de la piété, l’apôtre Paul (1). Lorsque tu as reçu, pourquoite vantes-tu comme si tu n'avais pas reçu ἢ» Jacques, l’inspiré de Dieu (32), disait : « Tout bon présent et toute donation parfaite viennent d’en haut; ils descendent du Père des lumières». De même lui aussi, le Dieu de l'univers, notre maître et docteur Jésus Christ, nous instruisant, dit (3) : « Vous ne pouvez rien recevoir de vous-mêmes, à moins que cela ne vous soit donné par le Père qui est aux cieux. » Nous devons donc demander à Dieu, chercher et frapper (à la porte), afin que nous recevions. En effet : « demandez, dit l’oracle divin (4), et vous recevrez; cherchez et vous trouverez; frappez et il vous sera ouvert : car celui qui demande recevra, et celui qui cherche trouvera; à celui qui frappe,il sera ouvert ». Mais il faut que chacun, se gouvernant lui-même et par sa propre initiative, considère avec un cœur simple quel doit être l'objet de sa requête; de peur que, faisant une demande téméraire et vaine, il ne réussisse pas. Car l’oracle divin a dit: « si notre demande n’est pas faite avec un cœur simple, nous prenons une attitude téméraire vis-à-vis de Dieu ». Il dit encore : « vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous faites une mauvaise demande, et que vous proposez de dépenser les choses (demandées) dans les plaisirs (5), ὃ femmes adultères ». C'est donc avec une conscience pure, suivant une pratique et un mode purs, qu'il convient d’implorer Dieu (6).

5. Le philosophe Zosime disant ces choses (7), et nous donnant ces bons conseils, attachons-nous à la question (de savoir; ce qu’est le mercure, et le corps de la magnésie; car toutes les autres choses sont comprises dans le corps de la magnésie.. [Il ne faut pas adopter ici la conjonction ou à la place de la conjonction disjonctive et (8)]. Il faut savoir s’il s’agit de 3, ou

(1) Cor. IV, 7. | ilarrive fréquemment chez nos auteurs.

(2) Épitre I, 17.

(3) Jean, III, 27.

(4) Matth., VII, 7, 8. Luc. XI, ο, το.

(5) « Dans les adultères » BAE. — Jacques, IV, 3.

(6) Le sens mystique de la recherche de la grâcese confondici avec le sens alchimiquedela recherchedel’or, comme

(7) Cp. p. 92 et 235.

(8) Glose intercalée dans le texte; elle s'applique à la phrase suivante, car 15 est la somme des nombres 3, 5 et 7 (voir p. 174). La phrase qui vient après semble également indépendante de celle qui la précède.

5et7|{jours), pour la durée totale de la macération correspondant à 15 jours. D'après le (dire) de Démocrite, rapporté par le divin Zosime dans son discours sur les eaux divines: «les deux soufres sont une seulecomposition(r)».

6. Les mercures et les corps étant au nombre de deux, incontestablement la composition blanche et l’eau de soufre sont la même chose; c’est là aussi l'opinion de Démocrite. Ainsi, le soufre mélangé avec le soufre rend les substances sulfureuses (2), à cause de leur grande affinité réciproque. Mais si elles possèdent une grande affinité réciproque, ilest évident qu’elles sont de la même nature que lui; etsielles sont dela même nature, il est bien évident qu’elles sont les parties du même Tout, c’est-à-dire d’une seule composition. Ainsi donc, il faut chercher l’unité dont les parties seraient les deux soufres, ou les liquides sulfureux, ou toute espèce de liquides cor-

respondants.

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