‹ Collection des anciens alchimistes grecsChapitre 188 sur 218 · SUR L'ŒUF PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

SUR L'ŒUF PHILOSOPHIQUE

nie, Al;d’autres, la pierre encéphale; d’autres, la pierre étésienne ; d’autres, la pierre qui n’est pas unepierre{r); d’autres, lapierre égyptienne ; d’autres, l’image du monde (2).

2. La coquille de l’œuf, c'est la partie (3) crue, le cuivre, l’alliage de fer et de cuivre, l’alliage de plomb et de cuivre et (plus généralement) les corps (4) métalliques solides.

3. La coquille calcinée signifie : la chaux vive, l’arsenic, la sandaraque, la terre de Chio, la terre astérite (5), la sélénite (6), l'argent cuit, l’antimoine de Coptos, la terre de Samos, la terre convenable, la terre Cimolienne, la terre brillante, le bleu (7) et l’alun (8).

4. Les parties liquides de l’œuf sont dites : les parties séparées, l'ios et l’ios du cuivre, l’eau verte de cuivre, l’eau du soufre natif, la liqueur de cuivre, la préparation de cuivre à apparence de miel, la vapeur sublimée, les corps réauits en esprits (0), lasemence universelle. (Ces parties liquides) reçoivent encore beaucoup d’autres dénominations.

5. Le blanc de l’œuf s'appelle la gomme, le suc du figuier, le suc du mûrier et celui du tithymale.

6. Le jaune de l’œuf s'appelle le misy, le cuivre, la couperose de cuivre,

(1) Cette expression mystique a été souvent reproduite au moyen âge. Je citerai Roger Bacon : De Secretis operibus artis et naturæ (Bibl. Chem. de Manget, t I, p. 622). Il attribue à Arisτοῖς (27 libro Secretorum) les paroles suivantes : « O Alexandre, .je veux te raconter le plus grand des secrets...

Prends cette pierre qui n’est pas une pierre, présente en tout temps, en tout lieu... On l'appelle l'œuf philosophique. » De même dans le traité qui porte le nom d’Avicenne (Bibl. Chem., τ. I, p.635): est lapis et non lapis. Dans la Turba philosophorum (mème recueil, τ, I, p. 440) : Hic igitur lapis non est lapis, etc. (v. aussi Bibl. Chem. I, 035).

(2) En marge de M. « Ceci doitêtre entendu dans un sens mystique et non un sens physique.»

(3) Ou peut-être l’ensemble (μὸν au lieu de ὠμὸν), par oppositionaux parties séparées.

(4) Métaux et alliages métalliques.

(5) Pune (A. Ν., 1. XXXWVII, 47) donne ce nom à une pierre précieuse blanche, à reflet intérieur. Mais il s’agit plutôt de l’une des deux espèces de terre de Samos, désignée sous le nom d’aster, dans Dioscorine, Mat.

Meéd., 1. V, 171.

(6) C'est-à-dire notre argent, AL.

(7) Sel de cuivre.

18) A ajoute après le bleu : le vermillon de Coptos, la terre de Pont.

(9) σῶμα exprime un métal régénéré de son oxyde ou de ses minerais; — on pourraitaussi lire : ἀσώματα πνεύματα; les esprits séparés des métaux.

la couperose cuite, l'ocre attique, le vermillon du Pont, le bleu, la Pierre d'Arménie, le safran de Cilicie et la chélidoine. 7- Le mélange de la coquille des œufs et de l’eau préparée avec la chaux

vive, c’est ce que l’on appelle la magnésie et les corps (métaux) de la magnésie, l’alliage de plomb et de cuivre, notre argent (1), l'argent commun, la céruse.

8. Le blanc, on l’appelle l’eau de la mer, parce que l’œuf est rond comme l'océan ; l’eau d’alun, l’eau de chaux, l’eau de cendre de chou, l’eau de chèvre (2) des anciens. (Prendre l’eau dans le sens du lait.)

9. La liqueur jaune, on l’appelle le soufre natif, le mercure, celui qui est dit (extrait) du cinabre; l'eau du natron roux, l’eau du natron jaune, le vin Aminien.

10. La composition jaune s’appelle l'or et l’électrum en décomposition, la teinture d’or, la teinture d’argent (3) extraite des citrons, celle qu’on extrait de l’arsenic et de l’eau du soufre apyre. De même que le citron présente la couleur jaune à l'extérieur, et, à l’intérieur, la saveur acide ; de même aussi, l'eau tirée de l’arsenic. L'eau du soufre apyreest le vinaigre des anciens.

11. Le blanc de l'œuf (4) s'appelle mercure, eau d'argent, cuivre blanc, vapeur sublimée blanche, ce qui se volatilise au feu, soufre excellent, eau de soufre natif, écume marine, eau fluviale, rosée, miel attique, lait virginal, lait coulant de lui-même, eau de plomb, ios de cuivre, ferment irrésistible, nuage, soif ardente, astre suspendu de la vapeur sublimée.

12. Quant à toi, aie ceci dans l'esprit : la nature se réjouit de la nature; la nature maîtrise la nature; la nature triomphe de la nature. C’est elle qui, mélangée d’en haut, accomplit le mystère cherché et tiré d’un seul (corps). —

Ces phrases signifient que les sulfureux sont maîtrisés par les sulfureux, les

(1) L’argentdes adeptes, opposé à l’argent commun.

(2) Voir la nomenclature des Prophètes ou prêtres égyptiens dans Dros- CORIDE et dans les Papyrus de Leide (Introd., p: 11).

(5) M. donne ici un signe dont le sens est inconnu, mais qui ressemble

au chrysélectrum, c’est-à-dire à l’électrum. Ce signe est omis dans À, comme si le sens en eût été déjà perdu.

(4) Toute cette fin n'existe pas dans M. Le ὅτι rappelle le langage amphigourique et de plus en plus vague, des alchimistes arabes et deceux du moyen âge occidental.

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