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LES MŒURS DU PHILOSOPHE

cère et fidèle enfant de la sainte, consubstantielle et coéternelle Trinité (τ). Celui qui ne possède pas ces belles qualités, agréables à Dieu, ou qui ne s'efforce pas de les acquérir, celui-là se trompera lui-même, en voulant atteindre les choses inaccessibles ; il ne fera que se nuire à lui-même.

Ι. xv. — SUR L'ASSEMBLÉE DES PHILOSOPHES

1. Les philosophes envoyèrent les uns chez les autres en vue de former une réunion, attendu qu’une querelle et un grand trouble les avait assaillis; ce trouble venait de l’erreur qui s’est abattue sur le monde en ce qui concerne les natures, les corps (2), les esprits (3), touchant la question de savoir si c’est au moyen de plusieurs espèces, ou d’une seule, que s’accomplit le mystère (4).

2. Le philosophe, répondant clairement des choses connues d’eux, s'exprime ainsi : « 11 n'appartient pas à ceux de notre race (5), provenant d’une seule espèce, de nous reprocher nos livres et de nous jeter des imprécations à la tête. Relativement à la teinture de l’or que l’on veut obtenir, voici ce qui m'a été indiqué par les gens du métier : Si quelqu'un vient à exposer les enseignements relatifs à la multiplicité des espèces, il est dans l’erreur ; car le but poursuivi est autre. Le fourneau est unique, unique le chemin à suivre, unique aussi l’œuvre ».

3. Rien ne conduira au but (même au prix de 50 deniers) (6). Mais le sei-

gneur Dieu l’a livré (gratuitement), à cause des mendiants et des désespérés.

(1) C’estle langage des Grecs byzantins de la fin du 1ve et du ve siècle.

(2) Métaux, corps fixes.

(3) Corps volatils (v. Introd., p. 247).

(4) Cela paraît signifier : La transmutation s’opère-t-elle sur un métal unique, dont on change la nature spécifique; ou bien fabrique-t-on l'or et l'argent, en les composant à la façon des alliages, tels que le bronze et le laiton? On pourrait encore entendre par là la pierre philosophale. En effet,on Mit dans un commentaire sur la Turba

philosophorum (Bibl. chem. de Manget, τ Ï, p. 400) : Multis disputationibus Lapidem vel diversis, vel duabus, vel un tantum re constare, diversis nominibus contendunt. — Voir plus haut la note 4 de la page 23.

(5) Il y a là, ce semble, une allusion au rôle des Juifs parmi les alchimistes; des phrases analogues, mais plus précises, sont attribuées à Marie (Origines de l’Alchimie, p. 56).

(6) Ce passage est une interpolation évidente. Il semble qu'il y ait là un

4. Le philosophe parle ainsi: « Prends dans les chairs (1) la partie jaune, car c’est la meilleure parmiles produits macérés (2); et prends la pierre; mets sur le feu, et aussitôt après, dans l’eau; puis reprends cette pierre, ainsi qu’une partie des chairs macérées, et mets (le tout) dans un fourneau solide, destiné à faire le verre. Prends l'huile qui surnage la pierre (3), et (alors)la pierre demeure à l’état de verre. En prenant le même vinaigre, on possède

le vinaigre des philosophes (4) ».

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