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III. — LA SPHÈRE DE DÉMOCRITE

La sphère de Démocrite, inscrite dans le papyrus V de Leïde, représente l'œuvre de l’un de ces Ἰατρομαθηματιχοί, ou médecins astrologues dont parlent les anciens. Ils prédisaient l'issue des maladies. Horapollon (I, 38) cite ce genre de calculs, et il existe un traité attribué à Hermès sur ce sujet, dans les Physici et medici græci minores d’Ideler (1). La prédiction se faisait d'ordinaire à l’aide d’un cercle ou d’une table numérique; elle reposait sur un calcul, dans lequel l’âge du malade, la somme des valeurs numériques répondant aux lettres de son nom, la durée defsa maladie, etc., se combinaient avec le jour du mois et les phases de la révolution lunaire. J’ai retrouvé six figures de ce genre dans les manuscrits alchimiques et astro-

logiques de la Bibliothèque nationale.

Donnons d’abord le texte du papyrus V.

« Sphère de Démocrite, pronostic de vie et de mort. Sache sous quelle lune (dans quel mois) le malade s’est alité et le nom de sa nativité (2). Ajoute le calcul de la lune (3), et vois combien il y a de fois trente jours, prends le reste et cherche dans la sphère : si le nombre tombe dans la partie supérieure, il vivra; si c’est dans la partie inférieure, 1]

mourra. »

La sphère est représentée ici par un tableau qui contient les trente premiers nombres (nombre des jours du mois), rangés sur trois colonnes

et d’après un certain ordre. La partie supérieure contient trois fois six

(1) T. I, p. 387 et 450. Le traité a sance, afin de calculer le nombre repréété imprimé deux fois sous des titres un senté par les lettres de ce nom. peu différents, par une singulière né- (3) C'est-à-dire, ajoute le nombre du gligence. jour du mois où il s'est alité au nombre (2) Le nom donné le jour de la nais- représenté par le nom du malade.

db de

nombres ou dix-huit; la partie inférieure en renferme trois fois quatre ou douze.

Le mot sphère répond à la forme circulaire qui devait être donnée au tableau, comme on le voit dans certains manuscrits (voir les figures cidessous).

Il existait en Egypte un grand nombre de tableaux analogues. Ainsi dans le manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale, consacré à la collection des alchimistes, on trouve au folio 293 (recto) :

L’instrument d’'Hermès trismégiste, renfermant 35 nombres, partagés en trois lignes : « on compte depuis le lever de l'étoile du Chien (Sothi ou Sirius), c’est-à-dire depuis Épiphi, 25 juillet, jusqu’au jour de l’alitement ; on divise le nombre ainsi obtenu par trente-six (1) et on cherche le reste dans la table ».

Certains des nombres représentent /a vie, d’autres la mort, d’autres Le danger du malade. C’est un principe de calcul différent.

Dans le manuscrit grec 2419 de la Bibliothèque nationale, collection astrologico-magique et alchimique, il y a deux grands tableaux de ce genre, plus voisins de la sphère de Démocrite, et deux petits tableaux. Les deux grands sont circulaires et attribués au vieil astrologue Pétosiris, qui avait déjà autorité du temps d’Aristophane.

L'un d’eux, dédié (fol. 32) par Pétosiris au roi Necepso (3), se compose d’un cercle représenté entre deux tableaux verticaux. Les tableaux renferment le comput des jours de la lune ; le cercle principal renferme un autre cercle plus petit, partagé en quatre quadrants. Entre les deux cercles concentriques se trouvent les mots : grande vie, petite vie, grande mort, petite mort. En hauteten bas: vie moyenne, mort moyenne. Ces mots s'appliquent à la probabilité de la vie ou de la mort du malade. Les nombres de 1 à 29 sont distribués dans les quatre quadrants et sur une colonne verticale moyenne formant diamètre.

Voici la photogravure de ce tableau :

(1) Ce chiffre rappelle les 36 décans (5) Ces deux noms sont associés paqui comprennent les 360 jours de l’an- reillement dans Pline l'Ancien, Hist. née. nat., 1. Il, 21 et ]. VII, 50.

anse ee ea À 7 #7 T< pis Che Ὁ Pr els

Va vée “τ- Ga

ὃς KA τς Fa

d Rd Gun Aer

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Ficure 1. — Cercle de Pétosiris

L'autre cercle de Pétosiris (fol. 156), dédié aussi au très honoré roi Necepso, porte extérieurement et en haut: Levant, au-dessus de la terre, entre les deux mots grande vie, petite vie ; en bas: Couchant, au-dessous de la terre, entre les deux mots grande mort, petite mort ; mots précisés par les inscriptions contenues entre les deux cercles concentriques :

En haut: « ceux-ci guérissent de suite — ceux-ci guérissent en 7 jours ».

En bas: « ceux-ci meurent de suite — ceux-ci meurent en 7 jours ».

Les diagonales sont terminées par les mots : air, terre, feu, eau.

Entre les deux régions, sur le diamètre horizontal : « limites de la vie et de la mort ».

A l'une des extrémités de ce diamètre : « Nord — milieu de la terre ».

A l’autre extrémité : « Midi — milieu de la terre ».

Sur les octans : « Nord, au-dessus de la terre, (région) de Borée. — Midi, au dessus de la terre, (région) de Borée. — Nord, au-dessus de laterre,

(région) du Notus. — Midi, au-dessus de la terre, (région) du Notus. »

Les nombres de r à 30 sont distribués suivant les huitièmes de circonfé-

rence et dans la colonne verticale moyenne.

Voici la photogravure de ce tableau :

ς / HR rs à τς +

| | Ἴ οβοί sac | τ ETET ῃ ΄ "ἧς : à +? |

παν ἘῸΝ Ke ri acc de LL Ho oe-#àneu Was”:

FIGURE 2. — Autre Cercle de Pétosiris.

Quant aux bases et procédés de calcul, il est inutile de nous y arrêter.

. Les personnes qui s'y intéresseraient trouveront sur ce point des renscignements très intéressants dans une notice publiée par M. Paul Tannery : Sur des fragments d'Onomatomancie arithmétique (Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, τ. XXXI, 2e partie, 1885). Il y montre l'origine de la preuve par neuf, d'après un passage fort curieux des Philosophumena, où l’on enseigne à prendre le résidu par 9 ou par 7 dela valeur numérique des lettres du nom propre, en diversifiant le procédé de calcul suivant des conventions arbitraires. On calculait ainsi, d’après les nombres des noms propres : soit la vie d’un malade; soit le succès d’un combat entre deux guerriers; soit le résultat de diverses autres alternatives relatives au vol, au mariage, aux voyages, à la survivance, etc. Ce mode de divination était attribué à Pythagore.

M. P. Tannerÿ donne, d’après les manuscrits 2009, 2256, 2419 et 2426 de la Bibliothèque nationale, une prétendue lettre de Pythagore à Telaugès (ou à Laïs, ou à Hélias, suivant les manuscrits), avec table divinatoire annexée, table fondée sur de pures combinaisons numériques{1), sans données astrologiques proprement dites. Plus loin, il présente le texte et la traduction des deux petits tableaux dont je vais parler.

En effet, au folio 33 du manuscrit 2419 se trouvent deux tableaux qui ressemblent beaucoup plus que les précédents à la sphère de Démocrite et à l'instrument d'Hermès. Le premier, sous la rubrique ψῆφος démos. (calcul éprouvé...) consiste en trois lignes, renfermant chacune douze nombres horizontaux de 1 à 36, par tranches verticales. Vis-à-vis la première ligne : ζωή (vie); vis-à-vis la seconde : état moyen (μέσα): vis-à-vis la troisième ligne : θάνατος (mort).

Voici le résumé du texte :

« Calcule le jour où le malade s’est alité, où l'enfant est né, où le fugitif a disparu, où l’on s'est embarqué, enfin opère pour tout ce que tu désires :

comptes aussi depuis le 18 mai (2) jusqu’au jour donné, et du nombre obtenu

.Φ (1) « Calcule le nom du malade et le jour de l’alitement qui l’emporte, il jour de son alitement. Si le nom du mourra, etc. ». malade l'emporte, il vivra; si c’est le (2) Epoque de l'entrée du soleil dans

retranche 36 autant de fois que possible. Prends le reste. Si le nombre se trouve dans la première ligne, le malade vivra, l'événement sera heureux (ἀγαθά), etc.; dans la troisième ligne, c’est la mort ou le malheur (ἐναντία); surla seconde ligne, la maladie sera longue, etc. (εἰς μαχρόν)». — Cetableau estune variante de l'instrument d'Hermès contenu dans le manuscrit alchimique.

Le second tableau est sous la rubrique : ψῆφος ξόδοματιχὴ ἡμερῶν διαγνωστιχὴ ζωῆς χαὶ θανάτου; calcul d’après les jours de la semaine pour diagnostiquer la vie ou la mort. Ce sont deux colonnes verticales, chacune de 15 chiffres, de 1 à 30, l’une ayant pour titre*: vie ; l’autre : mort. Le calcul est à peu près le même, sauf variantes (1), que celui de la sphère de Démocrite du Papyrus de Leide, traduite plus haut. De plus, il n’y a que deux colonnes dans le manuscrit 2410, tandis 4111] en existe trois dans le Papyrus.

Il m'a paru de quelque intérêt de rapprocher ces divers tableaux et cercles de la sphère de Démocrite, contenues dans le Papyrus V, ainsi que lPinstrument d'Hermès, transcrit au manuscrit 2327. En effet les noms d'Hermès et de Démocrite, ainsi que l’existence du tableau du Papyrus, établissent l'antiquité de ces pratiques, contemporaines des premiers alchimistes : elles en montrent l’origine orientale et spécialement égyptienne.

On voit en même temps, par une nouvelle preuve, comment le nom de Démocrite, dans l'Egypte hellénisante était devenu celui du chef d’une école d’astrologues et de magiciens; le tout conformément aux traditions que j'ai

exposées et discutées ailleurs (2).

Les alchimistes avaient, comme les chimistes de nos jours, des notations et des nomenclatures particulières: ces notations étaient construites, en partie du moins, d’après des méthodes précises et qui rappellent même, à

certains égards, nosconventions actuelles. La difficulté que présentela lecture

les Gémeaux et commencement de 10etl’omission du 1°r jour dela maladie. l'été, au temps de l'Empire romain. (2) Origines de l'Alchimie, p. 156 (1) Telles que l'addition du nombre et suivantes.

des vieux textes alchimiques, qui remontent jusqu’au temps de l'Égypte romaine et des Antonins, résulte souvent du peu d'intelligence que nous avons de ces notations.

Elles sont cependantnécessaires à connaître, por ceux qui veulent faire des recherches sur les doctrines et les pratiques de la Chimie, de la Médecine, de la Pharmacie, de la Métallurgie et de la Minéralogie, dans l’antiquité et au moyen âge. C’est ce qui m'a engagé à les reproduire ici.

Un seul auteur jusqu’à présent a essayé de les figurer: c’est le savant Du Cange, au xvure siècle, dans son Glossaire du grec au moyen âge. Mais cette publication est très incomplète, très négligée et très incorrecte. Il m'était pas facile d’ailleurs de transcrire ces signes avec une précision parfaite, à une époque où les procédés fondés sur la photographie n'étaient pas connus. En outre, le plus vieux et le plus beau manuscrit qui existe, celui de Saint-Marc, à Venise {fin du x° ou commencement du x1e siècle), ne paraît pas avoir été connu de Du Cange.

Ayanteu occasion depuis quelques années d'étudier d'une manière approfondie les textes manuscrits des alchimistes grecs, pour la composition de mon ouvrage sur « les Origines de l'Alchimie », j'ai fait reproduireen photogravure les symboles des manuscrits, en prenant comme types ceux du manuscrit de Saint-Marc {xre siècle) et ceux du manuscrit n° 2327, le plus complet qui existe à la Bibliothèque nationale de Paris, lequel a été copié en 1478.

Ces symboles, de même que ceux de la Chimie actuelle, sont placés en tête des manuscrits. [ls ont été construits suivant deux règles différentes : l’une applicable aux métaux et à leurs dérivés, l’autre aux substances minérales et aux produits de matière médicale, ainsi qu’à certains mots d'usage courant.

Les symboles des métaux sont purement figuratifs : ce sont les mêmes que ceux des planètes, auxquelles les métaux étaient respectivement dédiés par les Babyloniens; c’est-à-dire des astres sous l'influence desquels les métaux étaient supposés produits dans le sein de la Terre (voir p. 78). Parmi ces symboles, ceux du Soleilet de la Lune {or et argent) figurent déjà dans les papyrus de Leide, qui remontent au 1° siècle de notre ère (voir p. 25 et47).

Jai reproduit sur ce point les opinions de Proclus, du Scoliaste de Pin-

dare (p. 81), ainsi que la vieille liste de Celse (p.77 et78), etles attributions d'Olympiodore le Philosophe (p. 81), correspondant à la liste du manuscrit de Saint-Marc, figurée dans la colonne droite de notre planche I.

Rappelons brièvement'les notations et symboles suivants :

19 Or, correspondant au Soleil et représenté par le même signe ;

29 Argent, correspondant à la Lune et représenté par le même signe

3° Electrum ou asèm, dont le signe était celui de Jupiter.

Cependant, dans les vieux textes, où l’asèm est confondu avec l'argent, il en affecte quelquefois le signe, à savoir un croissant dont l'ouverture est tournée vers la droite. ;

L'asèm ou électrum ayant cessé d’être regardé comme un métal particulier, vers Le vi‘ siècle de notre ère (p. 84), le signe de Jupiter fut affecté à l'étain qui, jusque-là, répondait à la planète Mercure (Hermès). Nos listes portent la trace de ce changement (ce vol. fig. 3, PI: I, l. 4, à droite; fig. 7, PI. V, 1. 16, signes de l’électrum; fig. 10, PI. VIII, 1. 5, signe de l’étain).

On trouve, notamment dans la fig. 7, PI. V,1. 12 et 13 : deux signes pour la planète Jupiter et son métal(p. 82); trois autres signes pour l’étain, et trois autres signes, semblables aux derniers, pour la planète Hermès.

4° Plomb, correspondant à Saturne; il a plusieurs signes dans les listes. (fig. 7, PL V,l. τα εἴ 12). Le nom même du plomb comprenait à l’origine la plupart des métaux ou alliages, blancs et fusibles (p. 83).

5° Fer, correspondant à Mars.

Cependant le fer et l’étain sont représentés par des signes pareils dans notre fig. 6, PL.IV,1. 12 (troisième signe de l’étain), comparée à la fig. 7, ΒΊΟΝ Er trees Cp 83):

60 Cuivre, correspondant à Vénus et représenté par le même signe(p. 83).

Ce nom s’étendait à diverses variétés de bronze, confondues sous le nom d’airain.

7° Étain, correspondant d’abord à la planète Hermès ou Mercure, plus tard à Jupiter (p. 84).

Le signe de Jupiter semble avoir eu à un certain moment un caractère générique : du moins on le trouve en outre associé à celui de Mercure dans une des listes (fig. 7, PI. V, 1.5).

8° Mercure, d’abord représenté par le signe de la Lune (argent) retourné,

c’est-à-dire par un croissant dont la convexité est tournée vers la droite (fig. 3, PI. I, col. de droite, 1. το; fig. 6, PI. IV, 1. 5). Nous avons dit(p.84) comment, entre le ve siècle (liste d'Olympiodore le Philosophe) etle viresiècle de notre ère (liste de Stéphanus d’Alexandrie), le mercure prit le signe de la planète Hermès, auparavant affecté à l’étain (fig. 10, PI. VIII, 1. 6).

Cette affectation nouvelle figure aussi dans la liste planétaire du Traité d’Albumazar (1xe siècle), transcrite par le manuscrit 2419 (fol. 46 verso).

Le mercure et l’étain ont donc chacun deux signes différents dans nos listes, suivant leur époque.

L’étain a encore d’autres signes (fig. 7, PI. V, 1. 13), et ceux du plomb sont multiples, comme il a été dit.

Le fer, métal plus moderne que les autres, a également plusieurs signes [ΒΡ 3. ΒΙΨ ΤΙ ὅν: πριν API NV 1: r)Idansiles listes:

Mais les signes fondamentaux de l'or, de l’argent, du cuivre, ne semblent pas avoir varié, du moins depuis l’époque où nos tableaux ont été établis.

Tels sont les signes des corps simples ou radicaux, comme nous dirions aujourd’hui.

Ces signes sont le point de départ de ceux d’un certain nombre de corps, dérivés de chaque métal et répondant aux divers traitements physiques ou chimiques qui peuvent en changer l’état ou l'apparence.

Par exemple, la limaille, la feuille, le corps calciné ou fondu, d’une part; et, d'autre part, la soudure, le mélange, les alliages, le minerai, la rouille ou oxyde (PI. V, col. de gauche).

Chacun de ces dérivés possède un signe propre, qui se combine avec le symbole du métal : exactement comme on le fait dans la nomenclature chimique de nos jours. Quand le nom du métal reparaît dans celui d’un alliage, dune dissolution, d’une évaporation, d’un précipité, d'un minéral, ou d’une plante, il est remplacé par son symbole.

Le symbole de la litharge (mot à mot, pierre d’argent), renferme, par exemple, celui de l'argent (argyrion) ; la sélénite, celui de ce même argent, c’est-à-dire de la Lune {sélénè) ; quoique le nom du métal n’aitété introduit dans ces dénominations et ne leur ait été appliqué que par analogie. La concrétion blanche renferme aussi le signe de l'argent: la concrétion jaune, celui de l'or (fig. 3, PI. I, 1.21 et 22. àdroite). Le signe du molybdochalque,

alliage de plomb et de cuivre, renferme celui du cuivre (fig.6, PI. IV, 1. 13). Le signe du plomb se trouve dans celui de lantimoine (sulfuré), par suite d’une certaine confusion entre les deux métaux (fig. 7, PI. V, 1. το). Lesymbole d’un métal figure également dans les noms de certains minéraux, dont ce métal peut être extrait : par exemple, le signe du vermillon du Pont renferme celui du mercure (fig. 6, PI. IV, 1. 24, 2° signe). Tous ces rapprochements, les derniers surtout, rappellent nos nomenclatures.

Les listes alchimiques ne contiennent pas seulement les noms des métaux, mais aussi ceux des substances minérales et des produits employés, soit dans l’industrie, soit dans la matière médicale. Les signes correspondants ont été formés toujours suivant une règle pareille à celle qui préside aujourd'hui à la formation des symboles de nos corps simples et de nos radicaux composés ; je veux direen prenant les premières lettres ou les lettres principales du nom que l’on voulait exprimer : c'est ce qu’on peut voir dans les planches qui suivent.

Les listes inscrites dans ces planches se rapportent à des époques très diverses ; les plus anciennes remontent au commencement du moyen âge. Mais elles ont été remaniées à plusieurs reprises : chaque copiste ajoutant à la suite tous les signes qu’il connaissait, ou qu’il trouvait dans d’autres ouvrages, sans craindre de donner trois ou quatre signes distincts pour le même nom plusieurs fois répété. Il est facile de reconnaître ces additions ou intercalations, soit d’après le changement de sujet, soit d’après le mot ἄλλως (autrement), parfois écrit dansles manuscrits avec une initiale rouge.

L'analyse des signes du manuscrit 2327, comparés avec ceux du manuscrit de Saint-Marc, du manuscrit 2325, du manuscrit 2419 et de quelques autres, permet d'y reconnaître dans la liste fondamentale au moins neuf listes partielles de ce genre, successivement ajoutées.

Développons cette discussion.

19, On distingue d’abord une première liste, très courte et très ancienne, laquelle renferme seulement les signes des sept planètes, suivies des noms des sept métaux correspondants, donnés en sept lignes dans le manuscrit de Saint-Marc (Pl. I, col. de droite, 1. 1 à 7). Dans le manuscrit 2327, on retrouve les cinq derniers métaux : plomb, électrum, fer, cuivre, étain, sui-

vant le même ordre etavecles mêmes épithètes (PL.V, dela L. 15, dernier mot,

à la 1. 18), l'or et l'argent ayant été inscrits auparavant et séparément. Seulement les signes des métaux sont à la suite des noms, au lieu de les précédercomme dans le reste des planches. Les cinq mêmes métaux, désignés pareïillement, sans l'or, ni l’argent, existent aussi, à la suite d’une liste différente, dans le manuscrit 2325. Cette première liste ne comprend ici que les métaux et les planètes et elle répond à une autre liste beaucoup plus développée, dans laquelle se trouvent, à la suite de chaque signe planétaire, les diverses substances dérivées du métal correspondant ou corsacrées à sa planète. Nous y reviendrons tout à l'heure. Observons encore que dans la liste présente de Saint-Marc l’électrum figure avec le signe de Jupiter et l’étain avec le signe d'Hermès. Dans le fragment de liste correspondant du manuscrit 2327 (PI. V, 1. 15 à 18), Jupiter et l’électrum sont représentés par deux signes distincts; mais celui de l’électrum dérive en réalité de celui de Zeus, déformé par le copiste, comme le montre sa comparaison avec le manuscrit de Saint-Marc (voir la planche I, 1. 14); d’autre part, l’étain a perdu son signe: le copiste transcrivait machinalement des symboles qu’il ne comprenait plus.

2° Une seconde liste, plus longue et plus méthodique, comprend les noms des métaux et de leurs dérivés: or, argent, cuivre, fer, plomb, étain, mercure. Elle est très claire et très nette dans le manuscrit de Saint-Marc (PI. 1, col. de gauche,l. τ à 26, etcol. de droite, 1. 10 à 19). Cette liste est plus moderne que la précédente; car l’électrum n’y figure plus comme un métal spécial, mais comme un dérivé de l’or (chrysélectron, 1. 5) avec un symbole complexe, dérivé de ceux de l’or et de l’argent : la nature chimique véritable de la variété d’électrum à base d’or était donc reconnue. Le mercure est inscrit à la suite de l’étain, mais à part et sans dérivés particuliers ;son signe est celui de l’argent retourné, et non celui de la planète Hermès : ce qui répond aussi à une époque intermédiaire, quoique antérieure à celle où Hermès est affecté définitivement au mercure.

Cette liste manque dans le manuscrit 2325, le plus ancien après celui de Saint-Marc; tandis qu’elle forme le début de celle du manuscrit 2327 (PI. IV., 1. 4 à 17). Seulement l'argent a été intercalé ici au milieu des dérivés de l’or, ainsi que le mercure, placé à côté de argent. Le chrysélectron ἃ disparu ; deux des dérivés de l'argent (feuille et limaille) sont omis à la fin des dérivés du cuivre. Après ὠρίχαλχος (PI. IV, 1. 11) vient le mot yxhxès, puis

cos (1. 12); à la place du fer et de ses dérivés, inscrits dans la liste

du manuscrit de Saint-Marc. Ceux-ci sont rejetés plus loin dans le manuscrit

(PI. V, 1. r et 2), avec des noms identiques, et des signes différents.

Mais le manuscrit 2327 reprend par le plomb (PI. V, 1. 11), dont le nom est suivi par les mots intercalés : χρόνος φαίνων : puis viennent les dérivés du plomb, les mêmes dans les deux manuscrits (sauf une inversion). L’article étain, coupéen deux par le plomb intercalé, reprend, dans le manuscrit 2327 {PL V, L. 15), par le second des signes de ce métal, donné dans le manuscrit de Saint-Marc (PI. I, col. de droite, 1. 14) et précédé de même du mot ἄλλως (autrement). Bref, toute cette liste est évidemment la même dans les deux manuscrits; mais elle est régulière dans le manuscrit de Saint-Marc; elle est transcrite, au contraire, avec une certaine confusion dans le manuscrit 2327.

3° Les noms etles signes des métaux sont suivis dans le manuscrit de Saint- Marc (PI. I, col. de droite, 1. 20-27, et PI. II, col. droite d’abord; puis col. de gauche, 1.1 à 2), par des mots tels que νεφέλη, etc., se rapportant aux dérivés du mercure (PI. I, 1. 20 à 22), à la litharge, au soufre, à la

sélénite, à la couperose, etc., jusqu'aux mots : un jour et une nuit, puis ᾿ 2

Tout ceci manque dans le manuscrit 2325, aussi bien que la seconde liste.

Dansle manuscrit 2327, au contraire, la même suite de mots formela fin de la planche IV, lignes 17 à 27, jusqu'à πέταλα exclusivement, et sauf des variantes de dialecte et autres, peu importantes.

Cette troisième liste peut être regardée comme la suite de la seconde, puisqu'elle coexiste dans les mêmes manuscrits. Mais elle n’a pas subi les inversions et les confusions qui distinguent la seconde dans le manuscrit 2327. Le manuscrit 2275, dans ces premières parties, est exactement conforme au manuscrit 2327 (1); identité d'autant plus remarquable, qu'il n’en reproduit pas les figures, mais celles du manuscrit 2325. Il y a donc eu une source commune, antérieure aux trois manuscrits.

4 Le manuscrit 2325 débute par une liste toute différente des trois

précédentes; laquelle manque dans le manuscrit de Saint-Marc, mais se

(1) Le manuscrit 2275 est antérieur de toujours une copie directe de 2325, 15 ans au manuscrit 2327; c'est presque faite avant la mutilation de ce dernier.

retrouve dans le manuscrit 2327. Dans ce dernier (PI. V, 1. 3), le fer et ses dérivés, transposés comme il a été dit plus haut, sont suivis du mot χαλχίον. qui manque ailleurs. Puis vient le mot θάλασσα, début de ce qui nous reste de la liste mutilée du manuscrit 2325, jusqu’à λευχὴ αἰθάλη à ὑδράργυροξ

λέγετα! (PI. V, 1. 15). Tout ceci est communaux manuscrits 2325, 2275 6

2327, mais manque dans le manuscrit de Saint-Marc.

Ensuite on trouve dans les trois premiers les noms des cinq métaux, autres que l'or et l’argent (plomb, électrum, fer, cuivre, étain), conformes par les épithètes à la première liste de Saint-Marc; on a déjà signalé ce rapprochement. La similitude des manuscrits 2325 et 2327 à cet égard atteste une certaine communauté d’origine.

50 Les quatre manuscrits de Saint-Marc, 2325, 2275 et 2327, contiennent ensuite une même liste, faisant suite à la troisième dans le premier manuscrit. Elle débute parixkauètavéy (Pl. 11, col. gauche, 1. 12) ; (PI: V, 1. 18) et se poursuit sans variante importante, jusqu'à χυλός (Pl. III, 1. τό, εἴ PI. VI, 1. 3). Cette liste renferme à la fois des mots de Chimie et de Minéralogie, des mots de Botanique et de matière médicale, et certaines abréviations d'usage plus commun. Les listes du manuscrit de Saint-Marc sont ainsi épuisées. On voit qu’elles se retrouvent entièrement dans le manuscrit 2327; mais non dans le manuscrit 2325.

6° A la suite de la précédente, on lit dans les manuscrits 2325, 2275 et 2327 une petite liste, en cinq lignes (PI. VI, 1. 3 à 7), contenant 165 noms des métaux et divers autres, depuis χρυσός jusqu’à σιδήρεως. Le cuivre y figure deux fois, l’une avec son signe ordinaire, l’autre avec deux signes, dont l’un n’est autre que la première lettre du mot χαλχός. Ceci accuserait une origine plus moderne. Mais, par contre, le mot μπόσιρις semble répondre à une source égyptienne. On y voitencore ici le mystérieux mercure d’arsenic (L. 4) lequel était probablement notre arsenic métallique, corps sublimable, susceptible d’être extrait par l’action de divers agents réducteurs du sulfure d’arsenic, et aussi capable d’être fixé par sublimation sur le cuivre qu’il blanchit : le tout à la façon du mercure ordinaire, extrait de son sulfure.

7° Cette liste est suivie par une autre, existant dans les manuscrits 2325, 2275 et 2327, et qui débute par le mot caractéristique ἄλλο (PI. VI, 1.8 à 20)

C’est une série d’abréviations très diverses, et plus modernes, comme en

100 INTRODUCTION F témoigne le mot νερόν. qui signifie eau däns le grec actuel. Les symboles

de l’ange et du démon semblent indiquer que certe liste a été tirée de quelque livre magique. L'or yest désigné par unsigne nouveau (|. 19). » La s'arrêtent les listes des manuscrits 2325 et 2275.

89 Le manuscrit 2327 renferme ensuite une huitième liste, comprenant des matières médicales et débutant par le mot ἄλλως (PI. VI, 1. 20 à 25).

Elle se termine au mot 4459. — Ce qui définit cette liste comme distincte c'est son existence séparée dans le manuscrit 2419 de la Bibliothèque nationale (fol. 274, verso 6). Là les signes seuls y sont dessinés, sans interprétation, à l'exception des mots χαρδία (cœur) et ἧπαρ (foie).

Cependant la suite du manuscrit 2327 (PI. VI,1. 26; PI. ὙΠῸ PI VIN 1. 1 à 4) n’accuse aucune transition brusque; sauf peut-être au mot pompholyx (PL: VIT, L.1).

Cette liste paraît d’ailleurs formée par diverses juxtapositions, comme le montre la répétition de certains mots (camphre, aloës).

Il existait en effet bien des listes de ce genre au moyen âge: je citerai, par exemple, unelistedesignes etabréviations, transcrite dans le manuscrit 2410, (fol. 154,) tout à faitdistincte par l’ordre des mots qu'elle renferme ; quoique ceux-ci soient en somme les mêmes et répondent pour la plupart aux mêmes symboles ou abréviations:par exemple l'or, l'argent, le fer, le cuivre, l’étain, le plomb, le ciel, etc. Il y a cependant quelques signes différents, tels que ceux de l'ange, du démon, de la couperose. La céruse notamment est exptimée au moyen d'un y barré par une ligne verticale, etc. Mais revenons au manuscrit 2327.

g° Le mot ἄλλως (PI. VIII, 1. 4 marque dans ce manuscrit le début d’une dernière liste, probablement composite comme la précédente. Elle débute par les noms des métaux. Elle est plus moderne, car l'électrum a disparu et l’étain s’y trouve avec le signe de la planète Jupiter, au lieu du signe de la planète Hermès, qu’il possédait dans les premières listes. Au contraire le mercure a pris le symbole de la planète Hermès.

En résumé, ces listes multiples semblent avoir été tirées de manuscrits distincts par l’époque et la composition, dans lesquels elles figuraient d'abord; elles ont été mises bout à bout en tête de la collection du manuscrit 2327.

Celle du manuscrit de Saint-Marc est la plus ancienne et a passé entière-

NOTATIONS ALCHIMIQUES IOI #

ment dans le manuscrit 2327 : cequi est fort important pour les questions de filiation ; mais elle a subi des intercalations et transpositions, qui témoignent de remaniements considérables.

Je donnerai maintenant le résumé des comparaisons entre les signes mul: tiples d’un même corps, et spécialement d’un métal, telles qu’elles résu Iten de l'examen de ces tableaux.

Les métaux sont représentés surtout par les signes des planètes correspondantes. Cependant, à côté des signes planétaires des métaux, on en trouve d'autres, qui sont de simples abréviations, réduites parfois à l'initiale du nom de la planète ou du métal; tels que :

OnN(PEMVIE AG):

Cuivre (PI VI, 1. 3 et6);

Fer (Pl VA ler)

Mercure (PI. VI, 1. 15;

Étain (PI. V, 1. 12 et 16).

De même le nom de l’eau esttantôt figuré par son hiéroglyphe (PI. IT, 1.5; PI. IV, 1.26; PI. V, 1.3); tantôt par l’abréviation du mot grec correspondant

PI. VI, 1. 5). De même le mot fleuve (PI. III, L. 1; PI. V, 1. 25; comparées avec ΕΙΠΕ 1-7):

Le nom de la litharge a aussi deux signes : l’un, dérivé de l’argent, l’autre, simple abréviation (P1. IV, 1. το et PI. VIII, 1. 20).

Le signe générique des rouilles (oxydes) métalliques offre deux variantes (PISE Wroren25: PI VII nn) ete

Signalons maintenant les répétitions.

Tous les noms des métaux existent dans les listes de Saint-Marc, deux fois; une fois séparément, une fois dans la liste planétaire. En outre, le nom de l'or se retrouve cinq fois dans la seconde liste, celle du manuscrit 2327 (81 ΤἈΝ 4 PINS tétro; PI VII 195 Pl VII 1.5) Sontsigne est toujours celui du Soleil, à l’exception d’un signe figuré dans la planche VI, 1. 19, qui est double et semble une abréviation.

Le nom de l'argent se lit trois fois dans la seconde liste (PI. IV, 1. 4 ; PI. VIII, 1. 6 et 22). Son signe n’a pas de variante, si ce n'est que le croissant est placé horizontalement à la dernière place.

Le nom du cuivre est écrit six fois dans la deuxième liste (PI. IV, 1.0;

PI. MIE 1. 3,6, τας PL VII, 1.6; PI. VIII, 1.6). Son signe ofre six variantes, dont L'une répond à l'un des signes du fer (PI. V, 1. 12).

Le nom du fer esttranscrit quatre fois dans la deuxième liste (PL V, 1. τ et r7; PI. VI, L 20; PI. VIII, L Set 22). Son signe offre quatre variantes principales. En effet, le nom du fer est représenté par quatre signes principaux.” L'un d’eux une flèche avec sa pointe, semble une abréviation du signe planétaire. Un autre signe, un 6, est nous l'avons vu l’initiale du mot θουράς. nom ancien de la planète Mars; parfois avec adjonction d'un 7, abréviation du πυρόεις, l'enflammé, autre nom ou épithète de Mars (PI. V, 1. 15).

Le nom du plomb figure six fois dans la deuxième liste (PL. IV, E τὰ ; PIS lrretr6; PLNI 14 PLEVIT 1 6 PLV 15) Sonisienecftreisis variantes. Aucun métal n’a plus de signes que le plomb, matière première de la transmutation chez les Égyptiens. Dans l’une des planches (PI. VII, L. 6), le signe ordinaire est doublé par adjonction du signe du cuivre. Un autre signe du plomb (PI. VI, 1. 4) se retrouve à peine modifié, comme signe de cuivre (Pl. VI, 1.6), et mêmecomme signe adjoint au mercure (Pl. VI, 1. 15). Cesigne rappelle encore l’un de ceux du soufre (PI. IV, 1. 18), désigné comme le plomb par le nom d'Osiris, chez les Egyptiens.

Le nom de l’étain se voit quatre fois dans la deuxième liste (PI. IV, L. 12; PI. V,1. 13et18; PI. VIII, 1. 5). Son signe offre cinq variantes. Dans l’une d'elles, on retrouve l’un des signes du cuivre (PI. V, 1. 13); dans une autre, l'un des signes du fer (PI. V, 1.13).

Le nom du métal mercure est signalé cinq fois dans la deuxième liste (PLANS 5 PIN ᾿ς ῬΙΝῚ rs: ἘΝ 0 6 ΕΓ 8): Sontsisneoffreteois variantes, savoir : le signe de l'argent retourné; le signe de la planète Hermès, plusmoderne (PI. VIII, 1.6); enfin le double signe de l’eau-argent, avec le croissant ordinaire. (PI. VI, 1. 15). On trouve encore lenom du mercure associé à celui de l’arsenic (PI. VI, 1. 4), et représenté par un double signe, dont la première partie est le signe du mélange ou alliage d’or; la seconde, le signe de l’arsenic retourné. Il y là une idée se rattachant à la transmutation des métaux et à la fabrication de l’or par l’intermédiaire du mercure, réputé former l’essence des métaux, et de l’arsenic, regardé comme l'un de leurs principes colorants (Origines de l’Alchimie, p. 238 et 279).

Le nom de l’arsenic (sulfures arsénicaux) est tracé quatre fois dans la

deuxième liste (PI. V,1. τὸς PL. VI, 1. τ δὲ 26; PI. VIII, L. 21), avec trois ou quatre signes différents. Le signe de la planche VI, ligne 26, est le plus moderne ; car ilestemployé couramment dans le manuscrit 2419. Le nom même de l’arsenic estassocié deux fois (PI. V, 1. 7 et 9) à celui dela sandaraque (sulfure analogue), laquelle est confondue parfois sous le même signe (PI. V, 1.7). Ailleurs la sandaraque est exprimée par le signe du soufre (PI. VIII, 1. 22) : cequi montreque les alchimistesen avaient bien saisi les analogies complexes.

Le signe de l’antimoine ({sulfure d’antimoine) existe deux fois dans la deuxième liste (PI. V, 1. ro et 25); la première fois, il est associé à celui du plomb, probablement parce que l’on avait aperçu l’analogie des deux métaux.

Les mots : matras, sel, vapeurs sublimées, etc., donnentlieu à des remarques analogues, mais sur lesquelles il paraît superflu de s'étendre.

Nous allons reproduire maintenant ces listes, d’après des photogravures prises sur les manuscrits. L’échelle exacte a été conservée pour le manuscrit 2327 : mais elle a été un peu réduite pour le manuscrit de Saint-Marc.

J'ai donné la traduction, aussi exacte que j'ai pu dans une matière si obscure, de tous les mots qui figurent dans ces listes.

Je me suis aidé à cet effet des œuvres de Dioscoride (édition Sprengel); de celles de Vitruve, de Pline {édition Sillig) et des Commentaires de Saumaise (Plinianæ Exercitationes, 1680). Je laisse à d’autres le soin des remarques grammaticales sur ces textes, me bornant à faire observer que l’iotacisme est bien plus marqué dans le second manuscrit que dans le plusancien.

Pour le manuscrit de Saint-Marc, dont l'écriture est très différente de celle du grec moderne, j'ai cru utile de fournir en même temps le texte grec en lettres actuelles : ce qui ΠῚ ἃ paru superflu pour le manuscrit 2327.

Voici ces textes :

Les planches 1, IT et III reproduisent les folios 6 et 7 du manuscrit de St-Marc, à Venise. Les signes sont tracés à l’encre rouge dans le manuscrit.

Plusieurs signes ont été ajoutés à des époques postérieures à la première transcription du manuscrit; les uns au xive siècle, les autres au xve. Ils se distinguent par la forme des caractères et la couleur de l'encre. Je les noterai en passant.

Les planches IV, V, VI, VII et VIII sont la reproduction identique des fol. 16, 17 et 18 du manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale de Paris.

La traduction répond, ligne pour ligne, au texte placé vis-à-vis.

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