‹ Collection des constitutions (volume 3)Chapitre 74 sur 118 · SV · texte numérisé non relu

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Révolution de 1680 > accroissement du pouvoir royale

La paix, comme nous l'avons dit, venait d'être signée. En 1680, le roi convoqua les états, il leur exposa la situation fâcheuse dans laquelle était placé le royaume ; il n'hé-

BU GOUVERNEMENT T)E SUÈDE. afît

sita pas à en attribuer la cause aux malversations des sénateurs et des membres du conseil de régence. Il demanda que leurs fortunes particulières fussent consacrées à indemniser l'état des suites funestes de leur administration , et déclara que pour prévenir de semblables malheurs , il convenait d'ôter au sénat l'autorité qu'il s'était arrogée.

Un comité nommé par les états, examina ou feignit d'examiner les propositions du roi : et bientôt après la diète les adopta, avec un empressement qu'il est difficile de concevoir. Elle déclara non-seulement que le serment que prêtait le roi ,à son couronnement, de gouverner l'état de Havis des sénateurs cessait d'être obligatoire pour lui; mais en outre, que, le roi tenant la couronne dç Dieu , était responsable à lui seul de ses actions.

On ne voit pas d^abord comment Tes états du royaume, qui s'étaient montrés souvent si jaloux de la liberté de la nation , en firent à cette époque le sacrifice presque spontané; mais en étudiant avec soin l'histoire de cette révolution , on s'aperçoit que des jalousies secrètes divisaient les ordres de l'état. Les nobles et les bourgeois recherchaient la faveur du prince, qui leur était nécessaire pour suppléer à leurs, revenus : le clergé, les bourgeois 'et les paysans voyaient avec envie la puissance de la noblesse. Le roi profita de ces dispositions, augmenta sa puissance, et chaque parti aveuglé par ses passions, se félicita de l'abaissement de ses adversaires. D'ailleurs le clergé conservait toujours une grande influence sur les esprits : c'était un puissant auxiliaire que le prince sut ménager et dont il se servit avec beaucoup d'habileté.

Toutefois et malgré toutes ces précautions, des mesures fiscales d'une sévérité excessive , rendirent le monarque odieux à ses sujets; et sans la crainte qu'inspirait à la nation, une armée nombreuse et aguerrie, il est vraisemblable que- Charles XI n'eût pas conservé et transmis à Charles XII, sotk filsj l'autorité absolue.

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Les diètes qui suivirent celle de i6$o, se prêtèrent à toutes les volontés du monarque , et le sénat devenu un conseil privé, ne servit plus qu'à colorer aux yeux de la nation l'usurpation et l'exercice du pouvoir absolu.

En i683, les états déclarèrent cependant que le roi devait gouverner l'état selon les lois; mais ils ajoutèrent que le monarque n'était point enchaîné par les lois existantes ; qu'il était le maître de les modifier et d'en faire de nouvelles, que toutes les instructions données par lui à l'un des collèges , auraient force de loi. On sent ce que devenait le principe, accompagné d'une pareille explication.

§ vi.

Charles XII. ( 1 G97- 1 7 1 9 ) .

Charles XI , en mourant, laissa un testament par lequel il reculait jusqu'à dix-huit ans la majorité de son fils, qui suivant les lois était fixée à quinze ; il désignait les membres du conseil de tutelle ; mais la volonté de ce monarque si absolu durant sa vie ne fut pas respectée après sa mort , et Charles XII, fut déclaré majeur par la diète au mois de novembre 1697.

Les armes de Charles XII firent trembler la Russie, subjuguèrent la Pologne et la Saxe. Vaincu par le Czar, il sup porta la mauvaise fortune , avec la grandeur d'un roi et l'insouciance d'un soldat ; mais sa fermeté inébranlable portée à l'extrême sembla quelquefois un entêtement ridicule. Pendant cinq ans il resta en Turquie , dans une indifférence absolue pour les affaires de son royaume. Tout-à-coup il part à franc étrier, suivi d'un seul officier, traverse l'Allemagne, et arrive à Stralsund , après un voyage de seize jours. La fin de cet homme si héroïque et si bizarre a été digne de sa vie , il fut tué d'un coup de canon au siège de Fréderichsall; son seul et son dernier mouvement fut de porter la main à son épée.

Le pouvoir absolu que lui avait laissé son père, ne pouvait pas facilement être enlevé à un homme de son caractère. Vraisemblablement s'il ne l'eût pas reçu par héritage, il eût bien su s'en emparer. On sait qu'il écrivait aux sénateurs pendant son séjour en Turquie, que s ils prétendaient gouverner , il leur enverrait une de ses bottes et que ce serait délie qii il faudrait qu ils prissent des ordres.

Même après ses malheurs , personne ne songea à lui disputer le pouvoir absolu, tant son caractère, ses succès et même ses revers avaient inspiré aux Suédois d'admiration et d'enthousiasme.

Charles XII mourut sans enfans : dans son testament il désignait pour héritier le jeune duc de Holstein, son plus proche parent.

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