acte d'indépendance
créées en Amérique contre la nouvelle dynastie entrée de de force en Espagne. En opposition à leurs propres principes , ils ont soutenu parmi nous l'illusion en faveur de Ferdinand; et cela pour nous dévorer, nous accabler avec impunité: ils nous ont aussi promis la liberté , légalité, la fraternité, par des discours pompeux et des phrases étudiées , et couvraient le piège , en nous offrant une illusoire, inutile, et dépendante représentation.
Dès qu'ils eurent été dissous, et qu'on eut détruit parmi eux les diverses formes du gouvernement de l'Espagne; dès que l'impérieuse loi de la nécessité eut dicté à Venezuela l'urgence de se sauver elle-même , pour conserver et maintenir le droit de son roi , et offrir un asile à ses frères européens contre les malheurs qui le menaçaient , leur première conduite a été divulguée ; ils ont changé de principes, et donné les noms d'insurrection, de perfidie, et d'ingratitude aux mêmes actes qui avaient servi de modèles aux gouvernemens de l'Espagne. La raison en est, que ces actes fermaient la porte au monopole de l'administration, qu'ils se préparaient à perpétuer sous le nom d'un roi imaginaire.
Sans égard à nos protestations, à notre modération, à notre générosité, à l'inviolabilité de nos principes; et en opposition aux vœux de nos frères d'Europe , nous avons été déclarés en état de rébellion ; nous avons été bloqués ; la guerre nous a été déclarée. Desagens ont été envoyés parmi nous pour nous exciter les uns contre les autres, et nous faire perdre notre crédit auprès des autres nations de l'Europe, et l'on a imploré leur assistance pour nous opprimer.
Sans qu'on ait pris la moindre connaissance de nos motifs, sans qu'ils aient été présentés à l'impartial jugement du monde, sans autres juges que nos propres ennemis, nous sommes condamnés aune douloureuse séparation d'avec nos frères : et , pour ajouter le mépris à la calomnie , des agens revêtus de pouvoirs, sont nommés pour nous, contre notre volonté expresse, et ces agens, dans les cortès , disposent arbitrairement de nos intérêts sous l'influence de nos ennemis.
Dans le dessein de ruiner et supprimer les effets de notre représentation, quand on a été obligé de nous l'accorder , nous avons été assujétis à une petite et chétive échelle; la forme d'élection a été soumise à la voix passive des corps municipaux dégradés par le despotisme des gouverneurs; et cette
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conduite a été plutôt une insulte faite à notre franchise, à notre bonne foi , qu'une considération de notre incontestable importance politique.
Toujours sourds aux cris de justice que nous jetions , les gouvernemens de l'Espagne ont tenté de décréditer tous nos efforts; ils ont déclaré criminelle, ils ont noté d'infamie et puni de l'échafaud et de la confiscation, chaque entreprise faite à diverses périodes par des Américains pour le bonheur de leur patrie. Au moyen de cette atroce politique , ils sont parvenus à rendre nos frères insensibles à nos malheurs, à les armer contre nous, à effacer de leurs cœurs les douces impressions d'amitié , de consanguinité, et ils ont changé en ennemis une partie de notre grande familie.
Dans le temps que , fidèles à nos promesses , nous sacrifions notre sûreté et notre dignité civile pour ne pas abandonner les droits que nous avions généreusement conservés à Ferdinand de Bourbon , nous avons vu, qu'à ses rapports forcés avec l'empereur des Français , il avait ajouté les liens du sang et de l'amitié; et déjà même les gouvernemens de l'Espagne avaient déclaré leur résolution de ne le reconnaître que conditionnellement (1).
Pendant cette cruelle alternative , nous sommes demeurés trois ans dans un état d'indécision et d'ambiguïté politique fatal et dangereux ; il eût suffi seul pour autoriser la résolution que la fidélité à nos promesses et les liens de la fraternité nous décidèrent à différer, jusqu'à ce que la nécessité nous eût obligés d'aller au-delà de ce que nous nous étions d'abord proposés. Nous fûmes alors poussés par la conduite hostile et non naturelle des gouvernemens de l'Espagne, qui nous ont déchargés de notre serinent conditionnel; et c'est cette circonstance qui nous a appelés à l'auguste représentation que nons exerçons aujourd'hui.
Mais nous , qui donnons pour bases à nos procédés de meilleurs principes , et ne prétendons pas établir notre félicité sur les malheurs de nos semblables, nous considérons et traitons comme amis les compagnons de notre sort, et voulons faire participer à notre félicité ceux qui , unis à nous par les liens du sang , du langage et de la religion , ont souffert les mêmes infortunes dans un ordre de choses antérieur.
(i) Il fat une époque où l'on supposait que Ferdinand avait épousé une parente de Bonaparte.