‹ Collection des manuscrits du maréchal de Lévis (volume 3)Chapitre 18 sur 85 · A M. LE COMTE DE MAILLEBOIS · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE DE MAILLEBOIS

Le 1°" septembre 1757.

J'ai reçu les deux lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du mois de février; ce sont les seules qui me sont parvenues de toutes celles que vous avez eu la bonté de m'écrire. Je suis très sensible aux nouvelles marques que vous me donnez de la continuation de votre amitié, et je vous supplie d’être persuadé de toute ma reconnoïssance. Personne ne vous est plus attaché et ne prend plus de part que moi à tout ce qui vous regarde.

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Quoique je joue ici le rôle d’un petit général, je préférerois encore d’avoir l'honneur de servir sous vos ordres ; les leçons qu’un maître tel que vous voudroit bien me donner, me seroient bien plus utiles que tous les sièges et toutes les batailles que nous pourrions faire et donner en Amérique.

J’ai l'honneur de vous envoyer la relation de ce qui s’est passé pendant la campagne et de notre expédition du fort Georges ; je crois que Bourlamaque vous l’envoie de même.

M. de Montcalm va partir pour aller joindre M. de Vaudreuil à Montréal, d’où il ira à Québec. Je reste chargé de faire repasser l'artillerie à Carillon et du déblaiement de l’armée ; je compte que cela me tiendra dix ou douze jours; après quoi j'ai ordre de ramener quatre bataillons dans le gouvernement de Montréal, pour travailler au chemin de Chambly et au fort de Saint-Jean. Bourlamaque restera à Carillon avec deux bataillons pour continuer à faire travailler aux fortifications de ce fort.

Je regarde toutes les opérations de cette campagne finies ; quand même milord Loundon reviendroit avec toutes ses forces sur la frontière, il ne sauroit être en état de rien entreprendre de cette année.

Nous ignorons où est ce général anglois; nous savons seulement qu’il a dû s’embarquer à Halifax avec huit mille hommes de troupes des colonies angloïises sur une flotte considérable venue de la Vieille-Angleterre. L’on pense que c’étoit pour faire le

siège de Louisbourg ou pour venir à Québec; quant à ce dernier, cela n’est pas croyable. Quoiqu'il en soit, il paroit que son expédition est manquée; nos forces navales ont mis en sûreté Louisbourg. Il seroit à souhaiter qu’elles gardassent mieux le golfe Saint-Laurent; nous avons eu beaucoup de vaisseaux marchands pris, qui étoient chargés de vivres pour cette colonie.

Conservez-moi toujours un peu de part dans votre amitié, et soyez bien convaincu que celle que je vous ai vouée est sans borne, ainsi que l’attachement sin-

cère avec lequel, etc.

LTIT

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