A M. MURRAY, COMMANDANT LES TROUPES DU ROI DE LA GRANDE-BRETAGNE
Le 29 décembre 1759.
J'ai communiqué à M. de Vaudreuil la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au sujet de l’échange des prisonniers que vous proposez, conformément au cartel arrêté entre les deux couronnes. M. le marquis de Vaudreuil a conséquemment donné plein pouvoir pour en traiter à Monsieur de Bellecombe, aide-major du régiment de Royal-Roussillon. L’éloge que vous faites de cet officier auroiït augmenté, s’il eut été possible, la bonne idée que j’avois de lui, et m’a déterminé à le choisir pour cette négociation. Il est
muni d’une instruction qui l’autorise à lever toutes
difficultés et à conclure relativement au cartel général et à l’échange déjà terminée avec M. le général Ambherst. Je souhaite fort que les propositions qu’il est chargé de vous faire puissent vous être agréables. Je pense que l’endroit le plus convenable pour l’exécution seroit, si vous l’approuvez, sur la Rivière du cap Rouge, dans les premières maisons qui ne sont pas occupées par les postes avancés des deux armées.
Le sieur Arnoux, chirurgien major de l’armée, doit se rendre à l'hôpital général de Québec pour y visiter les officiers et soldats de nos troupes blessés. J’ai l’honneur de vous le recommander.
Nos prisonniers qui arrivent de la Nouvelle-Angleterre ont apporté des gazettes que j’ai l'honneur de vous envoyer, persuadé que, comme dans ce moment vous n'êtes pas à portée de recevoir des nouvelles d'Europe, vous serez bien aise d’apprendre les dernières que l’on ait reçues dans ce continent.