‹ Collection des manuscrits du maréchal de Lévis (volume 3)Chapitre 5 sur 85 · À MONSIEUR LE GARDE DES SCEAUX ET À M. LE COMTE D’ARGENSON · texte numérisé non relu

À MONSIEUR LE GARDE DES SCEAUX ET À M. LE COMTE D’ARGENSON

De Montréal, le 16 juin 1756.

Je suis arrivé hier au soir à Montréal. J’y ai été très bien reçu de M. le marquis de Vaudreuil. Il m’a dit qu’il me laissoit le choix d’aller dans la partie qui me conviendroit le mieux ; je l’en ai remercié et lui ai dit que j’irois partout où il croiroit que je pusse être le plus utile. Il m’a destiné pour aller commander au camp de Carillon, sur le lac Saïint-Sacrement. C’est le côté qui est le plus menacé et le plus à portée des ennemis et sur lequel M. le marquis de Vaudreuil,

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LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS 19 en er ce ne An UE ar moe — a le plus d'inquiétude. Je partirai mardi 22 pour m’y rendre; je ferai de mon mieux pour exécuter ses instructions. C’est à vos bontés que je dois tous ces bons traitements; j'ai l'honneur de vous en remercier; j’espère que mon zèle pour le service du Roi et mes bonnes intentions me mettront à portée de les mériter.

A M. DE VAUDREUIL

De Carillon, le 16 juillet 1756.

J’ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. M. le marquis de Montcalm m’a remis votre ordre pour prendre le commandement de ce corps de troupes avec votre instruction, et celle qu’il y a ajoutée. Je me conformerai à l’une et à l’autre; je ferai tout ce qui dépendra de moi pour remplir vos vues dans l’objet de la défensive de cette frontière.

M. le maïquis de Montcalm vous rendra compte de cette position, des moyens que les ennemis peuvent avoir pour l’attaquer, comme aussi de ceux qu’il y a pour la défendre. Il aura l’honneur de vous dire en même temps le nombre des troupes qu’il me laisse et de ce qu’il est nécessaire que vous ordonniez de faire passer afin de pourvoir à leur subsistance, de même que de tout ce qui manque pour le bien du service et

pour l’accélérer. Je ne puis pas faire l’impossible, et je ne puis partir que des moyens que j'aurai. M. le marquis de Montcalm vous représentera aussi qu’il faudroit avoir au moins trois mille hommes effectifs pour la défense de cette frontière.

Il ne me reste qu’à vous remercier du commandement de ce corps de troupes que vous voulez bien me confier; je conserverai avec honneur la gloire des armes du Roi. Dans tous les lieux et dans toutes les circonstances, vous me trouverez disposé à faire tout ce qu’il vous plaira m’ordonner.

Je vous prie d’être très persuadé du désir que j’ai de réussir, d’avoir votre approbation et de vous convaincre du respectueux attachement, etc.

AL A M. LE COMTE D’ARGENSON

De Carillon, le 17 juillet 1756.

M. le marquis de Montcalm m’a remis le commandement du corps de troupes qu'il commandoit sur cette frontière. Il est allé à Montréal pour conférer avec M. le marquis de Vaudreuil, d’où il doit se rendre vraisemblablement à Frontenac pour aller tenter de faire le siège de Choagen ou, ce qui est plus possible, une diversion qui dégage cette partie qui est

menacée; car je crains que les moyens ne lui manquent pour le siège. Toutes les entreprises sont dans ce pays très difficiles ; on en doit presque toujours le succès au hasard. Toutes les positions qu’on peut prendre sont critiques; les attaques et les retraites sont difficiles à faire ; on ne voyage que dans les bois ou par les rivières; il faut user des plus grandes précautions, et avoir la plus grande patience avec les sauvages qui ne font que leur volonté, à laquelle dans bien des circonstances il faut céder.

M. le marquis de Montcalm vous rendra compte de la position du corps de troupes que j'ai l'honneur de commander pour la défense de cette frontière, de même que du nombre; comme je n’ai pas de chiffre et qu’il n’y a rien de si incertain que le sort de mes lettres, je n’ose entrer dans aucun détail.

Vous pouvez être persuadé que dans tous les cas je conserverai la gloire des armes du Roi pour le bien de son service. J’espère qu’il me mettra à portée de mériter vos bontés et votre protection. Je ne sais si M. le marquis de Montcalm est content de moi; ce qu’il y a de certain, c’est que je le suis beaucoup de lui. C’est avec bien du regret que je l’ai vu partir ; je serai toujours charmé de servir sous ses ordres. Ce n’est pas à moi à vous parler de son mérite ni de ses talents; vous les connoïssez mieux que moi; mais je puis avoir l’honneur de vous assurer qu’il a généralement plû dans cette colonie et qu’il traite très bien avec les

LD 0) ne 2 ne ES PEU RSS 22 LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS

oh 2e AN a! DE VA ADR ES CAE sauvages ; il a aussi établi la discipline parmi nos

troupes.

(Semblable lettre à M. le Garde des Sceaux.)

A M. DE VAUDREUIL

De Carillon, le 18 juillet 1756.

J'ai l'honneur de vous rendre compte que le parti de M. de Saint-Martin est rentré; il a fait troïs chevelures et tué beaucoup de bœufs et chevaux. Il y a eu un sauvagé qui a été blessé d’un coup de fusil chargé de postes dont il est percé en trois endroits; mais il n’est pas en danger. Ce blessé étoit resté derrière avec quinze sauvages ou Canadiens. J’ai envoyé un détachement le chercher qui me l’a emmené hier au soir. La totalité de ce détachement est rentrée excédée de fatigue ; il s’est porté vers la rivière de Connecticut et ne nous a rien appris de nouveau.

Le parti que commandoit M. de Pécaudy avec M. Clapier est rentré ; il étoit composé de quarantesix sauvages et de vingt Canadiens. Ils ont frappé tout auprès du fort Georges ; ils ont vu ce fort et une partie du camp qui y est, où ils ont donné l’alarme. Ils disent avoir tiré grande quantité de coups de

fusil. Ils ont surpris un détachement sur le bord du lac, qui faisoit du bois; ils disent en avoir tué plusieurs. Ils ont apporté quatre chevelures et fait deux prisonniers, dont j'ai l'honneur de vous adresser cijoint la déposition que j’ai prise avec mon interprète, qui est bon, par laquelle il me paroît qu’elle ne nous apprend pas grand’chose de nouveau. Elle ne fait que nous confirmer ce que nous savions déjà. Il me paroït que le gros de leur armée est toujours campé en decà d’Albany. Les sauvages, soldats et Canadiens sont très contents de M. de Pécaudy ; il les a fort bien conduits et s’est distingué à leur tête.

Nous avons un détachement composé de quarante Canadiens et de trente sauvages, commandé par M. Duplessis, qui a été pour reconnoître le haut de la Rivière de la Loutre, en commençant par son embouchure. Il me tarde beaucoup qu’il soit de retour pour savoir si l’Anglois tenteroit de faire quelque établissement dans cette partie. Je pense qu’il seroit très dangereux pour la colonie, attendu qu’il romproit la communication, et que les postes de Saint-Frédéric et de Carillon deviendroïient comme inutiles. Si ce cas arrivoit, je vous prie de me mander si vous ne jugeriez pas à propos que j'y fusse avec un bon détachement de mille ou douze cents hommes, pour en chasser les ennemis et détruire l’établissement qu’ils pourroïient y avoir fait. Je remettroïs le commandement de l’armée à M. de Roquemaure. Si, au contraire, vous n'approuvez que j'y aille moi-même, vous aurez la

47m ténor datent nr RE RENE 24 LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS ne ne de 206 Laos Le D A — bonté de me mander à qui vous souhaitez que je confie ce détachement.

J'ai été faire une tournée aux deux camps avancés, partant de Carillon. Je me suis rendu au camp de M. de Contrecœur par terre, en suivant le bord de la rivière du côté du nord, où j'ai traversé le lac Saint- Sacrement pour me rendre aux postes avancés du camp de M. le chevalier de la Corne. Jai visité avec attention tous les endroits où l’ennemi pourroït débarquer. Je suis convenu avec M. de Contrecœur et M. le chevalier de la Corne qu’ils les feroient tous embarrasser avec des arbres. Ces Messieurs sont de très bons officiers et j’ai été très content de la façon dont j'ai trouvé leurs postes. J’ai dîné chez M. le chevalier de la Corne, et je suis revenu au camp par le côté du sud jusqu’à la Chûte, où je me suis embarqué. J’avois amené avec moi un officier major, deux sergents et deux soldats de chaque corps, pour qu’en cas de besoin, ils puissent y conduire les troupes que jy enverrois.

M. le chevalier de la Corne est incommodé depuis plusieurs jours ; j’ai fait mon possible pour pouvoir le déterminer à venir ici pour se reposer, il n’a point voulu quitter son poste, il me mande que sa santé va un peu mieux aujourd’hui.

J'ai bien de la peine à retenir les sauvages; ils veulent tous s’en aller. M. de Montcalm vous en dira la raison. Si je ne reçois promptement ce qu'il aura l’honneur de vous demander, il est certain qu’il n’en

restera pas un seul. Je ne vous parlerai point aussi de tout ce dont je manque; M. de Montcalm vous en instruira bien mieux que je ne pourrois faire.

Les soldats de la colonie m'ont représenté qu'ils n’avoient point de savon, pas même pour faire leur barbe ce qui étoit cause qu’ils étoient malpropres. Je vous prie de vouloir bien donner vos ordres en conséquence.

M. de Sabrevoix m’a demandé la permission pour que M. Villejoin, enseigne en second, aille pour quelques jours à Montréal; il manque généralement de tout ; j’ai cru ne devoir pas lui refuser ; il reviendra si vous le trouvez à propos.

A M. DE VAUDREUIL

Le 22 juillet 1756.

J'ai l'honneur de vous informer du retour du détachement de M. Duplessis. Il s’est porté au-dessus des trois chûtes de la Rivière à la Loutre, où il est entré par son embouchure. Il m’a dit n’avoir trouvé aucun vestige d’établissement de la part de l’Anglois, pas . même aucune trace qui dénote que cette partie soit fréquentée; sur son rapport je pense que nous pouvons être tranquilles. |

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I] s’est aussi porté à l’endroit où l’on nous a fait des prisonniers; il a jugé par les traces que le détachement de l’ennemi ne pouvoit être composé que d'environ quarante hommes ; maïs, ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est qu’il juge que ce détachement est venu par l’autre côté du lac Champlain. Il compte qu'il aura passé au Rocher Fendu ou à la Rivière Bocquette. Cela paroït se confirmer par un capitaine de Royal-Roussillon qui a relâché à la Rivière Bocquette le 20 de ce mois, venant de Montréal : il avoit fait mettre à terre des soldats convalescents et avoit posé des sentinelles qui l’ont averti pendant la nuït qu'ils entendoïent du bruit dans le boïs, et qu'ils avoient même vu trois ou quatre personnes derrière des arbres. Cet officier a pris le parti de faire embarquer sa troupe et de gagner le large. Il dit avoir bien fait éteindre les feux, et que, quand ils ont été bien loin, ils les ont vus rallumés. Ces rapports me font prendre le parti d'envoyer incessamment un détachement pour battre cette partie et en chasser les détachements que l’ennemi pourroit y avoir; je pense que c’est absolument nécessaire pour la sûreté de la navigation ; mais je ne pourrai former ce détachement que quand j'aurai des sauvages. Je n’ai pu empêcher tous ceux qui me restent d’aller dans un détachement que M. de la Colombière doit commander pour voir encore à faire des prisonniers dans le fond du lac Saint-Sacrement auprès du fort Georges. Il doit partir demain au soir. Il sera composé d’une soixantaine

de sauvages et d’une cinquantaine d’hommes de troupes de la colonie, il y aura MM. de Longueil, de Contrecœur, Lainé, Dartel et deux cadets. Je pense qu’il est important de faire des prisonniers pour avoir des nouvelles et d’inquiéter l’ennemi sur cette partie et l'empêcher de porter son attention vers Choagen.

Si nos travaux ne pressoient pas autant qu'ils font, je vous proposerois bien de faire un mouvement qui ne pourroit être que relatif aux nouvelles que nous apprendrons. Les travaux vont aussi vite qu’ils puissent aller ; mais c’est toujours bien lent.

Rien n'arrive au fort Saint-Frédéric des provisions qui nous sont annoncées depuis longtemps ; nous manquerons incessamment de tout.

J'ai fait prendre les armes à toutes les troupes de la colonie; je les ai fait mettre par compagnie, pour que les miliciens connussent les compagnies où ils sont attachés et les officiers.

J'ai aussi fait la visite des baraques, et la propreté commence à y régner. M. de Sabrevoix y tient la main.

J'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint ma disposition en cas d’attaque. Je vous supplie de me mander si vous trouvez qu’il y ait quelque chose à changer. Il tombe toujours beaucoup de soldats malades; je ne garde ici que ceux attaqués de maladies violentes et qui ne peuvent pas supporter le transport jusqu’au fort Saint-Frédéric. Je mande à M. de Lusignan de ne laisser passer à Montréal que ceux qui sont jugés par

les chirurgiens n'être pas en état de continuer la campagne.

Actuellement, la qualité du pain est assez bonne. J’ai ici environ quatre-vingt-treize bateaux, y compris ceux qui ont apporté les convalescents de Royal- Roussillon ; il y en a plusieurs parmi le nombre qui ont besoin d’être raccommodés; mais il me manque de quoi les faire calfater. Mandez-moi si vous jugez à propos que je les garde tous, je vois qu’il en faudra beaucoup lorsqu'il sera question du déblaiï des troupes pour le quartier d’hiver.

Il y avoit trois Iroquois qui avoient quitté le parti de M. de Saint-Martin qui sont revenus avec une chevelure qu’ils disent avoir faite auprès d'Orange, où ils prétendent y avoir vu arriver plus de deux mille hommes, pendant deux jours qu’ils y ont été cachés pour attendre à faire coup; ils sont arrivés excédés de fatigues, et à peine pouvoient-ils marcher.

M. Bleury vient d'arriver avec un assez bon convoi ; il envoie la facture de ce qu’il a apporté à Monsieur l’intendant. À

A M. DE VAUDREUIL

Le 24 juillet 1756.

Je profite du retour de la barque qui doit partir demain du fort Saint-Frédéric, pour avoir l’honneur de vous informer que le détachement de M. de la Colombière est parti hier. Il est composé de quatre officiers, quatre cadets, soixante-onze François et cinquante sauvages, pour aller faire coup, comme je vous ai déjà mandé, au fond du lac Saint-Sacrement,. Il a pris des vivres pour six jours. Je compte qu’il rentrera après-demain; il y a tout lieu de croire qu’il nous amènera quelques prisonniers.

Il vient de nous arriver quelque chose de fâcheux, qui est la désertion de trois soldats des troupes de la Marine. Ils ont déserté pendant la nuit du 22 au 28. Il y a lieu de croire que c’est dans une pirogue qu'ils ont trouvée. Je n’ai été averti de leur départ qu’à six heures du matin. J’ai fait sur-le-champ partir un détachement de sauvages et de Canadiens pour aller à leur poursuite; ce détachement est rentré sans avoir trouvé aucune de leurs traces. Il y a deux de ces coquins qui ont déjà passé par les verges, il y a longtemps ; le troisième est un jeune homme que, sans doute, ils ont débauché. On dit que ce sont des drôles fort intelligents, qui sont en état de rendre compte de

notre position. Il auroit été fort à désirer qu’ils eussent été pris ; j’avois promis aux sauvages trois cents livres de ceux qu’ils m’amèneroient en vie, et cent-cinquante de ceux dont ils apporteroient la chevelure.

J’avois oublié par ma dernière dépêche de vous mander que M. de Bleury avoit amené quarante-deux | miliciens, que j'ai fait passer aux corps de MM. les chevaliers de la Corne et de Contrecœur. M. de Ia Perière est arrivé hier avec MM. de Florimond, Le Borgne, Aubert, et La Durantay et cent quarante-deux soldats de recrues, que j’ai fait incorporer tout de suite dans les six compagnies de la Marine formées

Le nombre des soldats malades augmente tous les jours; M. de Bleury en a même avec lui, pour faire passer à Montréal, vingt-deux qui ont été jugés hors d'état de continuer la campagne.

A M. LE MARQUIS DE MONTCALM

Le 24 juillet 1756.

Vous voulez bien, mon cher général, que je vous informe de mes dispositions en cas d'attaque. Je vous envoie ci-joint mon ordre de bataille; si vous l’ap-

prouvez, cela me donnera de grandes espérances de battre l’ennemi, s’il vient m’attaquer.

Il vient de nous déserter trois soldats des troupes de la Marine, dont je suis très fâché. J'ai fait courir après eux par un parti de sauvages; j’avois mis leur tête à prix ; mais tout cela a été inutile, et le détache: ment est rentré sans avoir rien vu. On dit qu’il y a deux de ces drôles qui sont fort intelligents et qu’ils sont en état de dire bien des choses; ce sont des coquins qui avoient déjà passé par les verges.

Le nombre de nos malades augmente ici tous les jours ; il y en a actuellement, tant à l’hôpital d'ici qu’à celui de Saïint-Frédéric, deux cents; j’en ai fait passer vingt-deux à Montréal, qui ont été jugés hors d’état de continuer la campagne. M. de la Colombière est parti hier avec un gros détachement pour aller faire coup auprès du fort Georges ; s’il nous vient des prisonniers, je vous ferai passer sur-le-champ leurs dépositions. Il à paru un parti des ennemis du côté de la Rivière Bocquette; j’envoie un détachement dans cette partie pour assurer notre navigation. Donnez-moi, je vous prie, de vos nouvelles le plus souvent que vous pourrez.

Soyez bien persuadé de l'intérêt que je prends à votre gloire et de l’attachement vif et sincère avec lequel j’ai l’honneur d’être, etc.

A M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL

Le 2 août 1756.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire par M. de Bleury en date du 26 du mois dernier. Puisque vous approuvez ma disposition en cas d'attaque, je n’y changerai rien et m’y conformerai.

Le secours en hommes que vous me destinez arrivera fort à propos ; il nous tombe tous les jours une srande quantité de soldats malades qui sont attaqués de l’escorbut (sic), dont la plus grande partie sont des miliciens et des jeunes gens trop foibles pour supporter les fatigues de la campagne.

Nous manquons de tout à l’hôpital de Saïnt-Frédéric. Pour vous épargner ce détail, j’en écris à Monsieur l’intendant et le prie de nous faire passer, le plus promptement qu’il lui sera possible, les secours nécessaires. | À l'hôpital de Saint-Frédéric, à celui du fort de Vaudreuil, ou malades au camp, il y a quatre cents hommes hors d’état de faire le service. Vous devez juger par là des moyens qui me restent, soit pour entreprendre sur l’ennemi, ou pour ne point discontinuer les travaux du fort, qui me paroît être l’objet qui vous intéresse le plus.

Le détachement de M. de la Colombière est revenu

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LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS 39 D PAR le RS tn nes de son expédition le 26. Il s’est porté par le côté du nord au fond du lac Saint-Sacrement auprès du fort Georges, où il a donné l'alarme, et fait quatre chevelures sur une petite troupe qui étoit à la découverte. Il a été obligé, sur ce qu’il a vu sortir du fort et du Camp un gros détachement, avec lequel il a fusillé environ une demi-heure. Ils disent en avoir tué plusieurs, et heureusement nous n’avons eu personne de tué ni de blessé. Tout ce détachement se loue beaucoup des officiers qu’il avoit avec lui, particulièrement de M. Artel Saurel, officier de Louisbourg, qui faisoit son avant-garde. Il auroit été à désirer que ce détachement nous eût amené des prisonniers. Ils disent qu’ils n’ont trouvé aucun changement à la situation du camp.

Comme dans les circonstances présentes les mouvements que je puis faire dans cette partie peuvent être d’une grande utilité, j’ai fait partir le 30 du mois dernier, un détachement de deux cent vingt hommes dont cent vingt sauvages et cent Canadiens avec MM. de Saint-Vincent, Noyel et Le Borgne, lieutenants, Aubert, La Durantay, Grosbois et Villaret, cadets à Lacgueillette et MM. de Coagne, Riverain et Brisebois, officiers de milice, le tout aux ordres de M. de Beaujeu. Ce détachement a pris des vivres pour huit jours. Je lui ai ordonné de passer par les Deux Rochers et de se porter au fond de la baie à la Rivière du Chicot, où il laissera ses bateaux et se portera par terre entre le fort Lydius et le fort Georges, pour y

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