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intercepter quelques convois et y faire des prisonniers.
J’aurois bien voulu ne point envoyer tant de sauvages, parce que je crains qu’à leur retour, s’ils font coup, ils ne s’en aillent tous; je n’ai pu l’empêcher? parce que toutes les nations se sont liées ensemble. Il est bon de vous prévenir que, comme il y a toute apparence qu’ils s’en iront, je resterai ici sans sauvages. Ainsi je vous serois bien obligé, si vous le pouvez, de m’en envoyer d’autres et le plus que vous pourrez. :
J’aurois bien désiré pouvoir faire le détachement de M. de Beaujeu plus considérable en soldats et miliciens ; cela ne m’a pas été possible, sans discontinuer les travaux ; et j’ai été obligé de le former des troupes du camp de MM. le chevalier de la Corne et de Contrecœur, qu’en attendant leur retour, j'ai fait remplacer par cinquante-cinq grenadiers, avec trois lieutenants, pour ne pas ôter le commandement à M. le chevalier de la Corne.
Malgré le désir que j’aurois de faire un mouvement en avant, je sens la difficulté de le faire à moins que vous n’ordonniez la discontinuation des travaux. Dans ce cas, je pourrois me rendre au fond de la baie où M. de Dieskau a débarqué l’année dernière, d’où je pourrois me porter suivant les circonstances entre le fort Georges et le fort Lydius. Je ne pourroiïs faire qu’une diversion dans cette partie, parce que, n'étant
D ra) AU | LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS 30
RE RER Re Ne Mae, 0, pas possible d’y amener du canon, je ne saurois entreprendre sur aucun des forts.
Si j'avois beaucoup de canots d’écorce, je pourrois me porter sur l’ennemi par le lac Saint-Sacrement et, suivant les circonstances, faire un débarquement au fond de ce lac du côté du fort Georges. Avec quelque travail je pourroïis bien y faire passer des bateaux qui sont ici par le chemin du portage; mais cela peut avoir des inconvénients, parce que cela ouvriroit un chemin à l’ennemi dont, dans d’autres occasions, il pourroit profiter. Voilà tous les moyens que je connois pour aller à l’ennemi et faire la diversion que Von pourroit désirer dans cette partie. Vous connoissez les forces que j’ai et, mieux que moi, la situation du pays; pour une chose aussi importante, je vous demande sur cela des ordres précis auxquels je me conformerai avec toute la bonne volonté et le zèle dont je puis être capable.
Je ne puis que bien vous remercier de la confiance que vous voulez bien avoir en moi sur le parti qu'il y auroit à prendre pour faire un mouvement en avant. Il peut être d’une si grande conséquence que je ne puis Le prendre sur moi; à la guerre, il n’y a rien de plus incertain que le succès. |
Il y a plusieurs officiers ici de la dernière nomination des troupes de la Marine qui demandent à faire le service conformément à leur nouveau grade: je pense qu’ils ne sauroient le faire avant d’être reçues ;
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PS LUORCE TANT EN ES RS ER RO RS si vous le jugez à propos, je vous prie de m'en envoyer l’ordre.
Si M. de Saint-Vincent est lieutenant en expectative j'ai eu des représentations de la part de ses camarades pour qu'il n’en fit point le service avant sa réception. Monsieur son père aura l’honneur de vous écrire et vous mandera ses raisons. |
M. de Contrecœur a eu le malheur de perdre son fils aîné qui s’est tué par son fusil, qui a parti et sur lequel il étoit appuyé. Tout le monde regrette beaucoup cet officier. Il venoit de se distinguer au détachement de M. de la Colombière. L'état du père est très touchant ; j'ai été Le voir. J’ai cru devoir lui proposer d'aller passer quelques jours à Montréal ; il ma dit qu’il n’iroit que lorsqu'il croiroït qu’il n’y auroit plus rien à craindre pour cette partie. J'ai fait partir M. Duplessis, le 28 du mois dernier, avec un détachement de cinquante hommes, composé de troupes de la Marine, de la colonie et de cinq sauvages. Je lui al ordonné de se porter sur les deux rives du lac Champlain, aux endroits où il y a plus d'apparence que l'ennemi envoie ses partis. J e lui ai enjoint de se trouver à la Rivière Bocquette pour le 31 du mois, qui est le temps que M. de Bleury doit y passer, de battre toute cette partie et de ramener tous les bateaux, canots et pirogues qu’il trouveroit dans sa route, et de couler à fond ou brûler ceux qui seroient mauvais et qu’il ne pourroit pas ramener; j'attends son retour aujourd’hui ou demain.
J'envoie à Monsieur l’intendant l’état de ce que M. de Bleury a apporté dans son dernier voyage: il n’y a que cinq quarts d’eau-de-vie; c’est bien peu ; les travailleurs et les troupes en manquent depuis quatre ou cinq jours et il leur en est dû beaucoup.
Les travaux du fort vont aussi bien qu’on puisse le désirer; mais il ne faut cependant pas s'attendre qu’il puisse être en état de défense avant le 1° de septembre; M.de Lotbinière fait de son mieux. M. de Lusignan me mande que vous lui ordonnez de relàcher un patron du bateau de M. de Bleury qu’il avoit fait arrêter parce qu’il n’avoit pas voulu s’approcher du fort pour se laisser visiter, malgré tous les signaux qu’il lui a fait et lui ayant crié par un porte voix de venir, et, pour que le service n’en souffrît point, il
offrit à M. de Bleury un autre homme à la place. M. de Lusignan en cela n’a fait que se conformer aux
ordres que lui a donnés M. de Montcalm et aux miens. Il est de toute nécessité qu’ils soient exécutés au pied de la lettre, pour éviter les friponneries qui se font journellement par les bateaux qui passent furtivement. Ceux de M. de Bleury doivent y être assujettis tout comme les autres, puisqu’un de ces bateaux a été pris en faute et que l’eau-de-vie a été confisquée au profit du Roï. Je ne puis que me louer de l’exactitude de M. de Lusignan; c’est un très bon officier à tous égards. M. de Montcalm vous en rendra un aussi bon compte que moi. Je vous serois bien obligé de lui