PE RSS RE RM UT 376 LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS RS RE EME
Je ne cesse d’être en mouvement pour me porter dans toutes les parties menacées pour y mettre l’ordre et y préparer tous les moyens possibles de défense ; je pars dans ce moment pour celle du lac Saint-Pierre
‘P. S.— Je suis de retour des îles du lac Saint- Pierre, où est la flotte angloise, qui a été augmentée de vingt-huit voiles. Nuls moyens pour les arrêter aux îles, ni même jusques à Montréal. Il y a lieu de croire qu’ils vont tenter de s'établir à l'embouchure de la Rivière de Sorrel, ou qu’ils viendront en droiture à Montréal. Nous venons d’apprendre qu’il est arrivé trois bataillons de renfort à Québec (on y en attend un quatrième de la garnison de Louisbourg) et qw’ils ont fait sauter cette place. Leurs armées des lacs Ontario et Champlain sont aussi en mouvement et ne tarderont pas à déboucher sur nous.
La flotte de Québec montant jusques à Montréal, nous forcera d'abandonner toutes les frontières. La jonction de leurs trois armées se fera alors sans obstacles et, quand tout sera réuni, ils auront au moins quarante mille hommes dans le centre de la colonie. Vous connoïssez nos forces et pouvez juger de ce qu’on peut en attendre. Si nous ne conservons pas le pays, nous sauverons du moins l’honneur des armes du Roi.
(Semblable lettre à M. Berryer.)
A M. DE BOURLAMAQUE
Du 12 août 1760, à onze heures du soir.
J’ai reçu, mon cher Bourlamaque, votre lettre de ce jour à cinq heures du soir. Il ne paroït pas décidé encore que les ennemis aient envie de faire une descente à Sorrel ou continuer leur marche. Il faut observer avec attention leurs mouvements et les suivre à mesure; je connois le critique de notre position ; mais nous ne pouvons agir autrement. Il est essentiel de les empêcher d'entrer dans la Rivière de Chambly et de n’abandonner le poste de Sorrel qu’à la dernière extrémité.