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JOURNAL DES GAMPAONE8
Liste des officiers tvJès ou blessés au combat devcmt Québec, le 28 avril.
MM. dA Bonrlamaque, brigadier, partie do gras de
jambe emporté par un boulet de canon.
/Montreuil, capitaine des grenadiers, blessé à Bégiment 1 Dufai, enseigne, le bras caAse. [mort,
de 1. Beine|Cheval^^IJ,„oe,J Ueut. ble«éB légè«meat .
Degninier, lieutenant, tué*
Paimarole, capitaine de grenadiers, ) KloAa^a &
EÇ^t. capitaine. j "^S.*
Duparquet, premier capitaine, coup de feu à la
jambe.
Beauclair, capitaine, coup de feu au bras.
Méritent, capitaine, idem.
Chevalier de Savoumin, lieutenant, à la poitrine,
très dangereusement Paonnet, sous-lieut de grenadiers, idem, mort. Lanaudière, lieutenant, coup de feu à la jambe. Premillac, lieutenant, le pied cassé.
Lassus, lieutenant, \ Granoe, idem, V blessés légèrement
Gheyalier de Laubanie, j
Léonard, lieutenant, coup de feu au bras.
Beausadet» sous-lieut de grenadiers, l'épaule fracassée, mort.
La Sarre
Royal-Boussillon
QSSXÉSfâ„t,}b'-*'"^^ent.
{Senneterre, lieutenant, blessé légèrement d'Emanger. lient, de Krenadiers, tué.
d'Alayrac, lient, de grenad., blessé légèrement Morambert, lieutenant, blessé à mort Montagnet, capitaine, coup de feu au bras.
Launay, caç. de grenadiers, ^
aC^^fir ble«és légô««nent.
Chassignolet,
' Yillemonter, capitaine de grenadiers, 1 • Valentin, aide-major, >tués«
Carery, lieutenant, j
Guyenne
Berry
Trécesson, lieut-col. de bataillon, )
Daraeins, capitaine, [^bleBsés à mort
La Marlière, lieutenant, J
La PeloDze, aide-major, coup de feu à la poitrine.
Coespel, lieutenant, ) u^\^ «a««Zo
Du duermé, lieutenant, [ jambe cassée
Vaudaran, iieut en second, J dangereusement
Pélissier, uentenant de grenadiers, le bras percé d'un coup de feu.
Berry ] Laudanoe, le poignet cassé.
Sigoin, capitaine, coup de feu à la cuisAe, dangereux.
Leclerc, lieutenant, idem.
Dallet, lieutenant, coup de fen au bras.
Trévis, lieut-col. comat le régiment, "^
Pressac, capitaine,
Gambraj, capitaine,
Ménard, capitaine,
Beauchamp, capitaine,
Vassal, capitaine, )
Soloignac, lieutenant, y blessés à mort .
Tolabelle, j
lyAlquier, lieut.-colonel, commandant, coup de feu au côté.
Monredon, capitaine de grenadiers, coup de feu aux deux cuisses, dangereux.
|w . Pinsan, lient, coup de feu à la cuisse, dangereux.
^*™ «Fay, lieutenant, idem.
Jacob, lieutenant, coup de feu à la poitrine.
Malartie, aide-major, ^
Blénard, capitaine,
Sé^la, capitaine,
Raimond, lieutenant,
Meley, lieutenant,
Jourdain, lieutenant.
blessés légèrement.
blessés légèrement.
Troupes de la Colonie, compagnies franches de la Marine.
De Boucherville, enseigne, tué.
Saint-Martin, capitaine de grenatiers, 1 Laronde, idem, blessés à
Varennes, lieutenant, mort
Gorbières, lieutenant J
Du Buisson, capitaine, coup de fen à Pépaule. Mézières, capitaine, coup de feu aux deux jambes. D'Hugues, capitaine, coup de feu à la tête, légèrement D'Ail lebout, sous-lieutenant de grenadiers, coup de fen a la jambe, légèrement.
JOURNAL DBS CAMPAGNES
Hichéy enseigne, coup de feu an oôté.
Chevalier de la Corne, commandant'
de bataillon, Vassan, idem,
Saint-Len, commandt les sauvages, Loumier, capitaine.
Le Borgne, capitaine, La Noix de Nojelle, lienienant, Sabrevoiz, lieutenant^ Chevalier de La Pemère, enseigne, Herbin, enseigne,
blessés légèrement.
Officiers des Milices.
Béanme» commandant le bataillon de Montréal,
Lefèvre, tué. [tué.
Prévôt de Sioors, tué.
Gaudet, la main fracassée.
Neveu, à la mâchoire, dangereusement.
Julien de Rivière,
La Promenade,
De Cary,
Maugé de Sauniers,
Ménars,
Irtubis,
Pierre Lefèvre, "1
Auge, vblessés aux bras.
Chevalier, j
blessés.
Etat des officiers tués au blessés pendant le siige.
La Sarre
Languedoc
Béarn,
Colonie
LaBeine
Languedoc
Béarn
Colonie
Artillerie
Boischatel, aide-major de la Sarre, tiié.
Pradel, lieutenant, tué.
Barot, capitaine» mort de ses blessures.
de Bonne, capitaine, tué.
N. de Mélonèze, lieutenant, mort de ses blessures.
d'Herz, aide-major, blessé légèrement.
La Jus tonne, lieutenant, la jambe coupée.
Mazeray, capitaine, blessé légèrement
{Mélonèze, capitaine, idem.
Herbin, lieutenant, idem.
,duOEu*ny, lieutenant, idem.
Les ennemis étant rentrés dans la place, nous nous empar&mes de la crête des. hauteurs qui ne sont qu'à
trois cents toises au plus de la place et nous nous phiçàmes sur le revers où nous passâmes la nuit. Nous enyoy&mes après l'action prendre possession de l'hôpital général et y envoyâmes nos blessés et ceux des Anglois.
Québec forme une espèce de triangle qui occupe une pointe de terre fort élevée sur la rive gauche du fleuve Saint-Laurent. Le fleuve défend un des deux côtés qui sont vers la campagne, l'un qui suit l'escar* pement de la côte d'Abraham, commande avec beaucoup de supériorité une plaine basse où serpente la rivière Saint-Charles; cette côte d'Abraham règne presque parallèlement au fleuve Saint-Laurent, et va s'y réunir à l'embouchure de la Rivière du Cap rouge. Le côté de Québec qui est terminé par cette côte et par l'escarpement du fleuve, est le seul accessible ; la distance en est d'environ sept cents toises. Il est défendu par une enceinte de six bastions revêtus et presque sur une ligne droite. Un fossé peu profond, dont l'excavation en quelques endroits n'est que de cinq à six pieds, quelques terres rapportées sur la contrescarpe, six à sept redoutes de bois construites par les Anglois couvroient cette enceinte. Le terrain pour les approches est pierreux ; il devient presque roc en approchant de la place, et les hauteurs mêmes dont nous nous étions emparés ont à peine six pouces de terre. Il fut décidé, après avoir reconnu la place, qu'on couronneroit-par une parallèle les hauteurs qui sont devant le front des bastions Saint-Louis, de la
Glacière, et du cap au Diamant, et qu'on y établiroit des batteries, d'où on espéroit, malgré l'Aoignement et la foiblesse du calibre de nos pièces, qu'elles pourroient faire brèche, le revêtement étant mauvais dans cette partie, supposé que les secours dont on se flattoit de France n'arrivassent pas.
Le 29
Au matin, on campa l'armée à un quart de lieue en arrière desdites hauteurs; on fit distribuer des vivres et les outils ; on régla le détail et le service du siège, et l'on commença à travailler à la parallèle dès l'entrée de la nuit.
Le sieur Debonne et le sieur Méloize, officier des troupes de la Marine, furent blessés à mort ce jour-là et sept à huit soldats. Les ennemis travaillèrent à force à démasquer des embrasures.
M. de Pontleroy, ingénieur en chef, fut chargé de la direction du siège et M. de Montbeillard, commandant de l'artillerie, le fut également de tout ce qui concemoit sa partie. M. Delaas fut chargé de faire les fonctions de major de tranchée, et le sieur Bastonis, lieutenant au régiment de Berry, celle d'aide-major.
Le régiment de la Reine, celui de Royal-Roussillon, un bataillon de Berry, un de la Marine et Béam, avec toutes les compagnies de grenadiers, montèrent à la tranchée le soir à quatre heures ; il y eut six cents travailleurs commandés pour la nuit, pris sur les
corpe qui n'étoient pas à la tranchée, lesquels eurent ordre de porter les armes.
Des cinq bataillons, trois dévoient être placés en ligne le long de la parallèle en arrière; les compa* gnies des grenadiers dévoient être en avant divisées par pelotons, et les deux autres bataillons en réserve à cinquante ou soixante toises derrière les trois premiers.
Il y eut une petite sortie pendant la nuit.
Le 30
La tranchée fut relevée à midi par les cinq autres bataillons; les bataillons de tranchée fournissoient les travailleurs de jour; le soir il en fut commandé six cents pour la nuit. Nous eûmes cinq à six hommes tués ou blessés ; quelques sauvages furent à l'entrée de la nuit occuper un poste sur la gauche, de même que les cavaliers à pied, lesquels y fournirent dans la suite alternativement avec une compagnie de volontaires de la milice.
Les ennemis nous incommodèrent beaucoup plus parleurs obus et les bombes que par le canon; ils firent une sortie dans la nuit d'un officier et trente hommes; l'officier, se croyant suivi, se jeta parmi nos travailleurs et y fut pris.
Mai
Le l*' mai, on renvoya au camp les deux bataillons
de réserve, la tranchée se trouvant plus en sûreté. Le sieur Boischastel, aide-major de la Sarre, fut blessé à mort d'un éclat de bombe.
La tranchée fut relevée à l'ordinaire; il vint un déserteur qui nous avertit que les ennemis dévoient faire une sortie cette nuit avec sept à huit cents hommes, ce qu'ils ne firent point cependant.
On commença trois batteries, l'une de six pièces devoit battre un peu^en écharpe la face du bastion de la Glacière ; une autre de quatre pièces, placée sur la gauche, battoit directement cette même partie; la troisième de trois pièces étoit dirigée sur le flanc du bastion Saint- Louis opposé à celui de la Glacière. On y joignit une batterie de deux mortiers.
On ne pouvoit construire la parallèle et ses batteries qu'avec des difficultés incroyables. On cheminoit sur le roc, et il falloit porter la terre dans des sacs d'une fort grande distance. Les ennemis, qui à tous moments démasquoient des pièces, nous retardoient beaucoup par des précautions qu'il falloit prendre ; les boulets plongeant derrière les hauteurs, il y avoit peu d'endroits où l'on fût à couvert, l'on fut même obligé d'éloigner le camp.
Le 2
Les travailleurs furent fournis à l'ordinaire ainsi que la tranchée ; nous perdions toujours de temps en temps quelques hommes; la parallèle étant mauvaise, les troupes y étoient peu à couvert.
DU CHEVALIBB DB LiviS 277
Le 3 et le 4
Se passèrent de même. M. le chevalier de Léyis avoit pris la résolution ce jour-là de faire passer dans la nuit le sieur Vauquelain, avec sa firégate et une goëlette armée en guerre, au-dessous de la ville pour attaquer les bâtiments de transport qui pourroient arriver aux ennemis. Mais elle ne put passer; il n'y eut que la goëlette.
Le5
Les ennemis ne tirant que peu ce jour-là, les travaux avancdreut un peu plus.
Le 6 et le 7
Les travaux n'avancèrent pas beaucoup; on perdoit toujours quelques hommes.
Y ayant une batterie avancée, on fit monter à la tranchée quelques pièces; les ennemis firent grand feu, ayant alors près de soixante pièces dirigées sur notre front d'attaque.
Le 9 Sur les neuf heures du matin, il parut une frégate
278 JOUBNAL DES CAMPAGNES
à la Pointe-de-Lévis, qui fit des signaux; et, ayant envoyé son canot à la ville, elle y vint ensuite mouiller. Les ennemis avoient feût partir au commencement du siège une frégate avec les déserteurs qu'ils avoient à nous et quelques malades. On supposoit que c'étoit la même; mais, vers la fin du jour, nous fûmes instruits du contraire.
La nuit fut très froide ; nos troupes souffrirent beaucoup à la tranchée, le sieur d'Hers, aide-major de la Reine, fut blessé.
Le 10
Nos batteries ne furent pas encore en état de tirer. M. le chevalier de Lévis reçut une lettre de M. Murray qui lui demandoit de lui renvoyer les malades qu'il avoit à l'hôpital en état de servir. Â quoi il lui répondit que cela ne paroissoit pas possible^ malgré l'article du cartel qu'il lui citoit dans pareille circonstance; mais qu'il alloit écrire à M. de Vaudrenil pour savoir ses intentions à ce sujet; et le remercia des gazettes d'Europe qu'il lui avoit envoyé.
La nuit fut très pluvieuse; on travailla à réparer les batteries. On comptoit être en état de tirer le matin; mais l'approvisionnement des pièces n'étoit point prêt et l'on vouloit attendre que les deux premières batteries puissent tirer.
Le 11
On ne put commencer à tirer qu'à midi; le feu fut
très vif de part et d'autre; et, malgré la supériorité de l'ennemi, le nôtre se soutint trds bien jusques au soir.
Les sieurs Pradel et la Justonne, lieutenants de Languedoc, furent blessés dangereusement.
La nuit fut très traquille; les ennemis tirèrent peu ; on répara les batteries de part et d'autre. On fit passer sous la ville une goélette et deux batteries qui alloient à Beauport pour charger un mortier. Les ennemis eurent une alerte considérable et crurent la Basse- Ville attaquée.
Le 12
Au matin, on recommença à tirer, mais peu. Notre artillerie étoit de mauvaise espèce; elle étoit composée de pièces de fer, la plus grande partie de 18 ou 12, excepté une seule de 24, qui creva ainsi que plusieurs des autres les jours suivants. Le peu de poudre et le peu d'effet qu'on devoit attendre de cette artillerie qui étoit d'ailleurs trop éloignée obligèrent M. le chevalier de Lévis, pour ne pas se trouver totalement dépourvu, d'ordonner qu'il ne fClt tiré que vingt coups par pièce dans les vingt-quatre heures et de continuer en restant dans la situation où on étoit jusqu'à l'arrivée des secours qu'on espéroit de recevoir, croyant que la cour les auroit fait partir à bonne heure. On avoit instamment demandé avec quelques vivres de la grosse artillerie et de la poudre, et l'on ne doutoit
280 JOURNAL DBS CAMPAGNES
point de part xd d'autre que la place ne fût assurée à celui qui recevroit les premiers secours.
Les ennemis avoient chargé la frégate nouvellement arrivée pour la mettre en état de combattre. Us avoient armé celle des deux qui avoient hiverné à Québec, qui étoit restée.
M. de Murray écrivit une longue lettre pour insister sur le renvoi de ses convalescents.
Les ennemis firent un feu considérable. On travailla la nuit à réparer les batteries. Les ennemis tiroient autant la nuit que le jour.
Le 18
Au matin, leur feu redoubla; nos batteries furent un peu maltraitées ; nous tirâmes très peu. On répara le soir les batteries.
Le 14
Les ennemis tirèrent par intervalles. On tira peu pendant la nuit.
Les ennemis tirèrent comme le jour précédent. M. le chevalier de Lévis fut averti à l'entrée de la nuit qu'il venoit de mouiller deux gros navires, qu'on n'avoit pu distinguer, entre l'Ile d'Orléans et la Pointe de Lévis. Il jugea qu'ils étoient anglois,
n'ayant mis personne à terre à la rive du sud poar faire avertir. ISt, en conséquence, il envoya des ordres, pour que tous nos bâtiments où étoient les vivres et l'artillerie eussent à se retirer, et aux deux frégates de se tenir sur leurs gardes pour être prêtes à se retirer. Il fit replier aussi l'artillerie de la tranchée et donna des ordres pour le déblaiement de l'armée.
Il fut informé dans la nuit par un prisonnier, que firent nos sauvages, que les deux navires qui avoient paru étoient Ânglois. Il donna de nouveaux ordres pour le déblaiement de la tranchée et celui de la marine, ainsi qu'aux deux frégates. Mais le temps étoit si mauvais que l'officier chargé des ordres ne put arriver dans la nuit pour les porter. Â cinq heures du matin, on vint lui dire que nos bâtiments appareilloient, que ceux des Ânglois étoient près d'eux. Une frégate parut, étant suivie de peu de distance d'une autre ; et, à environ un quart de lieue et demi, il parut un vaisseau de soixante canons.
Tous nos navires coupèrent leurs cÀbles. La Pomone en appareillant abattit trop du côté delà terre du nord et échoua. Les deux frégates ennemies continuèrent à poursuivre l'Âtalante. Elle joignit les bâtiments de transport à hauteur du Gap rouge et, voyant qu'ils alloient être joints par l'ennemi leur ordonna de s'échouer. Elle fut forcée d'en faire autant à cinq lieues plus haut, vis-à-vis la Pointe-aux- Trembles, où elle essuya pendant deux heures le feu des deux frégates. Le commandant, après avoir con-
JOURNAL DES CAMPAGNBS
sommé toutes ses munitions et avoir fort endommagé les vaisseaux ennemis, fut fait prisonnier sans avoir amené pavillon ; et les ennemis, voyant quHl ne tiroit plus, y envoyèrent un canot auquel il se rendit. Il avoit fait évader tout l'équipage qui étoit en état de servir, et perdit beaucoup de monde et eut un grand nombre de blessés, dont plusieurs officiers.
Le vaisseau ne passa pas 8aint*Michel. Il revint devant PÂnse-au-Foulon, où il tira quelques coups de canon sur le camp. Il retourna à Québec. Les deux frégates restèrent mouillées à la Pointe-aux-Trembles.
Le 17
M. le chevalier de Lévis ne jugea pas à propos de faire sa retraite pendant le jour. Il fit jeter l'artillerie de fer en bas de la côte près de l'Anse-au-Foulon, fit donner des vivres aux troupes, et prit tous les arrangements nécessaires pour pouvoir se retirer dans la nuit, n'ayant pas les moyens pour emporter l'artillerie. Les troupes restèrent toute la journée dans la même position, et à dix heures du soir on commença à se mettre en marche. L'artillerie de fonte et de campagne avdlt pris les devants. L'on passa la rivière du Cap rouge, le 17 au matin ; on resta toute la journée sur le bord de cette rivière pour faire décharger, de dessus les bâtiments qui étoient échoués, les vivres, munitions et tout ce qui étoit utile pour la défense. Le tout fut mis dans des bateaux et remonta le fleuve malgré les
DU CHBVALIBB DE LiviB 283
frégates ennemies, à la faveur de la nuit, ainsi qu'une flûte du Roi, appelée la Marie, qu'on parvint à déchouer. Après quoi on brûla tout le reste, le 18 au matin, avant de partir. Le régiment de la Sarre avoit été envoyé la veille à Saint-Âugustin pour sauver les vivres d'une goëlette qui y avoit échoué.
Le 18
L'armée coucha à la Pointe-aux-Trembles. On eut nouvelle à environ dix heures du matin que huit ou dix vaisseaux étoient arrivés à Québec ; ce qui détermina M. le chevalier de Lévis à faire partir l'armée le lendemain pour se porter derrière la rivière de Jacques Cartier, après avoir laissé un corps d'environ quatre cents hommes i la Pointe-aux-Trembles.
Le vent du nord-est, qui régnoit depuis quelques jours, étoit si violent que nombre de bateaux chargés de vivres et munitions perdirent leur charge; une des deux frégates des ennemis, qui étoit mouillée vis-àvis de la Pointe-aux-Trembles, échoua et périt ; ils n'eurent que le temps de sauver l'équipage.
Lb 19
L'armée se mit en marche, après avoir reçu trois jours de vivres. On eut bien de la peine pour passer la Rinèrede Jacques Cartier par le défaut de bateaux. M. le chevalier de Lévis avoit envoyé devant le
284 JOURNAL Dis CAMPAGNB8
major-général pour accélérer le passage, qui ne put être fini que bien avant dans la nuit. On cantonna toutes les troupes sur le bord de cette rivière.
Le 20
Le bataillon de la Sarre fut envoyé à Sainte- Anne pour veiller à la conservation des vivres.
Lb21
M. le chevalier de Lévis, après avoir pris connoissance des vivres qui nous restoient et examiné la situation de l'armée, dont presque tous les Canadiens avoient déserté'pour retourner chez eux, n'ayant que du pain et en petite quantité pour toute subsistance, étant assuré que les ennemis n'avoient pas reçu de renfort, prit la résolution de laisser un corps d'environ dix-huit cents hommes aux ordres du sieur Dumas, avec lequel il devoit occuper la Pointe-aux^Trembles, le fort de Jacques Cartier et l'église de Dechambeau avec les endroits propres pour en assurer la communication et se rassembler si le cas y étoit, et renvoyer tous les bataillons dans leurs quartiers. Si l'armée fût restée en entier dans cette partie, elle se seroit affoiblie par la désertion qu'auroient occasionnée le manque de subsistance et les maladies.
Les ennemis n'ayant pas reçu de renfort ne pouvoient faire tout au plus qu'un détachement de douze
DU CHEVAUEB DB LiVIB 285
à quinze cents hommes, avec lequel cependant, et sons la protection de leur marine, ils auroient pu prendre poste au-dessus de nous, en remontant la rivière plus vite que nous n'aurions pufEtire par terre, ayant de grandes rivières à passer avec peu de moyens. Ainsi, à tous égards, il n'y avoit pas de meilleur parti à prendre.
Dêiail deapotiei laiisiê gur cette frontière.
M. de la Bochebeaucourt à la Pointe*auz- Trembles avec 400 hommes.
M. de Kepentigny laissé au fort de Jacques Cartier 300 '*
Le sieur Dumas, major des troupes de la Marine, à Dechamoeau avec le restant dudit détachement, les deux postes ci dessus étant à ses ordres: et il y avoit quelques marins sur de petites felouques ou bâtiments, qu'on avoit armés, et quelques sauvages; le tout compris dans ledit nombre 1100 *^
Total 1800
On fit partir le bataillon de la Marine, après avoir fourni son piquet audit détachement, d'un capitaine et soixante hommes ainsi que firent les bataillons suivants.
Le 23 Boyal-Roussillon et Guyenne partirent.
JOUBNAL DES CAMPAGNES
Le 24
La Sarre partit de Sainte-Anne, et la Reine et Béam de Jacques Cartier.
M. Murray avoit écrit pour que nous fournissions des vivres à nos malades qui restoient à l'hôpital général ; sur quoi il lui fut mandé l'impossibilité où nous étions attendu Péloignement et que, s^étant emparé de ceux que nous leur avions laissé, il devoit leur en fournir en payant, que c'étoit même les termes propres du cartel. Il manda que, s'il leur donnoit des vivres ils seroient tous prisonniers. M. le chevalier de Lévis lui écrivit à ce sujet plusieurs lettres très fortes qui ne produisirent aucun changement.
Le 25
Les deux bataillons de Berry partirent. M. le chevalier de Lévis partit aussi ce jour-là pour aller à Dechambeau, où il séjourna le 26 et donna des instructions au sieur Dumas et à tous les commandants particuliers sur tout ce qu'ils auroient à faire dans les différentes circonstances où ils pourroient se trouver. Il ordonna les fortifications à faire faire, la discipline et l'ordre pour les vivres, et partit le 27 et arriva aux Trois-Rivières, où il assembla le gouverneur et tous les gens de détail ou.qui avoient des commissions particulières, et, après avoir conféré avec eux et donné
DU CHEVAUER DE LiVIB 287
des ordres, il partit pour Montréal le 28 et 7 arriva le
Il conféra avec M. le marquis de Vaadreuil sur toutes les opérations et sur tout ce qu'il étoit possible de faire pour se mettre dans le meilleur état possible pour la défense du pays suivant ses facultés.
M. Murray ayant paru désirer de ravoir les sieurs Magland, capitaine, et Campbell, lieutenant, on les lui envoya et on lui demanda l'échange de deux de nos officiers qu'il n'accorda point.
Le 81
On apprit que la goëlette du munitionnaire, qui avoit passé sous Québec et étoit descendue dans le bas du fleuve, avoit fait trois prises ; mais, par la suite, elle fut obligée de tout brûler et l'équipage de revenir par terre.
Juin
On apprit dans le commencement de juin que M. Murray retenoit non seulement les soldats et officiers malades prisonniers, mais même la garde qu'on y avoit laissée. On fut instruit dans ce même temps qu'il faisoit des préparatifs pour faire un mouvement par eau.
On proposa au sieur Murray un échange, lequel ne put avoir lieu par ses prétentions.
La levée du siège, la retraite et les mauvais temps en se retirant de ce siège, où l'on avoit porté en poudre, vivres et artillerie toutes les ressources de la colonie, nous mirent au dépourvu de toute espèce. Les bataillons étoient réduits à deux cent cinquante et au tiers des officiers, ayant laissé un détachement à Dechambeau et un second à l'Ile-aux-Noiz. Ils manquoient de fusils et de bayonnettes. Toute notre artillerie consistoit aux pièces de campagne que nous avions pris aux ennemis le 28 et à quarante boulets par pièce. Point de navire de guerre que la flûte la Marie, sur laquelle on mit quelques mauvais canons de fer. Nous avions deux demi-galères construites depuis peu à Montréal, deux bâtiments sur le lac Ontario, une goélette et deux petites tartanes sur la Rivière Saint- Jean, le tout assez mal pourvu d'équipages, la plupart des matelots s'étant retirés dans les paroisses. Nous n'avions pas la moitié de bateaux qu'il falloit pour le transport des troupes. Nulle espérance de secours, le fleuve étant couvert de vaisseaux de guerre anglois. Nous apprîmes dans le mois de juin que des bâtiments qu'on avoit envoyé de France les ayant fait partir trop tard, les uns avoient été pris et les autres s'étoient réfugiés dans la Baie des Chaleurs, pour se mettre à l'abri, en remontant dans la rivière de Ristigouche.
Du 7 AU 8 JUIN Le sieur Langy qui avoit été envoyé vers Saint-Fré-
déric avec on parti de sauvages revint sur ses pas ayant rencontré un parti ennemi à la Pointe aux Fers, contre lequel après quelques coupe de feu tirés, ils se retirèrent de part et d'autre. On se détermina sur les procédés de M. Murray de renvoyer les prisonniers anglois par Saint-Frédéric à M. Amherst, en lui proposant l'échange. Le sieur Bonneau, capitaine de Guyenne, fut choisi dans cette commission. On fit part à M. Âmherst des mauvais procédés du sieur Murray, en lui réclamant les officiers et soldats retenus contre la foi du cartel; mais on n'en eut aucune satisfaction.
Le 9
M. de Malartie et plusieurs de nos officiers qui étoient restés à l'hôpital de Québec arrivèrent; ils étoient partis avant la détermination violente du sieur Murray.
Le même joub
Mourut à Montréal chez les Sulpiciens le sieur de Pontbriant, évèque de Québec, lequel fut enterré le 11 dans la cathédrale de cette ville.
On reçut des nouvelles de la partie du lac Ontario, et que les Anglois rassembloient un corps considé-
rable à Choagen et avoient des bâtiments prêts pour favoriser le passage du lac à leurs bateaux.
On reçut ce jour de nouvelles lettres du sieur Murray, qui expliquoient ses procédés sur de fausses allégations et sur ce que M. de Vaudreuil avoit violé le droit des gens en relevant les habitants du gouvernement de Québec du serment de fidélité qu'ils avoient prêté au Roi d'Angleterre pour nous aider à reprendre Québec
Le 13
Dans la nuit, on reçut des nouvelles de France par un courrier de dépêche de Ristigouche en Âcadie, où avoient relâché nos bâtiments destinés pour Québec, qui étoient partis du 16 avril, temps auquel ils dévoient arriver.
Le 14
Les bâtiments anglois qui étoient à l'entrée du lac Champlain tirèrent beaucoup de canon.
Un parti des ennemis d'environ trois cents hommes fut à Sainte-Thérèse à deux lieues au-dessous de Saint-Jean, où ils brûlèrent un hangar où l'on déposoit les effets qu'on transportoit de Chambly à Saint- Jean et quelques maisons qui étoient aux environs, et
emmenèrent une vingtaine d'habitants, dont plusieurs charettes.
Le reste du mois de juin se passa paisiblement. On espéroit que la paiz viendroit à notre secours, n'y ayant pas autre chose à espérer.
Vers la fin de juin, le sieur de Bougainville, qui commandoit à l'Ile-aux-Noiz, ayant eu connoissance que les navires anglois avoient paru sur le lac Ghamplain, on jugea qu'il étoit indispensable de renforcer ce poste où il n'y avoit que quatre cent cinquante hommes. On y envoya le second bataillon de Berry avec deux cent cinquante miliciens ; M. le chevalier de Lévis s'y transporta pour visiter ce poste et cette frontière.
Juillet
Au commencement de juillet, on apprit que les Ânglois étoient à la fin de leurs |)réparatifs i Québec.
Le 14
Comme on craignoit que les ennemis ne cherchassent à se joindre au lac Champlain à cette flotte en traversant les bois, M. delà Pause fut envoyé pour reconnottre l'espace du pays qui sépare le lac Champlain depuis la baie de Mississicouy jusqu'à la Rivière Chambly au fleuve Saint-Laurent et au lac Saint- Pierre, en suivant les Rivières de Maska et Saint-
292 JOURNAL DES GAMPAGNB8
François. On se disposa à faire des préparatifs pour tâcher de boucher les chenaux au-dessus du lac Saint- Pierre. M. de Bourlamaque fut envoyé pour ordonner des travaux à faire dans cette partie sur les instructions qu'il avoit reçues.
M. le chevalier de Lévis, pressant toujours pour avoir des vivres, proposa différents moyens à MM. de Vaudreuil et Bigot, offrant de s'engager pour le paiement vis-à-vis des habitants, et d'envoyer des officiers de son corps entendus pour faire ce travail, ce qui fut accepté et exécuté avec tout le succès qui fut possible.
Le 11
Les ennemis ayant armé une flotte de trois frégates de vingt, trente et quarante canons, de plusieurs brigantins et senaus armés, de douze chaloupes carcassières portant du 24 et 18 et 12, et d'autres transports faisant en tout trente-cinq voiles sans compter les bateaux de débarquement. Cette flotte étoit propre à remonter le fleuve et embarquer un corps d'environ deux mille cinq cents à trois mille hommes de troupes de débarquement non compris les matelots avec une prodigieuse quantité de vivres, artillerie et munitions se mirent en mouvement, ils dévoient être renforcés, après l'arrivée de quelques troupes qu'ils attendoient d'une autre flotte avec mille à douze cents hommes de débarquement qui dévoient arriver de Louisbourg aux ordres du lord RoUo. Ils parurent au bas du courant
de Deohambeau le 16. Comme le fleuve est extrêmement rapide à cet endroit, Pon eepéroit qu'ils ne franchiroient pas aisément ce passage, quoique nous n'ayions pas à beaucoup près l'artillerie nécessaire ; mais le vent devint si fort et fit remonter leur flotte avec tant de rapidité qu'ils se trouvèrent tous au-des^ sus du passage api)elé le Richelieu sans avoir essuyé plus de cinquante coupe de canon avec perte de dix à douze hommes seulement.
Le 1* AOUT
M. le chevalier de Lévis envoya M. de la Pause reconnottre l'Ile à la barque pour voir si ce poste fortifié pourroit arrêter l'escadre.
M. de Bourlamaque retourna i Sorrel pour faire continuer les travaux; le régiment de la Sarre y fut envoyé.
Le 2
Au soir, on apprit par un prisonnier fiût à Saint- Frédéric que M. Âmherst étoit à Orange, qu'il y avoit trois bataillons de troupes à Carillon et sept de milices, et qu'ils étoient prêts i se mettre en mouvement.
Lb3
Il arriva un prisonnier fait au-dessous des Trois-
294 JOUBNAL DBS CAMPAGNES
Rivières, qui dit qu'il y ayoit trois mille cinq cents hommes de débarquemant sur les deux Sottes et que, depuis, il étoit arrivé encore quatre cents hommes à Québec. On apprit que deux barques qui étoient sur le lac Ontario avoient été chassées par un brigantin anglois.
Le 5
M. de Bourlamaque revint de Sorrel. M. le chevalier de Lévis s'y transporta le 7, donna de nouveaux ordres, fit faire des préparatifs pour boucher le chenal de Grâce et revint le 8 au soir.
Le régiment de Guyenne se mit en mouvement par eau pour se porter à l'Ile-aux-Noix avec les habitants de ses quartiers, excepté ceux de Sorrel qui restèrent aux ordres du sieur Bellot pour les travaux de cette partie.
Ce jour-là, partie de la flotte angloise, qui étoit à l'avant-garde, passa sous les Trois-Rivières et mouilla à une lieue et demie au-dessus des Trois-Rivières. Elle étoit composée de vingt-six voiles, le reste étoit au nombre de vingt-deux à Ghamplain.
Comme la ville des Trois-Rivières étoit ouverte et sans défense, le sieur Dumas, en côtoyant la flotte avec tout son détachement, qu'il avoit rassemblé en se repliant, excepté un détachement qu'il avoit laissé au fort de Jacques Cartier, se pressa d'y arriver pour y conëtruire quelques retranchements pour la défense;
mais la flotte angloise ayant passé outre, il fut forcé de la suivre après avoir laissé un détachement dans cette ville.
Le 9
A quatre heures du matin, on entendit trois coups de canon à Chambly. Trois bâtiments ayant paru à la portée de l'Ile-aux-Noix, on rassembla les habitants.
M. le chevalier de Lévis faisoit continuer les travaux commencés à l'Ile Sainte-Hélène, sous Montréal, depuis le 7, par des batteries et retranchements de même qu'à la rive du Nord du fleuve pour défendre le courant de Sainte-Marie.
Le 10
M. de Bourlamaque se porta à Sorrel.
Le 11
La flotte angloise avança dans le lac. M. de Bourlamaque, voyant que les travaux ne pourroient être finis à temps, et que les troupes qui étoient dans les tles pouvoient être coupées les replia à Sorrel où il travailla à se fortifier.
Ils sortirent du lac, passèrent les chenaux et devant
296 JOURNAL DBS CAMPAGNES
Sorrel où ils tirèrent quelques coups de canon sur les travailleurs, et mouillèrent à la tête des îles, vis-à-vis le bas de la paroisse de Noray.
Le 13
Ils avancèrent jusqu'au bas des Iles Plates. Le bataillon de la Marine qui étoit dans l'Ile de Montréal eut ordre, le lendemain, d'aller camper à l'Ile Sainte-Hélène.
Le même jour
Ils redescendirent avec la Sotte jusqu'au vis-à-vis de Sorrel, ce qui fit prendre le parti à M. de Bourlamaque, qui les avoit suivis, n'ayant laissé qu'un poste à Sorrel, d'y remarcher à la hâte ; il travailla à s'y fortifier de nouveau. Les ennemis parurent se mettre en disposition d'y tenter une descente.
Le 14
M. le chevalier de Lévis se porta à Berthier, où le corps de M. Dumas étoit déjà arrivé. Le général Murray fut joint le 18 par la division de lord RoUo. Il y resta jusqu'au 17, où, ayant vu remonter la flotte jusqu'à trois lieues au-dessus, il reçut un courrier de Montréal, d'où on lui mandoit que les ennemis paroissoient du côté du lac Ghamplain, que les
DU CHBVALIEB DE LÉVIB 297
barques que nous avions au lac Ontario s'étoient retirées et avoient été prises et que les ennemis marohoient en force à la tète des Rapides. M. de Lévis avoit formé le projet, en se rapprochant de Montréal, de rassembler ses forces et d'aller attaquer le cori)8 des ennemis qui arriyeroit le premier; mais il ne put exécuter ce projet, le général avançant toujours par eau sur Montréal, dont il se seroit aisément emparé, cette ville n'étant pas à l'abri d'un coup de main.
L'armée angloise du lac Ghamplain fit sa descente au Sud de la rivière, demi-lieue au-dessus de l'Ileaux-Noix, et travailla à s'ouvrir un chemin pour communiquer à la Rivière du Sud, et par ce portage se trouver au-dessous de l'Ile. On mouilla les bâtiments pour défendre le débouché de cette rivière; on renforça le corps qui devoit défendre l'île, qui avoit été mise dans le meilleur état de défense qu'il fut possible, ayant fait passer au sieur de Bougainville tous les secours nécessaires. Le régiment de la Reine et Royal-Roussillon furent envoyés à Saint-Jean aux ordres de M. de Roquemaure; il fut renforcé dans la suite de tous les miliciens du gouvernement de Montréal. Le chevalier de la Corne fut destiné avec quatre cents hommes à aller jusqu'au fort Lévis, que l'on avoit attaqué, avec ordre de faire mine de vouloir défendre les Rapides. On comptoit que le fort Lévis se défendroit longtemps, vu la bonté de sa position ; mais il fut pris dans trois jours, ayant été renversé par la nombreuse artillerie des ennemis. Le chevalier
298 JOURNAL DBS QAMPAQNE8
de la Corne, en se retirant aux Cèdres, comme il avoit ordre, fat abandonné par son détachement, qui étoit tout d'habitants de l'Ile Pérault ou de Montréal.
Le 19
Le chevalier de la Pause fut envoyé par M. le chevalier de Lfévis pour voir les dispositions de défense qui y avoient été faites et pour lui en rendre compte. Il en repartit le 20, dans la nuit. Les ennemis travailloient depuis deux jours aux batteries. Ils avoient débarqué le 14. Cette armée étoit composée de quatre bataillons de troupes réglées, de quelques régiments provinciaux, huit cents coureurs de bois, fidsant en tout huit à neuf mille hommes accompagnés de cinq bâtiments armés de canon de dix-huit à vingt pièces chacun, deux batteries flottantes portant du 24 et nombre de carcassières.
Lb 23
Ils commencèrent à tirer dans les retranchements de l'Ile-aùx-Noix.
Lb 26
Au matin, les ennemis, ayant daia la nuit mené des pièces de campagne vis-à*vi8 de nos bâtiments qui étoient mouillés trop près de terre à l'embouchure
DU GHBVALIBB DB LÉVIB 299
de la rivière du Sud, les canonnèrent de si près de terre et avec tant de vivacité que, le capitaine ayant été tué et partie de l'équipage tué ou blessé, le reste se jeta à l'eau pour se sauver. Gomme l'on avoit coupé le câble, le vent jeta ce bâtiment sur la côte. Les ennemis furent s'en rendre maîtres et le mirent à flot, et, ayant attaqué les autres bâtiments, ils s'en rendirent maîtres. Ce contretemps nous ayant fait perdre notre petite marine, les ennemis se disposèrent à faire passer des berges dans la rivière du Sud. Après cet acci-» dent, il fut mandé au sieur de Bougainville de soutenir ce poste le plus qu'il seroit possible, et, lorsqu'il se verroit hors d'état de le soutenir, de se retirer, s'il lepouvoit encore, ce qu'il exécuta le 27, se voyant totalement tourné et coupé, de l'avis du conseil de guerre qu'il tint à ce sujet, en ne laissant que les écloppés avec une cinquantaine d'hommes qui avoient ordre de capituler le lendemain. M. de Bougainville se retira avec le reste de son détachement par la rive gauche de la Rivière Saint-Jean, marchant à travers les bois; et ce ne fut qu'avec beaucoup de peine qu'il put se rendre auprès de Saint- Jean dans la journée du 28.
Lb 28
Le corps qui étoit à Saint-Jean ayant vu paroître le matin avant le jour quelques berges, se porta à une grande portée de canon en arrière dudit fort^ où l'on
300 JOURNAL DES CAMPAONEB
reBta le 28 et le 29 en disposition de se retirer derrière la Rivière de Montréal à l'approche des ennemis; on avoit envoyé garnison au fort Ghambly et à Sainte- Thérèse, avec ordre à ce dernier poste de le brûler et de se retirer à Ghambly.
Les Canadiens revenus de l'Ile-aux-Noix se retirèrent dans leurs paroisses, et, ayant jeté répouvante parmi ceux qui étoient à Saint-Jean, ils s'en allèrent de même; il y eut aussi de la désertion parmi les troupes.
Dans la nuit du 29, les ennemis venant en force sur Saint-Jean avec grand nombre de berges, H. de Roquemaure y fit mettre le feu et se replia derrière le ravin de Montréal, entre Saint- Jean et la Prairie.
M. Murray, dès le 25, avoit mis à la voile et, étant monté jusqu'à quatre lieues au-dessous de Montréal, le détachement de M. de Bourlamaque qui les suivoit par le Sud, et celui de Dumas par le Nord, montèrent l'un jusqu'à Longueil et Boucherville et l'autre passa dans l'Ile de Montréal.
Le 30 ET LE 31
Les ennemis restèrent à Saint- Jean sans faire de mouvements.
Septembre
Le 1», M. le chevalier de Lévis, voyant le corps aux ordreedeM.de Bourlamaque à même de se joindre
DU GHEVALIBB DE LiVIS 301
et voulant tenter une action contre l'armée qui étoit à Saint-Jean, fut reconnoître la position de M. de Roquemaure et revint pour conférer avec M. de Bourlamaque. Il avoit appris que le sieur Murray avoit fait descendre un corps à Varennes. Il donna ordre à M. de Roquemaure de se replier le soir à la Prairie, après avoir laissé un poste à la jonction du chemin de Saint-Jean et Ghambly à la Prairie. Il avoit appris aussi que lea ennemis paroissoient se porter de Saint- Jean vers Chambly ; après avoir pris avec M. de Bourlamaque tous les arrangements pour se joindre et combattre le corx>s de Sahit- Jean, il se rendit à Montréal.
On n'avoit aucune nouvelle des Rapides. Le chevatier de la Corne étoit encore aux Cèdres.
Le 2
M. le chevalier de Lévis ayant convoqué tous les sauvages à la Prairie pour les porter à le seconder dans son dessein, pendant qu'il les haranguoit, il vint un député de leur village leur annoncer que la paix étoit faite entre eux et les Anglois, lesquels étoient aux Cèdres. Dans ce moment, ils se dispersèrent et laissèrent M. le chevalier de Lévis tout seul, avec les officiers, lequel ayant eu avis aussitôt par le chevalier de la Corne que le fort Lévis avoit été pris, que M. Amherst. descendoit avec une armée de quinze mille hommes, qu'il arrivoit aux Cèdres et que, s'il faisoit
diligence, il pouvoit être le lendemain à Montréal, prit sur cela la résolution de faire replier sur l'Ile de Montréal tous les corps qui étoient au sud, ce qui fut exécuté avec beaucoup d'ordre le lendemain matin, malgré le manque de bateaux qui obligea à faire plus d'ouvrage. Le corps de M. de Bourlamaque se porta au-dessous de la ville et celui de M. Roquemaure audessus, et celui du sieur Dumas continua d'occuper le bas de l'île.
Le sieur Murray s'étendit le long de la côte du sud. Il est à observer qu'il n'avoit mis à terre dans la descente qu'il avoit faite qu'un détachement qui se tenoit toujours prêt à se rembarquer dans le moment qu'on auroit pu marcher à lui, ce qui fut cause que nous ne pûmes jamais le combattre. Et on ne pouvoit s'écarter de la ville de Montréal où le sieur Murray se tenoit à portée de pouvoir entrer dans quatre heures. M. le chevalier de Lévis fut reconnoître le haut de l'île. Nos forces et l'éloignement de la ville ne nous permirent pas de tenter de le défendre.
Le 6
L'armée du général Amherst, qui avoit séjourné à l'Ile Pérault, se mit en mouvement. Nos volontaires à cheval, qui étoient au bout de l'île, ayant voulu trop attendre, les berges allant plus vite que leurs chevaux, elles arrivèrent à la Chine en piême temps qu'eux. Ils furent poursuivis, mais ils se sauvèrent à deux ou trois
près. Il étoit environ onze heures du matin, et toute leur armée se mit en mouvement, après avoir débarqué, pour se porter vers la ville. Les volontaires se retirèrent pied à pied. On avoit mandé au sieur Dumas de se serrer vers la ville, et sur le champ on prit la résolution de se retirer dans la ville, M. Amherst étant venu camper à un quart de lieue. Il ne restoit plus alors que les troupes, tous les habitants s'étant sauvés ches eux ; nombre de soldats mariés furent joindre leurs femmes, de sorte que tout ce qui restoit de combattants ne passoit pas deux mille. On avoit à peine des munitions pour une a£Faire de mousqueterie et des vivres pour environ quinze à vingt jours. L'armée du général Amherst étoit composée de quinze mille hommes ; celle de M. Murray, de quatre mille hommes, et celle du lac Champlain, de neuf à dix mille, pouvoient se joindre dans une heure avec plus de cent cinquante bouches à feu.
Pendant la nuit, il fut tenu une assemblée chez M. le marquis de Vaudreuil, composée des principaux officiers des troupes de terre et de la Marine. M. Bigot, intendant, lut un mémoire sur la capitulation de la colonie et l'état actuel de ses affaires, et un projet de capitulation.
Comme la désertion totale des Canadiens et celle d'un grand nombre de soldats avoit réduit les troupes au nombre d'environ deux mille quatre cents, tout au plus, que les sauvages domiciliés avoient fait leur paix avec les Anglois, et même leur avoient o£Fert de prendre
les armes poar achever de nous réduire, que la ville de Montréal étoit tout au plus à l'abri d'un coup de main, qu'on ne doutoit pas que le brigadier Murray ne débarquât dans l'Ile de Montréal le lendemain matin, que le corps qui avoit pris l'Ile-aux-Noix pouvoit aisément se joindre au brigadier et entourer l'Ile Sainte-Hélène, dans laquelle on n'avoit pu jeter que cinq cents hommes, et comme il étoit impossible de combattre l'armée qui étoit à la vue de Montréal avec plus de douze cents hommes, ne pouvant laisser moins de la moitié des troupes k la garde de la ville et de l'Ile Sainte-Hélène, les munitions d'ailleurs étant réduites à six milliers de poudre, tout le monde pensa, comme le marquis de Vaudreuil, que l'intérêt général de la colonie exigeoit que les choses ne fussent pas poussées à la dernière extrémité, et qu'il convenoit de préférer une capitulation avantageuse aux peuples et honorable aux troupes, qu'elle conservoit au Roi, à une défense opiniâtre qui ne différerôit que de deux jours la perte du pays. En conséquence le sieur de Bougainville fut envoyé pour proposer une suspension d'armes pour un mois, laquelle ayant été refusée, n'ayant accordé que six heures pour se déterminer, on y renvoya à dix heures pour la capitulation dont on avoit minuté les articles et fait lecture dans la susdite assemblée.
Les habitants de la ville refusèrent de prendre les armes. On avait laissé un bataillon de la colonie dans l'Ile Sainte^ Hélène. La Marie, qui étoit armée avec le plus d'artillerie qu'on avoit pu y mettre, les deux
DU GHBVAUEB DB lAvIS 306
galères et les batteries qu'on avoit sur l'Ile Sainte- Hélène et à l'Ile de Montréal défendoient le passage du courant Sainte-Marie contre la flotte du général Murray, le reste des troupes étoit posté le long des murailles de la ville, ayant laissé quelques détachements dans les faubourgs.
L'armée du sieur Murray fit sa descente i dix heures du matin à la Pointe^aux-Trembles et se mit en marche jusqu'à la Longue-Pointe, où elle s'arrêta sur ce qu'on lui fit dire que l'on étoit en pourparlers pour capituler ; mais il avança le soir jusqu'aux fau* bourgs de la ville. •
Le général Âmherst minuta à la marge ce qu'il voulut accorder à chaque article. Il accorda presque tout excepté les honneurs demandés pour les troupes, voulant qu'elles missent bas les armes et qu'elles ne servissent pas de la présente guerre.
Cet article parut trop humiliant i)Our s'y soumettre. On renvoya M. de Bougainville pour faire des repré* sentations sur cet article ; mais le général ne voulut point l'entendre. On y renvoya dans la nuit M. de la Pause pour lui proposer de mettre seulement au Canada ou en Amérique en entreligne ; mais il ne voulut rien changer. M. le chevalier de Lévis, et les principaux officiers des troupes de terre firent sur cda vocalement les plus vives représentations à M. de Vaudreuii pour le porter à prendre un des partis qu'on lui proposait. A la fin, M. le chevalier de Lévis lui présenta le mémoire ei-après au nom des troupes qu'il commandoit.
306 JOURNAL DES GAMPAONE8
Mémoire à M. le marquis de VaudreuiL
Aujourd'ui, 8 septembre 1760.
M. le marquis de Vaudreuil, gouverneur général de la Nouvelle-France, nous ayant communiqué les articles de la capitulation qu'il a proposés au général anglois pour la reddition du Canada et les réponses à ses articles, et ayant lu dans lesdites réponses que <» général exige pour dernière résolution que les troupes mettent bas les armes et ne serviront point pendant tout le cours de la présente guerre, nous avons cru devoir lui représenter, en notre nom et en celui des officiers principaux et autres dos troupes de terre que cet article de la capitulation ne peut être plus contraire au service du Roi et à l'honneur de ses armes, puisqu'il prive l'Etat du service que pourroient lui rendre pendant tout le cours* de la présente guerre huit bataillons de troupes de terre et deux de celles de la marine, lesquelles ont servi avec courage et distinction, service dont l'Etat ne seroit pas privé si les troupes étoient prisonnières de guerre et même prises à discrétion.
En conséquence, nous demandons à M. de Vaudreuil de rompre présentement tout pourparlers avec le général anglois et de se déterminer à la plus vigoureuse défense dont notre position actuelle puisse êtresusceptible.
Nous occupons la ville de Montréal qui, quoique très mauvaise et hors d'état de soutenir un siège, est à
l'abri d'un coup de main et ne peut être prise sans canon. Il seroit inoui de se soumettre à des conditions si dures et si humiliantes pour les troupes, sans être canonnés.
D'ailleurs, il reste encore assez de munitions pour soutenir un combat, si l'ennemi vouloit nous attaquer l'épée à la main, et pour en livrer un, si M. de Vaudreuil veut tenter la fortune, quoique avec des forces extrêmement disproportionnées et peu d'espoir de réussir.
Si M. le marquis de Vaudreuil, par des vues politiques, se croit obligé de rendre présentement la colonie aux Ânglois, nous lui demandons la liberté de nous retirer avec les troupes dans l'Ile Sainte-Hélène, pour y soutenir en notre nom l'honneur des armes du Roi, résolus de nous exposer à toutes sortes d'extrémités plutôt que de subir des conditions qni nous y paroissent si contraires.
Je prie M. le marquis de Vaudreuil de mettre sa réponse par écrit au bas du présent mémoire.
Signé: Le chevalier de Lévis.
Réponse de M. le marquis de Vavdreuil.
Attendu que l'intérêt de la colonie ne nous permet pas de refuser les conditions proposées par le général anglois, lesquelles sont avantageuses au ,pays dont le
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308 JOUBNAL DE8 GAMPAaNES
sort m'est confié, j'ordonne à M. le chevalier de Lévis de se conformer à la présente capitulation, et faire mettre bas les armes aux troupes.
A Montréal, le 8 septembre 1760.
Signé: Vaudbbuil.
M. le chevalier de Lévis voyant avec douleur que rien ne pouvoit faire changer la détermination de M. le marquis de Vaudreuil, voulant épargner aux troupes une partie de l'humiliation qu'elles alloient subir, leur ordonna de brûler leurs drapeaux pour se soustraire à la dure condition de les remettre aux ennemis.
Le gépéral Anglois avoit donné jusqu'à six heures du matin, mais il en étoit huit quand on fut leur porter l'acceptation. Il fut convenu qu'ils viendroient le soir même occuper le faubourg des Récollets.
Le 9
Us envoyèrent un détachement sur la Place d'armes avec de l'artillerie, où nos bataillons se rendirent pour y mettre bas les armes, l'un après l'autre, et retourner ensuite au camp qu'ils occupoient sur le rampart. M. le chevalier de Lévis fut ensuite en faire la revue. Les ennemis s'emparèrent des postes et de toute la garde de la ville.
Le 10
On envoya des détachements pour aller chercher les équipages que chaqiie batailloti avoit dans ses quartiers.
Lb 11, 12 ET 13
Les Ânglois renvoyèrent leurs milices, firent leurs arrangements pour les garnisons et disposèrent les bfttiments pour nous embarquer.
Lb14 On fit embarquer Languedoc, Berry et la Marine ;
Lb 16 Boyal-Boussillon, la Sarre et Guyenne ;
Lb 16
La Reine et Béam.
Ayant leur départ, M. le cheyalier de Lévis remit à chaque commandant de corps l'instruction ci-après leur prescrivant d'en donner copie à tous ceux qui commanderoient des bâtiments. Le 17 il partit pour Québec avec M. de Bourlamaque ; M. de Vaudreuil et Bigot ne partirent que le 20 et 21.
310 JOURNAL DES CAMPAGNEB
Instructions à Messieurs les commandants de bataillon.
Article 1"
Messieurs les commandants de bataillon, avant de s'embarquer, feront la revue du linge et habillements de leur bataillon, dont ils tiendront les états. A leur arrivée en France, ils en feront une autre et tiendront la main à ce que les soldats ne vendent ni ne dissipent mal à propos leurs équipements.
Article 2
Les compagnies seront embarquées en entier et toutes du même bataillon ; le commandant s'embarquera sur le navire où sera le plus grand nombre, et les officiers avec leurs compagnies ; et, dans tel endroit où ils aillent, ils ne les quitteront point sans une permission de la cour ; et le commandant ne pourra leur donner de congés, de même qu'aux soldats.
Article 3
Les commandants tiendront la main à ce que les soldats soient payés, en lettres de change, de leur solde du 1er juillet au 1er septembre 1760, et, en remboursement en billets de monnoie, la solde qu'Us ont reçue du 1er janvier au 1er mai et à ce que les sommes pro-
DU CHEYALIEB DE LÉVIB 311
venantes des successions des soldats morts, qui sont encore entre les mains de l'officier chargé du détail ou des capitaines, soient envoyées à leurs héritiers, ainsi qu'il a été décidé par le ministre.
Ils feront rendre compte aux familles des successions des officiers qui ont été tués ou qui sont morts en Canada.
Article 4
Dans la traversée, ils feront faire la garde du quart à leurs troupes de façon qu'il y en ait toujours la moitié ou le tiers sur le pont, pour éviter les maladies et l'infection qui ne manqueroit pas de s'y mettre s'ils ne prenoient l'air chacun à leur tour.
On nommera un nombre d'officiers pour faire le quart, contenir les soldats et faire relever aux heures réglées et les représentations convenables pour leur soulagement.
Article 5
On désignera à chaque compagnie l'endroit où elle devra se placer dans l'entrepont ; les sergents seront placés avec elles ou i portée et rendront compte aux officiers de quart ou de visite de tout ce qu'il y aura d'intéressant.
Article 6
Il y aura un officier major qui assistera aux distri-
butions qu'on fera, ainsi qu'un sergent par compagnie, et plus grand nombre d'officiers s'il est nécessaire.
Articls 7
On nommera tous les jours des officiers et sergents pour visiter les compagnies lesquels seront chargés de la propreté, feront mettre branle-bas et nettoyer l'entrepont ou la cale tous les jours que le temps le permettra, assisteront aux repas des troupes et rendront compte des malades.
Article 8
Dans le premier port de France où ils arriveront, ils feront lire les détails militaires i la troupe, tiendront la main à la plus exacte discipline, établiront une garde de police, nommeront des officiers pour faire la visite, l'inspection, les appels, et veiller à ce que les soldats fassent ordinaire et à leur propreté. Les officiers visiteront leurs compagnies le plus souvent qu'il leur sera possible.
Article 9
Dans le premier port de Franc où ils débarqueront, ils demanderont au commandant pour le Roi de leur faire fournir le logement et la subsistance et rendront compte au ministre de la guerre de leur arrivée pour
DU OHBVALIBB DB VtVlB 818
recevoir ses ordres, si je ne suis arrivé dans le port, ou M. de Bourlamaque.
Article 10
Us ne donneront point aux Anglois d'autres états que ceux qui ont été donnés ici par moi, et ni eux ni leurs officiers ne signeront aucune obligation.
S'ils étoient transportés ailleurs qu'en France, ils feront les plus vives représentations et ne permettront qu'à un officier de i>a8ser en France pour donner de leurs nouvelles à la cour, et persisteront à demander de suivre le sort de leurs troupes dans telle circonstance que ce soit.
Abtiols 11
Ils recommanderont aux officiers d'être très réservés et retenus dans leurs propos vis-à-vis des Anglois et de contenir leurs soldats.
Arrivés à Québec ou dans la rivière, ils auront attention de ne permettre d'aller à terre, s'ils sont à bord qu'aux soldats dont ils seront sûrs et en très petit nombre ou point, s'il se peut
Article 12
SuBposé qu'on ne puisse embarquer tout un bataillon sur \m bâtiment, il sera remis copie de la présente instruction à celui qui commandera les compagnies détachées de l'état major.
314 journal des campa0nb8
Article 13
J'ai l'honneur de prévenir Messieurs les commandants de bataillon que j'enverrai ou remettrai moimême copie de la présente instruction au ministre vis-à-vis duquel ils seront responsables de tout ce qui n'aura pas été exactement exécuté.
Tout ce qui compose le corps des troupes de terre qui sont au Canada me doit la justice de croire que j'ai fait jusqu'i ce jour tout ce qui a dépendu de moi pour leur avantage. Arrivé à la cour, je ferai valoir la façon distinguée avec laquelle elles ont. servi, et mon possible pour leur procurer toutes les grâces dont ils peuvent être susceptibles. Je solliciterai vivement le paiement de leurs lettres de change et ordonnances. Dans les occasions, je serai leur avocat et serai très charmé de leur donner de nouvelles preuves de l'attachement et amitié que je leur ai toujours témoigné ; et je me flatte qu'ils m'accorderont la continuation de la leur .
Tous les bâtiments restèrent dans la rivière sans pouvoir avoir le vent favorable jusqu'au 10 et 11 qu'ils arrivèrent à Québec. Les Anglois avoient embarqué déjà un détachement de la Marine et de Béarn, qui étoit descendu en bateau. Les bâtiments partirent de Québec en détail pendant tout le reste du mois. M. le chevalier de Lévis partit le 18 octobre et n'arriva à La Rochelle que le 26 novembre. Les autres bâtiments arrivèrent dans différents ports dans le mois de décembre. M. le chevalier de Lévis arriva à Paris le 6 décembre.
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JOUBNAL DBS GAMPAONBS
ARTICLES DE CAPITOLATION
Ihitre Son Excellence le général Amhent, commandant en chef les troupes et forcée de Sa Majesté Britannique en Amérique Sq>tentrionaîe
Son ExcdUnce M. le marquis de Vaudreuil, Qrand-Croix de V Ordre royal et militaire de Saini-Loms, gouverneur et lieutenant général vour le Roi en OanadiL
Tonte la garnieon de Montréal doit mettre bas les armes et ne servira point pendant la présente ffuerre.
Immédiatement après la signature de la présente, les troupes dn Boi prendront possession des portes et posteront les gardes nécessaires pour maintenir le bon ordre dans la ville.
AjEtnCLB 1*
Vingt^qnatre heures après la signature, le généM anglois fera prendre par les troupes de Sa Majesté Britanniaue cossession des portes de la ville de Montréal, et la garnison angloise ne pourra y entrer qu'après l'évacuation des troupes mngoises.
Abticlb 2
Les troupes et les milices qui serdnt en garnison dans la vule de Montréal en sortiront par la
porte de avec tous
les honneurs de la guerre, six pièces de canon et un mortier qui seront chargés dans le vaisseau où le marquis de Yau* dreuil embarquera avec dix coups à tirer par pièce. Il en sera de même pour la garnison des Trois-Biviâres pourles honneurs de la guerre.
DU CHEVALIER DE LiVIB
ToateB 066 ironpes ne doivent point servir pendant la présente guerre et mettront pareillement les armes bas. Le reste est accordé.
Accordé.
Ces troupes doivent, comme les autres, mettre bas les armes.
Befosé.
Abticlb 3
Les troupes qui seront en «tmison dans le fort de Jacques Cartier et dans l'Ile Sainte-Hélène et autres forts, seront trai* tées de même et auront les mêmes honneurs, et ces troupes se rendront à Montréal, aux Trois-Riviôres ou & Québec pour V être toutes embarauées pour le premier port de France par le plus court chemin.
Les troupes qui sont dans dos forts situa sur nos frontières du côté de PAcadieau détroit de Michilimakina et autres postes jouiront des mêmes honneurs et seront traitées de même.
Abticlb 4
Les milices, après avoir sorti de la ville et des forts et postes ci-dessus, retourneront chez eux sans pouvoir être inquiétées sous quelque prétexte que ce soit pour tivoir porté les armes.
Abticlb 5
Les troupes qui tiennent la campagne lèveront leur camp, marcheront tambour battant, armes, bagages, avec leur artillerie pour se joindre à la garnison de Montréal, et auront en tout le même traitement
Abticlb 6
Les stgets de Sa Majesté Britannique et de Sa Majesté Très Chrétienne, soldats, miliciens ou matelots qui auront déserté on laissé le service de leur Son*
C'est toat ce qu'on peut demander BUT cet article.
Les malades et blessés seront traités de même que nos propres gens.
Le premier reftisé; il n'y a point eu de cruautés commises par les sauvages de notre armée et le bon ordre sera maintenu.
verainet porté les armes dans l'Amérique Septentrionale se^ rontdepartet d'autre pardonnes de leurs crimes : ils seront respectivement renaus à lear patrie, sinon ils resteront chacun où ils sont sans qu'ils puissent être recherchés ou inquiétés.
Abticls 7
Les magasins, l'artillerie, fusils, sabres, munitions de guerre et généralement tout ce qui apiMurtient à Sa ^Majesté Très Chrétienne, tant dans les villes de Montréal et Trois*Rivîères que dans les forts et postes mentionnés en l'article 3, seront liviés par des inventaires exacts aux commissaires qui seront préposés pour les recevoir au nom de S. M. B. Il seia remis au marquis de Yaudrenil des expéditions en bonne forme desdits inventaires.
AsnoLX 8
Les officiers, soldats, miliciens, matelots et même les sauvages détenus pour cause de leurs blessures ou maladies, tant dans les hôpitaux que dans les maisons particulières jouiront du privilège du cartel et seront traités conséquemment.
Abtiglb 9
Le général anglois s'eneagerade renvoyer ches eux les sauvages, IncÛens et Moraîgans qui font nombre de ses armées, d'abord après la signature de la présente capitulation ; et> ce-
Bépondu par l'article précédent
Le iiiarquis de Vaudreuil et tons ces Meesieurs seront maîtres de lenrs maisons et s'embarqueront dès que les vaisseaux du Roi seront prêts à ûdrs voile pour l'Europe et on leur accordera toutes les commodité que Ton pourra.
Accordé excepté les archives
pendant, pour prévenir tout désordrede la part de ceux qui ne eeroient pas partis, il sera donné par ce général des sauve-
Sardes aux personnes qui en emanderont, tant en viue que dans les campagnes.
Articls 10
Le général de S. M. B. garantira tous désordres de la part des troupes, les assiyettira à payer les dommages qu'dles pourroient faire tant' dans les villes que dans les campagnes.
AsnoLB 11
Le général anf;lois ne pourra obliger le marqmsde Vaudreuil de sortir de la ville de Montréal
avant le et on ne
pourra loger personne dans son bôtel jusqu'à son départ.
M. le chevalier de Lévis, commandant les troupes de terre, les officiers principaux et majors'des troupes de terre et de la colonie, les ingénieurs, officiers d'artillerie et commissaires des guerres resteront pareillement a Montréal jusqu'audit jour et y conserveront leurs logements. Il en *sera usé de même à l'égard de M. Bi^ot, intendant, des commissaires de la marine et officiers de plume, dont mon dit sieur Bigot aura besoin, et on ne pourra également loger personne à l'intenduioe avant le départ de cet intendant.
Abticlb 12
Il sera destiné» pour le pas-
JOURNAL DBS 0AMPAGNE8
qui pourront être nécessaires poor le gouvernement da pays.
Ce que le Boî ponrroit avoir fait à ce siget sera obéi.
Accordé, excepté que M. le marquis de Vaudreuil et tous les officiers, de quelque rang qu'ils puissent être, nous remettront de bonne foi toutes les cartes et plans du pays.
sage en droiture au premier port de mer en France du marquis de Vaudreuili le vaisseau le plus commode qui se trouvera; il y sera pratiqué les loeements nécessaires pour lui, Mme la marquise de Vaudreuil, M. de Bigaud, gouverneur de Montréal, et la suite de ce général. Ce vaisseau sera pourvu de subsistances convenables aux dépens de S. M. B., et le mar> quis de Vaudreuil emportera avec lui ses papiers sans qu'ils puissent être visités, et il em* barquera ses équipages, vaiaselle, bagages et ceux de sa suita
Articlb 13
Si, avant ou apirès rembarquement du marquis de Vaudreuil, la nouvelle de la paix arrivoit et que par le traité le Canada resUt à Sa Majesté Très Chrétienne, le marquis de Vaudreuil reviendrodt a Québec ou à Montréal, toutes les choses resteroient dans leur
Sremier état sous la domination eSa Majesté Très Chrétienne et la présente capitulation deviendrait nulle et '" quelconque.
Abtiolb 14
Il sera destiné deux vaisseaux pour le passage en France de M. le chevalier de Lévis, des officiers principaux et état-major général des troupes de terre, ingénieurs, officiers d'artillerie et gens qui sont à leur suite. Ces vaisseaux seront également pourvus dt
Accordé avec la même rér serve que par l'article précédent
Accordé.
Aocoxdé.
sabBistanoes, et il sera pratiqué les logements nécessaires. Ces officiers pourrontemporter lears papiers, qui ne seront point visites» leurs équipages et bagages. Ceux de ces officiers qui seront mariés auront la liberté d'emmener avec eux leurs femmes et enfants et la subsistance leur sera fournie.
Article 15
n en sera de même destiné un pour le passage de M. Bigot, intendant, et de sa suite» dans lequel vaisseau il sera fait les aména^jernents convenables pour Im et les personnes qu'il emmènera. Il y embarquera également ses papiers, qui ne seront point visités, ses équipages, vaisselle et bagaf^es et ceux de sa suite. Ce vaisseau sera pourvu de subsistanoee comme il est dit ci-devant.
Article 16
Le {général anglois fera aussi fournir pour M. de Lon^pieil, gouverneur des Troip-Bivières, pour les états majors de la colonie et les commissaires de la marine» les vaisseaux nécessaires pour se rendre en France et le plus commodément qu'il sera possible; ils pourront j embarquer leurs familles, domestiques^ bagages etéquipages, et la subsistance leur sera fournie pendant la traversée sur un pied convenable aux dépens de B. M. B.
Article 17 Les officiers et soldats, tant
JOURNAL DBS CAMPAGNES
Accordé.
Accordé.
des troupcMS de terre que de la colonie, ainsi aue les oflQiciera marine et matelots qni se trouveront dans la colonie seront anesi embarqués pour France dans les vaisseauz.qni leor se^ ront destinés en nombre suffîsantetlepluscommodément gue flaire se pourra. Les oflQiciers des trou^ et marins, qui seront manés, pourront emmener avec eux leurs familles, et tous auront la liberté d'embarquer leurs domestiques et bagages. Quant aux soldats et inatelots, ceux qui seront mariés pourront emmener avec eux leurs femmes et enfants, et tous embarqueront leurs havresacs et bagages. Il sera embarqué dans les vaisseaux les subsistances convenables et suffisantes aux dépens de S. M. B.
Article 18
Les officiers, soldats et tous ceux qui sont à la suite des troupes, qui auront leurs bagages dans les campagnes poui^ ront les envoyer chercher avant leur départ sans qu'il leur soit fait aucun tort ni empêchement
Article 19
Usera fourni par le général anglois un bâtiment d'hôpital pour ceux des officiers, soldats et matelots blessés ou malades qui seront en état d'être transportés en France, et la subsiAtanoe leur sera fournie aux dépens de S. M. B.
Il en sera usé de même à l'é-
Srd des autres officiers, solts» matelots blessés ou ma-
Accordé.
Accordé; mais s'ils ont des papiers qui concernent le gouvememeDt du pays» ils doivent noas les remettre.
Tons cenx dont les aflfaires particuliôrea exigent qu'ils restent dans le pays et qni en ont la permission de M. de Vaudreoil, seront permis de rester
lades, aussitôt qu'ils seront rétablis.
Les uns et les antres pourront emmener leurs femmes»
enfantSfdomestiques et bagages, et lesdits matelots et soldats ne pourront être sollicités ui forcée à prendre parti daus le service de S. M. B.
Abtiols 20
Il sera laissé un commissaire et un écrivain de Roi pour avoir soin des hôpitaux et veiller à tout ce qui aura rapport au service de S. M. Très Chrétienne.
Articlx 21
Le général anglois sera obli^ également de fournir des vaisseaux pour le passage en France des omciers du Conseil supérieur de justice, police, de l'amirauté et tous autres officiers ayant commissions ou brevet de Sa Majesté Très Chrétienne, pour eux, leurs familles, domestiaues et équipages, comme pour tes autres officiers, et la subsistance leur sera fournie de même aux dépens de S. M. B.
n leur sera cependant libre de rester dans la colonie» s'ils le jugent à propos pour y arranger leurs affaires ou de se retirer en France, quand bon leur semblera. *
Abticlb 22
S'il y a des officiers militaires dont leurs affaires obligent leurs Drésenoes dans la colonie jusque l'année prochaine, ils pourront y rester après en
jusqu'à 06 que leurs afibires soient terminées.
Accordé.
Tout ce qui se trouve dans les magasins destinés à l'usage des troupes doit être délivré au commissaire anglois pour les troupes du Roi.
Accordé.
avoir eu la permission du mai^ quis de Vaudreuil et sans qu'ils
Suissent être requis prisonniers e guerre.
Abticlb 23
Il sera permis au munitionnaire des vivres du Roi de demeurer au C^ada jusqu'à l'année prochaine pour être en état de £ure face aux dettes qu'il a contractées dans la colonie relativement à ses fournitures. Si néanmoins il préfère de passer en France cette année, n sera obligé de laisser une i)er8onne jusqu'à l'année prochaine pour faire ses affaires. Ce particulier conservera et pourra emporter ses papiers sans être visités.
Ses commis auront la hberté de rester dans le pays ou de passer en France» et, dans ce dernier cas, la subsistance leur sera accordée sur les vaisseaux de Sa Majesté Britannique pour eux, leurs familles et leurs bagages.
Abticlb 24
Les vivres et autres approvisionnements qui se trouvent en nature dans les magasins du munitionnaire, tant dans les villes de Montréal et des Trois- Rivières que dans les campa-
Siee lui seront conservés, lests vivres lui appartenant et non au Roi. Il lui sera loisible de les vendre aux François ou aux Anglois.
ASTIOLB 25
Le passage en France sera également accordé sur les vais-
Accordé pour ce qai peat appartenir à ïa Compagnie on aux particuliers; mais si Sa Majesté Très Chrétienne y a aucune part, elle doit être au profit du Roi.
Accordé pour le libre exercice de la religion ; Tobligation de payer la dtme aux prêtres dépendra de la volonté au £oi.
seaux de 8. M. B. ainsi que la subsistance à ceux des officiers de la compagnie des Indes qui voudront y passer et ils emmèneront leurs ÙLm\ lies, domesti()ue8 et bagages. Il sera permis à l'agent principal de ladite compagnie, supposé qu'il voulût passer en France, ae laisser telle personne qu'il jugera à propos jusqu'à l'année prochaine pour terminer les afûdres de ladite compagnie et faire le recouvrement des sommes qui lui sont dues. L'agent principal conservera tous les papiers de ladite compagnie et ne pourra être visité.
Article 26
Cette compagnie fera mainlevée dans la propriété des écarlatines et castors qu'elle peut avoir dans la ville de Monûéal; il n'y sera point touché, sous quelque prétexte que ce soit ; et il sera donné à l'agent principal les facilités nécessaires pour faire passer cette année en France ces castors sur les vaisseaux de S. M. B., en payant le firet sur le pied que les Anglois le paieront
AancLE 27
Le libre exercice de la religion catholique apostolique et romaine subsistera en son entier, en sorte que tous les états et les peuples des villes et des campagnes, lieux et postes éloignés pourront continuer de rassembler dans les églises et de fréquenter les sacrements, comme ci-devant, sans être in-
Accordé.
Accordé, ezceçté ce qui regarde l'article saivant
Beftué.
qniétés en aucune manière, directement ni indirectement
Ces peuples seront obligée par le gouverneur anglois à payer aux prêtres qui en prendront le soin, les dîmes et tous les droits qu'ils avoient accoutumé de payer sous le gouvernement de Sa Majesté Très Chrétienne.
Abticlb 28
Le chapitre, les prêtres, curés et missionnaires continueront avec entière liberté leurs exercices et fonctions curiales dans les paroisses des villes et des campagnes.
Abticlb 29
Les grands vicaires, nommés par le chapitre pour administrer le diocèse pendant la vacance du siège épiscopal, pourront demeurer dans les villes ou paroisses des campagnes, ainsi qu'ils le jugeront à propos.
Ils pourront en tout temps visiter les différentes paroisses du diocèse avec les cérânonies ordinaires et exercer toute la juridiction q^u'ils exer^ient sous la domination francoise. Ils jouiront des mêmes aroits en cas de mort du futur évêque dont il sera parlé & l'article suivant.
ARnoLB 30
Si, par le traité de paix, le Csr nada restoit au pouvoir de 8.
M. B., S. M. T. Ghrét. oontinueroit & nommer l'évêque de la colonie, qui seroit toujours de la communion romaine, sons l'autorité duquel les peuples ezeroeroient la religion romaine.
DU CHEYALIBB DE LÉVIB
Cet article est compris soos le précédent
Accordé.
Reftifié jusqu'à ce que le plaisir dn Boi soit connu.
Accordé.
AsmoLB 31
Pourra le Seigneur évéque établir, dans le besoin, de nouvelles paroisses et pourvoir au rétablissement de la cathédrale et de son palais épiscopal, et il aura, en attendant, la liberté de demeurer dans les villes ou paroisses, comme il le jugera à
SropoB. tl pourra visiter son iocése avec les cérémonies ordinaires et exercer toute la juridiction que son piédéoesseur ezerçoit sous la domination françoise, sauf à exiger de lui le serment de fidélité, ou promesse de ne rien faire ni rien dire contre le service de S.
Abtiolb 32
Lee communautés de filles seront conservées dans leurs constitutions et privilèges. Elles continueront d'observer leurs règles. Elles seront exemptes du lofcement des sens de ffuerre et il sera fait <fèfense ae les troubler dans les exercices de piété qu'elles pratiquent, ni d'exercer chez elles. On leur donnera même des sauvegardes, si elles le demandent
Abticub 33
Le précédent article sera nareillement exécuté à Tégard aee communautés des Jésuites et des BécoUets et de la maison des Prêtres de Saint-Sulpice & Montréal, lesquels conserveront le droit qu'ils ont de nommer à certaines cures et missions comme ci-devant.
Abtiolb 34 Toutes les communautés et
JOTJBMAL DES CAMPAGNES
lis seront les mattres de disposer de leurs biens et d'en passer le produit, ainsi que leurs personnes et tout oe qui leur appartient, en France.
Accordé.
tous les prêtres conserveront leurs meubles, la paroisse et l'usufruit des seigneuries et autres biens que les uns et les autres possèdent sur la colonie, de quelque nature qu'ils soient et lesdits biens seront conseil vésdans leurs privil^^es, droits, honneurs et exemptions.
Articlb 35
Si les chanoines, prêtres et missionnaires, les prêtres des Missions étrangères et de Saint- Sulpice, ainsi que les Jésuites et les Récollets veulent passer en France, le passage leur sera accordé sur les vaisseaux de S.
M. B., et tous auront la liberté de vendre en total ou partie les biens fonds et mobiliers qu'ils possèdent dans la colonie, soit aux François ou aux Anglois, sans que le Gouvernement Britannique puisse y mettre le moindre empêchement ni obstacle.
Ils pourront emporter avec eux ou ûdre passer en France le produit, de quelque nature qu'il soit, desdits biens vendus, en payant le fret, comme il est dit à l'article vingt-sixième; et ceux d'entre ces prêtres qui voudront passer cette année seront nourris pendant la traversée aux dépens de Sa Migesté Britannique et pourront emporter avec eux leurs bagages.
Abtiolb 36
Si, par le traité de paix, le Canaoa reste à Sa Malesté Éritannique, tous les François, Canadiens, Acadiens, commerçants et autres personnes qui voudront se retirer en Fhmce,
Acoordé comme pur l'article vingt-six.
en aaront la permission du général Anglois, qni leur procurera le passage et néanmoins, si, d'ici à cette décision, il se trouvoit des commerçants françois ou Canadiens ou autres personnes qui voulussent passer en France, le général anglois leur en donneroit également la permission. Les uns et les autres emmèneront avec eux leurs familles, domestiques et bagages.
AsmcLB 37
Lee Sei^eurs de terre, les officiers militaires et de justice, les Canadiens, tant des villes que des campagnes, les François établis ou commerçants dans toute l'étendue de la colonie de Canada et toutes les autres personnes que ce puisse être conserveront l'entière paisible pro- Eriété et possession de leurs iens seigneuriaux et roturiers, meubles et immeubles, marchandises, pelleteries et autres effets, même de leurs bâtiments de mer. Il n'y sera point touché ni fait le moindre dommage sous quelque prétexte que ce soit II leur sera libre de les conserver, louer, vendre, soit aux François ou Anglois, d'en emporter le produit en lettres de change, pelleterie, espèces sonnantes ou autres retours, lorsqu'ils jugeront à propos de passer en France, en payant le fret comme à l'article vingts six.
Ils jouiront aussi des pelleteries qui sont dans les postes d'Bn-haut, qui leur appartiennent et oui peuvent mâne être en chemm de se rendre à Montréal; et, à cet effet, il leur sera permis d'envoyer dès cette an-
C'est aa Boi à disposer de ces anciens sinets. En attendant, ils jouiront des mêmes privUèges que les Canadiens.
Accordé, excepté à l'égard des Acadiens.
Article qui a déjà été reftasé.
née on la prochaine des canots équipes pour chercher celles de ces pelleteries qui auront reeté dans ces postes.
Article 38
Tous les peuplée sortis de l'Acadie, qui se trouveront en Canada, v compris les frontières du Canada du cûté de l'Acadie, auront le même traitement que les Canadiens et jouiront des mêmes privilèges qu'eux.
Abtiole 39
Aucuns Canadiens, Acadiens ni François, de çeax. oui sont présentement en Canaaa et sur les frontières de la colonie du côté de l'Acadie, du Détroit, de Michilimakina et autres lieux et postes du pays d'En-haut, ni les soldats mariés et non mariés restant en Canada, ne pourront être portés ni transmigres dans les colonies angloises, ni en l'ancienne Angleterre, et ils ne pourront être recherchés pour avoir pris les armes.
Articlb 40
Les Sauvages ou Indiens alliés de Sa Majesté Très Chrétienne seront maintenus dans les terres qu'ils habitent, s'ils veulent y rester. Ils ne pourront être inquiétés sous quelque prétexte que ce puisse être pour avoir pris les armes et servi Sa Majesté Très Chrétienne.
Ils auront comme les François la liberté de religion et conserveront leurs missionnaires. Il sera permis aux vicaires généraux actuels et à l'évêque, lorsque le siège épisoopal sera
DU CHBVALIEB DB LiVIB
Ils deviennent snjets du Roi
Répondu par les articles préoédentB et particnliôrement par le dernier.
Accordé avec la réserve déjà faita
Il en est de même de cet article.
rempli de leur envoyer de nouveaux missionnaires, lorsqu'ils les jugeront nécessaires.