Collection des manuscrits
En venant exposer aiijourd'hni à nos compatriotes l'idée première qni présida à la formation du Club National Démocratique ; en dévelo[»pant le sommaire des principes qne nous avons établis comme devant nous servir de boussole dans notre marcbe ; nous croyons remplir envers le peuple le double devoir que nous imposent et notre qualité de démocrates et n(ttre titre de canadiens. Or, voici en quoi consiste, selon nous, cette double oblijration.
Comme démocrates, nous devons à notre conscience aussi bien qu'à la légitimité de la cause que nous jurons de défendre toute notre vie, de soutenir constamment et sans déguisement toute idée et tout fait tendant au perfectionnement de l'état politique et matériel des peuples. D'après le même principe, nous devrons aussi combattre les obstacles, quels qii'ila soient et de
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^(iiieîqnc partqnMs viennent, dès lors qu'ils pourraient nuire à l'uccom|)lis^^en]on1 de la grundo œuvre de régénération qu'il est donné à notre siècle d'accom[)lir.
Etisuite, comme canadiens, nous devons à^nctre cœur aussi bien qu'à rattachement que nous conservons pour notre origine d'appuyer toujours et dans tout, les senti mens et les actions qui auront )K)ur point de mire lu conservation de notre nationalité, le progrès moral et intellectuel de nos compatriotes. Et ici, disons-le en passant, nous prévoyons déjà l'opposition qu'on voudra nous susciter, nous entendons tléjà les paroles de colère et de haine qu'on pouira nous adresser. — Au tout nous répondrons, qu'en jiroolaraaut les principes purs et sacrés de la démocratie, nous nous attendions à entendreretentir à nos oreilles les cris discordants de nos anti(juaircs [)oIitiqnes, de ces hommes pour lesquels l'ordre consiste dans la conservation sur toutes choses de la poussière d'un autre âge> de ces hommes dont les maximes et la conduite suintent journellement les [)rincipes fangeux et croupis (lu servilisme et du s^tatu qiw politique.
Maisi3St-ce parce que nous rencontrerons de. ces hommes en quelque sorte rétrogrades par manie, que nous devrons taire les principes dont l'application aura pour conséquence nécessaire davantage des masses?... Esl-ce parcequ'on tentera de défigurer la cause du peu))le que nous devrons l'abandonner, et cela île peur d'être com|)ris dans l'ostraeisuie dont tout pouvoir despotique a'edurce de tVaj^per les tentatives de
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liberté î Jamais. — Nous aitnons nos croynncrs dômocraliqnes, parce que nous les fouclons sur des convictions justes et honnêtes; nous avons )a volonté et le désir de travailler avec ordre et énergie à l'amélicn'ation de notre système politique ; et dès lors rien ne nous fera reculer, rien ne nous fera chanceler.
Y a-t-il -présomption ou entêtement puéril dans cette fixité de but, dans cette assurance de marche? . . . Nous ne le croyons pas. 8i nous voulons le règne du peuple, c'est parce que Dieu et la raison l'ont voulu avant nous. Si nous demandons l'extension des princii)es dé- • mocraliques, c'est parce qu'ils sont essentiellement appuyés sur le droit et la justice.
Et' qui donc pourrait nous nier cette légitimité de la cause que nous défendons? . . . Les notions les plus simplesdes motifs qui réuninuit les hommes en société, nous disent, que pins le pouvoir du peuple est élargi, et plus la société se rap]>roche du but pour lequel les hommes l'étal^lirent, c'est-à-dire l'avaiUage et le bon« lieur de tous. Or, ceci étant, chaque fois qu'un pouvoir s'écarte de ce principe d'intéiét généial pour le remplacer par un principe d'intérêt y)articulier, il viole le droit du plus grand nombre ; il s'attaque donc à la base môme de la société ; et il n'est donc ])lus un pouvoir légitime, puisqu'il renverse l'ordre établi par^a communauté des hommes, ordre qu'il est chargé de conserver et de garder, non pas âa nier et de fouler aux pieds.
■ Z)e ces principes fondamentaux, nous con*
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clnons que tout ponv'oîr qui remplit ces condi- V
tions essentielles du pacte social est légitime et s
régulier; qne tout pouvoir qui s'en écarte de- 0
vient par là même-t\rbitraire et illégal.. o
Ces principes généraux, proclamés par la '
nature même des conventions qui réunissent f
les hommes en société, suffisent pleinenient ^
pour nous démontrer la légitimité "dos révolu- ^
tions démocratiques du jour. 'Aussi c'est à T
l'arbitrage de la raison, du droit et de l'immua- 5
ble vérité que nous soumettons le jugement de i
la cause c^es nations vis-à-vis de leurs gouver- <
nements. Dès-lors, qu'elle est la voix sainte, '
calme et impartiale qui puisse/ condanmer le <
peuple, ce martyr de dix siècles, alors que sou- <
levant sa poitrine brisée par une longue o))pres- '
sion, il veut enfin respirer à pleins poumons 1
cet air de liberté qui doit sécher les sueurs de ' son travail, qui doit humecter la sécheresse de
sa vie? Puis, nous le demandons encore à ce |
même tribunal? ., . Quel est le potentat légi- ,1 finie? Est-ce la masse entière d'un peuple,
diîmandant pouvoir et liberté au nom de Dieu ]
et du droit naturol ? Ou bien est-ce l'homme j isolé, soutenant son privilège de tyrannie, sa
patente d'oppression, par droit de lignée et {
d'hérédité ? {
Il est moralement impossible qu'on ne fasse ! point cette réponse dictée par le sens commun:,
"C'est l'individu qui a tort; c'est le million i
d'hommes qui a droit" |
Allant plus loin, nous maintiendrons quo j déjà aujourd'hui tout pouvoir monarchique ne
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peut que nuire an progrès social. Et ceci résulte non soniement, comme nous l'avons déjà observé, de la natnre môme de la société, myis aussi de ce fait, éclatant du jour, savoir: qi e es transactions, le commerce, et l'industrie des peuples du siècle réclament de plus en pli s énergiquement la i^ypidarualion dn pouvo r. Il faut que chaque individu compte pour w\ e partie intéressée de la société; il faut qu'il lit ses droits de citoyen ; et ceci n'est que justice, n'est que raison, vu que dans le temps actuc 1 chaque homme travaille dans sa sphère pourlumême d'abord et par suite pour la société ; vu que chaque homme est producteur aussi bien que consommateur ; axiomes qui, pour l'esprit sérieux et libéral, doivent évidemment avoir pour corollaire l'extension de la liberté civique de tons et chacun des membres du corps social. Avec un système prohibitif pour la liberté des peuples, l'histoire vous dira combien rapidement doit s'affiiiblir une nation, tandis qu'elle vous dira anssi comment de larges et fortes libertés pourront créer en 50 ans un des pli s forts peuples du globe. Espagne et Etats- Unis ! voilà deux sujets d'enseignements
profonds pour tout homme qui voudra établir \\w parallèle entre un gouvernement populaire et un gouvernement monarchique, non-seulement sous le rapport du droit, mais aussi sous ceUii du développement de la prospérité nationale.
Maintenant nous dirons aux hommes qui veulent encore le sommeil empoisonné du peu*
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pie dans la fange délétère dos institutions moyen-âge : touchez donc du doigt les mondes qui séparent cette époque de la nôtre, et ensui- ' ;to dites-nous si ce bon vieux temps est encore possible.
. En effet, alors que les nations étaient conjées dans le moule du régime féodal ; alors qu'un roi pouvait dire impunément : " l'Etat, <î'est moi ; " alors que le noble destrier du gendarme, ou l'éperon du chevalier, comptaient comme une partie beaucoup plus intéressante xle la société, que la personne du vilain ou du serf, nous comprenons l'essence d'un pouvoir |monarchique dans toute sa beauté, dans toute sa justice.
Mais aujourd'hui, menuailles et vilains sont disparus aussi bien que preux chevaliers ; les peuples se sont mis à mesurer les distances inviolables, disait-on, qui sé[)araient le trône du joi (le la chaise du peuple, et alors celui-ci s'est enfin aperçu qu'il n'y avait entre les deux pou- -voirs que des abîmes de mirage, que des dis- .tances de panoramas ! Vous le savez, le peu- [ ; pie n'a plus qu'à tendre la main, et des couronnes sur lesquelles dix siècles s'étaient usés se sont trouvées réduites en poudre dans 24 heujes. Dès lors, ces hommes là sont aveugles, qui, niant cette œuvre de leur siècle, s'eilorcent [, cîe tians|)orter au sonmiet de la montogne les .; institutions surannées des lustres écoulés, conir me s'ils pouvaient limiter le déluge intellectuel ^ de la démocratie, comme sMs avaient mesuré îa hauteur où le flot doit s'arrêter.
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Toiitca les entraves dont vous vous efTorcerez d'enlacer l'enfant-géant, maintenant (jn'il connait sa force, no seront que des fils qu'il brisera en somiant. — Puis, chaque siècle u S( u œuvro à faire, et malheur à ceux qui veulent perpétuer cette même œuvre de siècle en siècle. Selon l'admirable parole de Chateaubriand: '• On ne fait [)oinf reculer les généraliong " qui s^ivancent en leur jetant à la tcle des " iVagmens de ruine et des débris de tombeaux. " Les insensés qui prétendent mener le passé <* au combat contre l'avenir sont les victimes de " leur témérité : les siècles en «'abordant les "écrasent." — Puis, dites-nous le, n'est-ce pas une perturbation de l'ordre naturel qne cette barrière jetée au-devant de la démocratie ? . . . Pourquoi vouloir détourner le fleuve du lit qu'il se creuse ? . . . Laissez donc couler son flot, et soyez persuadés qu'il est dans l'ordre qu'il so rende à l'océan! Ensuite, nous le répéterons: Ne cherchez pas d'identité entre cette époque du monde qui a nom moyen-âge, et cette autre période qui s'ajipelle XIX siècle. Voyez dono en deux mots la différence essentielle qui existe entre ces deux époques. Au moyen âge que voyez-vous?. . L'indi^vidu gouvernant sous le nom de roi, des nations dont la seul destinée semble être de vivre, de souffrir et de mourir sous le poids d'Un pouvoir qui prétend tenir ses privilèges de la divinité. C'est encore le môme individu décimant à bon plaisir la vie de ses sujets, ou leur suçant un imjiôt, dont le produit devra engraisser la cour royale, ce cloaque de
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dégradation morale ilans laquelle disent les vieux historiens du temps, se passaient journellement moîdtca vUennies et saletés.
Aujourd'hui, au contraire, c'est la main de la ^démocratie qui ra^^e partout ce mot do roi, croulant de vétusté. Puis, c'est le principe à\.\ pouvoir électif admis sur la hase la plus large, et reconnu comme guiile de tout gouvernement })opulaire. Que vo^'ez-vous encore au moyenâge?.- De majestueuses hasiliques, d'immcn- S(îs ahhayès, élevées à force de tailler et de niori^aîV/er les vilains. Aujoind'hui, c'est la masse d'im peuple qui contrihue à creuser des canttux, à tracer des chemins de fer, à ouvrir des routes électriques, qui auront pour eiïet de multiplier la prospérité de toute la société. Au moyenâ<2'e l'industrie consistait à teindre la pourpre j | éblouissante qui devait couvrir les royales ou t ] chevaleresques épa\des de l'individu-roi, ou de l'individu-nohle. Aujourd'hui, on tisse partout les étoQes qui vêtiront le peuple, ce seul souvcriin de xlioit naturel. — Si l'on veut pousser p us loin le rapprochement, que voit-on encore a'i nîoven-âge? . . . C'est l'iiitolérance religieuse appuyée et iioutenue par l'intolérance politique. Alors, voyez les suites de cette al- 1 ance de (\c\\x erreurs. Au nom de la religion pnre, civilisatrice et humanitaire du Christ, on massacre tout un peui)le d'Alhigeois. Au nom de cehi-iqui avait accueilli les gentils, on allume dos Lûchers séctdaires pour les juifs. Au nom de celui qui avait difle premier: Charité et Fraternité, on introduit en Espagne les torlu-
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res (le la Sainte-Inqnisition. Encore et tonjonr» nu nom do l'ordre social, de la morale publirjne, on aiguisait en Franre \c poignard mo?iarc}nqifc^ de la St. Barthélémy, qui eut pour peuilaut sous Louis XIV la révocation de Tédit de Nantes.
Si mainlenant Ton veut jeter un conp.d''œit sur les persécutions exercées par les protestants contre les catboliqucs,on y retrouvera également le même esprit d'aveugle fanatisme, d'intolé* rance générale, et de profonde animosité.
En Allemagne, la philanthropique léforme de Luther s'annonce dès son apparition- par \\\\ tissu de brigandages et de meurtres, qualifiés du nom de guerre des paysans.
En Suisse, Zuingle et Calvin, répandent leurs doctrines à la Mahomet, la bible d'une main. Je poignard de l'assassin dans l'autre, et allument entre les cantons de l'Helvétie, une affreuse guerre civile, qui jusqu'au dix-huitième siècle couvrit de sang et de ruine la patrie de Guillaume Tell.
En Suède, le Néron du Nord, Christiern II donna le signal de longues dissentions religieuses en massacrant à sa table tout le Sénat et six cents victimes dévouées d'avance à la mort' sous prétexte 'de défendre le catholicisme. Aussi lorsque Gustave Wasa eût introduit la léforme en Suède, les représailles des protestants y furent-elles longues et déplorables.
En Dancmarck, Frédéric TII inaugura le môme régime d'intolérance religieuse.
•Enfin en Angleterre la rèfornic. forcé mcat
t-mpvn^uimfm' J. .i.J»i|M i^,i JMui-.»i^JiiU'i.i....
implantée |mr un bigame couronné, ne 8*éta<ï blit qu'à l'aide de persécutions qui par leur 0(iieu.\ rafinement rappellent involontairement Its plus beaux jours des Césars romains; et éertes comme monument de tyrannie et d'inhumanité les statuts d'Edouard VI et d'Elisabeth, ne valent-ils pas les édits les plus stupidement sanguinaires de la cruelle brute de Caprée.
Aujourd'hui au contraire tous les hommes, appuyés sur la loi de leur conscience, ont reconnu que comme hommes et êtres-libres, ils sont tous frères; ils ont reconnu qu'il était absurde de croire qu'on ])Cit s'imposer des croy* uuces fortes et sincères à l'aide du pieux système-Maintenbn des dragonades. Alors on a vu le. nohle spectacle de la liberté des cultes admis et respecté dans tous les pays civilisés; et l'ht/mme juif, pouvant enfm voir dans l'homme chrétien un frère et un semblable au lieu de n'y voir qu'un sectaire fanatique et qu'un bourreau.
D'autres raisons toutes-puissantes viennent encore trancher les diflerences qui existent entre l'époque ])urement monarchique et la nôtre ; et en première ligne se présente l'extension ou plutôt la création de l'éducation populaire.
En effet ce germe puisîsant de toute liberté n'était môme pas con^u au moyen-âge, et tan- ^ [ dis que d'un côté le servage crétiit les hommes, ^ '" tes fins delà aéalitm, la pro[)riété héréditaire du hilut bannerèt ou du pieux abbé, de l'autre l'ignora nce la |)his lourde et la plus profonde devenait aiissi propriété héréditaire de toutes les
clnsse.^ sociales; et hors les lambeaux de faits historiques conservés par les moines, tous les monnmenls entassés par l'histoire disparurent dans ce chaos de la barbarie. Aussi lorsque quelques vibrations de lumière commencèrent à se manifester dans ce lourd atmosphère, il se déclara une opposition instinctive à la recevoir parmi les plus hautes classes de la société. Et ceci se conçoit parfaitement, si l'on réfléchit aux motifs peu intellectuels qui créèrent la noblesse, motifs rendus avec une terrible naïveté dans ces vers d'un ancien troubadour:
Un grand vilain entr'eux élurent
Le plus osseux de quan qu'ils furent;
Si le firent prince et seigneur.
Aussi les nobles hommes sentant bien que leur intelligence n'était pas aussi finement trempée que le taillant de leur épée se transmirent religieusement l'engorgement de l'intelligence comme ime marque sensible de la su- .périorité de leur nature sur celle des manants. Alois comment ne pas jeter aujourdliui le mépris et la dérision sur un état de société dont les guides et les chefs disaient dans leurs actes publics: — " Et le dit seigneur a déclaré ne savoir signer, attendu sa qualité de gentilhomme." N'était-ce pas là sacrifier un peu trop les qualités de l'être intelligent pour satisfaire à celles qui semblaient devoir être inhérentes Qu titre de gentil chevalier?
De nos jours un semblable mépris de tout ce qui tient à rinlelligence ne jjourrait plus se
BpqwpiTmnn iiiiti II -if«HPMW4Ai.«li^i''li-"'IUW,.-tW'-*'m'"^-'
ssf'^ 'MtCiviitumÊni iitàiMi- .^i^^^^^.^j^iyi^y'.^ ^. ^.^.^j^^^^..^.^^ ^^....^i..,..^.. ^.,:,^f^^^
-^roncontror mille part. La création de Timprirnorie, levier d'Archimède dn monde moral,
"trouva son point d'appui dans les masses socia- t
les ; et dès-lors le monde fu-t soulevé et régé- f
néré. La noblesse féodale ton)ba rapidenient j
et devint de moins en moins puissante dans TE- j
tat, tandis que le penpîe- reconnut enfin qn'i'l r
était la véritable base et le principal soutien de l
Ja société. La liberté d'examen en politique et i
en religion, vint saisir aux entrailles cette socié- l
;t6 moyen-âge qui avnit outrepassé son temps, [
et qui devenait par trop lourde pour le peuple y
et les consciences des hommes. \
L'impulsion était donnée; les communes j-
s'airrancliissaient peu à peu, et les lois com- '■ inonçaient à s'appuyer un peu plus sur leurs
Ti ni es et féaux sujets, pour se débarrasser de ,
leurs beaux et bien aimés cousins, les hauts " i
•barotis (pii snns égards pour la tendresse et l'a- ' ;
mitié de leur;* suzerains les soumettaient sou- ; i
Arent à leurs rudes caprices et volontés. ; ;
Cette alliance tacite du ])euple et de la cou- . .'
Tonne produisit la puissance du tiers-élat, él)au- '• |
-clie du gouvernement représentatif mtKlerne. ; j
•C'est alors que l'on voit Phumanité se modifier !
profondément; le peuple serf se sotileva sur !
le coude, et jeta à Phorison encore sombre un i
•de ces regards qui devinent de piues et chau- ,'
des clartés derrière l'humide brouillard delà .'
tempête. Les hommes du peuple avaient dit : n'
croisade éternelle pour la conrjuéle de nos Q
droits; dô.s lors tontes les (brces sociîiles furent ';
dirigée» constamment vers le saint berceau N
, ii)^ittiiiM i^iiij "jjjjjr*"^^
des liherfés populaires; et malgré les violences de la barbarie, et malgré les liols de sanc: perdus dans cette guerre, ]cs légions de pèleriiis n'ont jamais fait dcfaiit à l'upiiel des Pierre THermito de la démocratie.
Aiiîsi de qiicli]ue eôlé qu'on veuille se >ctourner dans le moyen-âge, on ne rencontre que la disj^arité la ])lus clioquaiite, que l'anolualie la pU;s grande avec notre société moderne. Partout au moyen-âge unité et toujours ujjité. Unité dans le gouvernement, unité de religion, unité dans Po})] r( ssion, | artoul cette condition inhérente aux formes voulues alors pour la société, excejté touteibis dans le droit à la liberté civile et religieuse, qui ])ar une malheureuse exclusion se trouve rédiiit à l'état du zéro isolé. . . Aujouni'hui, on a proclamé le droit de participation du peuj>le au gouvernement qui le régit, on a admis la liberté d'examen pour la société civile; on a décrété la libc^rté d'examen sur les rapports rationnels que l'être intelligent peiit avoir avt?c la divinité ; on a enfin reconnu la liberté d'opposition ^ tout pouvoir qui viole les libertés de la nation ou ne satisfait pas à ses besoins.
Ne j)oussons donc pas plus loinlesrnpprochcmens, et sans parler des vices de'la législntion moyen-âge, sans touclier à l'arbitrnire et à l'al)sm'dilé de l'administration judicinire dont les arrêts déf)endaient de ce que l'on ajijHdait le jvgoncnt de Dieu ; passons à l'examen historique des institutions des uioiiurchici constitutiolilicilts cGiitemnOi'aires.
<l,HM«»Hfi i m. ■ ■• ■ •■^.■^■.^-j.^j^..'-~^^jy.^^^^^^,,,er..,^^ d
' A la féodalité abattue par Louis XI, avait succédé en France la monarchie absolue, qui
, atteignit sa plus lar^e application sous Louis XIV, décrut avec Louis XV, et tomba sous Louis XVL
" La drame sanglant de la révolution de 1789, terminé trois ans plus tard par rétablissement \ J de la première répid^lique française, ne fut que ^ \ l'explosion d'une pensée d'émancipation générale que couvait ilepuis longtemps l'Europe. Aussi cette pensée mfuie dans la nation par des siècles d'une atireuse oj)pression, prépurée avec le sauiî-froid mortel d'une vengeance préméditée, produisit en éclatant au jour une révolution morale toute-nuissante, qui ee traduisit bientôt par la consécration malheureuse d'un baptême ^ de sang. — " Cette révolution sangiu'naire doit ' inspiter une profonde horreur, c'est là le crime : de toute une nation," a-t-on vociféré sur tous les [ tons. Et pourquoi donc, n'ajoute-t-on pas que ce fût là un évènemcMit providentiellement nécessaire ? . . . Froidement et sans préjugés, qu'on ; j nous dise donc la raison du contraire?... De même que dans la théorie du raisonnement, on établit inébranlablement In bonté d'un principe d'a|)rès la justesse et la vérité des conséquences
. qui en décoident ; de même il semble que dans l'examen pliilosophicjuedes faits historiques, on peut logi(iuement conclure la nécessité d'iui évênemeut'd'après les résultats ultérieurs qu'il produit. Or la révolution de '89, examinée et jugée à ce point de vue, aV)straction faite des désordres sanglans qui l'accompagnèrent, se
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tronvç être la grande préface des j>roçrt^,s h)l- ' manitaires, le pjemier jalon planté sur la route i j toujours «'élargissant du genre Inimuin.
Néanmoins, cette république trouva son tombeau dans l'énormité môme de ses excès, la majorité ne comprenait pas encore l'identité essentielle qui doit exister entre les mots : Républicanisme et ord^'c social. Et hâtons-nous de le dire, il ne pouvait en être autrement. La /ôpublique de Danton et de Marat n'est dans son application qu'une souillure et une négation de la véritable république, de la république telle que l'ont comprise Washington et Jefferson.
Aussi la France pour se soustraire à ce républicanisme farouche qui, pendant bien longtenij^ ne lui est apparu qu'enveloppé du suaire funèbre et rongé de sang de '92, la France, disons-nous, consentit sans peine à traverser le règne tout phénoménal' et exceptionnel de Napoléon.
Plus tard la coalition des rois imposa encore à " .la France un sceptre de droit divin, miraculeusement tombé de l'arçon de selle d'un Cosaque. Mais tout en s'asséyant sur le trône à l'aide de la force étrangère, les Bourbons sentirent que les maximes absolutistes de leur ancêtre» Louis XIV, ne fonctionneraient plus avec le peuple qui avait fuit les Etats-Généraux de Louis XVI ; et alors force leur fut de décréter la charte des manarcffics constitution?ielles.
Cette concession arrachée au syslènie purement monarchique par la seule force de l'oj)inion générale, fut le résultîit nécessaire "de la révolution de '89. Car c'est dans cette lutte que
l'arbitrage suprême et sans nppel de la couronne, s'était bris6 à jamais dans les séances tumnltueiises des Etats-Généraux. Le penple admis par ses mandataires dans le sein du gouvernement, s'était fait bien vite à l'habitude de régler les lois qui devaient le geuverner ; ils'était fait à l'habitude d'examiner avec curiosité l'emploi que l'on voulait faire des impôts dont il était chargé ; il s'était aussi , habitué à peser dans sa balance les privilèges royaux, et rompu bientôt à cet exercice de ses droits, il ne voulut plus les abandonner. C'est là en effet ce qui donne tant de force et d'avenir aux conquêtes de la Démocratie. Le peuple réunit ces conquêtes à son domaine, et alors, une fois déposés dans les masses, des droits qui semblaient devoir être éphémères acquièrent un perpétuel lendemain, en s'incriistant en quelque sorte dans la pensée et la volonté générale de la société.
Or, le système des monarchies constitutionnelles ne pouvait pas fournir une longue carriô* re parce qu'une royauté inquiète s'était refusée à le régler sur le pas immense que le peuple avait fuit en 1789 dans la voie des réformes. Aussi dès le premier contact du nouveau système avec le peuple, on pût prévoir que ce simple choc avait déjà usé la monarchie constitutionnelle. Cette forme de gouvernement renfermait en effet deux grands défauts. Le premier était d'avoir laissé trop d'élasticité à la prérogative d'une couronne qui ne cherchait qu'à reconquérir lentement des privilèges dont
l'application était devenue incompatible avec les progrès successifs do la civilisation politique. — Le second défaut était d'avoir trop restreint le système électif qui était devenu une nécessité impérieuse pour les nations de l'Europe.
Les Bourbons n'accordèrent le droit d'élection qu'à dos classes privilégiées, et le droit de vote, qui devrait être le droit de tout homme né membre libre d'une société, fut exclusivement accordé à l'homme qui' pouvait dire:" Je suis jinypriétairc etfai de la 7ichesse ! " Honteuse maxime qui secoue jusque dans leurs fondements les lois de la justice et du sens-commun en même temps qu'elle brise les nobles sentimens de bien public, en enlevant toute participation et toute influeuce dans l'état, à une grande partie de la population qu'il renferme.
La loi électorale contemporaine, telle qu'elle existait en France avant le 24» février 1848, et telle qu'elle existe encore aujourd'hui pour nous, n'est donc qu'une i m momie absurdité dans son principe, pnisqu'écartant les droits qu'ont par eux-mêmes, tous les hommes nés citoyens d'un étiit libre, elle fait dépendre les droits de ces mêmes citoyens de la somme de richesses foncières qu'ils possèdent. Cette loi est également fausse et arbitraire, .puisque dans son application elle tend à dire que la société ne doit pas s'attendre à trouver dans le pauvre et simjile ouvrier, accomplissant courageusement son lourd travail de chaque jour, la même grandeur dans les sentiments, le même patriotisme dans le cœur, que chez l'homme qui a acquis ses droits
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pAlîliqnei», en, vertu do la valeur de sa pr/piiitéét de la pe\;antcui (le m cassette. Or lu moiiurcbio constitutionnelle, nppiiy6e siix des bases aussi iVic'ieiisos ouvrait en outre un vaste eliamp aux intrigues de la couronne, laquelle en usa largo- .mcnt pour s'attacher la bourgeoisie, et pour écarter h3 peuf)le des atlaires piib!i«jues. Elle renrermait donc en elle-même un germe de dépérissement qno les -événemens et l'ardi-nt travail des républicains, pîirvinrent à mûrir promptement. Le peuple franruis, sapeur nainrel des nations enropéennes djins la voie des réformes démocralirpies, donna bientôt un rude <îoiip à la monarc-bie constitutionnelle en arra- «biint Charles Xdu trône (k ses pères ; ])in's après •un nouvel essai du gonvernenient tempéré, à rom!)re de la Cbtirte de 1830, il s'est encore lassé de cette demi-liberté [H>liti(pie, et la ebûtc du roivitmjcn est venu clore la liste de tous les potentats par droit divin on de conquête.
Tous les payséclairés de PKurope se piécij)ilent aujourd'hui sur les traces battues par la France. i
Du Tage à la Vijjtule, et du Cap Nord au Cap Corse, la /grande pensée qui ])l:uie sur notre [ j^iéele a fait battre les artères des opprimés de- \ ce monde, et fait peser niv^ lonrde inquiétude [ i sur les crânes couronnés. L'Emancipation sociale, spectre-géant penché sur Us nuits d(; ces liommes-rois, a dii leur crier la haine des na* ions au souvenir (les persécutions et des massaereii accomplis par leurs nobles ancêtres, et
»ii»iM "r^ij^'—jj".,!" mil '>'!■ Il III M. ..«.^«riiiÉA'i'jnajif^i- ■i-'-Ti ■-jj
pcrp{'liiès eiisuitc par ciix-mênirs, sans (loi il C encore et tutijoiirs en vc^tii du (Uoit crhéi6(lil6.
Ce spectre de lu lil)('i'té a du dire :uix iMigiicl, ^ Nicolas, Ferdinond et FniDçois dn jour, la réprobation éternelle (pie les penplesont jetée sur ces écoichcurs d'hommes, sommeillant cliaqne soir, avec les cadavres de lenrs scmblaliles pendns à leurs balcons royaux. Et cependîuil un individu-roi peut-il donc s'arroger ainsi le droit do disj)oser à bon plaisir de l'existence liumaine, cette libre émanation de la divinité, à laquelle naturellement il est seul permis de la retirer ? L'arrêt de mort porté par un être
" Ubre et raisonnable contre un être libre et raisonnable, est en eflèt l'acte de souveraineté le ]Au9 formidable et le plus délicat qu'il soit donné à un pouvoir terrestre d'exercer. Aussi malédiction et flétrissure un nom de l'humanité sur le . pouvoir individuel qui s'est royalement amusé à décimer la Poloç;t]e. Malédiction sur l'homïiie eu diadème qui a renouvelé à Naples des Vêpres Siciliennes civiles, en cxjiloitoîit comme une mine 2^^écinisc fa bonne f(ïi de wn htri 'peuple , qu'il tromj)ait à force de parjures. Malédiction aussi sur le lx)urreau en hermine de Vienne, qui rentrait dans su capitale pacifiée siu' un pavé de cadavres. Des crimes aussi Hioyen-âge accomplis dans un siècle tout de philanthropie et de fraternité comme le nôtre, ont prononcé à jamaiii lu déo^héance morale du 6ystêH)e monarchique en Einope. Le résultat de ces perséciUions a lu Dioelétien, ne saurait se (Ujitî atteadre, et ce résultât sera déiiuitive-
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ment en faveur de la cause démocratique ; car la vapeur de. sang qui s'est élevée des abattoiis humains du royalisme constitutionnel a formé lui nuage trop sombre et trop dense, pour qu'il ne retombe pas un jour à venir sur le front des nobles bouchers qui président à ces enclos du carnage.
Maintenant, les hommes qui prennent le hasard pour la providence, l'exception pour la règle, et qui réprouvent une cause comme impie et injuste, parce que de forts obstacles en empêchent l'établissement immédiat, ces hommes, disons-nous, ont anathématisé le républicanisme parce que le royalisme est souvent parvenu à le renverser ou à le comprimer. . . . Eaisonner ainsi, c'est tout d'abord prendre le fait pour le droit ; puis c'est oublier qu'on doit né- • cessairement s'attendre à rencontrer des obstacles, à essuyer des revers, quand on veut appliquer des principes aussi tranchés, et aussi profondément réformistes que ceux delà démocratie moderne.
Quand le mot de république tonne pour la première fois au milieu d'un peuple endormi depuis des siècles sous le régime monarchique, il est de la nature d'une société comme de celle d'un individu, (ju'il se déclare aussitôt une op- })ositiou presque macliiiiale chez un grand nombre d'hommes, à sortir de cette SQînnolence jx>litique, dans laquelle on végétait do tenus imniéniorial.
Un peuple renferme toujours au milieu desindividus qui le composent, bon nombre d'hom'-
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mes circonscrits dans leur étroite sphère d^intérèts individuels ou d'inertie épaisse, qui en conséquence se montrent toujours préls à prêter répauleaî^a: autoritrs constituées, j)Our perpétuer un régime dont '\h ne comprennent pas la tyran- ^ nie, parce que, bourgeois et propriétaires, on les laisse s'engraisser en paix et se promener béatement 80US le soleil.
Or, c'est précisément à l'aide de ces masses inertes qui se laissent pétrir et rouler à volonté que les gouvernemens liionarchiques parviennent à prolonger leur agonie. Ce ne sont plus que de vieux donjons décrépits et lézardés, mais qui se tiennent encore debout, grâce au long laps de temps qui a durci le ciment introduit entre leurs parties. Mais remarquons bien que nous disons Vagonie, parce qu'un pouvoir qui ne se soutient plus que par l'inertie de la matière humaine,est arrivé à son dernier souffle; cette matière pouvant en effet devenir clairvoyante, s'apercevra enfin qu'elle se trompe, ou bien si le dégourdissement retarde trop, le peuple qui va vite en progrès,lui passe surle corps pour atteindre son but. — Qu'on nous permette cette image : il en est de la démocratie, comme de la locomotive courant sur les lisses d'un chemin de fer. En jetant im caillou sur la route, vous pouvez renverser la locomotive ; mais les lices resteront,cl un autie convoi passera bientôt, là où vous accomplissiez nnguére votre cjime. Ainsi, unQ fois l'impulsion doimée à la cause populaire, lien ne la brisera. . On .peut pré voir. que des relards et des obs-
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taclcs se présenteront au-devant ; mais on ne doit pfts appi-éhender que ce germe jeté d'en haut sur terre puisse se dessécher ^ car des sources inépuisables ne cesseront jamais de l'alimenter. Rien ne saurait donc détourner le cours des idées démocratiques, qui vont toujours, entraînant un à un tous les débris d'institutions oppressives qui prirent jadis racine sous le pénombre du soleil maintenant éclipsé des vieilles monarchies. Rien ne saurait empocher les idées de liberté de poindre et de fermenter dans le cœur et la volonté de tous.
Or, à présent que nous avons dit combien est sainte et progressive la véritable démocratie, on comprendra peut-être pourquoi nos convictions sur ce sujet se trouvent être si ardentes et si inébranlables. On comprendra peut-être aussi }X)urquoi nous disions que nous ne ployerions jamais nos fronts sous les pensées de découramcnt et de doute qui pourront venir les charger, en voyant la puissance de cette force d'inertie que l'ignorance ou le despotisme lancent au-devant de la cause du peuple. Et enfin, on comprendra peut-être pourquoi nous avons cru à la justice de cette cause, et pourquoi nous croyons à son triomf)he absolu.
En voyant la rapidité magnétique avec laquelle notre siècle vole dans cette voie, nous aussi, dcsccMidants du |)euple-pionnicr qui s'est jeté à l'avant-garde du républicanisme, nous nous sommes aperçus que cette cause qui rangeait irtstantauément les peuples sous son Labaruni, était noblement humanitaire dunsses doc-
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trines, et qiio dans son application elle élait le Messie politique qui, en refondant les ressorts dos vieilles sociétés, devait "apporter espoir et liberté à cette foule humaine jusqu'alors négligée, ou qui pis est, impitoyablement pressurée.
C'est alors que nous avons formé une société qui sera toujours pure, parce qu'elle demeurera à jamais dans le sein du peuple, et qui par son organisation même, restera toujours en dehors du cercle des ambitions ou des intérêts individuels.
Puis, si Ton veut connaître sommairement la pensée commune qui nous a spontanément réunis, la voici :
Jetés ay milieu d'une société nationale qui n'a pas de nom politique, qui n'est ni libre ni complètement esclave ; nous avons entrevu tout ce que cette organisation renferme de vices ;^dangereux et de sources de dépérissement général ; nous avons examiné ce qu'il y avait à accomplir dans notre patrie pour nous harmoniser avec le mouvement des réformes contemporaines ; nous avons mesuré tout ce qu'il faut de labeurs pour nous préparer à utiliser l'avènement d'une ère de liberté, tout ce qu'il nous faut employer d'efibrts pour conserver intacte et sans fusion notre nationalité française.
Là-dessus, cette pensée dans le co&iir, nous nous sommes mis aussitôt à l'œuvre, parce que,. " démocrates }>ar conscience, et canadiens-français d'origine, il nous peinait de songer cphele» Cv)uranls électriques de la démocratie qui sillbuueut aujourd'hui le monde civilioé passeraient
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inutilement ici, faute de pouvoir trouver un fil conducteur sur les terres de la Nouvelle-France. NoU9 ne l'ignorons [ïîis; tout cela, est bien difficile d'accès, et bien encombré do forts obs- ,' tacles. Mais est-ce parce que le stade est long [ qu'il ne faut pas commencer à le parcourir ? . . . 1 Est-ce parce que le navire commence déjà à \ ' faire eau qu'il faille se mettre à deux genoux i ' et jeter aux vents la clameur du découragement ;■ ' au lieu de pomper cette voie d'eau qui se pré- \ sente à nous comme une messagère de mort ?. . ' Certes non ; nous savons combien de réformes \ doivent s'accomplir dans notre système gouvev- i "nernental, combien de difficultés s'opposent à | . ces changements ; et, disons-le sans désespoir, | '. combien rapidement décroit parmi nous de jour ' en jour le zèle à maintenir nos mœius et nos institutions, aussi bien que l'amour et le respect ' dont les canadiens savaient jadis entourer leur -nationalité.
^ Ce que nous concluons de ces fiiits malheureu- ' sèment trop palpables, c'est la nécessité qui ex- ' iste pour tous les hommes qui voudront acquérir des libertés civiques, ou conserver un nom " à leur nation, de commencer à lutter énergi- ' quement pour ces deux objets, et de travailler ^ chacun dans leur sphère à .instruire leurs compatriotes des dangers de leur situation présente, ' et de l'avenir qu'ils doivent s'efforcer de con- ' quérir.
Quant à nous, sans entrer maintenant dans
les détails des mesures de rénovation démocra-
' tique, que nous voulons poursuivre, nous di-
irons néanmoins le résumé do qnolqtirs nnrs des grandes améliorations qui pourmient viviiier notre corps social.
. lEt tout d'abord nous dirons : • ILdnciiiion jx>ur le peuple.
Oui, nons inscrivons en tête de notre programme ce mot si puissant que les peiiples anciens n'ont pn qne balbutier, et qui n'a été pro-
;noncé énergiqnement que par les peuples forts
■des temps modernes.
Nons l'inscrivons aussi sur le cœur de ciia-
.cnn de nous, parce qne nous ne l'ignorons pus;
• le peuple qui s'est trempé dans • les eaux de ce Gange du monde intellectuel subira une ré-
-génération morale qui le rapprochera bien plus de^la liberté, qui le rendra bien plus redoutable envers un gouvernement tyrannique ou arriéré, que ne pourrait jamais le devenir la société qui serait kncéc. par ignorance de végéter an lieu de vivre, d'exhaler des soupirs impuis-
•sants contre l'oppression, au lieu de la nullifier , et de l'étreindre sous la pression des arrêts portés par cette autorité bien infaillible, la souveraineté du peuple.
- Mais cette éducation populaire doir.-ello se résumer dans les mots, lire, écrire et chiiïror?. . Nous pensons qu'en eifet c'est là ce qui fait de
; l'homme an être intelligent an lieu d'une ma-
;chine à travail; mais nous ne j)en$ons pas que
-cela suffise pour former le citoyen ; c. a. d.
'l'homm- coniiaiS'^ant l'état social dans lequel il vit, sachant ce qu'a été et ce que doit être sa
îpatrio, appréciant à sa vuiom la situation mo.b3
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ralo et politirjiie de son pays. Puis ce qn'ft iaut que chaque homme sache et comprenne avant et au-tlessiis de tout, c'est qu'il a par lui-môme des droits politiques, et des moyens de participation au gouvernement national, 1 que nid ne peut lui ôter. Il fiaut que l'on s'habitue à estimer l'habitant d'un pays comme nn être différent d'un pressoir à impôts ; caria société politique qui, en retour des avantages que le travail ou l'industrie de l'individu procure à toute la nation, n'assure pas à chacun j de ses membres, droits, respect et protection, cette société, disons-nons, ne remjjlit pas ses engagcmcns et devient tyrannique. Ne l'oublions donc pas, il faut au peuple l'enseignement de ses droits souveraii^s en même temps que celui de ses devoirs envers l'état. Nous dirons en outre que la clof de voûte de notre système d'éducation doit être l'instruction théorique et par âuiîe prati(pie de l'agriciduire.
Et en eliet, s'il nous reste une ancre de miséricorde siu* laquelle nous puissions compter ])0ur nous conserver homogènes, nous qui ne sommes réellement qu'un atome de sang-français, jeté sur ce continent au milieu de la vague envahissante des rr.ces anglo-américaines, c'est indubilablemont la conservation intacte et perpétuelle de notre sol qui nous fournira ces garanties d'existence nationale. Aitisi,que les hommes (pii com|>reudront la nécessité de l'application de cet axiome pour le salut du penpie cantulien, que les logiciens qui n'admettront pas le nouveau sophisme qui dit ! " fjiuc du soH
^Ifi*f^-^y^.-n.i^'-i»f;-»^--
des villes doit dépg?idre le sort des campagnes,'** que tous ces hommes, disons-iions, 3, demandent avec nous l'éducation populaire agricole. Conquérons ce Palladium de notre existence collective, et alors, les canadiens s'éloigneront des villes, centres commerciaux livrés à l'exploitation des races étrangères, et dans lesquels ils seraient forcés de servir de gardes-magasins à une origine prépondérante, au lieu de respirer .l'air libre et sain du rhanip de leurs ancêtres.
rvehaussons aux yeux de nos compatriotes , les avantages et la noblesse de la condition du cultivateur indépendant ; alors tous ensemble nous pourrons sourire avec confiance aux siècles à venir, car la même sève qui nourrir» toujours nos épis, saura également alimenter noire nationalité.
Liberté entière de commerce, voilà la pierre philosophale que les hommes cherchèrent en vain pendant bien longtemps. Au bon temps jadis, les peuples européens entreprenaient incessamment les guerres les plus désastreuses dans le but de ruiner réciproquement leur commerce.
• En même temps qne l'on pillait les vaisseaux da commerce, on fermait ses portes à la puissance rivale, et lorsque de guerre las on déposait les armes, l'état vainqueur ne comprenait pas qu'en détruisant le commerce des vaincus, il s'était privé hii-même de produits qu'il tirait auparavant de la nation rivale, et le vainqueur satisfait de ses lauriers ne comprenait pas qu'il avait mine la prospérité nationale en ruii^ant b3
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lin de ses débouchés coranïerciaiix. Cette vieille doctrine reçut enfin son conp de grâce j dans l'impuissance de réussite du blocus continental de Napoléon, et en effet si ce blocus fut une puissante création de génie, c'était aussi un absurde calcul d'économie politique.
Thèse générale, il est clair que l'individu doit avoir la faculté de donner leis débouchés que ])on lui semblera à ses produits, parce que nous sommes certains que les piofits qu'il retirera par le choix judicieux du marché, seront eu définitive déversés sur la nation entière, dont ils augmentent la richesse nationale.
Et de plus, nous ne voyons pas en vertu de quel droit, on fcnnerait au commerçant ou à riudustriel les voies les plus larges et les plua sures qui s'offriraient à ses produits pour le forcer à les jeter sur «les marchés moins avantageux. ^ Nul mieux que le producteur, n'a conscience de ce que lui coûtent ses produits, nul mieux que lui ne sait où il pourra les échanger avec profit.
Nous demandons ensuite la décentralisation du pouvoir. Et quoique nous ne puissions que toucher ici à ce vaste sujet, nous déclarerons néanmoins que nous le concevons comme tellement important dans ses principes et dans son exécution, qu'il devient nécessaire de le demander incessamment. Ce qui a fait la barbarie du moyen-âge, l'ignorance et la pauvreté de ses masses, et ce qui nullifîe encore tout le sud de l'Eiu-ope, en dépit d'immenses avantages de sol et de climat, c'est l'absurde système de centralisation.
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Dans ce systôiiie, le centre de lu société, cVst à dire le siège du gonvernenienf, se tronve êlre l'arène dans Inrjnelle, d'après rrxjires.sioii de rigueur, tout homme qui cciU faire son chr- 7?ûn, doit descendre, pour s'élever ensuite aux emplois publics. Le gouvernement centraWsé devient l'unique creuset dans lequel se coule intelligence, honneur et indépendance de tous ceux qui veulent parvenir aux fonctions de l'Etat. Hors du centre, un homme de talent n'a plus de terrain avantageux sur lequel il puisse se faire connaître. Plus de débouchés pour l'industrie matérielle, plus de' champ d'exercice pour les facultés de l'intelligence. Il est vrai que par là le siège gouvernemental devient brillant et prospère, ou du moins lustré ; mais cette radiation superflue qui converge vers ce chef-lieu de la nation, dénude toute la surface du pays, qui demeurera toujours arriéré, et qui de pk>s restera sans contrôle immédiat sur les centres.
D'un autre côté, par le système centralisateur, toute la législation ei l'administration d'un pays s'élabore dans les bureaux du gouvernement. Or, même en admettant que celui-ci administre au mieux les intérêts généraux du pays, il est impossible qu'il puisse le faire également bien pour les localités éloignées du centre. La législation locale devra donc êt;-e entachée des erreurs les plus pernicieuses; et rien d'étonnant là-dedans, car les intérêts des localités peuvent être variés à l'infini. Il faut donc de toute nécessité multiplier les conseils
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