MONTCALM
(Autograjyhe) — Je certifie que la présente ordonnance a été lue aux gardes de l'armée assemblée à cet effet le 30 octobre 1758, à Carillon.
Chevalier de Montreuil.
M. DE MORAS A M. LE MARQUIS DE MONTCALM
Versailles, le 18 janvier 1758.
Monsieur,
Le sieur de Itosmorduc, capitaine dans le second bataillon de Béarn, vient de perdre son frère, ancien lieutenant de vaisseau, et sa famille m'a fait représenter que sa présence est nécessaire en France pour l'arrangement de ses affaires. Je marque à M. le marquis de Vaudreuil de lui donner un congé joour cela, s'il juge qu'il n'y ait pas d'inconvénient et que vous n'y en trouviez pas non plus.
De Moras.
M. DE MORAS A M, LE MARQUIS DE MONTCALM
Versailles, le 10 février 1758.
Monsieur,
Sur le compte (pie j'ai rendu au lîoi de la proposition que vous avez faite, conjointement avec M. le inarquis de Vaudreuil, d'embataillonner les troupes du Canada, Sa Majesté m'a commandé de vous faire part du résultat de l'examen qui a été fait de votre projet.
Après avoir balancé l'utilité (^u'on pouvoit en retirer, il a paru contraii'e à la constitution générale des colonies. En effet, les troupes des colonies sont composées de compagnies indépendantes les unes des autres, et on a toujours pensé qu'il ne convenoit point de donner à une seule personne une autorité telle que l'auroit un colonel ou un commandant de bataillon sur un corps de troupes. Cette raison est d'autant plus forte que les milices roulant avec les troupes réglées, il faudrait en former également des bataillons pour qu'elles pussent circuler ensemble.
D'ailleurs, quoique le Eoi ne juge pas à propos d'ordonner l'exécution du projet, cela n'empêche pas que, dans les occasions, on ne puisse former des bataillons de toutes les compagnies, lorsqu'il s'en trouve un nombre suffisant de rassemblés. Vous l'avez exécuté, l'année dernière, avec avantage dans votre expédition contre le fort Georges. Vous connoissez par expérience l'utilité de ces formations passagères ; mais vous jugerez vous-même, par la connoissance que vous avez de la constitution de nos colonies, qu'elles ne pourront pas subsister au delà de ces opérations. Les postes de Canada sont trop divisés et trop éloignés les uns dés autres pour qu'un commandant de bataillon puisse correspondre avec les différents détachements de ces postes. Ce commandant se trouveroit alors dans le cas des capitaines actuels. Il n'y auroit pas plus de facilité qu'il n'y en a eu jusqu'à présent, soit à discipliner et à exercer les troupes, soit à leur inspirer ce qu'on appelle l'esprit de service.
Cependant Sa Majesté est disposée à employer tous les moyens praticables pour mettre ces troupes sur le meilleur pied possible. Le même motif a déterminé depuis quelques années à établir deux majors généraux à Saint-Dominique, tels que celui que vous avez proposé pour le Canada, avec l'inspection sur toutes les troupes ; et les officiers, chargés de leurs détails dans les garnisons, leur rendant compte de tout ce qui y a rapport. Sa Majesté a donc pensé qu'on pouvoit se borner à l'établissement d'un major inspecteur sans adopter celui de commandants de bataillons.
Je fais également part à M. le marquis de Vaudreuil des intentions de Sa Majesté, et il doit se concerter avec vous, tant sur cet établissement, si, après que vous l'aurez examiné, vous jugez qu'on puisse en retirer les avantages qu'on s'en promet, que sur le choix du sujet qui pourra être propre à cette destination, et sur le traitement qu'il conviendra de lui faire.
De Moras.
M. DE MORAS A M. LE MARQUIS DE MONTCALM
A Versailles, le 10 février 1758.
Monsieur,
Sur le compte que j'ai rendu au Roi des représentations que vous avez faites en faveur des religieuses hospitalières, Sa Majesté y a eu égard et a bien voulu
accorder mille livres de gratification extraordinaire à celles de Québec, et huit cents livres à celles de Montréal. Je suis persuadé que cette marque de satisfaction excitera de plus en plus leur zèle pour les soldats traités dans les hôpitaux.
De Moras.
M. DE MORAS A M. LE ^LVRQUIS DE MONTCALM
Versp.illes, le 10 février 1758.
Monsieur,
Le mémoire du sieur de Charly, enseigne en pied des troupes de l'Isle Eoyale, qui sert en Canada depuis quelques années, et sur lequel vous avez mis votre recommandation, m'est parvenu. MM. de Vaudreuil et Bigot m'ont également marqué que cet officier n'a pas reçu ses lettres de service. Je leur envoie un certificat que j'ai fait expédier pour suppléer à ces lettres ; et, sur la proposition de M. le marquis de Vaudreuil de le laisser servir en Canada, je lui adresse un ordre de passe ; je suis bien aise de vous en faire part, à cause de l'intérêt que vous paraissez prendre à cet officier.
De Moras.
M. DE MORAS A M. LE MARQUIS DE MONTCALM
A Versailles, le 10 février 1758.
Monsieur,
Je réponds aux deux lettres que vous m'avez écrites les 1er et 3 novembre derniers.
Vous savez que j'étais disposé en faveur du sieur de La Eochette ; je suis bien aise, par l'intérêt que vous y prenez, de vous informer que, sur la proposition de M. Bigot, les trésoriers généraux des colonies doivent faire un arrangement qui sera avantageux pour ce sujet.
J'aurai égard aux représentations que vous m'avez adressées des huit lieutenants des compagnies nouvelles de la Keine et de Languedoc, parties de Dunkerque.
J'ai écrit à M. le marquis de Paulmy pour savoir de quel jour ils ont été payés par La Guerre, et, sur sa réponse, je serai en état de donner les ordres nécessaires à M. Bigot.
De Moras.
M. DE MORAS A M, LE >LA.RQUIS DE MONTCALM
A Versailles, le 10 février 1758.
Monsieur,
J'ai reçu une lettre que vous m'avez écrite le 1er novembre de l'année dernière.
C'est sur la proposition de M. le marquis de Yaudreuil qu'a été établie la seconde compagnie de canonniers bombardiers à l'instar de la première. La colonie ne pouvant point fournil' le nombre d'officiers nécessaires pour cette augmentation, on prit dans le corps de l'artillerie de France les six officiers qui ont passé en Canada ; et, lorsque cet arrangement fut fait, non seulement j'envoyai à MM. de Yaudreuil et Bigot l'ordonnance qui fut expédiée en conséquence, mais je leur fis part, ainsi qu'à vous, du traitement qui avoit été réglé.
Je suis informé que mes dépêches ne vous sont point parvenues, et j'en ai fait faire de nouvelles expéditions que vous recevrez avec celles-ci. Si eUes vous avoient été remises, les nouveaux officiers, non phis que ceux de la colonie, ne se seroient pas trouvés dans le cas de faire des rej^résentations ni sur leur rang respectif, ni sur leur traitement. Je ne puis donc que m'en remettre à cet égard à ce qui a été aiTangé dès l'année dernière.
Il me reste cej)endant quelques observations à vous faire par rapport aux deux corps du génie et de l'artil-
LETTEES DE LA COUK DE VERSAILLES 97
lerie en Canada, La constitution du service des colonies ne permet point de les réunir. Leurs fonctions doivent être, comme elles l'ont toujours été, distinctes et séparées ; et l'intention du Pioi est qu'il n'y ait à cet égard aucune innovation. Vous savez parfaitement en quoi consiste cette distinction; il seroit inutile que j'entrasse avec vous dans un plus long détail, et j'espère que vous concourrez avec M. le marquis de Vaudreuil, à qui j'en écris, à conserver les anciens principes et les constitutions du Canada. Lk confiance que j'ai dans votre zèle et votre expérience ne me permet pas de douter que vous n'y apportiez tous vos soins. Vous en connoissez toutes les conséquences, et j'ai vu avec plaisir, par les observations jointes au mémoire que vous m'avez adressé, que vous avez également saisi ce qui peut être avantageux aux officiers anciens de la colonie, et aux nouveaux sujets qu'on y a fait passer de France.
De Mokas.
(AutographeX—La réunion en France de l'artillerie et du génie n'a pas encore produit de grands avantages, et c'est une question trop problématique et encore trop controversée pour s'occuper déjà de prendre en Canada un arrangement si contraire à la constitution actuelle du service dans la colonie.
NoTïiination d'un lieutenant réformé dans le second bataillon du régiment d'infanterie de la Sarre.
(De par le Roi)
Sa Majesté ayant jugé à propos d'accorder une lieutenance réformée d'infanterie au sieur Nolin, et voulant lui donner le moyen d'en faire les fonctions, elle lui ordonne de se rendre incessamment au second bataillon, régiment d'infanterie de la Sarre, pour y ser^^r en qualité de lieutenant réformé et y être dorénavant entretenu et payé de ses appointements en cette qualité, sur le pied de douze cents livres par an, à raison de cent livres par mois, en passant présent aux revues qui seront faites du dit bataillon.
Fait à Versailles, le 13 février 1759.
LOUIS
Le maréchal duc de Belle-Isle,
Nomination d'un lieutenant réformé au second hataillon du régiment d'infanterie de Guyenne.
(De par le Roi)
Sa Majesté ayant jugé à propos d'accorder une lieutenance réformée d'infanterie au sieur Jean-Joseph de Cabanel de Sermet, et voulant lui donner moyen d'en faire les fonctions, elle lui ordonne de se rendre incessamment au second bataillon du régiment d'infanterie de Guyenne, pour y servir en qualité de lieutenant réformé et y être dorénavant entretenu et payé de ses appointements en cette qualité, sur le pied de douze cents Kvres par an, à raison de cent livres par mois, en passant présent aux revues qui seront faites du dit bataillon.
Fait à Versailles, le 13 février 1759.
LOUIS
Le maréchal duc de Belle-Isle,