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Monsieur le marquis de Montcalm désirant employer sous vos ordres, près celles de mes troupes que j'envoie en Canada et celles qui y sont actuellement, les sieurs chevaliers de Lévis, de Bourlamaque et de Montreuil ; le premier en qualité de brigadier en mon infanterie ; le second, en celle de colonel aussi en mon infanterie ; et le troisième, en celle d'aide-major général, je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous vous serviez des dits sieurs chevaliers de Lévis, de Bourlamaque et de Montreuil es dites qualités, selon et ainsi que vous le jugerez convenable pour le bien de mon service. Et la présente n'étant pour autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, monsieur le marquis de Montcalm, en sa sainte garde.
Ecrit à Versailles, le 11 mars 1756.
LOUIS
M. DE VOYER D'ARGEXSON.
Mémoire du roi ijoiir servir d'instruction au sieur marquis de Montcahn, maréchal de camp
Sa Majesté ayant expliqué ses intentions au sieur marquis de Montcalm sur ce qui concerne le commandement, la police, la discipline et le service journalier des bataillons des troupes de terre qu'elle a fait passer
l'année dernière en Canada et de ceux qu'elle doit y faire passer incessamment, il reste à lui faii'e savoir la conduite que Sa Majesté veut qu'il tienne relativement aux opérations auxquelles ce corps de troupes pouiTa être employé dans cette colonie.
Ces opérations doivent avoir pour principal objet la défense du Canada contre les entreprises des Anglois, Sa Majesté a donné ses ordres au sieur de Vaudreml, gouverneur général de la Nouvelle-France, sur l'usage qu'il doit faire de toutes les troupes et milices qui se trouveront dans son gouvernement, tant pour pourvoir à cette défense que pour les autres objets dont il pourra être question ; et comme le sieur marquis de Montcalm ne peut exercer le commandement que Sa Majesté lui a confié que sous l'autorité de ce gouverneur auquel il doit être subordonné en tout, et que les dispositions qu'il pourra y avoir à faire, soit pour faire échouer les projets des Anglois, soit pour faire réussir ceux qui pourront être formés pour le bien du service de Sa Majesté et la gloii-e de ses armes, doivent dépendre des circonstances et être combinées avec toutes les forces de la colonie et avec la situation où elle pourra se trouver dans toutes les parties, le sieiu" marquis de Montcalm n'aura qu'à exécuter et à faire exécuter par les troupes qu'il aura sous son commandement tout ce qui lui sera ordonné par le gouverneur général ; et c'est tout ce que Sa Majesté a à lui prescrù'e elle-même à cet égard.
Lorsqu'il s'agira de quelque o])ération de campagne, le gouverneur général sera le maître de les régler de son chef, sans aucun conseil de guerre et sans aucune
sorte de communication préalable. ]\Iais, soit qu'il assemble un conseil de guerre pour la concerter, soit qu'il se contenté de conférer en particulier avec le sieur marquis de Montcalm, ou qu'il se décide de lui-même, dans tous les cas, le sieur de Montcalm se conformera aux ordres et instructions que ce gouverneur lui donnera, soit pour faire marcher les détachements, soit pour conduire lui-même quelque expédition. Il ne pourra rien changer à ce qui lui aura été prescrit qu'autant que le gouverneur général lui en aura laissé la liberté, ou dans les cas imprévus et urgents, en lui rendant compte sur le champ et des changements que les cas auront exigés et des motifs qui l'auront déterminé. Le gouverneur général pourra même envoyer de nouveaux ordres pendant le cours de l'expédition et, s'il le veut, se rendre sur les lieux pour prendre le commandement supérieur, et fiair l'expédition ou en entreprendre d'autres.
En un mot, ce sera au gouverneur général à tout régler et à tout ordonner pour les opérations militaires. Le sieur marquis de Montcalm sera tenu de les exécuter telles qu'il les aura ordonnées. Il pourra cependant lui faire les représentations qui lui paroîtront convenables sur les projets dont l'exécution sera ordonnée. Mais si le gouverneur général croit avoir des raisons pour n'y pas déférer et pour persister dans les dispositions, le sieur marquis de Montcalm s'y conformera sans difficulté ni retardement.
Quoique, suivant les ordres que Sa Majesté a donnés au sieur de Vaudreuil, on doit en user avec le sieur marquis de ]\Iontcalni dans les places du Canada,
comme il doit se pratiquer en France à l'égard des officiers généraux employés sur les frontières par lettres de service, conséquemment à ce qui est réglé par l'ordonnance de Sa Majesté du 25 juin 1750, aux titres de commandement, des partis et des honneurs, le sieur marquis de Montcalm ne pourra cependant, dans aucun cas, faire marcher aucune troupe des garnisons de ces places sans l'ordre du gouverneur général ou la permission des gouverneurs particuliers, et il sera tenu, ainsi que les autres commandants des troupes de terre, de les faire marcher en tel nomljre et toutes les fois que les gouverneurs particuliers le jugeront à propos.
Le sieur marquis de Montcalm et les commandants des bataillons qui seront en garnison dans ces mêmes places doivent en user ainsi avec les gouverneurs, lieutenants du roi et majors de ces places, de même qu'il est réglé pour les états-majors des places en France par la même ordonnance du 25 juin 1750.
Supposé qu'il se présente des difficultés, soit sur l'exécution des ordres que Sa Majesté fait adresser aux sieurs de Vaudreuil et de Montcalm, soit sur les dispositions de l'ordonnance qu'elle a rendue pour régler le rang, la police et le service des troupes de terre et celles de la colonie, soit pour des choses qui n'auront pas été prévues, ce sera au sieur de Vaudreuil à les décider provisoirement, et le sieur de Montcalm exécutera et fera exécuter dans tous les cas les décisions qui seront ainsi rendues par ce gouverneur.
Le sieur marquis de Montcalm doit non seulement éviter avec soin tout ce qui pourrait occasionner la moindre altercation entre lui et le sieur de Vaudreuil,
mais encore employer toute son attention à établir et à maintenir la bonne intelligence, qui est si nécessaire entre eux pour le succès des opérations, que le bien du service poun'a exiger. Il doit être également attentif à mettre tout en usage pour que les troupes de terre vivent en bonne union avec les troupes de la colonie. Ces deux objets sont de la plus grande importance. Sa Majesté les a pareillement recommandés au sieur de Yaudreuil, et elle espère qu'ils seront remplis de part et d'autre à sa satisfaction.
Fait à Versailles, le 14 mars 1756.
LOUIS
Machault.
M. de Machault, à M. le marquis de Montcalm
A Versailles, le 14 mars 1756.
Vous êtes déjà prévenu, Monsieur, des intentions du roi sur le commandement que Sa Majesté vous a confié des troupes de terre qui doivent servir en Canada. Vous savez que ce commandement a deux objets : celui de la police, de la discipline et du service journalier de ces troupes, et celui des opérations auxquelles elles peuvent être employées. L'instruction que M. d'Argenson vous a expédiée roule sur le premier de ces objets. Je vous en remets une dans la(iuelle Sa
Majesté vous explique la conduite que vous aurez à tenir par rapport au second.
Quoique vous soyez subordonné en tout à M. de Vaudreuil, gouverneur général de la Nouvelle-France, les occasions et les moyens ne vous manqueront pas de signaler votre zèle, vos talents et votre expérience et de les rendre utiles pour le service du roi et la gloire de ses armes. Vous trouverez chez M. de Vaudreuil toutes les dispositions que vous pourrez désirer à cet égard; et je ne suis pas en peine que, de votre part, vous ne concouriez efficacement à établir entre vous deux la confiance que vous vous devez l'un à l'autre, et qui est si nécessaire pour le succès des vues de Sa Majesté.
De mon côté, je serai charmé de pouvoh- faire valoir auprès d'elle les services qu'elle attend de vous, et je vous prie de compter également sur mon attention à profiter de toutes les circonstances pour vous rendre agi"éable le séjour que vous ferez en Canada. C'est avec ces sentiments que je suis, monsieur, très parfaitement à vous.
Machault.
Héf/iment d'infanterie
de la Sarre
Les sieurs chevalier de Joux,
lieutenant-colonel,
du 7 août
Sénezergues de la Eode, com-
mandant du second bataillon.
du 14 juin
Chevalier Donis, major.
du 14 juin
Chailly, capitaine de grena-
diers.
du 14 juin
Montréal, capitaine de grena-
diers.
du 15 juin