‹ Collection des manuscrits (volume 3)Chapitre 24 sur 51 · BOYER · texte numérisé non relu

BOYER

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M. LE MARÉCHAL DE BELLE-ISLE A M. LE ALA.RQUIS LE xMONTCAL.M

A Versailles, le 17 février 1759.

J'ai rendu compte au Eoi, dans le temps, ]\Ionsieur, des différentes demandes que vous avez faites pour les troupes qui ont partagé avec vous le succès de la journée du 8 juillet dernier, et pour les officiers particuliers qui y ont contribué jjar la valeur, l'intelligence et la bonne volonté qu'ils ont montrées dans une occasion qui vous fait, et à eux, autant d'honneur.

Sa Majesté a cru ne devoir trop vous marquer sa satisfaction qu'elle a de vos services, et elle vous a nommé lieutenant-général en ses armées. Elle compte que cette gTace vous déterminera à lui donner des nouvelles preuves de votre zèle et de votre attachement, et que, pour répondre à. sa confiance, vous lui ferez le sacrifice des dégoûts et des contradictions que vous avez essuyés jusqu'à présent, et qui vous font désirer votre retour en France. Je vous prie d'être persuadé que, de mon côté, je ferai ce qui déj)endra de moi pour empêcher que vous en éprouviez à l'avenir.

Sa Majesté a fait attention aux témoignages avantageux que vous avez rendus en faveur de M. le chevalier de Lévis, et elle lui a accordé le grade de maréchal de camp. Je désirois fort de procurer eu même temps à M. de Bourlamaque le grade de brigadier

que vous demandez pour lui ; mais Sa Majesté a trouvé qu'il ctoit troj) reculé dans l'ordre des colonels pour lui accorder un avancement qui ne peut manquer d'occasionner des représentations fondées de la part de ceux qui étoient plus anciens que lui. ,, Elle a bien voulu, 130ur l'en dédommager, porter à quinze cents Kvres la pension de huit cents livres dont il jouit sur le trésor royal. Mais je ne l'ai point perdu de vue; et Sa Majesté ayant jugé à propos de faire une promotion, j'ai fait valoir les nouvelles instances que vous avez fait faire en sa faveur par les sieurs de Bougainville et Doreil, et, ayant égard à la distinction de ses services et de la blessure considérable qu'il a reçue à l'affaire de 8 juillet dernier, elle a bien voulu lui accorder le grade de brigadier.

Sa Majesté avoit aussi refusé les commissions de colonel que vous demandiez pour les sieurs chevaliers de Montreuil et de Bougainville, ne voulant pas multiplier ce grade sans nécessité. Et pour qu'ils se ressentent des éloges que vous m'aviez fait de leur conduite et des témoignages avantageux que vous aviez rendus de leur talent, elle a accordé au premier une pension de six cents livres, et au second une de quatre cents livres sur le trésor royal. Mais l'arrivée du sieur de Bougainville, avec de nouveaux témoignages avantageux de vous en sa faveur, a déterminé Sa Majesté à lui accorder une commission de colonel et même la croix de Saint-Louis, quoique son ancienneté en qualité d'officier ne le mît pas à portée d'espérer cette dernière

grâce.

Quant au sieur chevalier de Montreuil, sou grade de lieutenant-colonel, joint à la nature du service qu'il fait, le rend susceptible d'un avancement plus considérable, et je serai charmé d'avoir occasion de lui procurer. Cependant Sa Majesté, pour lui donner une marque de sa satisfaction, a augmenté de quatre cents livres la pension de six cents livres que je viens de vous annoncer pour lui.

Sa Majesté a vu avec plaisn que les commandants des bataillons qui sont à vos ordres se sont conduits à l'affaire du 8 juillet de façon à mériter des grâces. Elle leur a accordé celles que vous verrez dans l'état ci-joint, qui est le résultat du travail que j'ai fait avec Sa Majesté d'après le détail que vous m'avez fait des circonstances de cette affaire.

Je lui ai rendu compte des mémoii'es que vous aviez charçjé les sieurs de Bougainville et Doreil de me remettre, et vous verrez par l'état particulier que je vous envoie, ce qu'elle a jugé à propos d'accorder par supplément aux grâces comprises dans l'état dont je viens de vous parler.

Sa Majesté a agréé tous les sujets que vous avez proposés pour remplir les charges de vos bataillons, et je vous envoie des états en conséquence desquels vous pourrez les faire recevoir en attendant leurs expéditions, dont elle approuve que les dates soient, comme vous le proposez, des jours que vous leur avez fait faire les fonctions des charges pour lesquelles ils sont compris dans les dits états, afin (qu'ils en puissent toucher les appointements.

Elle a jugé qu'il étoit utile de vous envoyer, ainsi que vous avez marqué le désirer, quelques jeunes gens qui fussent à portée de remplir les emplois qui viendront à vaquer. Je joins ici l'état de treize qu'elle a agréés pour cet objet, et auxquels elle a fait expédier des ordres de lieutenant réformé avec douze cents livres d'appointements. Elle s'attend qu'ils seront nommés de préférence à tous autres aux charges vacantes.

Et, afin que rien ne puisse retarder la disposition des compagnies, lieutenances et autres emplois subalternes qui vaqueront dans les dits bataillons, Sa Majesté a fait expédier l'ordre que je vous envoie, pour vous autoriser à les remplir provisoirement.

Le maréchal duc de Belle-Isle.

Je ne puis qu'approuver le refus. Monsieur, que vous avez fait de donner des permissions de repasser en France, même aux officiers qui vous ont déclaré être dans le dessein de donner leur démission ; et l'intention du Eoi est que vous préveniez ceux qui vous en demanderont à l'avenir, sans des raisons particulières et fortes, qui soient à votre connoissance, et qui repasseront en France, sans votre agrément, qu'ils ne doivent espérer aucune espèce de gi-âce, quand même ils seroient par l'ancienneté de leurs services à portée d'y i^rétendre.

LE MAKÉCIIAL DUC DE lîELLE-ISLE A M. LE JLA.I;QUJS DE MONTCALM

A Versailles, le 17 février 1759.

Nous sommes convenus, Monsieur, d'un cartel avec les Anglois pour l'échange et rançon des prisonniers de guerre des troupes de terre des deux nations. J'en ai fait remettre à M. de Bougainville plusieurs exemplaires par lesquels vous verrez que ce cartel doit être exécuté en Canada comme en France, et vous aurez agréable d'y tenir la main.

Le maréchal duc de Belle-Isle.

M. DU BOIS A M. LE MARQUIS I>E MONTCALM

A Versailles, le 18 février 1759.

^îonsieur,

J'ai fait part à la famille de M. Tri aire, avec tout le ménagement possible, de l'état dans lequel se trouve M. de La Sorbière. Je ne doute pas qu'elle ne prenne <ies mesures pour lui assurer un état, lorsqu'il reviendra

<en France.

Du Bois.

LE MEME AU MEME

A A'ersailles, le 18 février 1759.

JMonsieur,

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 20 du mois de juillet dernier. Je n'ai point ignoré combien les officiers du corps de génie et du corps de l'artillerie, réunis alors, ont eu à souffrir à tous égards, et l'on rend à leur zèle tous les éloges qu'ils méritent. Ceux que vous leur rendez, et les plaintes que vous avez portées, ]\Ionsieur, de la façon dont ils ont été traités, auroient accéléré sans doute le remède que l'on y apporte aujourd'hui, si les différents changements arrivés dans les ministères de la guerre et de la marine ne se fussent opposés aux succès que j'atteudois des représentations que j'avoiseu l'attention de faire et que je n'ai point discontinuées. Enfin elles ont eu un plein effet.

M. le maréchal de Belle-Isle vous adresse, Monsieur, le traitement qu'il leur a fait accorder par le département de la marine et les grâces du Eoi, indépendamment des gratifications que l'on leur procurera pour les dédommager du modique traitement dont ils ont joui ci-devant. J'ai l'honneur de vous en informer avec d'autant plus de joie que je connois la protection dont vous honorez ces officiers et la reconnoissance dont ils sont pénétrés.

Du Bois.

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