QUATRIÈME PARTI
Pourquoi pas, dans la nuit, faire changer les équipages des officiers el les renvoyer, laisser le camp tendu, cent hommes par bataillon avec la moitié des tambours, le lieutenant-colonel de piquet, cent hommes des Trois- Rivières, trois cents de Québec, partir à dix heures du soir pour venir vous joindre, et se porter sur les trois gués avec des guides que vous auriez d'avance, et une disposition faite pour arrive] à la pointe du jour sur l'ennemi, quelques charrettes pour porter La poudre '. Il faudroil pour cela être maîtres des défilés des troisgués, de l'autre côté du Sault.
Le lieutenant-colonel de piquet feroil faire le à l'ordinaire ; et, dan- le cas où l'on viendrait à lui en force, il abandonnerait son camp el son artillerie et se i derrière la rivière Saint-Charles, derrière laquelle les ennemis nous pousseront méthodiquement sous peu de jours. Votre avis eu peu de mots-, quoiqu'il m'en coûte de vous éveiller. Si vous vous en tenez au
premier parti, connue je ne pense pas qu'il y ait à craindre d'être attaqué de jour, si nous ne le sommes pas cette nuit, surtout dans la créance, que la plus grande partie de leur armée a passé de ce côté-là, pourquoi ne vous enverroit-on pas nos cinq compagnies de grenadiers, ne fût-ce que pour garder vos gués dans le cas d'une retraite de notre part, parce que les ennemis seroient supérieurs à notre corps de quinze cents hommes ?
Je vais chez moi, où je dois parler aux commandants des quatre carcassières pour la frégate qui est au Sault de Montmorency ; la batterie flottante a trop d'obstacles.
[Autographe, sauf la date]
9 juillet 1759.
J'enverrois bien, mon cher chevalier, la pièce qui est en tête de Royal-Koussillon, si elle devoit sauver la république; mais, toutes les fois que nous voudrons opposer artillerie à artillerie, nous sommes sans moyens. Vous connoissez les difficultés des transports ; nous sommes obligés de changer notre position ; nous aurons toujours gagné du retard. Réfléchissez-y ; je partirai d'ici à une heure après minuit.
MONTCALM
A changer notre position, nous n'aurons que trop d'artillerie à retirer; et puis la différence du calibre.
10 juillet 1759.
Dumas pari ce soir. Si le succès ou l'infortune peu! remettre les têtes, ce sein à merveille. Au reste, la nuit est favorable ; je doute qu'ils songent à nous attaquer; cependant, comme cette partie-ci est foible, j'envoie nos trois compagnies de grenadiers ] asser la nuit au bivouac, à la grange de d'Alquicr.
Je vous promets que M, de Vaudreuil et Monsieur l'intendant ne sonl pas tranquilles de se voiravi peu de monde.
Notre mouvement a l'ail dépêcher une berge de la pointe de Lévis, qui a rasé l'île d'Orléans, pour aller au grand camp. Soyez bien attentif, par vus découvreurs sur l'eau aux mouvements de leurs berges. Il seroit dur qu'on nous dérobât une marche.
Il faut tâcher que nos sauvages, nos soldats Canadiens se ménagenl un pi u en fusillant ; car, quoique nous leur tuyons du monde, je regrette bien les nôtres. Si vous n'avez rien à me faire dire, renvoyez cette ordonnance toul unimenl à 3on camp. J'irai vous voir demain de très bonne heure.
Mon observateur dit qu'il y a un très petit camp au bas de l'île d'Orléans; mais il me semble que c'esl toujours le même, qui est celui de quelques canonnière.
Ce 10 juillet 1759, au soir.
Depuis la lettre que je vous ai écrite de ma main, j'ai vu de Caire et Charly qui m'ont donné de l'inquiétude pour votre position. Je partirai à la pointe du jour avec lui et Jacquot, ou, pour mieux dire, je partirai à ik-ux heures et, demie. M. de Caire croit, sans l'avoir bien examiné, qu'il y a deux rideaux, dont le second pourrait mettre à couvert.
Il juillet 1759.
Ou nous annonce, mon cher chevalier, cinq déserteurs au poste de Saint-Augustin. On ne les a pas encore interrogés, parce qu'ils ne sont pas encore arrivés. Mais M. de Boishébert qui les annonce, écrit que, suivant la déposition d'un d'eux, ils ne sont pas plus de six mille hommes de troupes réglées (je pense bien qu'en ôtant les coureurs de bois et les matelots et soldats de marine, ils ne sont pas plus de huit à neuf mille, sur lesquels il y en a de. morts, désertés ou malades), et que le bruit de leur armée est que, à moins de la jonction du général Arnherst, ils ne pourront pas prendre Québec. Dés que les longues dépositions de
Saint-Sauveur seront faites, je vous les communiquerai, en tout ou par extrait.
Je viens d'avoir nue petite bande de Poutéotamis, qui me paraissent bons sauvages et disposés à rester. Je les ai bien accueillis.
Cette bande voudrait se réunir à une petite banile de Saguinan et que Foligné fils, qui vous remettra ma lettre, en eût soin, comme îles Ottawas. Cette petite bande ne s'accommode pas de Dutailly. Je n'y vois aucun inconvénient, Parlez-en à Lanelade.
11 juillet 1759.
M. le Marquis de Vaudreuil, mon cher chevalier, a dit amen au mouvement projeté, d'autant que, dés qu'on lui parle de détermination à combattre, c'est lui faire bouillir du lait. Il n'y sera pas, et la pièce en 3era plus tôt finie en bien ou en mal. En conséquence de ce, tous les ordres sont donnés. Royaî-Eoussillon part de midi à une beure pour vous joindre. ( !e bataillon a eu ordre de vous envoyer de suite tous ses outils, et j'ai envoyé chercher à la ville cent pioches et cent pelles, qui vous passeront de suite.
Les trois bataillons de La Sarre, Guyenne, Béarn et le gouvernement des Trois-Rivières partent à deux heures pour aller à leur nouveau camp. Bougainville partira à une heure et demie avec les campements, pour
leur donner le terrain que je crois enfin avoir retrouvé, car je l'avois un peu confondu. Si vous n'êtes pas fort occupé et que vous vouliez partir à deux heures de chez vous, vous trouverez quelque part nos campements, et vous les aideriez de votre avis qu'ils ont ordre de suivre. Je couche ce soir à mon camp.
Je dois taire à trois heures le détail avec Bougainville et Dumas de ce qui reste ici, et faire partir la nouvelle garnison de Québec, où il s'est tenu hier un conseil des notables pour régler les opérations de la campagne.
M. Daine, au nom du peuple, et M. Tachet, au nom du commerce, sont actuellement chez M. de Vaudreuil à présenter un placet qui contient la détermination de ce conseil de guerre. Ainsi, je ne voudrais pas jurer que cela ne fit changer nos résolutions.
J'ai chargé M. de Senezergues de faire reconnoître, dès son arrivée, nos communications avec Repentigny ; vous devriez lui remettre quelque pratique qui nous servît de guide.
Vous donnerez l'ordre quand vous voudrez à votre camp ; je vous envoie à cet effet le mot de celui de ralliement.
Si vous aviez besoin d'augmentation d'outils, comme nos trois bataillons portent les leurs, vous pourriez eu demander à Senezergues.
Voici le détail des ordonnances à fournir par votre cavalerie :
• Chez Niverville une, qui, au lieu de s'adresser à Niverville qui est à votre camp, s'adressera à M. La
Fontaine, officier de milices, qui commande je ne sais quoi en l'absence de Niverville ;
Deux ordonnances chez M. de Eamezay ;
Deux chez M. le marquis de Vaudreuil ;
Une ici chez Bougainville ;
Deux suffiront pour moi ou le major-général.
Pourquoi n'en enverriez-vous pas une h Repentigny et peut-être deux, quoique, s'il a des sauvages, cela va aussi vite ? A l'égard du bivouac du soir, pour des patrouilles, à la droite, huit cavaliers suffisent.
Ordre du 11 au 12 : Saint-Hector et Avranches.
Ralliement : Perpignan et Saint-Paul.
Autographe. — De Caire ira vous joindre. La milice de Québec ne peut camper aujourd'hui ; ainsi le détachement n'aura pas lieu pour la relever; ils suivent leur corps.
(Cette lettre n'est pas signée).
cm
I2juille1 1759.
J'ai l'honneur, mon '•1ht chevalier, de vous envoyer 1rs lettres ci-jointes contenant les nouvelles de Niagara, delà Belle-Rivière ci de l'Ile-aux- Galops.
J'ai écrit et pari'' du ton évangélique des premiers siècles de l'Eglise à M. le marquis de Vaudreuil el à Monsieur l'intendant sur la désertion e( les fausses consommations de \ ivres.
Vous avez vu l'incendie de la ville. J'y ai fait marcher le colonel Bougainville, avec trois cents Canadiens pour y remédier et empêcher la communication.
Nous aurons ce soir mille saucissons. Vous marquerez par le retour de M. de Caire, si vous voulez qu'on vous en porte demain et où le dépôt, ou si vous voulez qu'on vous en porte la nuit.
Nous sommes prêts à marcher à votre secours et prêts à partager le danger et à vous relever, quand vous le jugerez à propos.
[Autographe, sauf la date]
13 juillet 1759.
Je vous envoie, mon cher chevalier, quatre lettres que j'ai reçues par la poste ; vous me les renverrez ce soir par M. de Caire.
Il me semble que Bourlamaque a raison.
Je crains et crois Niagara rendu.
[Autographe, sauf la date]
13 juillet 1750.
Cessation de travaux.
Eassembler les outils, les faire conduire demain à la maison de la tête du pont, et renvoyer à chaque bataillon les siens.
Faire partir demain la cavalerie pour camper à la Canardière, près le pont ; elle ramènera les équipages des deux compagnies et se mettra hors de la portée du canon.
Elle ne relèvera ses ordonnances qu'après l'arrivée à son camp et se réduira à deux chez le major-général,
deux à la ville,
deux chez M. de Vaudreuil,
une chez M. le chevalier de Lévis;
pas d'autre service.
(Cette lettre n'est pas signée).
Ce 14 juillet 1759, au matin.
Montbeillard, qui a été au Sault, n'a pas voulu vous réveiller. Voici le résultat de ses observations :
Votre batterie de canon ne peut plus avoir lieu, attendu l'épaulement, et je pense que ces canons ne nous seront jamais d'une grande utilité'. Ne penseriez-vous pas qu'il serait lion de les l'aire ramener, s'ils ne oous sont d'aucune utilité? A vouloir s'en servir, il faudrait avoir trois chevaux haut le pied, pour les conduire, par pièce, six servants et une quinzaine de coups à tirer par pièce, chose difficile dans ce pays-ci, pour ne }:\^ dire impossible. Il faudrait aussi que vous donnassiez
des ordres à '■<■ ponton | ' s'en retourner, si nous n'en
avons pas besoin, si vous voulez faire usage de votre
batterie, vous n'avez que deux moyens : des obusiers, si nous avons des obus, qui ne serviront pas d'ailleurs ; mais ce ne sera qu'une niche. Elle serait plus forte avec deux mortiers ; M. Mercier en a auxquels il faut moins de poudre.
Eeste à examiner si ce n'est pas les provoquer à tirer des bombes. Il n'y aura pas à hésiter, si cela arrive.
Bonjour, Monsieur le chevalier.
Ce 14 juillet 1759.
J'irai, Monsieur le chevalier, vous voir sur les sept heures. J'y aurais été plus tôt, si vous ne m'aviez écrit que vous deviez aller faire un tour chez M. de Repentigny. Je vous préviens que M. Rimbaud n'étoit pas bien placé hier; il étoit à un tournant, et avoit négligé de se mettre vis-à-vis un gué où toutes les femmes de l'Ange-Gardien ont passé hier. Je vous préviens aussi qu'entre M. Réaume et vos soixante hommes qui sont près du mortier, il y a un espace considérable. Le camp de M. Réaume, n'ayant que trente-six hommes de garde, il pourrait, ce me semble, mettre un poste intermédiaire.
Ce 16 juillet 1759.
Je ne puis qu'approuver le contenu du billet de M. le chevalier de Lévis ; mais nous serons parés à exécuter le mouvement convenu (l'une heure à l'autre. Je para à huit heures pour le quartier général. On va travailler aux fascines, et, lorsque vous en aurez besoin, vos charrettes vous les porteront tous les matins. On croyoit hier au quartier général le camp de la pointe de Lévis augmenté, et de Caire croyoit, au coup d'oeil, celui du Sault diminué. Un prisonnier seroil bien utile.
Ce ] 6 juillet 1759, au soir.
Ainsi que je l'avois prévu, mon cl ht chevalier, malgré les raisonnements canadiens de Pouchot, les ennemis «■ut débarqué le 6 trois mille hommes, sans qu'il s'en suit douté. Il a envoyé des courriers pour rappeler sou armée du fort Duquesne. Va-t'en voir, Jean, s'ils viennent. 11 étoit plus simple de ne pas les y faire aller. Je vois le Canada attaqué par six endroits : le Sault de Montmorency, la pointe de Lévis, Carillon, li tête des Rapides, Niagara, le fort Machault. Le bel ex voto si nous en sauvons une partie cette campagne.
(i îette lettre n'est pas signée).
ex
17, juillet 1759, onze heures et demie.
J'apprends, mon cher chevalier, que nos sauvages voudroieut brûler le prisonnier anglois ; je vous envoie des branches, en cas que cela soit nécessaire.
Il me semble que ce seroit l'occasion de donner un coup d'eau-de-vie ; vous pourriez en écrire à Monsieur le général.
Lapause et Beauchàtel iront après dîner reconnoitre les postes, et vous porteront le détail tout fait pour notre mouvement, que nous ferons à l'entrée de la nuit.
Ce 17 juillet 1759, au soir.
Il me revient, mon cher chevalier, qu'au quartier général ou est très surpris de ce que vous ne leur envoyez pas les prisonniers. Tâchez de les leur envoyer ce soir, ou d'écrire la raison pourquoi vous ne les envoyez pas.
Ce 18 juillet 1759, à sept heures du soir.
J'ai été ce matin au quartier général. On y devoit interroger a fond un prisonnier que le capitaine Carrier a fait à la pointe de Lévis.
Les têtes du quartier général fermentent toujours pour y retourner. D'où est-ce que Monsieur l'intendant a pris que M. Amherst n'a plus que huit à neuf mille hommes et qu'ils avoient fait un détachement pour Boston ?
J'arrive du poste de M. Herbin, qui m'a paru attentif, alerte et assez bien placé. II va ouvrir un sentier de communication avec M. Rimbaud. Ce dernier ferait bien d'en faire autant avec M. de Repeut igny, et pourrait passer par un ravin qui le sépare, ce qui lui épargnerait trois quarts de lieue de détour. Je doute «piles ennemis veuillent tenter le passage dans un pays de bois : mais, s'ils l'osoient, ce seroit ebtre Repentigny et le passage d'hiver.
Sur quel fondement M. de Vassal est-il venu, il y a trois heures, dire que les ennemis commencent à passer au gué du Sault ?
Je crois que M. Poulhariez fera bien, et vous voudrez bien le lui faire dire, de faire camper la Sarre et d'envoyer d'avance les cuisiniers pour faire la soupe, et renvoyer au jour, les découvertes étant bien faites, une «les deux compagnies de grenadiers, ei. eu ce cas, celles île Guyenne el Languedoc resteraient.
Je m'imagine, Monsieur le chevalier, que vous avez bien reposé la nuit dernière, et je vous en souhaiterais autant pour celle-ci.
18 juillet 1759.
Faites prendre les armes à votre troupe. On vient de m'avertir que les Anglois ont débarqué à Saint- Michel. Vous devriez donner vos ordres très promptement pour que Fontbonne et Lapanse restent chargés de la gauche, faire avancer lîoyal-Roussillon et venir de votre personne.
Montoalm.
Faites-nous passer de suite cent sauvages et la compagnie de grenadiers de Royal-Roussillon.
20 juillet 1759.
M. le chevalier de Lévis aura la bonté de recommander l'exactitude dans les patrouilles par eau et l'exactitude aux batteries. Moyennant ce, M. de Senezergues, a qui je viens de faire remettre l'état des postes, sera très attentif et n'avertirait M. le chevalier
de Lévis que pour des choses importantes. Mais comme il ne sait point quels sont les bateaux qui font les patrouilles, jacobites ou autres, il se flatte que M. le chevalier de Lévis fera continuel ce service en règle.
Ce 22 juillet 1759, à <lix heures du matin. {Cette lettre a été déchirée 1 1 il n'en reste qu'un fragment)
En effet, il pleut sur Caprara et le temps est (aussi) peu pmpiv ;'i l'ennemi p"iir attaquer, (qu'à nous) pour marcher; aussi la nuit, (comme vous l'aviez) bien
prévu, a été des plus
temps de se fortifier au-dessus de
Québec, nous serons bloqués hermétiquement. Dès hier au soir, à peine fus-je reatré, (avant) que d'avoù reçu votre billet inquiétudes
les berges. Ce n'est pas que je
ne ~uis persuadé (que les) bateaux manqueront de rames,
d'avirons de brai et de calfata.
Cette difficulté au lourd'] mi
Je crois qu'il est inutile, par la pluie, de leur proposer un parti; ce serait cependant peut-être le temps ou l'ennemi se méfieroit le moins.
Ce 24 juillet 1759.
Vous avez eu raison, mon cher chevalier, de juger que la fusillade étoit peu de chose ; c'étoit l'attaque des rtes dans les bois de la petite rivière.
J'ai envoyé au marquis de Vaudreuil, qui prétend que cela ne peut pas s'empêcher. Il faudrait cependant par des détachements sauvages ou canadiens, déshahituer les Anglois de venir dans les profondeurs, et persuader aux habitants à venir avec leurs bestiaux en arrière les vendre au munitionnaire, et qu'un leur en rendrait de ceux de Montréal, dans l'hiver, l'expédition finie, et se renforcer encore plus dans les bois pour ceux qu'ils voudraient garder.
• De Caire prétend que l'on peut se passer de la moitié des outils actuellement, et qu'il arrangera demain cela pour que les bataillons qui n'en ont pas les envoient chercher.
On voit beaucoup de mirage, et nos astrologues annoncent du nord-est.
[Autographe]
Ce 24 juillet 1750.
Après vous avoir quitté, mon cher chevalier, je vis dans le lointain de l'île d'Orléans la, forêt de gros vaisseaux ; ainsi je crois que ce ne sera pas long.
Je ne sais rien de nouveau, ni de Jacques-Cartier, ni du Cap-Kouge, ni de la ville.
Je Tous envoie un travail que j'ai t'ait ce matin avec Lapause. L'article des outils important, et voua les avez tous. Koyal-Roussillon restera à son camp et votre mortier à sa place, vu la pluie. A l'égard de la charrette par bataillon, le major-général vient d'en procurer une à chaque bataillon, niais recommander la visite des munitions.
Courrier de Montréal. Déserteurs et prisonniers arrivés le 16, qui disent que le bruit court chez Amherst que Louisbourg esl pris et que l'un craint pour Halifax.
Comme vous aurez Guyenne, s'il y avoit une attaque] ce que je ne crois pas pour cette nuit, Royal-Roussillon marcherait à notre secours vers Beauport.
Je suis fort embarrassé pour le renfort de la. ville, le cas y échéant, à y mettre cent hommes de la réserve de Repentigny et une compagnie de grenadiers. En ce cas, on pourrait la. diminuer à la garde de la gauche.
Eu cas d'attaque générale, il faudrait (car ils ont diablement peur des sauvages) en avoir un peu partout, et que vous-même tissiez l'arrangement, si L'attaque est générale :
Les Ottawa- \ ers vous,
La Baie ', vers Lessej I el Beauport,
Les Hurons, reste d'Abénakis, vers la. Canardière.
Songez aux hommes de l'Ange-Gardien.
' Les sauvages 'le la /•'-</. \ erte ? I Lest
Pourquoi ne pas faire répandre des billets bien écrits, pour dire que les sauvages ne feront point mal aux soldats qui viendraient sans armes ?
J'ai vu aujourd'hui le camp, de la pointe de Lévis, qui est dans le bois, sur les hauteurs.
A juger par les tentes qu'on découvre avec peine et les fumées, il est considérable.
[Autographe, sauf la date]
25 juillet 1759.
Je crains, mon cher chevalier, que les gens de l'Ange- Gardien et de la côte de Beaupré ne fassent leur paix particulière, d'après le rapport de Boucherville. Il faudrait quelque gros détachement de sauvages et Canadiens pour les corriger.
MONTCALM
Et pour soutenir les Canadiens et les sauvages, nous enverrons, s'il le faut, des grenadiers et soldats volontaires avec des officiers, une centaine.