juillet
Votre remarque sur le camp de la pointe de l'île d'Orléans est des plus justes. Les pilotes, que j'ai ici pour la découverte, la nuit, et en observation, le jour, avoienl déjà fait la même remarque et conclus que c'étoit un eamp de voiles.
M. de Pensens prétend qu'il commença à être augmenté dès le lendemain de l'affaire. Ainsi c'est OU un
' du Lest.
camp de matelots, ou un camp de montre, ou un camp en augmentation pour leurs malades et blessés.
Louez, je vous prie, l'exactitude des postes et patrouilles à arrêter tout ce qurvoudroit passer le Sault, et même seulement venir à un poste avancé, où ils n'ont rien à faire.
Je suis bien aise de la tranquillité de la gauche ; il en est de même ici. Le camp de la pointe de Lévis paroît cependant un peu plus nombreux en tentes depuis l'affaire. M. de Pensens vient de me dire qu'il a vu quatre cents hommes en armes à la pointe de Lévis, qui descendoient à la grève i-t qu'il y avoit îles berges.
Je viens de mettre un marin avec une lunette en vigie pour les suivre.
s juillet 1759.
Trois de nos marins qui ont été jusqu'au Sault, ainsi que je les en avois priés, les ayant rencontrés en chemin, prétendent impossible à notre marine d'aller attaquer votre frégate à cause du canon et de la mousqueterie de l'ennemi ; mais ils trouveroient, et je pense qu'ils ont raison, que deux pièces de canon de 12, qu'on pourrait faire retirer de la redoute où ils seraient le moins nécessaires, étant placées au plus étroit de la rivière, empêcheroient les berges de passer et repasser. La question est de savoir si cette batterie ne seroit pas vue des ennemis.
Ces Messieurs prétendent qu'en les mettant un peu en arrière, elle sëroit défilée de la batteiie des ennemis. Au reste, vous êtes sur 1rs lieux el vous connaissez mieux cela que moi. Je vais monter à cheval incessamment.
XCVJ *
8 juillet 1759.
J'ai l'honneur, mon cher chevalier, de nous renvoyer au mémoire de M. de Johanne, que j'ai apostille, qui regarde la partie donl vous avez bien voulu vous charger.
Si vous avez besoin de l'ingénieur el de l'artilleur, je vous enverrai le premier à l'issue de son dîner, le second ce soir ou demain matin. Je dis ce soir ou demain matin, parce que je crois qu'il 3era occupé tout le jour à mettre la batterie de la droite en état.
J'ai l'honneui de vous souhaiter le bonjour, mon cher chevalier.
Montcalm.
P. S. — 11 se t'ait ce soir une exécntion à la tête du régiment de Béarn, à cinq heures du soir. M. le marquis de Montcalm m'a chargé de vous marquer qu'il
' lettre, auf la date, mise après coup, et la signature de Montcalm, est de la main du chevalier de Montreuil.
AU CHEVAI.IEi; DE I.EVIS 179
suffirait d'envoyer un officier et vingt-cinq hommes de Royal-Roussillon et autant du gouvernement de Montréal, rendus à cinq heures au plus tard à la tête de Béarn.
Chevalier de Montreuil.
XCVH
Au camp de Beâuport, ce 9 juillet 1759.
Je suis persuadé, mon cher chevalier, que la plus grande partie de l'armée des ennemis est de l'autre côté du Sault.
Nous n'avons que trois partis à prendre, et pourvu que vous et moi soyons d'accord, je déterminerai M. le marquis de Vaudreuil à celui que nous voudrons. Après quoi il en arrivera ce qu'il plaira à Dieu.