‹ Collection des manuscrits (volume 4)Chapitre 3 sur 26 · DU MÊME AT MÊME · texte numérisé non relu

DU MÊME AT MÊME

Au camp de la baie de Niaouré, le 8 août 1756.

M. le marquis de Montcalm, mon cher Fontbrune, arriva le 6 au matin, et tint de suite, un conseil de guerre, sur nos opérations, dont il n'a rien transpiré. L'après-dîner, il en tint un en plein champ, avec deux cent cinquante sauvages, qu'il lia, avec un collier de quatre mille grains.

* M. île La Rochebeaueour étoit aide de camp du marquis de Montcalm ; c'est à ce titre, sans doute, que le chevalier de Lévis, a inséré cette lettre, et la suivante, dans le recueil des lettres du général.

M. de Bourlamaque arriva hier matin, avec la première division de l'année. M. de Rigaud est parti, ee matin, à dix heures, avec cinq cents hommes, et tons les sauvages. M. de Montcalm a fait partir, hier, deux petits partis. Nons partons, demain, avec la première division de l'armée, pour nous n'unir à notre avantgarde, à l'anse aux Cabanes, à trois lieues de Chouaguen. Cette réunion doit se faire le 10 au matin, et de là, si des nouvelles ne nous arrêtent, nous ferons une marche de trois lieues, à pied.

La seconde division, avec notre artillerie, est arrivée aujourd'hui, à midi; elle part après-demain, 10, pour être le 11 au matin, à la Grande-Bivière-à-la-Famine, qu'on dit à cinq grandes lieues de Chouaguen. Nous laisserons, ici, cent hommes, les fours, et un dépôt de vivres. Nos barques sont en croisière, depuis hier. On dit que notre artillerie restera, jusqu'à nouvel ordre, à la Rivière-à-la-Famine, et que ceci, n'est qu'une démonstration, pour dégager votre partie. Jusques à présent) nous n'avons manqué de rien ; mais de demain, la fine peau d'ours, la redingote, le prélart, lard, pois et biscuit. M. de Montcalm donne l'exemple. J'oubliois de vous dire que M. Mercier, et un ingénieur, soûl partis, ce matin, avec l'avant-garde. Nous avons vingt-cinq chevaux, qui suivent l'armée; il j en a qui disent, que c'est pour le service de l'artillerie, d'autres pour les aides de camp; je le voudrais bien. Quelques-uns croient que ce sera pour faire le bouillon de l'hôpital, comme à Prague. < >n a l'ait luire des selles rases, d'une forme nouvelle, à nos sauvages; ils y ont travaillé, ces jours-ci. Ce camp-ci est beau, el bien militaire, par sa

position, et l'aisance. On y mange de l'ours; c'est un morceau délicieux.

Adieu, mon cher Fontbrune, donnez de vos nouvelles à votre fila. Mes respects à M. le chevalier de Lêvis, et ménagez-moi son amitié ; et ne doutez jamais de l'inviolable attachement, avec lequel, etc., etc., etc.,

La Rochebeaucour.

Au camp de Chouaguen, le 17 août 1756.

J'étois parti, mon cher chevalier, avec dix colliers et cent branches de porcelaine, fort peu de troupes, encore moins d'artillerie, des miliciens mal armés; maisj'avois des branches de porcelaine. Aussi, suis-je maître des trois forts de Chouaguen que je démolis, seize cents prisonniers y compris les p..., cinq drapeaux, trois caisses d'argent, cent bouches à feu, des vivres pour deux ans, des munitions de guerre, six barques armées, deux cents berges, une barque commencée, que je coulerai à fond, une curée étonnante qu'ont faite les Canadiens et les sauvages. Tout cela ne nie coûte que trente hommes tués ou blessés.

L'expédition n'en est pas moins utile, et n'en sera pas

moins brillante, à qui voudra entrer dans tout le détail

de mes opérations, et rendra justice à la valeur et à la

bonne volonté des troupes françoises. Je n'ai jamais

vu faire des coups de force pour le travail, aussi considérables et aussi gaiement. Ainsi, en vingt-quatre heures, faire un chemin de trois quarts de lieue à travers les bois, ouvrir la tranchée à cent toises, el avoir fait quatre-vingts toises de parallèle '. < !ette promptitude fait abandonner le fort Ontario avec frayeur ; de suite, tous mes soldats traînent à bras d'hoinous le cm m, et, sur vingt officiers et dix-sept cents miliciens cet exemple ne détermina que cent Canadiens et Montigny. Toute la nuit, mi travaille à uni- communication et à une batterie. Il n'y avoit au camp que les gardes du camp. Enfin le corps de M., de Rigaud, après douze heures de retard, sur L'ordre qu'il en avoit, passe au gué, au-dessus de moi, pour investir la place de l'autre côté. L'ennemi s'effraie, demande à capituler ; le canon venait de tuer les deux commandants. Actuellement, j'ai changé la position de mon camp, pour soutenir, à tout événement, mon déblaiement et ma démolition, dont M. de Bourlamaque est chargé, car l'ennemi marchoit au secours. J'avois enlevé les courriers et intercepté les lettres. S'ils ne s'étoient pas rendus ce jour-là, qui étoit le 14, ils avoient, le lendemain, vingl pièces en batterie (sic), el je faisois passer du côtédu forl George, pour former une nouvelle attaque, M. de l'Hôpital avec sou bataillon.

.1 apte avoir fini tout ss mes opérations le 24. J'ai

un vrai regret, mon cher chevalier, de ne vous avoir pas eu ; votre ordre de bataille est si bien que, si vous n'en avez point, je veux, au moins, que le ministre le lise. Bourlamaque s'est tirs bien conduit, et, pour vous le prouver, Bougainville ru convient, Je ne saurois trop me louer de mes aides de camp, de Lapause, de

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Malartic ; j'eusse succombé à la besogne sans eux, et Lapause est un homme divin, qui m'a bien soulagé.

Cela n'empêche pas que je ne sois excédé. Dites à votre camp que j'ai été très content de Messieurs de la colonie. Souvenez-vous 411e Mercier est un ignorant et un homme foible, Saint-Luc, un fanfaron et un bavard, Montigny, admirable, mais un pillard, Ligaeris, Villiers, Léry, bon-, Langy excellent, Marin brave, mais sot; tout le reste ne vaut pas la peine d'en parler, même mon premier lieutenant général Rigaud. Brûlez ma lettre. Aimez-moi toujours et souvenez- vous, ainsi que mon ami Fontbrune, que j'avois de la porcelaine.

Au reste, en quinze jours, je me suis couché trois fois, et je n'ai mangé qu'hier du bœuf qu'on m'a donné par charité, parce que je m'étois oublié, en eu faisant distribuer aux troupes, trente-deux, du lard et des pois, et pas un verre d'eau (de-vie), à personne. Roquemaure aura peut- qu'on ne me prenne pour un vilain.

A Montréal, le -7 août 1756.

J'arrivai hier au soir, mon cher chevalier, n'en pouvant plus, et voulant vous aller joindre, et vous mener ce qui vaut mieux que moi, Béam, qui ne fera pas plus de trois cent cinquante, la compagnie de grenadiers et un piquet de la Sarre. Guyenne suivra, faisaut environ quatre cent cinquante. Vous devriez avoir tout cela d'ici à six ou sept jours, si la sagesse de notre gouver-

nement avoit songé à des fours, a îles chemins et à des bateaux. Cependant j'espère, dussé-je vous les envoyer cent cinquante hommes à cent cinquante hommes sic I, pouvoir faire camper demain Béarn et la portion de la Sarre à la Prairie, le 29, accommoder les chemins, le 30 et -31 à Saint-Jean, et s'embarquer, Guyenne suivant deux jours après. Je veux, s'il m'est possible, partir mardi, 31. Ne quittez pas votre maison, car vous me nourrirez et je mettrai mon matelas avec Fonthrune, dans la grande nièce. Songez d'avance à des fours, à des vivres, à camper ces deux bataillons. Il ne faut pas s'embarrasser de l'ordre de bataille, ni déplacer ceux que vous avez. Voyez qu'ils trouvent de vos nouvelles et de vus ordres à Saint-Frédéric. Si, relativement aux vivres, el pour ne pas vous engorger, vmis vouliez qu'un bataillon s'y arrêtât, ordonnez-le. Si vous croyez un détachement nécessaire, de même. Ne comptez sur rien de plus, heureux, si vous avez le temps de recevoir ce renfort ; car 1rs ennemis, suivant mon calcul militaire, doivent vous attaquer d'ici au vingt septembre, ou jamais. Le restanl de la Sarre est encore à Niaouré, pour évacuer, et Béarn a cent quarante hommes en arrière, dont cinquante à demeure ; Guyenne en a environ soixante-dix, dont cinquante à demeure. Noliv ami, l'évêque, vient de donner le plus ridicule mandement du momie ; ma's gardez-vous bien de le dire, car c'est l'admiration du Canada '.

' Voirvol. Il des Mandements i< lEvêqtt i de Québec, p. [10. Le mandement de Mgr de Pontbriand, au contraire, es) très beau. Note dt VEditeur.

J'oubliois de vous dire que je crois que nous vous renforcerons de M. de Rigaud et de M. de Bourlamaque. Si vous avez quelque petit pot à part (sic), employez-y les cent hommes de la Sarre. Votre ordre de bataille est très bien. Si vous croyez avoir quelque nouvelle disposition à faire, vu l'augment ition des troupes, préparez-la d'avance. Si vous n'en avez point d'autre, incrustez vos augmentations dans votre ordre. En rendant compte de Chouaguen, vous n'êtes pas oublié sur ce que vous faites dans votre partie, et sur ce que vous êtes occupé au succès de la mienne.

Mille compliments à Fontbrune. Adieu, mon cher chevalier, aimez-moi autant que je vous aime, et je n'aurai rien à désirer.

MONTCALM

Il faut, à présent que vous allez avoir beaucoup de sauvages, faire traquer vos bois, et tenez-en, si vous pouvez, vers Saint-Frédéric.

Au fort Saint-Jean, le 5 septembre 1756.

Si M. de Fontbonne arrive avant moi, mon cher chevalier, il vous communiquera les ordres de M. le marquis de Vaudreuil, pour le renvoi des bateaux. Profitezen, maintenant qu'il y a une augmentation de troupes, pour déblayer malades, convalescents et malingres, il en

vaut mieux moins et meilleurs. Je ne voua ai point oublié dans mes relations aux ministres, et pour ce que vous avez très bien fait à Carillon, et pour la part que vous avez eue à notre expédition, en faisant une diversion par vos détachements et vos bons propos aux sauvages. Vous croyez bien que je suis éloquent, quand j'ai occasion de parler de quelqu'un que j'estime et que j'aime autant que vous. Mille amitiés à Font bru ne, au chevalier de Montrcuil, à Roquemaure, et à d'Hert, dont j'ai reçu des lettres, -'e remercie MM. de Lotbinière et de Lusignan de leurs compliments. Vous connoissez les tendres sentiments avec lesquels, etc., etc.,

MONTCALM

Autographe. — Voyez d'imaginer, mon cher chevalin', d'avance, sans dire mot, les moyen- d'aller donner un coup de paigne, sans se compromettre. Voua aurez quatre à cinq cents sauvages ; j'en ai quatre centa ici, et cela, .soutenu par un très groa détachement, par vous. Que l'envie de faire ne vous fasse paa saisir, avec trop d'avidité, mon idée; digérez-la bien.

Au fort Saint-Frédéric, le 26 octobre 1756.

Les foins de M. de Lotbinière sont finis, mon cher chevalier, Le 29 ; ainsi, voua pourrez envoyer, ce jour-là, les vingt-quatre hommes du va-et-vienl pour chercher deux mille bottes,

\V CHEVALIER DE LÊVIS 39

C'est à présent le bois nécessaire pour la garnison, objet intéressant. Ce détachement y sera employé; mais cela, ne suffira pas. Vous pourriez faire partir Béarn dès le 5, le faire séjourner deux ou trois jours au fort Saint-Frédéric, avec les Canadiens, qui conduiraient leurs bateaux pour y travailler. Vous-même, qui partez le 11, vous pourriez en user de même. Il faudrait à ce fort, pour son hiver, douze cents cordes de bois ; ils u'en ont que cent de faites, et peu de moyens pour le conduire. Chaque Canadien, qui bûche bien, fait une corde par jour. A Carillon, il en faudrait trois mille ; mais ils ont plus de ressources, surtout pour le charroi. Lisez la dernière lettre de M. le marquis de Vaudreuil, et vous verrez qu'il recommande fort cet article, qui est, à la vérité, de conséquence, si l'on veut éviter qu'il y ait des chevelures levées, cet hiver.

M. de Lusignan se rendra le 5 à Carillon ; il vous écrira d'avance, pour que vous lui envoyiez le bateau dont il aura besoin. Je lui ai remis, et à M. Sermet, une note de la quantité de troupes qui passeront ici, et du jour de leur passage; elles trouveront des vivres. Comme il faut que M. de Lusignan renvoie, à mesure que ces troupes défileront, les soldats et les habitants des trois gouvernements, il faudrait qu'il reçut, le 1er, les soldats qui lui sont destinés, pour compléter la garnison du fort Saint-Frédéric, quoique je n'aie pas déféré, ce matin, à la représentation de M. de Lotbiuière, sur ce que m'a dit M. de Lusignan, nonobstant l'ordre que je vous ai donné, et suivant l'usage constant, vous pourrez faire continuer aux Canadiens employés, la ration que l'on a coutume de leur donner, sous le nom de ration

d'habitant, c'est-à-dire, deux livres de pain, demi-livre de lard. A l'égard des soldats, comme je l'ai réglé, La ration de garnison ; seulement, s'il n'y a pas de puis, comme ils seront obligés de travailler et de ramer, voua pourriez leur faire donner, par forme de dédommagement, deux onces de lard de plus par jour, ce qui feroit six onces; je donne Le même ordre ici à M. Sermet.

Dites à MM. de Sabrevoix et de Beaujeu, qu'ils soient tranquilles sur les hommes qu'ils prétendent s'être glissés ; car M. d'Hert, que j'ai fait major-général de ma division, fera, demain matin, à cinq heures, l'appel et l'examen, à la distribution des vivres, et, s'il y a un seul homme, au delà des quatre-vingt-quatorze malades, des soixante-deux des Trois-Eivières, des six de M. de Contrecœur, et îles quatre soldats de M. Marin, il sera fort surpris de se voir consigné au fort Saint-Frédéric, jusques après mon départ, et condamné à bûcher du bois. Soyez-le aussi sur les bateaux qu'on m'a prêtés à Carillon, que je n'ai point envie d'amener, attendu que nous en avons cinquante-deux.

Si vous changiez quelque chose à la marche de vus troupes, avevtissez-en M. Sermet, commissaire à la place de M. Alnmin, à cause des vivres. M. Sermet. aura attention de faire passer à Carillon de quoi remplaci r le vide qu'il y aura dans les magasins de La Force, par la consommai ion,

MONTCALM

Je vous prie, mon cher chevalier, de redoubler vos attentions ordinaires pour les bâtiments civils, et, si v i mis imaginez quelques moyens i r accélérer le loge

ment de la garnison, vous le fassiez prendre. Quand même il ne faudrait faire que du provisionnel, qui occasionnerait une double dépense au Roi en le refaisant l'année prochaine, n'hésitez pas à donner un ordre à cet effet, motivé et clair, et d'en garder une' minute.

Si les temps devenoient fâcheux et que vous eussiez besoin d'ouvriers, rien ne vous empêche, si vous le jugez à propos, de repliei votre portage le 2, de faire camper Béara le 3, le faire venir à Carillon, où il nous est aisé de lui faire donner des barraques du régiment de la Reine, et de celles de la colonie, dont les Québecquois seront partis. Vous trouverez de la ressource et de l'activité dans le régiment.

J'ai beaucoup raisonné avec M. de Lusignan. Je lui ai donné un ordre pour recevoir vos instructions ; je lui ai donné les mêmes, même par écrit. Il me paraît qu'il connoît les choses possibles et dangereuses. Soyez au biscuit pour un mois. Sermet ira, avec M. de Lusignan, à Carillon. A l'égard delà Milletière, je ne décide rien sur son sort, c'est vous qui déciderez s'il doit rester ou suivre Languedoc, et qui donnerez, en conséquence, l'ordre à M. de Privât. Voici mes raisons : 1" Lisez l'article de M. de Vaudreuil à son égard ; 2° M. de Lusignan m'a paru très froid à cet égard ; il a fallu le presser, pour n'avoir pas une réponse, ni décisive, ni empressée. Je ne voudrais pas que la Milletière eût l'air de rester sans fonction, comme étant à charge ou inutile. Vous pouvez lui communiquer mon article ; il se tirera bien d'affaire, s'il est sage.

Au fort Saint-Jean, le 29 octobre 1756.

J'ai trouvé ici, mon cher chevalier, une très longue lettre de M. le marquis de Vaudreuil, en date du 20, pour m'apprendre les changements qu'il a faits dans les quartiers d'hiver de nos bataillons.

La Reine ira à la côte de Beaupré et à Beau port, près de Québec.

Il n'y aura personne dans le gouvernement des Trois- Rivières : mais la Sarre ira occuper les anciens quartiers du régiment de Guyenne, près de Montréal.

Languedoc vient en garnison à Montréal.

Béarn va reprendre ses anciens quartiers de Boucherville, Longueuil et la Prairie.

Tous ces régiments trouveront, ici, îles ordres pour ces changements, auxquels je déclare bien n'avoir aucune part. Aussi, Messieurs de Languedoc ne me doivent aucun remerciement, et Messieurs de Béarn, aucun reproche, et je ne sais s'ils en doivent à M. le marquis de Vaudreuil ; je crois qu'il a fail toul cela les yeux fermés. Heureusement que dans Béarn il a des amis, MM. de Barote el de Montgay, qui le justifieront. Je émis que Messieurs de Béarn, qui avoient droit à s'attendre à mieux, sont assez maltraités, non que

les quartiers qu'ils ont soient mauvais, mais parce qu'il est dur d'être les seuls à retourner dans les mêmes. .le dis donc quele régiment esl assez maltraité' pour que vous ne deviez pas y ajouter de les faire partir les derniers, ainsi qu< la devroit être naturellement.

Faites-les toujours partir le 5 ou le 6. Toutes les troupes qui descendent trouveront du pain pour deux jours à Saint-Jean ; celles qui vont dans le gouvernement de Québec, soit de la colonie, soit des troupes de terre, en trouveront à Cliambly ; au moins en ai-je prévenu le commandant du fort, ainsi que de faire trouver des hommes en deçà du rapide.

Mes complimeuents à Fontbrune.

MONTCALM

P. S. — Comme chacun a son petit protégé dans ce bas monde, je vous prie de faire partir, avec les premiers Montréalistes qui descendront avec Béarn, le nommé Baptiste de Lange dit La Fontaine, de la Prairie ; c'est mon protégé.

M. Saquespée, fils, a pensé périr, parce qu'un sac de dix livres de poudre, qui étoit dans la forge pendant qu'on battait un fer rouge, a pris feu. Tout le monde demande comment un sac de dix livres de poudre peut se trouver dans une forge, et je réponds : Parce que c'est en Canada.

Je vous conseille de donner vos ordres à M. de Malartic pour qu'il vous fasse trouver à Saint-Jean, en les faisant commander, les voitures et chevaux dont vous pourrez avoir besoin pour vous, pour Languedoc, pour M. de Sabrevoix. et les officiers de la colonie qui iront à Montréal.

A Montréal, le 14 juillet I7">7.

Courrier extraordinaire, mon cher chevalier, de Québec, pour noua apprendre l'entrée dans la rade de deux bâtiments de transport. Ils ont débarqué quatre cents tommes (dont on nous donne deux cents, acompte de nos trois cents ; j'ai écrit qu'on les fît passer de suite) dix-neuf canonnière, six officiers du corps royal, pour le corps de M. Mercier :

MM. de Montbeillard, capitaine.

d'Espinassy, "i

Duverny,

de Louvicourt, Lieutenants,

de Bois-La-Fosse, d'Ange ville.

Quatre lieutenants pour la Reine, qui remplacent MM. Dumesnil, La Grandville et Marron, nommés aux compagnies de remplacement en attendant le retour des capitaines prisonniers. En voici les noms : Le chevalier Péan.

De Hauteville.

Le chevalier de Hauteville.

Le chevidier Bouberte.

Nulle expédition, ni des bureaux de la guerre, ni de ceux de la marine. Voilà ^r-i mangeurs, mais point de vivres, Au dépari du courrier, on diaoil trois bâtiments en rivière. Ces deux bâtimenta sent venus, avec M. Du Luis de La M uthe, qui dui i être entré a Luiiisbourg

avec neuf vaisseaux de ligne, deux frégates, et le régiment de Berry, nue nous comptions en route pour les Indes. On écrit de Louisbourg, d'après des prisonniers, que les Anglois ont vingt vaisseaux de ligne, vingt frégates, quarante mille hommes à Halifax, et la peste. Nous apprenons que l'escadre, partie cet hiver pour la côte d'Afrique, s'est emparée du fort de Gambia, appartenant aux Anglois, sur la côte de Guinée.

Nombreuse promotion, dans la marine, de capitaines, lieutenants et enseignes. Rochechouart est le dernier des capitaines ; M. de Montcalm-Saint-Véran, mon cousin germain, au centre de la promotion ; Brugnon ne l'est pas encore, mais commande toujours sa Sirène. J'ai reçu force lettres, toutes pour me recommander M. de Montbeillard comme un habile homme. Le maréchal de Belle-Isle et M. de Mirepoix m'ont aussi écrit pour des protégés.

Compliments et communication des nouvelles à M. de Bourlamaque.

MONTCALM

Monsieur le général dit qu'il est inutile que les officiers-majors aillent d'avance pour arranger la colonie, que c'est l'ouvrage de vingt-quatre heures. Le petit Du Sablé sort enfin aujourd'hui.

46 LETTRES J » I t MARQUIS DE MONTCALM

A Montréal, le 5 juillet 1757.

C'est toujours un vrai plaisir pour moi, mou cher chevalier, de recevoir de vos nouvelles. Je voua fais mes remerciements de m'en avoir donné dès votre arrivée à Saint-Jean. Je vous souhaite nue bonne continuation de route, el j'espère toujours vou3 joindre le 17. Vous allez avoir beaucoup de sauvages avec Marin. Ils sont liés pniir, quand même il ternit un coup, attendre la fin de ma campagne. Mettez-les à profit. Un succès un peu considérable de leur part, éloignerait les découvreurs anglois, leur donnerait de L'audace, imprimerait de la terreur aux ennemis.

Mes compliments à MM. de Bourlamaque, Fontbrune et La Roche.

A Carillon, Le 20 juillet 1757.

L'estime particulière que j'ai, Monsieur, pour un aussi ancien officier que M. D'Alquier, m'avoit lui accéder avec plaisir au projet de le tirer avec honneur d'une besogne que ses forces ne lui permettent pas de remplir, en lui confiant une besogne honorable. J'avois liécette destination avec un projet que je lui ai communiqué, puni' snn bien et son avancement, Un zèle louable, à

certains égards, déplacé par d'autre, zèle, que je devrais, peut-être ne pas écouter pour son bien, lui fait désirer marcher, avec sa compagnie. J'y consens. S'il reste en chemin, c'est son affaire ; je n'ai rien à me reprocher, et j'ai assez bonne opinion de la compagnie de grenadiers, du régiment de Béarn et du lieutenant, pour être sûr qu'elle ira bien toute seule, si son capitaine ne peut la suivre, en attendant qu'un postiche l'ait rejoint. J'avois conseillé à M. D'Alquier de vous consulter ; il mel'avoit fait espérer, mais il me paraît pressé dans ses volontés, et moi, je le suis de lui accorder ce qui peut lui plaire ; j'ai cru, par rapport au vil' intérêt que vous prenez à lui, devoir vous eu donner avis.

A Carillon, le 20 juillet 17.")7.

Il nous est arrivé, hier, Monsieur, deux cents sauvages. Nos idées militaires sont au moins suspendues pour aujourd'hui, car nous faisons festin. Les cinq cents coups de fusil, entendus au fond de la baie, ne sont autres que les décharges de nos sauvages pour saluer le fort de Carillon.

La milice de Montréal est campée ici. Vous les aurez dans la journée et leur donnerez vos ordres, soit pour faire passer leurs bateaux, soit pour envoyer ces Messieurs à leur chef, M. de Eigaud. Vous nous ferez fournir par les miliciens les six infirmiers demandés à

l'ordre. Je vous ai envoyé quatre quarte de brai ; nous en avons un en réserve. On vous a envoyé, aussi, un quart de gomme ; faites employer et mén iger. Profitez de la belle journée. (Faites faire) l'état des canots et bateaux, afin de voir ceux que noua ferons passer de canots sautant ; en attendant, j'en fais raccommoder ici. Nous avons trente-cinq bœufs d'égarés. Nous avons des Canadiens et d'honnêtes sauvages après. Les bateaux de va-et-vient pourraient bien arriver ce soir,

et partir de suite.

Montcalm.

M. de Lapause, mon cher chevalier, vous communiquera, verbalement ou par des notes, le travail que j'ai fait, ce matin, avec M. de Bourlamaque, et vous nous aiderez, de votre côté, pour celui que je vous propose de faire, dont je vous serai très obligé.

A Carillon, Le 20 juillet 1757.

Voici la troisième lettre, mon cher chevalier, que je vous écris, parée que je le fais à mesure qu'il me vient quelques idées. Lapause vous parlera de diverses réflexions que j'ai faites avec lui, et vous priera, de ma part, de travailler à un plat, de votre ancien métier de maréchal des logis, .le compte, s'il vous convient, vous le donner. Cependant je lui en ai rien voulu dire sans savoir ce qui vous conv iendroit.

Montcalm.

M. de Lapause vous dira, mon cher chevalier, le résultat de ce qui s'est passé au conseil. Je vous prie, eu conséquence, de vous transporter au camp de M. de Rigaud, dans la journée de demain, pour régler avec lui les instructions à donner à ses officiers, les sauvages voulant aller par la côte du sud, celle du nord, et le lac, et recouuoître les îles, où ils ont jonglé qu'il y a du monde.

A Carillon, le 20 juillet 1757.

Rien de mieux, mon cher chevalier, que ce que vous m'écrivez. J'augure bien du bonheur qui a accompagné cette découverte. Comme nous n'avons pas intérêt qu'on nous fasse quelques prisonniers, je suis d'avis que nous retranchions nos découvertes par eau, à moins que nous les lassions avec beaucoup de canots d'écorce, et il n'y auroit pas grand mal, quand le bateau de M. Jacot se promènerait avec. Cela ne découvre rien qu'un désir de faire des découvertes. Mais il faut faire des patrouilles fortes par terre, en avant des camp- avancés. Vous aurez, demain, tous les sauvages. Je vais tenir un conseil avec les Poutéotamis que je déterminerai à aller au Portage faire la volonté de M. de Rigaud ; et par ce que l'interprète vient de me dire, ils sont déterminés à aller, demain, au Portage, à laisser partir les autres, et puis, à faire ce que l'on voudra, par petites ou grandes découvertes, au choix de leur père.

50 LETTRES DU MAKQUIS DE MuNÏCALM

A Carillon, 1" 22 juillet 1757.

M. le marquis de Vaudreuil vient de dépêcher un canot, poui porter des lettres de France. J'ai l'honneur de vous envoyer, mon cher chevalier, celles de votre camp, et vous prie de faire passera M., de Rigaud celles du sien, ainsi nue ta lettre de M. le marquis de Vaudreuil après que vous l'aurez lue. J'ai reçu une lettre de M. Trivio, qui commande le second et troisième bataillons de Berry, composés de neuf compagnies, de soixante hommes chacune, et qui arrivent dans le plus mauvais état dumonde. J'ai reçu, aussi, quelques lettres de France, qui ne contiennent, à la. vérité, rien d'intéressant; car je ne crois pas que vous soyez curieux que je vous envoie la situation du régiment de Montcalm, ni d'apprendre que Les places (?) se payent 26 sous à Bourg-en-Bresse.

MONTCALM

Je VOUS envoie des courtiers sailVageS, qui ont

demandé, eux-mêmes, à vous porter le- nouvelles. Ainsi vous lesterez boire un petit coup.

Mémoire pour M. le chevalier de Lévis.

J'ai prévenu M. de Bourlamaque, Messieiirs les commandants de bataillon et M. de Pouchot, de vouloir

bien s'adresser, en mon absence, à M. le chevalier de Lévis, pour tout ce qui concerne le service ; et il ordonnera tout ce qu'il croira le plus convenable.

Je dois le prévenir de l'état des quartiers d'hiver, tel qu'il a été arrêté avec M. le marquis de Vaudreuil. C'est à M. le chevalier de Lévis à faire passer dans le temps les ordres pour le mouvement des bataillons, pour celui des piquets, destinés à passer l'hiver à Carillon, et pour faire ramener, par ces piquets, le nombre de bateaux dont M. de Bourlamaque pourrait avoir besoin pour descendue

M, Martel, faisant fonction de commissaire ordonnateur à Montréal, s'est chargé de taire préparer les logements de ces bataillons, et prévenir les habitants sur la nourriture du soldat.

Lorsque les bataillons seront à portée de faire leurs mouvements, M. le chevalier de Lévis enverra les officiers-majors reconnoitre les quartiers, pour faire une répartition exacte des compagnies suivant leurs forces. M. le chevalier de Lévis voudra bien se conformer, pour les permissions à accorder à Messieurs les officiers, à ce que j'ai écrit à Messieurs les commandants de bataillon. Il étendra cependant, comme lion lui semblera, les grâces à cette occasion.

M. de Villars reste aux ordres de M. le chevalier de Lévis, et relèvera M. de Basserode dans le détail des malades et convalescents, dont il rendra compte à M. le chevalier de Li'vis. M. de Basserode lui remettra avant son départ les feuilles de ses distributions. M, le chevalier de Lévis fera partir le3 convalescents de la Reine, la Sarre, Languedoc et Guyenne, quand il le jugera à propos, soit pour les envoyer à leurs corps, soit pour envoyer ceux de la Reine et Languedoc à Québ se. 11 verra aussi de donner ses ordres, pour que les quatre bataillons camp''- à Saint-Jean et Chambly, envoient ici leurs malades. Si Languedoc et la Reine avoient des occasions de barques, il pourrait les envoyer à l'hôpital des Trois- Rivières, où il y a peu de malades, et où ils attendraient le passage de leurs bataillons.

Par les dernières barques, dans les premiers jouis de novembre, M. le chevalier de Lévis, en renvoyant le sieur Arnoux, pourrait envoyer t >us les inala les et convalescents qui resteraient de la Renie et de Languedoc. S'il en restoit un trop grand nombre qui ne pussent point s'en aller par les dernières barques, et qu'on fût obligé de garder ici tout l'hiver, M. le chevalin- de Lévis garderait un 3ergent, ou au moins un caporal de ces deux bataillons, suivant le nombre. Je préviens M. le chevalier de Lévis que le logement à faire pour les neuf, ou au moins huit compagnies de Béarn qui passeront l'hiver à Montréal, sera tout ce qui lui donnera plus de peine, à cause de la mauvaise

volonté du sieur de Monrepos, et d pi'il dira

toujours que tous les logements sonl occupés par des

AI" i HEVALIEE DE LÉVIS 53

officiers étrangers. Je fus obligé, l'année dernière, de les envoyer tous dehors pendant huit jours, et défendre aux bataillons de m'en envoyer, pour détruire les mensonges du sieur de Monrepos auprès de M. le marquis de Vaudreuil.

Je prierai Monsieur l'intendant de vouloir bien, comme l'année dernière, accorder deux logements affectés à chacun des bataillons de la Sarre, Royal-Roussillon et Guyenne, et comme ces logements se payent, je le prie d'en faire gratifier d'un les demoiselles sans quartier, (sic) et, pour les obliger entièrement le donner au régiment de Royal-Roussillon.

Fait à Montréal, le 9 septembre 1757.

P. S. — M. de Bernard, capitaine au régiment de Béarn, reste ici aux ordres de M. le chevalier de Lévis qui l'emploiera à avoir soin des recrues de Royal-Roussillon et Béarn, qui j'enverrai de Québec, soit qu'on les garde dans la ville de Montréal ou qu'on les envoie dans les quartiers voisins.

Je joins à ce mémoire une copie des dispositions de l'ordonnance que M. le marquis de Vaudreuil m'a promis de faire rendre incessamment, et du ban que j'ai ordonné qu'on publiât à la tête de chaque bataillon à cette occasion.

54 LETTRES DU MABQUlS DE MONTCALM

A Québec, le Il septembre 17.57.

Nous niions nous (mu ver, Monsieur, dans les circonstances les plus critiques par lu défaut de vivres.

Nous manquons de pain cette année ; les moyens que l'on va. prendre pour y suppléer nous feront manquer de viande la prochaine. Quelques difficultés que les troupes qui sont dans les côtes, éprouvent pour vivre chez l'habitant, leurs soldats seront encore moins à plaindre que ceux qui seront en garnison dans les villes. Les temps vont être plus durs, à certains égards, qu'à Prague, -le suis, en même temps, persuadé que ce va être le beau moment de gloire pour les troupes de terre, sûr d'avance qu'elles se prêteront à tout avec le meilleur ton, et que nous n'entendrons aucunes plaintes ni jérémiades sur la rareté des vivres puisqu'il n'y a aucun remède. Aussi nous allons donner l'exemple île la frugalité nécessaire par le retranchement des tables el de la dépense, et qu'au lieu de se piquer de bonne chair, de dépense el de régaler, comme l'ait l'officier françois accoutumé à penser avec autant de noblesse .pie de générosité, celui qui vivra, si j'ose le dire, le plus mesquinement, et qui par la consommera le moins, donnera les marques les plus sûn-s .le son amour pour la patrie, pour le service du Roi, et sera digne des plus grands éloges.

Le régiment de la Reine que j'avois cm bien traiter i n lui donnant la \ Elle de Québec, éprouvera, ainsi que

celui de Béarn, que le séjour des villes n'est pas à désirer. Accoutumé à se prêter à tout, et en ayant déjà donné des preuves à Prague, je n'attends pas moins d'eux dans les circonstances dont je vais vous informer.

On espère que les habitants nourriront les bataillons qui seront dans les côtes ; ainsi il n'y a rien à prescrire à cet égard, que d'exhorter le soldat à se contenter du genre de nourriture de son habitant. Pour dans les villes, à commencer du V novembre, suivant ce qui vient d'être arrêtéaprès un examen du peu de ressources que nous avons dans le pays, la ration du soldat sera de :

Une demi-livre de pain 1

tt i. j rPar jour.

Un quarteron de pois y °

Six livres bœuf frais )

-,-. .. Mtour huit jours.

Deux livres morue I l

Et il est à craindre que nous ne puissions soutenir ce taux, et qu'on ne soit obligé, avec le temps, de donner un peu de cheval. On ne donnera point de lard actuellement, parce que cette ressource ne peut manquer, que les bœufs sont actuellement, dans le temps de l'année, où ils sont les meilleurs et rendent le plus.

M. le marquis de Vaudreuil et Monsieur l'intendant, avec qui nous sommes convenus de ce que j'ai l'honneur de vous écrire, envoient les ordres à cet effet ; le munitionnaire général en écrit à M. Pénisseault, je vous prie de vouloir bien y faire conformer les troupes.

Les habitants de Québec et les Acadiens plus à plaindre seront réduits au quarteron.

Si après l'établissement de Béarn, vous pensez, Monsieur, utile pour les compagnies qui seront en ville,

de leur faire donner quelque argent sur leur .solde pour les aider à acheter quelques légumes, conférez-en avec MM. U'Alquier et de Malartic, et vous pourriez ordonner pour le mieux, l'eut-être que ce que je propose est inutile, parée que, avec de l'argent, ils ne trouveraient pas même à acheter. Je n'ai pas besoin de vous faire sentir la nécessité qu'il y ait des officiers aux distributions, et qu'ils inspirent, dans cette occasiou qui est forcée, un bon ton à nos soldats. Je vous prie de faire part de ma lettre aux commandants de nos six bataillons.

MONTCALM

P. S. — le viens, Monsieur, de parler à Monsieur l'intendant, au sujet des officiers qui seront dans les quartiers et qui ne sauroienl j trouver du pain avec de l'argent. Monsieur l'intendanl va envoyer des ordres, pour que les capitaines de la côte donnent à chaque officier, qui ne pourra trouver de pain chez son hôte ou ailleurs, cinquante livres de farine pour ceux qui ont un domestique à nourrir, et cela par chaque mois, et poui ceux qui n'ont point de domestique trente livres. Vous savez, Monsieur, que cinquante livres de farine l'ont an moins soixante livres de pain. Cette farine aéra payée par l'officier, à la vérité, 'l'ai oublie' de demander commenl ; mais M. Martel qui recevra, sans doute, les ordres de Monsieur l'intendant à ce1 égard, r.ar le même courrier, pourra vous en instruire. Prévenez Messieurs les officiers que rien n'étant si rare en Canada que la farine, l'on seroil fâché que ceux qui n'ont joint de

valet à nourrir, prissent les cinquante livres, de même que ceux qui viendront habiter à demeure Montréal ou Québec. Il est d'autant plus nécessaire de prévenir Messieurs les officiers sur cet article, qu'ils regarderaient comme indifférent de faire de fausses consommations.

Je vous renouvelle, Monsieur, les assurances de mon attachement inviolable.

MONTCALM

Je n'ai pu comprendre M. Le Goulon dans la nomination de cette année, ayant préféré tous ceux qui ont plus servi que lui, et le neveu de Mme de Sorbes. A une antre fournée.

A Québec, le 1"> septembre 1757.

Je ne suis arrivé que d'hier au soir, mon cher chevalier ; je n'ai encore vu personne. De vous à moi, et ne me citez pas : tout le monde fait ici caca dans ses culottes pour Louisbourg ; pour moi, qui ne suis pas naturellement peureux, j'attendrai tranquillement les événements. Par les lettres de l'Isle-Royale du 20, il paraît que la flotte angioise se prépare à attaquer la nôtre, ou pour faire une descente. Vous aurez vu par les gazettes que Monsieur l'évêque a envoyées à M. le marquis de Vaudreuil, que le Eoi destinoit le comman-

dément à M. le duc de Mirepoix d'une armée de quarante mille hommes pour la Franconie.

MONTCALM

Mes compliments à Fontbrune et à La Rochebeaiicour,

à qui je n'écris pas.

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