ENTRETIEN DU BOT
Le Rot. — Ma bonne maman, pourquoy ne m'avezvous pas laissé entre les mains de monsieur le duc de Beaufort, comme mon papa l'avôit fait en mourant?
La Reyne. — Mon fils, c'est que je ne l'aimois pas comme monsieur le cardinal Mazarin.
Le Roy. — Ma bonne maman , pourquoy ne vous estesvous pas servie de monsieur l'évesque de Beauvais?
La Reyne. — Mon fils, parce qu'il est trop homme de bien; il n'auroit pas fait ce que j J au rois voulu» comme fait monsieur le cardinal Mazarin.
Le Roy. — Ma bonne maman, pourquoy avez-vous chassé monsieur le duc de Vendosme et fait emprisonner monsieur de Beaufort ?
La Reyne. — Mon fils, parce qu'ils sont trop gens d'honneur pour suivre les conseils de monsieur le cardinal Mazarin.
Le Roy, — Ma bonne maman, pourquoy vous servezvous plustost de monsieur le cardinal Mazarin que d'un autre?
La Reyne. — Mon fils, parce que je l'aime et qu'il fait tout ce que je veux.
Le Roy. — Ma bonne maman , pourquoy l'avez-vous laissé loger dans mon palais, si près de vous?
La Reyne. — Mon fils, pour le voir quand je veux, et plus commodément.
Le Roy. — Ma bonne maman, pourquoy luy permettezvous d'avoir des gardes qui portent des armes dans mon palais ?
La Rkyne. — Mon fils, pour la seureté-de sa personne, sans laquelle je ne puis vivre.
Le Roy. — Ma bonne maman, pourquoy a-t-on chassé et fait mourir tant de présidons et conseillers du parlement de Paris ?