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La Milleraye et à madame de Gombalet en dépost, sous prétexte de prest qu'ils vous ont fait; et pour le manque de rostre table , c'est pour faire croire au peuple que c'estoit la faute des Messieurs du parlement de Paris.
Le Roy. — Ma bonne maman , pourquoy ne fait-on point la paix P
La Retne. — Mon fils, c'est que monsieur le cardinal Mazarin ne le trouve pas à propos, car il dit' qu'il ne seroit plus respecté ny honoré comme il est.
Le Roy. — Ma bonne maman , pourquoy mon cousin le duc de Longueville n'a-t-il pas signé la paix, puisque l'on l'avoit envoyé pour cela ?
La Reyne. — Mon fils, c'a esté monsieur le cardinal Mazarin qui l'a fait empescher par M. Servien, afin de pouvoir faire mieux nos affaires et de pouvoir marier ses niepces plus hautement.
Le Roy. — Ma bonne maman , dites-moy qui est mon* sieur le cardinal Mazarin , puisqu'il fait ce qu'il luy plaist de mon royaume ?
La Reyne. — Mon fils , c'est vostre gouverneur, le premier ministre de vostre Estât; est-ce pas assez pour faire de vostre royaume ce qu'il luy plaist ?
Le Roy. — Ma bonne maman, pourquoy vous fiezvous tant à luy puisqu'il a trompé le Pape , abusé l'Empereur et trahy le Roy d'Espagne, vostre frère ?
La Reyne. — Mon fils, c'est un tesmoignage de son bon esprit; maïs ne vous en mettez pas en peine, car monsieur le prince de Gondé m'en a respondu.
Le Roy. — Ma bonne maman, pourquoy m'a-t-on fait lever si matin pour m'emmener de Paris le jour des Roys?
La Reyne. — Mon fils, pour surprendre tout le monde et pour affamer la ville de Paris.