‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 3)Chapitre 3 sur 23 · C'est une grosse erreur · texte numérisé non relu

C'est une grosse erreur

pourraient réparer leurs pertes et s'y refaire une situation avec peu de travail et peu de peine.

En ce qui regarde Télevage du bétail chez les Souklaves [Sakalaves], on est obligé de reconnaître qu'ils n'ont pas leurs pareils et qu'on ne trouverait pas mieux ailleurs. Parlons d'abord des bœufs, dont la viande forme leur principale nourriture et qu'ils mangent sans riz, sans pain, sans mil. Un bœuf ordinaire pèse de 7 à 800 livres, quelquefois même i 000; la plupart ont au commencement du dos une bosse pesant de 40 à 50 livres. Leur chair est entrecoupée de filets de graisse, et elle a un goût délicat et agréable, qui est sûrement dû aux incomparables pâturages dont nous avons parlé plus haut et où, dans la saison des pluies, l'herbe, qui est tendre et parfumée, atteint souvent la moitié de la hauteur d'un homme et même plus; le bétail y disparaît presque complètement.

Les vaches donnent une assez grande quantité de lait qu'ils emploient en majeure partie pour engraisser les femmes et les rendre dodues et potelées. Ils ne l'utilisent pas pour faire du beurre ou du fromage, pour lesquels, du reste, ils éprouvent du dégoût, malgré leurs habitudes de saleté et de paresse. Lorsque les Hollandais voulurent leur en faire goûter, ils mirent le nez dessus et, après avoir flairé, dirent qu'il puait horriblement.

On trouve aussi sur la côte Ouest de Madagascar un grand nombre de belles chèvres et de moutons qui, comme le gros bétail, sont excellents à manger.

Autant que nous le sachions, il n'y a ni chevaux, ni ânes, qui seraient pourtant fort utiles et dont ces populations tireraient un bon service, car les indigènes portent eux-mêmes, au prix de grandes fatigues et en quantités limitées, les marchandises qu'il s'agit de transporter d'un endroit à un autre : la cause en est tout d'abord aux chemins en forêt qui sont fort étroits,

flottes qui abordaient constamment à cette île, mais les indigènes de celle région finirent par surprendre le fort dont ils massacrèrent la garnison.

Plus lard, le roi Louis XIII donna celte île en propriété au cardinal de Richelieu et au maréchal de la Meilleraye, bien que les Français n'y possédassent pas encore un seul pied carré de terre. Il y vint quelques troupes sous le commandement de Flacourt, qui fonda sur la côle, en 1644, dans le pays d'Anosy un forl appelé Dauphin en même temps qu'une colonie. Ces Français parcoururent la plupart des pays voisins, mais bientôt ils se prirent de querelle avec les indigènes et il s'ensuivit une guerre sanglante, où plus des trois quarts d'entre eux et des Européens venus avec eux, surpris par trahison, furent massacrés, de sorte que les survivants, pour échapper à une mort certaine, s'enfuirent à l'île Maskarenhas [Ile Bourbon].

Non seulement, les indigènes les empêchaient de se livrer à la culture de leurs champs, mais ils les tuaient à coups de flèches, dès qu'ils se risquaient à sortir du fort, où ils étaient pour ainsi dire emprisonnes. Ils les poursuivaient alors à travers champs et bois comme des hèles fauves, les forçant quelquefois pour leur échapper à grimper sur les arbres, de sorte que ces pauvres gens, d'après le témoignage de Flacourt qui a écrit une Histoire de Madagascar, durent quitter le pays sans avoir jamais pu tuer aucun de ces barbares, qui, tout en ayant juré de garder la paix, la rompaient à tout instant à leur gré.

Les Hollandais, en se rendant aux Indes Orientales, ont parfois atterri à Madagascar; lors de leur premier voyage dans l'Océan Indien, ils y ont môme fait d'étranges rencontres. Dans la suite, il y est venu, de tenips à autre, quelques-uns de leurs navires pour aciieter des esclaves dans la baie de Maningaar [Mananara (Bombétoke)j.

Pour montrer à combien d'accidents et de dangers sont exposés ceux qui viennent trafiquer avec les Malgaches, il suffit de rappeler le cas du traitant Jan Nieuhoff, homme bien connu par ses voyages au long cours. Parti avec le navire c De Pijl » [La Flèche] à la fin de Tannée 1671 pour accomplir un second voyage aux Indes et notamment pour faire le trafic à Madagascar, aux îles Majotze [Mayotte (Comores)] et à la côte de Mozambique, il aborda à divers ports de la côte Nord-Ouest de Madagascar, sans trouver nulle part ce qu'il cherchait; remontant davantage vers le Nord, il atterrit, au commencement du mois d'octobre 1672 *, dans la baie d'Antagoa [baie d'Ampasindava], appelée par quelques-uns baie des Assassins. Il descendit à terre avec quelques matelots dans le but de faire du commerce, mais l'embarcation qui Tavait emmené ne revint plus et, après quelques jours d'attente, le capitaine du < Pijl » mit à la voile pour le Cap de Bonne-Espérance sans s'informer, ainsi que c'eût été son devoir, si Nieuhoff et ses compagnons avaient été massacrés ou s'ils étaient prisonniers et s'il n'était pas possible de les délivrer moyennant une honnête rançon.

La Compagnie des Indes avait si à cœur le sort de ce brave homme qu'au début de l'année 1676, elle envoya du Cap le yacht t Voorhout » [L'Avant-garde] pour s'enquérir de ce qu'il en était advenu. x\yant atterri dans cette baie, le capitaine de ce yacht y acheta quelques esclaves et alla voir le roi qui prit des airs étonnés, prétendant ne rien savoir de cette affaire, de sorte qu'il n'est pas douteux que ce pauvre Nieuhoff a été mis à mort par ces méchants sauvages avec ses compagnons.

Quand notre Compagnie des Indes Orientales possédait encore l'île Maurice, on envoya de cette île à Maçalena Nova [Boina]

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