‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 4)Chapitre 30 sur 102 · Ou peut-être Tsirisanina · texte numérisé non relu

Ou peut-être Tsirisanina

2. Caucbe écrit Diamangay (Relation de Madagascar, 1651, p. 36).

3. « Le roi s'appelle dans leur langue Fyllo et la reine Fyllon » [Filohany, litt. : celui ou celle qui est à la tête] (Journal de Frank van der Does, de Jonghe, 11, 318;.

compagnie du Wehing pour la baie d'Àntongil où les deux navires arrivèrent le 27 juin.

Les Hollandais que Yan der Meersch y avait laissés à son premier voyage, avaient acheté soixante esclaves dont six s'étaient enfuis et trois étaient morts. Leur habitation n'était pas suffisamment grande, car elle ne pouvait loger tout au plus qu'une douzaine de personnes, et, jusqu'à la venue des navires, le surplus des esclaves devait être confié à des Malgaches, en qui on en pouvait pas avoir une grande confiance, car, lorsqu'on les avisa d'avoir à amener leurs prisonniers à Yan der Meersch, il en manqua quinze et ce n'est que lorsque les Hollandais, s'étant emparés de plusieurs notables, menacèrent de les emmener à bord, qu'ils en ramenèrent onze. Les notables furent alors relâchés.

Yan der Meersch apprit à ses dépens qu'il n'était pas le seul à venir acheter des esclaves dans la baie d'Antongil. Il y avait, en effet» sur la côte occidentale de Madagascar un roi, le plus puissant de toute l'Ile, qui s'appelait Ronetans ou Ronstanes [Orontany?] et auquel les Portugais s'adressaient pour avoir des esclaves. Ce roi, qui était très redouté, envoyait en effet ses chefs « lucoronghs » [loholonaï] parcourir le pays avec cent ou deux cents soldats et échanger soit des bœufs, soit des étoffes portugaises contre des esclaves, si bien qu'il accaparait presque tous ceux du Nord de l'Ile. Yan der Meersch vit dans le village de Fil déni mange [Filohany Andriamanga?] un de ces « lucoronghs » [loholonal] qui avait avec lui cent vingt hommes et deux cents bœufs et auquel ce chef vendit de nombreux esclaves ; il regretta beaucoup que les instructions qu'il avait reçues ne lui laissassent pas la liberté de faire sur ces intrus une « belle » décharge de mousqueterie, qui « leur aurait certainement fait une bonne impression et enlevé à ce « lucorongh » [loholonal]

l'envie de revenir ». Mais il dut se contenter de le menacer d emmener ses gens en esclavage, s'il les retrouvait jamais sut sa route; ceux-ci eurent peur et quittèrent de suite le village, mais ils revinrent après son départ. Il reprocha à Déni mange [Andriamanga?] de vendre des esclaves à d'autres qu'à la Cornpagaie hollandaise des Indes ; ce chef lui fit observer qu'il ne pouvait guère refuser des esclaves aux étrangers qui le venaient voir, mais qu'il ne s'opposait nullement à ce qu'il les massacrât et que, dans ce cas, il ne ferait de commerce qu'avec lui. Le domaine de ce Denimange [Andriamanga?] était situé dans l'intérieur; comme Filo bucon [Filohany Bikana?], qui était le chef de la côte, promettait tout le temps de partir en guerre pour aller chercher des esclaves, mais ne bougeait pas, Denimange [Andriamanga] demanda aux Hollandais de l'aider à le chasser; Van der Meersch, peu convaincu qu'il lui tiendrait compte de ce service, s'y refusa.

Il trouvait du reste que les habitants de la baie d'Antongil étaient des brutes, car ils mettaient à mort tous les enfants nés an mercredi, un samedi ou un dimanche. C'est à cause de ces mœurs abominables que nos ancêtres ont perdu tout sentiment d'humanité à l'égard de certains peuples qu'ils ont mis hors la loi. Van der Meersch avait très bien compris que les Malgaches préféraient les bœufs de Ronetans [Orontany?] ou les étoffes portugaises à ses marchandises; il constata même que le bétail était de beaucoup le meilleur article de troc, car, en ce qui concerne les étoffes, ils savent en fabriquer avec l'écorce d'un certain arbre [le rafla], dont il envoya un échantillon à Batavia, en même temps que quelques étoffes portugaises qu'il eut beaucoup de peine à se procurer. Il conseillait aux administrateurs de la Compagnie d'en faire faire de pareilles, que certainement les Malgaches achèteraient « en les y forçant un peu ».

Les Hollandais ne purent rien faire du corail que leur avait apporté le Witte Valk, et ils durent envoyer à Batavia un échantillon de la sorte qui convenait; le cuivre jaune dont ils avaient une provision n'était pas non plus très recherché, mais ils pouvaient acheter des esclaves avec des anneaux ou bracelets de cuivre fondu, à raison de 1 esclave pour 10 anneaux.

Van der Me erse h, jugeant qu'il y aurait beaucoup d'avantages à construire un fort dans la baie d'Antongil, rédigea un rapport dans lequel il expliqua que la construction de ce fort ne serait pas très dispendieuse, car il s'en chargerait lui-même, ayant des notions en mathématiques et dans l'art des fortifications, et les navires, qui viennent dans cette baie sur lest, pourraient apporter de Maurice presque sans frais les matériaux nécessaires, que d'ailleurs le fort Frederik Hendrik pourrait parfaitement céder quatre petits canons en fer et qu'on bâtirait dans l'intérieur un vaste logis pour les esclaves.

Ce rapport partit le 19 août 1646 à bord du Jonghe Saijer, qui arriva à Batavia le 12 octobre. Van der Meersch, dans une lettre jointe à ce rapport, demandait avec insistance qu'on lui envoyât quatre ou cinq arquebuses destinées à servir dans l'intérieur de Madagascar où l'usage des mousquets n'était pas, disait-il, pratique ; il priait même qu'on lui en ajoutât deux autres pour lui personnellement.

Le traitant Hendrik Vellhuijsen fut laissé à terre avec quelques hommes, et le commandant partit à bord du Welsing pour la baie de Sainte-Luce [Manafiafy] le même jour où le Jonghe Saijer mettait à la voile pour Java; il y arriva le 28, et constata qu'il n'y avait rien à faire pour lui. A cause du climat qui y est particulièrement malsain, les Français avaient transporté leur établissement à Tolongaer [Taolankarana, le Fort-Dauphin actuel], à douze [quinze] milles plus au sud. Van der Meersch

envoya deux de ses gens avec cinq noirs [Malgaches) pour épier ce qui se passait dans la colonie française, car quelques Malgaches lui avaient dit qu'une rébellion y avait éclaté. Ils revinrent le 4 septembre avec plusieurs Français qui racontèrent que la paix était faite depuis l'arrivée en août du Saint-Laurent qui venait de France.

Ce même jour, le Welsing leva l'ancre et alla mouiller sur la rade du Tolongaer [Taolankarana ou Fort-Dauphin]. Le commandant français, qu'on appelait général [Pronisj, raconta à Van der Meersch qu'après le départ du Royal en décembre 1648 !, ses gens l'avaient attaqué et mis aux fers pendant plus de six mois'; quand le Saint-Laurent est arrivé, il y avait deux ans

i. Flacourt dit que le Royal est parti de Fort-Dauphin en janvier 1646 arec une cargaison d'ébène, de cire et de peaux de bœufs, emmenant Foucquembourg (/fût. Madag., 1658, p. 200).

2. Les Français se sont en effet saisis de leur chef Pronis le 15 février 1646 et l'ont tenu aux fers jusqu'à l'arrivée du Saint-Laurent (commandé par Roger du Bourg), le 26 juillet. On fit alors la paix. Voici ce que dit Flacourt dans son Histoire de Madagascar, 1658, pp. 209-210 : « Pendant ce temps [en 1646] arriva à l'anse Dauphine un petit navire de cent tonneaux de Tile Maurice, dans lequel était le gouverneur de ladite île, nommé Vandremester [Van der Meersch J, pour les Seigneurs de la Compagnie d'Est-Inde d'Hollande. Le sieur Vandremester [Van der Meersch] vint à terre visiter le sieur Pronis, auquel il demanda des esclaves à acheter, lequel d'abord en fit refus; mais enfin, importuné par ledit sieur Vandremester [Van der Meersch] et incité par le capitaine du Bourg [nouvellement arrivé avec le navire Saint-Laurent], il lui en livra cinquante et le Bourg vingt-trois, qu'il prit de la sorte. C'étaient tous nègres qui servaient à l'habitation et d'autres qui venaient innocemment y apporter de petites denrées à vendre. Après que les nègres et les négresses furent retournés du travail, le sieur Pronis leur fit dire qu'ils vinssent à la boucherie quérir de la viande; et ainsi il en fit enfermer une quarantaine, qu'il fit attacher deux à deux et qu'il expédia au navire. Les autres se mirent à fuir. U envoya épier par les chemins pour surprendre hommes et femmes et les ût enlever jusqu'à ce que le Hollandais dit qu'il en avait assez. Ce qui a été cause que, depuis ce temps-là, il ne se trouva aucun nègre Malgache] en l'habitation tant qu'il y eut un navire mouillé à L'ancre, et que les nègres, du pays [Malgaches] eurent en haine dès ce jour-là les Français, attribuant la faute du chef sur tous. C'est en ceci que Pronis

qu'aucun navire n'était venu de France et que par conséquent on manquait de tout. Les mutins avaient formé le projet de faire un pacte avec un des rois de l'intérieur pour l'aider à faire la guerre à quelqu'un de ses voisins et tâcher de sauver leur vie qui était en péril. L'arrivée du Saint-Laurent n'avait pas complètement empêché l'exécution de ce projet, car trentehuit hommes, armés chacun d'un fusil et d'un pistolet, étaient quand même partis, et, lorsqu'ils avaient besoin de quelque chose, ils se postaient auprès du puits de la colonie et extorquaient du général [Pronis] tout ce qu'ils voulaient.

Yan der Meersch constata que le commerce y était à peu près nul. On n'y trouvait déjà plus d'ébène et, pour se procurer des bœufs, il fallait envoyer loin dans l'intérieur des troupes d'une

s'oublia beaucoup de son devoir. D'autre côté, la crainte qu'il avait du capitaine le Bourg, s'il ne satisfaisait à son avarice, l'obligea à ce faire... et cependant il n'ignorait pas les conséquences et le préjudice que cela apporterait aux affaires de la Compagnie en ce pays; ainsi que Dian Hamah [Andrian-dRamaka] m'a depuis bien su faire reproche, avec menaces de s'en ressentir contre moi et contre les Français, disant que parmi ces esclaves il y avait seize fils de Lohavohitsa (chefs libres) et que c'était une signalée perfidie contre de pauvres gens qui servaient le sieur Pronis, que de les avoir ainsi vilainement vendus pour être transportés en mer, hors de leur pays, sans jamais avoir espérance d'y retourner. Il est vrai que les pauvres nègres et négresses [Malgaches] sont morts pour la plupart avant d'arriver à Maurice, et, le reste y étant débarqué, s'est enfui dans la montagne où ils vivent en sauvages ». — Rochon ( Voyages à Madagascar, à Maroc et aux Indes Orientales, 1801-1802, pp. 48-49) dit de son côté : « Pronis était un homme sans talent et sans industrie. L'oisiveté dans laquelle il vivait, ainsi que les Français qui étaient avec lui, plongea la colonie dans les plus grands désordres. L'esprit de révolte succéda à la licence, et ceux qui devaient à leur chef obéissance lui donnèrent des fers. Sa captivité dura six mois. Pronis, à peine tiré de sa prison par un vaisseau [le Saint-Laurent] qui était venu lui apporter les approvisionnements dont il avait le plus pressant besoin, se rendit coupable d'un nouveau forfait, en vendant publiquement à Van der Mester [Van der Meersch], gouverneur de Maurice, les infortunés Malgaches qui étaient au service de rétablissement; ce qui mit le comble à l'indignation des insulaires, c'est qu'il se trouva parmi ces esclaves seize femmes de la caste des Lohavohitsa [libres] ».

cinquantaine de Français avec une centaine de noirs [Malgaches]. Les frais dépassaient certainement les bénéfices.

On lui dit qu'il y avait dans l'Ile Sainte-Marie quatorze Français chargés d'y cultiver du tabac, mais que, personne n'y étant allé depuis onze mois, on ignorait si les indigènes ne les avaient pas massacrés.

Les Français avaient aussi poussé jusqu'à la baie de Saint- Augustin où, lui dirent-ils, ils avaient trouvé les Anglais en guerre avec les habitants du pays. Ces Anglais ne pouvaient sortir qu'en troupe nombreuse et il parait que, de part et d'autre, on ne faisait nul quartier; ce sont du reste eux qui en souffraient le plus, et ils étaient même eu danger de mourir de faim, car après la faillite du chef de la colonie, William Courteen % il y avait peu de chances qu'on vint à leur secours. De la comparaison entre les divers établissements européens à Madagascar, Yan der Meersch conclut que c'étaient les Hollandais qui étaient en meilleure posture.

Il acheta quelques esclaves au général français [Pronis] et partit le 25 septembre. Il mouilla sur rade de Maurice le il octobre 1646 (Lettres de Yan der Meersch et du gouverneur des Indes, conservées i la Haye dans les Rijks Archief, fonds Mauritius, et D* R. Heeringa, De Nederlanders op Mauritius en Madagascar, De Tndische Gids, Juli 1895, pp. 1017-1025.)

RELACHE DU NAVIRE LE NIEUDELF DANS LA BAIE DE SAINT-AUGUSTIN, en 1646.

[Parti de Delft le 9 mai 1646 pour les Indes orientales, où il arriva le 12 septembre 1647], le Nieudelf aperçut enfin le

1. Van der Meersch a eu connaissance de cet événement par le capitaine du Greyhound, qui séjourna en rade de Maurice du 10 octobre 1646 au 10 avril 1647 (Dr R. Heeringa, De Indische Gids, Juli 1895, p. 1020 et 1025.)

27 octobre 1646, après une longue et pénible traversée, l'île de Madagasker [Madagascar], Il faisait un magnifique clair de lune, et nous avons jugé, vers dix heures, que nous n'en étions pas à plus de deux milles; à ce moment, le vent se mit à souffler de terre, et nous avons longé la côte. Le navire tira un coup de canon pour prévenir la chaloupe qui était à l'entrée de la baie [de Saint-Augustin], devant laquelle notre navire s'était trouvé la nuit précédente, mais il avait dérivé vers le nord ; quant à la chaloupe, surprise par une très forte bourrasque, elle avait été ballottée en tout sens et poussée par le vent du large vers le récif qui s'étend, à la pointe Nord de la baie, à plus d'un mille du rivage; nous avons couru les plus grands dangers, d'autant qu'il nous était impossible de nous servir des voiles, mais heureusement, vers huit heures, la tempête se calma et nous sommes arrivés à bord du navire vers minuit, ce dont nos compagnons furent extrêmement étonnés, car ils ne pensaient pas nous revoir jamais ; du reste, nous n'étions pas moins étonnés qu'eux d'avoir échappé à une semblable trombe.

Le lendemain, nous avons mené le navire dans le port, et, conformément aux ordres qu'on nous donna, nous sommes partis pour chercher la rivière; l'ayant trouvée, nous avons cueilli sur ses bords des tamarins. Le jour suivant, le vent soufflant du large, le navire est venu mouiller à l'embouchure de la rivière ; on a descendu à terre ceux des malades qui en avaient encore le courage et on a établi des tentes, qu'on a entourées de planches pour les mettre à l'abri d'un coup de main des indigènes et aussi pour trafiquer plus sûrement avec eux. Mais dès que les Malgaches eurent reçu quelques cadeaux, quoiqu'ils eussent promis en échange d'amener quelques bœufs, ils se sau vèrent dans l'intérieur avec leurs familles et leur bétail, et il n'y eut moyen de rien obtenir d'eux.

Nous avons campé à Saint-Augustin pendant quelques jours, et nous avons eu la plus grande peine du monde à nous procurer une cinquantaine de barriques d'eau; pour les malades, nous ne trouvâmes rien d'autre que des tamarins.

On demanda aux hommes de l'équipage s'ils voulaient continuer à rester dans cette baie et y attendre qu'il plût à Dieu de nous envoyer du secours; [on décida de se remettre en route]. On ramena donc les malades à bord avec beaucoup de peine et, le lendemain de bonne heure, on leva l'ancre et on mit à la voile en profitant du vent de terre. Les malades disaient qu'ils aimaient mieux mourir sur le navire et être jetés à la mer que d'être enterrés sur cette côte, où, la nuit, des chiens affamés et des bètes fauves viennent déterrer les morts qui servent aussi de nourriture aux oiseaux. C'était arrivé plusieurs fois déjà avec des cadavres que nous avions mis en terre et qui, déterrés par les animaux, empestaient à tel point l'air qu'il n'était que temps de s'en aller.

L'ancre était levée et le sloop était sur le point d'être hissé à bord lorsque nous vîmes deux pirogues se diriger vers les montagnes, derrière lesquelles les indigènes croyaient que nous avions laissé des marchandises. Nos gens demandèrent qu'on leur permit d'aller avec le sloop leur donner la chasse; on ne leur en accorda la permission qu'après avoir longtemps hésité. Les hommes les plus vigoureux montèrent dans le sloop et s'emparèrent d'une de ces pirogues qu'ils ramenèrent avec une femme, un jeune homme et un esclave qui étaient dedans.

On décida alors de rester le lendemain. Pendant toute la nuit, les indigènes entretinrent de grands feux dans la forêt; comprenant ce qu'ils voulaient, nous leur rendîmes d'abord la femme en échange de laquelle ils nous donnèrent douze bœufs; puis nous renvoyâmes les deux autres prisonniers pour lesquels

nous eûmes cinq bœufs et six moutons; nous avons payé le tout et commercé amicalement avec les indigènes.

Le 15 novembre, nous avons levé l'ancre, heureux de quitter cet abominable cimetière. Depuis le jour où nous fûmes en vue de Madagascar jusqu'à notre départ de la baie Saint-Augustin, nous avions perdu 45 morts, la plupart par la soif et le scorbut. (Extract ofte Cortverhael vant schip « Nieudelf », beschreven door D. van Lier, p. 3 (recto et verso) [Extrait ou courte relation du voyage du navire « Nieudelf ». Comment Dieu ta éprouvé par la mort de 170 personnes, ainsi quon pourra s'en rendre compte en lisant cette brochure, et ce qui lui arriva en outre pendant la traversée. Armé par la Chambre de Delft Van 1646, parti le 9 mai pour les Indes Orientales et arrivé le 12 septembre 1647 à Batavia. Écrit par van Lier, assistant sur ce navire. — Imprimé Tan 1648].

VOYAGE À MADAGASCAR DE REINIER POR, en 1646-1617.

Au mois de novembre 1646, un mois environ après l'arrivée du Welsing qui venait de la baie de Tolongaer [Taolakarana ou Fort-Dauphin] avec le gouverneur de Maurice Van der Meersch, mouilla en rade de Maurice le Zeemeuw, parti de Batavia le 5 octobre et apportant l'ordre de cesser le commerce des esclaves à Madagascar et de renvoyer le Welsing & Java. Ce fut pour Van der Meersch un grand désappointement, mais il dut obéir.

Donc, le 13 décembre, le sous-chef de traite, Reinier Por, partit avec le Zeemeuw pour aller chercher les Hollandais que Van der Meersch avait laissés dans la baie d'Antongil; il rentra à Maurice le 19 janvier, ramenant le personnel de ce poste et apportant un last [2 tonnes] de7 riz et sept esclaves. Il avait recueilli à bord un marin du navire anglais le Ruth, qui avait fait un voyage pénible.

Le Ruth est un navire de la Compagnie anglaise des Indes orientales, qui avait passé un an et demi sur les côtes de Madagascar et de Mozambique sans y rien faire ; après avoir été à la baie de Saint-Augustin, il avait hiverné à Mozambique et était ensuite revenu à la côte Ouest de Madagascar. Le capitaine, croyant sur le dire des indigènes qu'il y avait de& Anglais dans la baie d'Antongil, chargea cinq de ses matelots de leur porter une lettre en traversant toute l'Ile, tandis qu'il ferait voile vers Tlnde. De ces cinq hommes, un seul, celui recueilli par le Zeemeuw, avait échappé à la mort et fut envoyé à Batavia à bord du Salm (Lettres du gouverneur de Maurice et du gouverneur général des Indes hollandaises, conservées à la Haye dans le Rijks Archief, fonds Mauritius, et Dr K. Heeringa, De Nederlanders op Mauritius en Madagascar, De Indische Gidsy Juli

DESCRIPTION DE MADAGASCAR PAR RUBERTO DUDLEO », 1646.

Dans l'île de Saint-Laurent, nommée jadis Madagascar, il se fait un grand commerce de dents d'éléphants \ de riz, de miel, de cire et de coton. Les fruits et la viande y abondent et sont bon marché. On s'y ravitaille facilement, surtout dans la baie d'Antongil, où l'on fait de l'eau et où l'on se procure des vivres.

Il y a dans cette Ile beaucoup de gingembre et de girofliers sauvages, en outre des produits déjà indiqués,

Les serpents y sont très venimeux et dangereux*. On y trouve aussi divers métaux, mais ni or, ni argent.

Voici quelques mots de la langue qui est la plus répandue

1. Ruberto Dudleo ou Robert Dudley est le fils naturel d'un lord Dudley; s'étant converti au catholicisme et ayant de ce fait perdu ses biens, il s'établit à Florence où il a publié son Atlas.

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