Voir plus haut, pp. i
explications à ce sujet, il n'aurait su que répondre et aurait porté la peine de sa mauvaise conduite et rendu plus évidentes les raisons pour lesquelles il parle avec rage de ses maîtres qu'il devrait au contraire honorer. S'il existe un très grand et très lucratif commerce de gemmes et de diamants entre l'Inde et la Perse, il est certain qu'il n'y a aucune raison pour que les colons de l'île Saint-Laurent en puissent jamais tirer profit
En terminant ce chapitre, Boothby déclare que la Compagnie des Indes éprouve des torts considérables du fait d'agents incapables. Certainement, le mauvais exemple qu'il a lui-même donné par sa négligence, lorsqu'il avait, à ce qu'il prétend, une situation importante, peut très bien avoir exercé une influence fâcheuse sur la conduite des autres employés. A en juger par ses actes, il était très probablement alors, comme il est sûrement aujourd'hui, son factum le prouve, un adversaire acharné du système cependant fort bon que suit la Compagnie, s'inspirant non pas de la gloire de Dieu et de l'intérêt public, mais de son intérêt personnel et de son désir de tirer vengeance de dommages imaginaires qu'il prétend avoir éprouvés.
11° Dans le chapitre X, Boothby dit que la prise d'Ormouz a ?ait perdre aux portugais des revenus de douane importants, dont les Anglais, qui ont pris cette place et qui l'ont follement abandonnée aux Persans, auraient pu profiter. — Boothby perd souvent de vue son projet de colonisation à Madagascar et bourre son livre de. maintes descriptions et études qui n'ont aucun rapport avec cette île. Peut-être croit-il à la transmigration et s'imagine-t-il que les richesses et la gloire de l'antique Ormouz sont passées dans la pauvre Ile de Madagascar. II est certain que les Portugais en perdant Ormouz ont beaucoup perdu, mais j'ai peine à croire que le produit des douanes y atteignît annuellement le chiffre de 260 000 livres sterling [6 millions et demi
de francs]; toutefois, plus la proie était riche, plus l'exploit a été difficile et glorieux, et l'auteur rend ainsi involontairement hommage à ses maîtres qui ont mené à bien une entreprise aussi difficile, où ils n'ont pas craint de hasarder tant de navires avec leur cargaison. Les hommes qui sont arrivés à organiser notre commerce avec la Perse et l'Inde, malgré l'opposition des Portugais, et qui ont osé exposer dans ce but tant de navires, doivent-ils être mis de côté pour que d'autres, qui pendant ce temps n'ont rien fait et qui, si de nouvelles difficultés venaient à surgir, disparaîtraient certainement, s'attribuent les bénéfices aujourd'hui que tout est calme?
Il n'est pas douteux que, si la justice avait à se prononcer, ce ne lui serait pas facile. En ce qui concerne l'abandon d'Ormouz par les Anglais au profit des Persans, les conditions ont été des plus honorables ; il a été, en effet, entendu que les Anglais auraient le monopole du commerce en Perse, avec la franchise douanière pour eux, et qu'ils percevraient la moitié des droits de douane payés par les autres nations pour les marchandises qu'elles introduiraient dans le golfe Persique. Or, on ne peut pas imputer à la Compagnie l'erreur des commandants de navires, si tant est qu'il y ait eu erreur, et, par conséquent, la longue histoire que raconte Boothby sur Ormouz ne saurait en aucune manière porter atteinte à sa réputation. Boothby, du reste, qui était sur les lieux, aurait pu donner son opinion; il y avait, en outre, aux Indes nombre de gens raisonnables et capables de jugements sensés et réfléchis. On doit donc conclure que l'arrangement n'a pas alors encouru la réprobation de Boothby ni celle des autres personnes et que, s'il l'invoque aujourd'hui, c'est uniquement pour chercher querelle à la Compagnie des Indes Orientales.
Boothby remarque ensuite que les Portugais ont toujours
choisi, pour y établir leurs entrepôts, les meilleurs endroits des pays exotiques, là où il y avait le plus de chances de faire un important et riche commerce. Dans ces conditions, je m'étonne qu'ils n'aient pas songé à l'île de Madagascar ; puisqu'ils ont été les premiers à explorer l'Océan Indien et s'y sont établis longtemps ayant les Anglais, il leur aurait été facile, aussi bien du reste qu'à n'importe quelle autre nation chrétienne, de réussir dans cette entreprise, s'ils l'eussent voulu, mais ils avaient un jugement trop sain pour se laisser aller à des fantaisies et fonder une colonie la où ils ne voyaient aucune chance de succès. 42° Les chapitres XI et XII du pamphlet de Boothby font
HONNEUR À LA COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES, QUI EST PARVENUE À TRIOMPHER D'ADVERSAIRES PUISSANTS, MAIS L* AUTEUR CRITIQUE SA MANIÈRE DE FAIRE LE COMMERCE, QU'lL JUGE NUISIBLE A SES COMPATRIOTES PARCE QUE, AU LIEU D'EXPORTER DES MARCHANDISES ANGLAISES, ELLE ENVOIE
en Orient de grandes quantités d'or et d'argent. — Un homme sensé peut-il croire que la Compagnie des Indes Orientales, dont sinon tous, au moins la plupart des membres, comme je l'ai déjà dit, sont des commerçants avisés, et dont deux ont exercé dans l'Inde les fonctions de < présidents », ne sache pas ce qui convient le mieux à ses intérêts? Doit-elle exporter des marchandises anglaises, dont elle ne trouvera pas la vente en Orient, dans l'unique but d'enrichir ses compatriotes et sans souci de s'appauvrir? Peut-être y a-t-il dans cette Compagnie quelques sociétaires aussi avares que M. Boothby est méchant ; s'il s'était rendu compte que, suivant le proverbe, < à chacun son métier », il aurait fait une chose fort raisonnable. La manière dont les intérêts commerciaux de la Compagnie dans l'Inde ont été gérés, a été longtemps l'objet d'éloges et ce n'est que récemment, lorsque la paix a été rétablie partout, que les les critiques sont venues. Depuis lors, les causes de décourage-
ment ont été si fortes et si nombreuses qu'elles ont rebuté beaucoup de commerçants qui, autrement, auraient persévéré dans une carrière aussi glorieuse; on peut dire que c'est la paix qui a causé la ruine de cet opulent commerce. Je dois avouer que mon peu d'expérience ne m'autorise pas à donner des conseils, et je sais que mes écrits ont besoin d'être soumis au contrôle de personnes plus instruites que moi.
13° Dans le chapitre XIII, Boothby accuse les tribunaux d'injustice. Il croit que, si l'on accordait à tout le monde la liberté de commercer, il y aurait beaucoup de personnes entreprenantes
QUI S'EMPRESSERAIENT D'EXPLORER TOUS LES PAYS OU l'on PEUT AVOIR QUELQUE ESPOIR DE nÉALISER DE GROS BÉNÉFICES, ET IL PROPOSE AUX
usuriers un nouveau moyen de s'enrichir. — Les méchantes attaques de Boothby contre le Comité de la Compagnie des Indes sont, i mon avis, tout & fait injustes, car, si les membres de ce comité étaient assez négligents pour laisser échapper les occasions et moyens de réaliser des gains, il n'est point douteux que d'autres personnes qui font partie de cette même société, quoique n'étant pas du Comité, les rappelleraient à leur devoir.
Boothby décrit, d'après les renseignements du capitaine Wills, le riche commerce qu'on fait en Chine, ainsi que celui qu'on fait de Surate h Mocho [Moka] dans la Mer Rouge. Tout le monde sait que la Compagnie a envoyé autrefois et envoie encore maintenant chaque année des navires dans ces localités, et, si elle y trouve son avantage, elle continuera. Boothby calomnie donc la Compagnie quand il prétend qu'elle néglige les commerces en question et, à ce titre, il mérite d'être blâmé.
Mais c'est l'île de Madagascar qui est le but de tous ses désirs et qui, à l'en croire, deviendrait un nouvel Ormouz sous le rapport de la prospérité et des richesses, si des hommes sages et avisés, qui, j'aime à l'espérer, se riront de ses dires, en
avaient la direction. Car la cause unique de la prospérité d'Ormouz était la vente des nombreuses marchandises que les commerçants d'Ispahan et de nombreuses autres villes y apportaient chaque année de tous les points du continent asiatique et qu'ils échangeaient contre de grosses sommes d'argent qu'ils emportaient dans leurs pays à dos de chameaux.
Si Boothby peut nous prouver que la situation de l'île de Madagascar est comparable à celle d'Ormouz et que les commerçants de l'Asie y peuvent venir trafiquer aussi facilement, s'il peut nous démontrer que ses habitants, indigènes ou colons, achèteront pour leur compte les énormes quantités de marchandises qui se vendaient autrefois à Ormouz, il aura bien mérité de nous tous, à la condition qu'il n'avance que des faits absolument vrais.
Boothby réclame avec insistance la liberté du commerce pour tous. II ne faut pas avoir une intelligence bien grande pour se rendre compte que, si Ton organisait un semblable état de choses, le commerce si glorieux et si lucratif qu'on fait actuellement avec l'Inde n'aurait plus dans quelques années aucune valeur, car les gains ne prennent pas leur source dans l'apport des marchandises et leur échange avec des individus quelconques; ils sont dus à ce qu'il existe des comptoirs installés jusque fort loin, aux lieux mêmes de production, où par conséquent les marchandises peuvent se vendre et s'acheter aux prix les plus avantageux. Les denrées qu'on tire de l'intérieur de ces pays coûtent sur les côtes de l'Inde, j'en ai la certitude, plus du double de leur prix dans leurs pays d'origine. Des traitants isolés, ne songeant qu'à leurs intérêts particuliers, ne pourraient que difficilement entretenir des agents dans les localités convenables. En outre, si la Compagnie des Indes abandonnait tout, renonçant au commerce et laissant à chacun la liberté de
tenter la chance, que deviendraient la moitié des revenus des douanes de Perse, auxquels la Compagnie a droit, et toutes les autres prérogatives qu'elle possède là-bas, tels que la franchise de douane dont elle jouit? Car des particuliers ne pourront naturellement pas revendiquer pour eux les privilèges qu'elle a obtenus à si grands frais. Je crois bien qu'aucun autre Anglais que les agents et les serviteurs de notre honorable Compagnie des Indes Orientales ne peut obtenir la franchise dans ces ports ; or, si le commerce était libre, il en résulterait certainement de la défaveur et du discrédit pour tous les trafiquants qui n'auraient pas droit aux privilèges que l'on considérait autrefois comme l'apanage de tous les Anglais quand ils faisaient le commerce sous la direction unique de l'honorable Compagnie des Indes.
De plus, les Maures ou commerçants de l'Inde, qui sont des gens rusés et âpres au gain, tâcheront dans la mesure de leurs forces de causer du tort et de faire des affronts aux Anglais qui, de leur côté, useront certainement de représailles; or, si des violences sont commises, ces commerçants indiens se vengeront, à leur tour, sur les premiers traitants anglais qui viendront dans leur pays; et, du premier jour où le commerce sera libre jusqu'au dernier qui ne tardera pas à venir, ce ne seront que querelles et batailles, de sorte que les Anglais seront réduits à être aussi humbles qu'ils ont été jusqu'ici dignes et énergiques, lorsqu'ils exécutaient le programme de la Compagnie.
Je n'ai pas besoin d'aller bien loin pour trouver une preuve de ce que j'écris. En effet, une partie de la cargaison du capitaine Edouard Thompson n'a-t-elle pas été saisie jusqu'à concurrence de 5000 livres sterling [125 000 fr.] pour donner satisfaction, ce qui n'était qu'un prétexte, aux créanciers de M. Cour-
teen, et pourtant cette cargaison n'appartenait pas à M. Courteen, mais bien à M. Maurice Thompson et à la Compagnie? et la cargaison n'est-elle pas, en ce moment même encore, retenue au grand détriment des intéressés? Il n'est pas douteux que le plus souvent on fera payer les actes blâmables d autrui à des innocents.
Mais il ne peut en être ainsi lorsque le commerce est entre les mains d'administrateurs responsables, car, que les torts soient d'un côté ou d'un autre, ce sont les directeurs généraux qui sont les juges et qui contraignent les auteurs des dommages adonner satisfaction aux victimes innocentes. Je reconnais tout ce qu'il y a de présomption de ma part à formuler mon modeste avis dans une affaire de cette importance, mais j'ai l'intime conviction que ce que je dis est exact, quoique d'autres, plus aptes et mieux initiés au commerce de l'Inde, puissent produire des arguments plus forts et plus solides contre la liberté du commerce en Orient, qui, dans ce cas, ne tarderait certainement pas à être anéanti et à disparaître en même temps que notre réputation, au grand détriment de l'intérêt général.
En ce qui concerne le nouveau moyen que Boothby propose pour enrichir les usuriers, en leur faisant fonder une banque dans l'Inde et prêter leur argent aux païens, je dois dire que ce pays possède un grand nombre d'indigènes qui font ce métier, et du reste, lors même que ce ne serait pas le cas, une idée aussi saugrenue ne peut entrer dans la tète d'un homme sensé; il ne faut pas croire en effet que les usuriers, malgré les sentiments qu'ils peuvent nourrir dans leur cœur à l'égard des païens, s'aventureront aussi loin avec leur avoir et qu'ils iront prêter leur argent à des idolâtres à la grâce de Dieu, tandis que dans leur pays ils ne se hasardent à le prêter à des chrétiens que sur de bonnes garanties.
14° Dans le chapitre XÏV, Boothby dit que le commerce dans
LA RADE DE SwALLOW, QUE FRÉQUENTENT TANT DE NAVIRES, EST AVAN- TAGEUX, ET QU'IL Y A LIEU D'ENCOURAGER LES JEUNES COMMERÇANTS À Y ALLER, MAIS QUE LES PERSONNES DÉSIREUSES DE FAIRE FORTUNE DOIVENT
aller à Madagascar. — En ce qui concerne le commerce dans la rade de Swallow [dans le golfe de Cambaye, dans l'Inde], j'y al vu en effet des navires indiens chargés de toutes sortes de marchandises dont les Banians trafiquent avec les marins européens, mais seulement avec ceux qui, étant sur cette rade pour longtemps, ne peuvent faire de meilleurs marchés, car les objets qu'ils leur' achètent leur coûtent plus du double de ce qu'ils les paieraient s'ils pouvaient les avoir de la première main. Personne, ayant le temps et pouvant aller dans l'intérieur du pays, ne voudra faire d'achats en cet endroit, et, par conséquent, le commerce dans cette baie ne peut donner des bénéfices assez considérables pour qu'on encourage les jeunes commerçants à y aller, à moins que l'honorable Compagnie des Indes ne consente à leur venir en aide. Si ces jeunes commerçants ont une bonne réputation et une conduite convenable, ils pourront certainement obtenir du crédit, mais non, j'en suis sûr, sans avoir à payer un fort intérêt aux prêteurs.
Le moyen que Boothby propose pour attirer des colons à Madagascar est le même qui a été pratiqué en Virginie : la concession d'une certaine étendue de terre à fixer suivant la qualité des demandeurs. Ceux qui s'imaginent qu'il est aussi facile d'aller à Madagascar que d'aller en Virginie trouveront peutêtre ce moyen bon ; mais, quand ils en auront fait l'expérience, ils verront qu'il en est tout autrement. Car ceux qui partiront à leur compte auront à faire une dépense beaucoup plus grande pour leur transport et pour celui de leurs serviteurs et paieront un fret beaucoup plus cher, sans quoi les armateurs des navires
qui effectueraient ces transports ne s'en tireraient pas. 11 s'agit aussi de savoir si la promesse faite ici de donner là-bas du terrain à quelqu'un pourra être tenue; mais, en supposant même que chacun reçoive sa part, tout ce que peuvent espérer les colons, c'est d'avoir leur nourriture, et rien de plus, car j'ose affirmer que, même en admettant qu'ils trouvent là-bas des vivres en abondance, ils n'y vivront pas à aussi bon marché qu'en Angleterre.
Boothby désire que les ministres du culte s'emploient dans leurs paroisses à recruter des colons pour Madagascar, en invoquant la gloire de Dieu et la perspective de la conversion au christianisme d'une foule de pauvres êtres ignorants. Je m'étonne fort qu'il ait émis une semblable idée ; car les prédications peuvent-elles servir à glorifier Dieu, si leur seul objet est de pousser à leur ruine les gens pauvres et d'esprit simple? Une semblable manière de faire n'aboutirait pas à la conversion d'âmes ignorantes des beautés du christianisme, mais seulement à la perte de ceux qui se hasarderaient dans une semblable entreprise. C'est pourquoi je retourne contre son auteur les textes de l'Ecriture qu'il cite à ce propos :
L'homme instruit comprend beaucoup de choses, et celui qui a une grande expérience peut parler sagement. — Celui qui na pas d'expérience connaît peu de choses, mais celui qui voyage est plein de science. — En voyageant de côté et d% autre, f ai vu beaucoup de choses et souvent f ai été en danger de mort, etc. (Ecclésiaste, chap. 34, versets 9, 10, H el 12). — QxCai-je fait? Et quelle en est la cause? (Sam., 17, 29).
lo° Dans son chapitre XV, afin d'encourager nos compatriotes a coloniser Madagascar, Boothby rappelle les luttes mémorables des Anglais contre les sauvages habitants de la Virginie et celles des Espagnols contre une nation d'Amérique civilisée, ainsi que
CONTRE LES BRÉSILIENS ET LES INDIENS QUI SONT PUISSANTS ET BELLI- QUEUX. — Grâce à leur courage, les Anglais ont conquis la Virginie dont les habitants étaient des ennemis redoutables et, grâce aussi à des secours venus d'Angleterre, les colons ont finalement triomphé de leurs adversaires et sont aujourd'hui en pleine prospérité. Il en a été de même pour les Portugais et les Espagnols dans des entreprises analogues. Mais ceux qui iront dans l'île Saint-Laurent auront affaire à des indigènes pleins de ruses et habitués i user d'une foule d'artifices. Ces sauvages, ainsi que l'expérience Ta montré, ont toujours la bouche pleine de belles paroles et prononcent d'éloquents discours où ils n'hésitent pas à faire les promesses les plus magnifiques, si bien que l'on se laisse ensorceler et qu'on leur donne créance tandis qu'en secret ils cherchent à faire aux nouveaux venus tout le mal possible. Je consens à ce qu'on me coupe le cou, s'ils se comportent loyalement avec des Européens pendant seulement six mois. Les colons auront beau être pleins de courage, ils n'en périront pas moins de misère, et, si Dieu daigne prolonger leur existence jusqu'à ce qu'ils reçoivent des provisions et des secours qui leur permettent de gagner une terre plus clémente, ils connaîtront alors qu'à Madagascar il n'y a rien à espérer de bon et d'heureux et qu'il n'y a qu'à quitter cette île pour toujours.
16° Dans son chapitre XVï, après avoir raconté que le squire courteen a eu le noble dessein de coloniser madagascar, boothby dit qu'il a eu beaucoup à se plaindre des cours de justice de la Compagnie des Indes qui montrent de la partialité, de l'injustice et de l'ingratitude envers les fidèles et loyaux agents et servi- TEURS de la Compagnie, tandis qu'on accorde des faveurs singulières À DES MERCENAIRES DÉBAUCHÉS. Il AJOUTE QU'À MADAGASCAR IL Y A UN PRODUIT NATUREL D'UNE GRANDE VALEUR. ENFIN IL LOUE L'ESPRIT
D* INITIATIVE DU PRINCE RlJPERT QUI A PENSÉ A COLONISER MADAGASCAR ET DU COMTE d'ÀRUNDEL QUI A EU L'iNTENTION DE MENER CETTE ENTRE- PRISE À bonne fin, en son lieu et place. — L'écuyer Courteen a précisément conçu le projet de coloniser Madagascar à cause des informations fausses et mensongères de quelques Anglais, particulièrement du chirurgien Hamond, qui a composé à l'éloge de cette tle un traité semblable à celui auquel je réponds. Plût au ciel que ce livre, qui prodigue à Madagascar des louanges absurdes, n'eût jamais été écrit et que je ne l'eusse jamais connu !
Quant à l'écuyer Courteen, je l'aurai toujours en grande estime, car il a été mon digne maître, et, du fond du cœur, je déplore qu'un homme aussi bon et aussi parfait ait été trompé par les mensonges des personnes qui ont préconisé la colonisation de Madagascar. Si je ne lui adresse aucun blâme, il ne faut pas qu'on croie que c'est parce que j'ai fait fortune pendant qu'il s'est ruiné, car mon avoir a disparu avec le sien, et, tandis que sa ruine n'a été que partielle, la mienne a été complète.
En ce qui touche la colonisation de l'île de Saint-Laurent, je dois avouer que j'ai autrefois cru fermement à la véracité des gens qui vantaient cette île pour ses richesses naturelles et sa fertilité; mais j'ai vu de mes yeux qu'il n'en est rien. Aussi quiconque, disposé à se rendre à Madagascar, renoncera à son projet après avoir lu ce livre, aura de bonnes raisons de m'être reconnaissant, et, si nonobstant il persiste dans son dessein, le regret qu'il aura plus tard de ne m'avoir point écouté, confirmera la vérité de mes assertions.
Boothby a beau se plaindre méchamment des actes des Cours de justice de la Compagnie des Indes; il ne parviendra pas à persuader au monde que leurs jugements sont sans appel. Il aurait tout aussi bien pu calomnier la justice du royaume d'Angleterre tout entière ! Les jugements de ces Cours sont soumis aux
tribunaux supérieurs, tout comme les agents qu'emploient la Compagnie sont justiciables d'elles. Si on lit avec soin tout le livre de Boothby, on remarquera qu'il ne dit du bien que de fort peu de personnes ou même d'aucune; il est vrai que je crois que, par compensation, peu de personnes ont du bien à dire de lui. Quant aux faveurs que ces tribunaux accordent aux employés soi-disant débauchés de la Compagnie, l'auteur a certainement tort et ceux qu'il attaque ont raison, car il suffît de réfléchir un instant pour voir que son assertion est fausse. Quel est le maître qui donnerait ses faveurs à des gens indignes et qui tolérerait de gaieté de cœur la débauche? Je suis sûr que les membres de la Compagnie des Indes Orientales ne se sont jamais rendus et ne se rendront jamais coupables d'une pareille folie.
La pourpre de mer, comme l'appelle Boothby, qui d'après lui se trouve à Madagascar et à laquelle il attribue une très grande valeur, ne mérite pas, j'ose l'affirmer, qu'on y attache la moindre importance. Car j'ai souvent visité l'endroit qu'il mentionne et je n'y ai jamais pu voir autre chose que des méduses. C'est certainement quelque animal de ce genre qui l'a induit en erreur.
Ayant parlé en commençant des projets du prince Rupert et du comte d'Arundel, je n'ai pas à y revenir ici.
17° Dans son chapitre XVII, Boothby dit que les Chinois ont
FAIT USAGE DE CANONS ET DE l/lMPRlMERlE LONGTEMPS AVANT LES CHRÉ- TIENS, ET IL PROCLAME QU'lL EST UTILE DE RENDRE GLOIRE À DlEU EN COLONISANT MADAGASCAR, COMME DU RESTE DANS TOUTE ENTREPRISE. —
Boothby mentionne les inventions qu'ont connues les Chinois longtemps avant les Européens; je suppose qu'il a eu connaissance de ces faits par les récits d'autrui et non par son expérience personnelle, puisque, suivant ses propires paroles, il n'a jamais été dans les mers du Sud et que c'est là seulement que
l'on trouve des Chinois en grand nombre. Il affirme cependant avoir vu des pièces de théâtre chinoises qui avaient pour thèmes des histoires de l'Ancien Testament. La chose est-elle vraie? est-elle fausse? peu nous importe, car quel rapport y a-t-il entre ces antiques inventions et les trésors qui sont, d'après lui, cachés à Madagascar.
Il proclame que la colonisation de Madagascar sera toute à la gloire de Dieu et que dans cette île on pourra mieux servir le Seigneur qu'en Angleterre. Il y a lieu de considérer, à ce sujet, que Dieu ne veut pas qu'un seul mensonge soit proféré en son nom; or cette entreprise ne peut en rien être utile à la conversion de ces païens.
M. Hamond a parlé de Madagascar avant Boothby et il a donné de nombreux détails sur cette tle; il eût mieux et plus utilement occupé son temps en faisant son métier de chirurgien. Cependant, dans son factum, M. Boothby en parle comme d'un homme honnête et habile, ce qui peut être vrai en ce qui touche à sa profession, mais je ne puis- toutefois avoir de considération pour celui qui fait son éloge et qui a le pire des défauts, celui de persévérer dans le mal. Si tous deux avaient été avec nous à Saint-Augustin, je crois bien que nos compagnons, qui mouraient de faim et étaient naturellement furieux, les auraient mis en pièces. Je ne serais pas surpris qu'ils aient été tous deux payés pour ruiner, au profit d'autres personnes, la fortune et la vie d'une foule de gens.
Pourtant, leur rhétorique n'a pas une valeur bien grande. M. Boothby, après s'être complu à vanter la situation et la fertilité du pays, couronne son factum en parlant à tort et à raison de l'Inde, de la Perse, de la Mer Rouge, etc., et il cite une foule de riches royaumes dont, suivant lui, les habitants apporteraient leurs marchandises à Madagascar pour la plus grande satisfacur. 17
tion des colons; il signale aussi Ormouz comme le pays par excellence.
À ses yeux, Madagascar est l'île la plus riche du monde, tandis qu'une expérience lamentable a prouvé qu'il n'y a pas de pays plus misérable et que nulle part ailleurs on ne trouve des habitants plus inconstants, plus fourbes et plus dénués de tout bon sentiment. J'y ai fait plusieurs voyages et j'ai pu apprécier leur traîtrise. Quoique j'eusse la dysenterie, il m'a fallu, sous peine de mourir de faim, coucher sur la terre nue au détriment de ma santé pendant plus de trente nuits consécutives, et, pendant tout ce temps, je n'ai vu qu'un pays désolé et misérable. Dans sa grande bonté, Dieu m'a protégé, tandis que tant d'autres, plus méritants, ont fini leurs jours sur cette terre étrangère; que son saint nom soit donc à jamais glorifié pour sa miséricorde à mon égard, miséricorde qu'il ne m'a sans doute accordée que pour que je puisse mettre les autres en garde contre des entreprises aussi téméraires et aussi inconsidérées! Je ne pouvais, sans manquer au respect que je me dois à moi-même, garder le silence efil était de mon devoir de tâcher de dissuader mes compatriotes de s'exposer aux misères qui frapperont tous ceux qui s'aventureront à Madagascar, misères dont j'ai eu moimême à souffrir plus que je ne saurais le dire.
L'honorable Compagnie des Indes Orientales m'a rapatrié en juillet dernier, et je l'en remercie humblement. Si elle n'avait pas daigné avoir cette bonté, j'aurais dû me mettre en quête d'un pays plus fertile que Madagascar, dont Dieu écarte tous les honnêtes gens qui sont à la recherche d'une position! Ainsi soit-il !
ILE D'ASSADA [ILE DE NOSY BÉ], PRÉS DE MADAGASCAR, PAR LE LIEUT.-COL. ROBERT HUNT, GOUVERNEUR D'ASSADA K
Description succincte, et pourtant impartiale et complète, de la position, de la fertilité et des habitants de cette lie, avec ^indication pour les colons riches ou pauvres des meilleurs moyens d'y écouler leur pacotille à leur avantage et d'augmenter leur fortune en peu de temps :
Mercatura, si tenuis, sordida, si magna, splendidaT Qu&renda pecunia primum.
Exposé des causes et des raisons gui ont décidé le lieutenant-colonel Robert H uni à entreprendre le voyage de Madagascar et établir une colonie dans Vile dite d'As soda [Nosy Bé], Publié pour satisfaire ses amis, qui réclament instamment cette publication.
Imprimé pour M. Bourne, in~4°, 4650.
Chers amis,
Quelques-uns d'entre vous trouvent peut-être étrange que, ayant par la grâce de Dieu, des ressources suffisantes pour vivre convenablement dans mon pays natal, je me décide à entreprendre un voyage aussi lointain, que je quitte une femme qui m'est chère, ainsi que mes parents et de bons amis chrétiens, enfin que je renonce aux positions avantageuses qui me sont offertes ici! Mais je dois dire que, depuis le voyage où j'ai visité ces pays du Sud, dont j'ai pu apprécier les charmes et les richesses qui alimentent notre commerce, et où les nobles Lords et divers colons m'ont confié les fonctions très honorables de gouverneur de l'île d'Assada [Nosy Bé], j'ai deux buts.
Premièrement, considérant que je ne suis venu en ce monde que pour contribuer à la gloire de Dieu dans la faible mesure des moyens qu'il m'a donnés, et pensant que la meilleure manière de le glorifier est de chercher à le faire connaître par le monde et de se rendre en même temps utile à son pays, j'ai la conviction que ses serviteurs ont une grande œuvre à accomplir en faisant connaître Notre-Seigneur Jésus-Christ aux pauvres païens des régions orientales et je me réjouirai grandement si Dieu daigne me permettre d'ouvrir une brèche dans ces pays sauvages.
i. « La Société coloniale fondée en 1635 par Sir W. Courteen (Courteen's Association) était connue sous le nom d' « Assada merchants » à cause
En second lieu, je ne doute pas qu'il ne ressorte pour nos compatriotes de rétablissement d'une colonie à Madagascar des avantages considérables par suite du grand développement que prendront notre commerce et notre marine. Depuis que cette lie d'Assada [Nosy Bé] m'est connue, j'éprouve le désir ardent et sérieux de m'y rendre, jugeant qu'il est pour notre nation de la plus haute importance de mener à bien celte entreprise, dont Dieu fera sortir à son heure, je l'espère, de grandes choses; personne ne doit dédaigner les tentatives, si modestes qu'elles soient.
Je me propose de chercher à établir là-bas, avec la grâce de Dieu, pour la sécurité et le plus grand avantage des colons, un gouvernement juste et honnête, se rapprochant le plus possible de celui de notre pays; et, afin de mieux réaliser ce projet, je compte mettre auprès du roi du Nord de Madagascar deux ou trois ministres du culte qui seront mes agents et qui s'efforceront d'initier ce souverain et son peuple à la connaissance de l'Évangile de Jésus-Christ et entretiendront avec eux des relations affectueuses et pacifiques.
Et quant ë. vous, mes honorables et dignes amis, je vous prie humblement d'avoir soin de m'envoyer en temps utile des renforts en hommes, de manière que je puisse mener à bien les projets dont je m'abstiens d'entretenir le public jusqu'à ce que l'occasion soit plus favorable. Je ne mets pas en doute qu'avec la bénédiction de Dieu j'atteigne un bon résultat.
Pour l'instruction de ceux qui désirent coloniser Die d'Assada1 [Nosy Bé] ou y trafiquer, je vais en donner la description, telle qu'on me l'a faite à moi-même. L'Ile d'Assada
d'une factorerie établie subscquemment par cette association à Madagascar en 1647, après une période de néfaste rivalité, d'accord avec la « London Company » (Huntcr's Impérial Gazetteer of India, t. IV, art. India, p. 381.
i. Ce mot d'Assada est une corruption du mot Sada, mot qui, dans la langue des Antalaotra ou Arabes du Nord-Ouest de Madagascar, signifie « fortin ». Ces Arabes avaient des Sada ou fortins en divers points de la côte Nord-Ouest, notamment à la place de la ville moderne d'Anoronlsanga et au fond de la baie d'Ampasindava; il n'est donc pas étonnant que les anciens auteurs aient donné ce nom à des baies et à des îles différentes.
[Nosy Bé] est située sur le treizième parallèle i ; elle a la même latitude que la Barbade', dont elle a à peu près l'étendue et la fertilité. Ceux qui l'ont visitée assurent que c'est un pays excellent, produisant de grosses cannes à sucre, du riz, des grains divers, de grandes quantités de fruits, ainsi que du bétail, du poisson, etc., et ils ajoutent qu'on y trouve tout ce qui existe à la Barbade, car l'été y est perpétuel, et les arbres portent tout à la fois des fleurs, des fruits verts et des fruits mûrs.
Cette île, où il y a des collines, des vallées et de nombreux cours d'eau, est à neuf milles de la grande lie de Madagascar \ Elle est habitée par cinquante à soixante indigènes qui, tout en soignant le bétail du roi de la Grande Terre, pèchent et plantent des cannes à sucre, qu'au moment propice ils vont vendre aux Arabes dans la baie d'Assada [baie d'Ampasindava].
Il y avait dans cette tle, il y a une dizaine d'années, de 400 à 500 habitants venus de Madagascar; ils se révoltèrent contre le roi auquel ils firent la guerre pendant plusieurs années, pillant les boutres arabes qui venaient dans ces parages. Comme à cette époque il y avait dans la baie d'Assada [baie d'Ampasindava] un navire anglais de passage, le roi offrit au capitaine, s'il voulait l'aider à transporter ses troupes dans cette tle, de la lui abandonner avec la moitié des habitants comme esclaves; les Anglais refusèrent. Le roi, n'ayant pas de bateau, mais seulement quelques pirogues qui ne pouvaient porter que trois ou quatre hommes à la fois, et avec lesquels il pouvait y faire passer tout au plus quarante hommes, fit à la fin construire des
1. Nosy.Bé est compris entre 13°11'55" (pointe d'Àmporaha) et 13°25'5" (pointe de Lokobé).
2. La pointe S.-O. de la Barbade est bien par 13° 4' 12" de latitude, mais dans Thémisphère Nord et non dans l'hémisphère Sud.
, 3. En réalité, les pointes de Lokobé et d'Ankify sont à 6' 40" ou 12 kilomètres 1/2, c'est-à-dire à environ 8 milles anglais Tune de l'autre.
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radeaux sur lesquels il envoya enfin ses soldats, et, après avoir soumis les rebelles, il n'y laissa que les soixante individus dont nous venons de parler.
Mon intention est d acheter au roi, pour le compte des colons, l'île en question, ce qui ne peut que lui agréer puisqu'il l'avait volontairement offerte au capitaine anglais susdit. On pourra aussi, si Ton veut, lui acheter d'autres territoires sur la Grande Terre. Notre intention est naturellement de développer le commerce du pays, conformément à ses désirs et pour son plus grand bénéfice. Les personnes qui le connaissent m'ont assuré qu'il nous laissera échanger librement nos marchandises à un prix raisonnable avec ses sujets. Je dois ajouter qu'à côté de l'île d'Assada [Nosy Bé] se trouvent plusieurs petites îles inhabitées qui pourront nous être utiles.
L'île d'Assada [Nosy Bé] a, dit-on, une superficie de 16 milles carrés1. Elle a un bon port où nous nous proposons, avec la grâce de Dieu, d'édifier une forteresse et une ville pour y demeurer. On y estime qu'une fois colonisée et mise en valeur, elle pourra nourrir près de cent mille personnes, tant commerçants qu'agriculteurs; elle est assez grande pour qu'on y fasse 200 plantations de cannes à sucre, sans compter d'autres cultures.
Les denrées que nous espérons y obtenir sont le sucre, l'indigo, le gingembre, le coton, le tabac, le poivre, etc., sans parler des objets d'alimentation tels que : céréales, bêtes à corne, porcs, volailles, riz, haricots (ou pois chiches), patates,
1. Ce nombre, qui correspond à 41 k. c, est certainement erroné. En effet, d'une part, il dit plus haut que la surface de celle lie est égale à celle de la Barbade, qui est de 430 k. c, et, d'autre part, Nosy Bé a en réalité 13' 10" du Nord au Sud (de la pointe d'Amporaha à la pointe de Lokobé) et 7' 5" de l'Ouest à l'Est (de la pointe de Misaotra à la pointe d'Amindray), ce qui fait une superficie d'environ 330 k. c. Si, au lieu de 16 milles carrés, l'auteur a voulu dire un carré de 16 milles de côté, milles anglais bien entendu, cela ferait 256 m. c. ou 660 k. c. !
oranges, limons, ananas et beaucoup d'autres fruits utiles, le tout à un bien moindre prix qu'à la Barbade, par exemple. À la Barbade, les frais seraient les suivants :
Pour une plantation de 300 acres ' [120 hectares], destinés à une exploitation sucrière. . 2 000 liv. st. [50000 fr.] 20 ouvriers anglais à transporter avec des
provisions 300 liv. st. [7 500 fr.]
400 nègres à 25 et 30 liv. st. chacun 2700 liv. st. [67 500 fr.]
Outils, vêtements et articles divers. . . . j . 300 liv. st. [7 500 fr.] 20 bêtes à cornes de différentes sortes 700 liv. st. [17 500 fr.]
6 000 liv. st. [150000 fr.]
AÀssada [Nosy Bé], la même installation reviendrait à :
300 acres de terre à 12 pence [1 fr. 25] l'acre. 15 liv. st. [375 fr.]
Transport et équipement de 20 ouvriers anglais . 300 liv. st. [7 500 fr.]
100 nègres à 20 shillings [25 fr.] 100 liv. st. [2500 fr.]
Outils, vêtements, etc 200 liv. st. [5 000 fr.]
20 bêtes à cornes de différentes sortes 25 liv. st. [625 fr.]
En outre on pourra se procurer tous vêtements et outils au tiers du prix qu'ils coûtent a la Barbade.
640 liv. st. [16000 fr.]
La même différence de frais existera pour toute plantation, grande ou petite, où Ton cultivera la canne i sucre, l'indigo, le coton, le gingembre, le tabac, etc. Et, tandis qu'à la Barbade, à ce que Ton dit, on ne récolte par ouvrier et par an que de 16 à 20 quintaux de sucre, de 160 à 200 livres d'indigo, 1000 livres de coton, 20 quintaux de gingembre, 15 quintaux de tabac, il est permis d'espérer qu'à Assada [Nosy Bé] on produira ces diverses denrées à un prix bien moindre.
Nous avons l'intention de construire de petits navires avec lesquels nous pourrons trafiquer avec les pays voisins, notamment avec Tlnde, et y aller vendre, contre argent comptant et aux prix usuels de Londres, non seulement les marchandises dont nous venons de parler, mais encore d'autres dont la vente