RELÂCHE À MADAGASCAR DE DEUX NAVIRES ANGLAIS, EN 1644 ET 164S
Le vacht ï Indevoir arrive à Batavia le 13 juillet [1644], venant d'Angleterre et ayant touché à Madagascar et à Goa.
Le navire anglais le Dolphin, à la suite d'une violente tempête, a relâché à Maurice, où il est resté du 17 février au 2 juillet 1645 et d'oii il s'est rendu à Madagascar, puis à Anjouan [Dagh-Register gehouden int Casteel Batavia, 1644-1645, pp. 231 et 234).
JACOR VAN DERMEERSCH', TROISIÈME GOUVERNEUR HOLLANDAIS DE L'ILE MAURICE, de 1645 A 1648.
Jacob van der Meersch avait été nommé gouverneur de Maurice par Van Diemen; mais Van Diemen étant mort avant qu'il entrât en fonctions, c'est le nouveau gouverneur général des Indes hollandaises, Cornelis van der Lijn, qui lui donna ses instructions. Celui-ci, obéissant aux suggestions de Van der Stel avec lequel il avait conféré dès son arrivée à Batavia, proposa aux XVII Seigneurs de continuer encore à occuper Maurice provisoirement et il fut autorisé à y laisser un poste tant qu'il y aurait de l'ébène, que Van der Meersch dut, comme son prédécesseur, exploiter activement. Les administrateurs de la Compagnie jugeaient qu'il n'y en avait nulle part d'aussi bonne ni d'aussi belle; celle provenant de Bouro [l'une des Moluques] ne valait pas, à leur gré, les frais du transport, sans compter qu'elle nuisait sur le marché à l'ébène de Maurice, de sorte qu'ils donnèrent l'ordre de n'en plus envoyer. Ils se plaignaient toutefois que les estimations sur la quantité d'ébène existant
1. Comme nous l'avons déjà dit, ce nom est écrit dans les papiers du temps tantôt van der Meersch ou Meerschen, tantôt Maerse.
CONCEHNANT MADAGASCAR 189
encore à Maurice, présentaient de grands écarts, car, suivant les unes, il n'en restait plus que pour deux ou trois cargaisons au plus et, suivant d'autres, on pouvait bien encore en tirer huit ou neuf; il est vrai que l'évaluation était très difficile, vu qu'il ne fallait faire entrer en ligne de compte ni l'ébène de l'intérieur de l'île dont le transport eût été trop difficile et trop coûteux, ni les arbres trop jeunes qui ne pouvaient fournir de bois ouvrable [Lettres des XVII au gouverneur général des 28 mars 1648 et 29 mars 1649).
Van Diemen en 1645 et, en 1646, Van der Lijn lui donnèrent des instructions au sujet du commerce avec Madagascar. Ce sont les relations avec cette île qui ont été l'une des parties les plus importantes de l'administration de Van der Meersch, comme nous le verrons plus loin '.
En ce qui regarde l'île Maurice, Van der Meersch dut demander un millier de réaux [piastres] au gouverneur général des Indes pour pouvoir solder les primes gagnées par les chercheurs d'ambre gris et les arrhes des hommes qui renouvelaient leur engagement, car il n'yjrouva pas d'argent; celui qu'avait apporté Van der Stel en 1641 avait été peu à peu emporté par les navires de passage. D'autre part, comme Van der Stel avait renvoyé à bord du Dolphin les hommes les plus robustes et qu'ils avaient été remplacés par de tout jeunes gens, la coupe du bois d'ébène et son transport à la côte ne se firent que lentement; il ne fallait pas en effet moins de trois mois pour couper la quantité de bois nécessaire pour faire une cargaison et de six mois pour la mener à bord du navire. Van der Meersch fit prolonger les routes de 4 000 pas et put ainsi faire exploiter de l'ébène dans des endroits où Van der Stel disait qu'il n'y en