‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 5)Chapitre 42 sur 108 · On sait que l'acre vaut 0 liect · texte numérisé non relu

On sait que l'acre vaut 0 liect

sera avantageuse. De cette manière, nous n'aurons pas besoin de tirer du numéraire d'Angleterre, et, une fois installés, nous aurons la possibilité de nous approvisionner, comme fret de retour, de produits des Indes Orientales. Ainsi, nous apporterons en Angleterre des niasses de marchandises, sans être obligés, comme actuellement, de faire venir chaque année de grandes quantités d'argent monnayé. En ce qui concerne la main-d'œuvre, nous trouverons autant de travailleurs libres et d'esclaves que nous voudrons, en Arabie, en Afrique, dans l'Inde et à Madagascar même. Il suffira d'un seul Anglais pour commander à dix nègres, et hommes, femmes et enfants pourront être instruits dans la loi de Dieu.

Avec le temps, l'île d'Assada [Nosy Bé], qui est très bien située pour le commerce, pourra devenir l'entrepôt des Anglais dans cette partie du monde, comme Batavia l'est pour les Hollandais et Goa pour les Portugais, lesquels ont sous leur domination une population étrangère vingt fois supérieure à la leur.

L'ile de Madagascar, qui est en vue de l'île d'Assada [Nosy Bé], a 900 milles de longueur '. Elle est gouvernée par sept rois, dont le principal réside dans la région Nord. Ses productions principales sont : le riz, l'ambre gris, le fer, l'écaillé de tortue, le bois de santal, le bois d'ébène, diverses drogues, etc. La baie Augustin [baie de Saint-Augustin J, où touchent d'ordinaire nos navires anglais pour faire de l'eau et acheter du bétail, est l'endroit de l'île le moins avantageux, car il ne s'y fait aucun commerce avec d'autres nations, et on n'y rencontre ni villes, ni aucunes facilités pour y faire des plantations; il n'y a dans ces parages qu'un petit nombre d'habitants qui se livrent surtout à l'élevage du bétail.

1. Sa loncueur est de 822 milles inanns ou 948 milles anglais.

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Au contraire, dans la baie d'Assada [baie d'Ampasindava], un navire anglais qui s'y est arrêté en allant aux Indes a trouvé une petite ville nommée Antasia [Antafia'l, oi^i les Arabes viennent chaque année charger plusieurs boutres de riz qu'ils achètent avec des arquebuses-, des couteaux et des étoffes indiennes. En se rendant, pour obtenir l'autorisation de faire du commerce, à la ville où réside le roi et qui est à environ vingt milles dans l'intérieur, les Anglais ont traversé deux villages ayant environ un mille de long, bien peuplés, entourés de champs de riz et de cannes à sucre et de pâturages où paissaient des centaines de bœufs. Les maisons qui sont en bois et hautes de deux étages sont construites de manière à ce qu'on y soit à l'abri des grandes chaleurs; les pièces du haut sont consacrées au logement. Les habitants de ce pays sont foncièrement bons et polis.

La région septentrionale de l'île, sur une longueur de 200 milles, est gouvernée par le roi dont nous venons de parler; il habite avec ses femmes un palais qui a environ un quart de mille de tour et auprès duquel il y a un enclos ou parc où paissent à peu près 500 bœufs. La plupart des habitants du pays sont ses esclaves.

Ce roi a fait un accueil courtois aux Anglais et leur a montré son trésor, qui se composait d'une barre d'argent massif, de cordages, de quelques pièces de drap d'or, d'étoffes de soie et de satin et de vêtements arabes apportés de l'Inde. Tous ces objets avaient été achetés par le roi en échange d'ambre gris et d'écaillé de tortue, que Madagascar produit en abondance. Il invita nos compatriotes à revenir, leur promettant qu'il mettrait tout son pays à leur disposition.

Tel est le Nord de Madagascar. Aussi, malgré l'insuccès des

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