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dirent à terre avec quelques hommes pour voir le pays et se rendre compte s'il y avait quelque endroit favorable oii leurs passa2:ers pourraient s'étaldir. Quant à moi, j'allai dans la baie où avaient d'abord mouillé le capitaine Brookehaven et le bateau marchand d'Assada afin de nous assurer si M. Gosnell avait exploré la baie de Maringando [Manonçarivo] avec la pinasse de la « Lyonness ». Ce jour-là, on tinta bord de la « Lyonness » un conseil auquel prirent part tous les principaux personnages des trois navires; après discussion sur ce qu'il y avait de mieux à faire et où il fallait s'établir, ils convinrent qu'il était opportun de laisser les colons à la pointe Sud de l'île avec des provisions pour six mois en attendant qu'on ait pris des avis à Surate. Donc, nous levâmes l'ancre ce jour même et nous nous transportâmes à la pointe extrême Sud de l'île, où, au pied d'une haute montagne, il y a un village, mais où, de l'avis des gens de bon sens, la baie n'est pas aussi bonne que celle d'où nous venions, dont elle est distante d'environ trois lieues dans l'Ouest.
Le 4 juillet, tous les colons descendirent à terre et les charpentiers fortifièrent la place et préparèrent un mouillage sûr pour la petite pinasse.
Le 5, nous fîmes de l'eau, remplissant nos barriques à plusieurs petits cours d'eau venant des montagnes.
Le 6, notre capitaine fit porter à bord de grandes poutres et divers autres objets, tels que charrues, un millier de livres de charbon, provenant du moulin à sucre, etc., ainsi que des pierres pour lest.
Le 7, après la prière du soir, car c'était le Jour du Seigneur, nous allâmes souper à bord du navire du capitaine Brookehaven et on délivra au major Hartly une commission comme gouverneur d'Assada, en remplacement de feu le colonel Hunt,
puis on décida qu'on [tartirait le 9 pour aller déposer à l'île d'Anjouan des lettres à l'adresse des capitaines de navires anglais qui y relâcheraient, afin de les prévenir de ce qu'on venait de faire; quant à la « Lyonness »,: après avoir débarqué ce qu'elle avait à son bord pour la colonie, elle devait se rendre en toute hâte au fort Saint-Georges, à Madras.
Le 8, étant tout prêts à mettre à la voile, nous sommes allés à bord du bateau marchand d'Assada oii il ne restait plus que deux matelots du nom de Thompson et le chirurgien M. Clinch, tous les autres onze Anglais ayant été, comme il a été dit, tués traîtreusement par le roi du pays.
Le 9, nous avons mis à la voile et nous nous sommes rendus de l'île Noosa ou Assada [Nosy Bé] à l'île d'Anjouan oîi nous sommes arrivés sains et saufs, ayant le désir de ne plus jamais revoir Assada [Nosy Bé]. Vers midi, nous sommes passés en vue du rocher qui a la forme d'une meule de foin, à 5 lieues S.-S.-O. de la rade d'Antafia.
Le 18 au matin, après avoir subi de grands calmes, nous apercevons enfin à environ 9 lieues l'île de Mayotte, et, le soir, nous avons vu l'île d'Anjouan; mais, à cause des courants, nous n'y avons jeté l'ancre que le 20. Nous y avons chargé un bateau d'eau et un bateau de pierres et nous en sommes repartis le 24.
Le « Bonito » est allé successivement à Madras, à Gambroun [en Persej (en 1651), puis à Madras, à Metchlajtatam [Masulipatam], à Madras, à Bantam où il fut condamné comme incapable de retourner en Angleterre, et Wilde ainsi que les autres personnes qui étaient à son bord et sa cargaison revinrent en Eurojie à bord de VAnn; ils partirent de Bantam le 26 juillet 1652.
Collection des Ouvrages anciens concernant Madagascar, t. III, p. 272 '"'*
Ch. Wikle (MS. dessin XVIII, f" 16).
Ile J'Anjouan.
JOURNAL DE ROUTE DU « BONITO », D'ANGLETERRE À L'ILE D'ASSADA [NOSY BÉ]